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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 05:07

LA MINE DE MAYRES

 

Cette concession de plomb argentifère a été octroyée sur 3.030 ha par décret du 21 juillet 1891 au profit de MM. Couriot, Ganne et Maes.

 

En fait, le gisement était connu depuis longtemps ; le 2 janvier 1808 une demande en concession était déposée par MM. Delaroque, Bernardy et Deschanalère. Elle n’alla plus loin que le stade de la campagne d’affiche. Le 16 avril 1829, M. Peyre déposa à son tour une demande en concession qui n’aboutit pas non plus. En janvier 1839, une troisième demande était déposée par M. Boudon. Elle portait essentiellement sur le filon des Pergères. Cette demande se heurta par le dépôt le 25 janvier d’une opposition émanant de MM. Peyre et Lemaire. Mais le service des mines jugea le 28 juin 1849 (9 ans après !) les travaux de recherche insuffisants pour pouvoir attribuer une concession ; décision confirmée le 13 février 1852. M Peyre déposa une nouvelle demande en concession le 1er novembre 1853 ; elle fut rejetée le 10 juin 1863 ainsi qu’une autre demande émanant de M. Vital qui avait été déposée en janvier 1859. On voit que l’instruction des dossiers était particulièrement long à cette époque. C’est également l’insuffisance des travaux de recherche qui a motivé ces refus de l’administration.

 

Le 13 novembre 1920, elle est mutée aux seuls Charles Couriot et Georges Maes et réduite à 1.018 ha. Elle est amodiée par décret du 18 avril 1931 à la société “Les Métalliques Françaises” (METALFRA). Mais cette société essentiellement spéculative fait faillite dès 1935. Les héritiers Couriot et Maes créent en 1949 la société de Recherches et d’exploitation pour les mines de Mayres dans le but d’amodier la concession, amodiation qui sera refusée. La concession est annulée par arrêté du 4 janvier 2000.

 

Le gisement comporte plusieurs filons dont le filon de l’Ardèche sur la rive droite de l’Ardèche et le filon Lescure qui s’étend à flanc de coteau sur 3,5 km en direction SO. La concession n’a fait l’objet que de travaux de recherches (puits de l’Ardèche et nombreuses galeries).

 

Filon des Perchères 

 

C’est le filon qui a fait l’objet des premiers travaux de recherche, notamment par Boudon en 1839. C’est un filon de galène à large facettes, pauvre en argent, en rognons et en veines qui peuvent atteindre 8 à 10 cm d’épaisseur dans une gangue de baryte sulfatée. Le filon est presque vertical et a une direction 20° est. Les travaux réalisés par Boudon comprenaient 3 galeries en direction dont une atteignant 30 mètres de longueur ; cette galerie avait nécessité un boisage très serré pour soutenir les parois. Dix à douze mètres en dessus de cette galerie, il creusa un travers-bancs qui à 52 m de son orifice n’avait pas encore recoupé le filon. C’est ce travers-bancs qui a été repris par Peyre en 1853. Bien que prolongée elle ne recoupa pas la minéralisation recherchée. Le filon de Perchères est situé en hauteur non loin du point culminant de la région. L’ingénieur des mines dans son rapport du 24 septembre 1889, se plaint de la difficulté d’accès à ces travaux d’autant qu’il n’en reste alors presque plus rien ; il écrit : « les anciens pétitionnaires aurait tenu, paraît-il, à faire disparaître tout ce qui subsistait de leurs travaux… ». Entre 1853 et l’institution de la concession aucun autre travail n’a été réalisé sur ce filon.

 

Filons du Chambonnet et de Lescure

 

C’est sur ces filons qu’ont porté les travaux de Vital et de Peyre. Les travaux de Vital, dirigés par M. Rouginat, ont porté d’une part sur les bords de l’Ardèche.

 

MM Couriot, Ganne et Maes avaient depuis mars 1888 entrepris des travaux de recherches sur un gisement plombeux sur la commune de Mayres qui avait antérieurement déjà fait l’objet de 5 demandes en concession toutes rejetées. Dès le 25 août 1889, ils déposent une 6ème demande en concession qui aboutira à l’attribution de la concession.

 

Parmi les nombreux gisements de la commune de Mayres, seul le filon de Lescure a été sérieusement exploré. C’est un filon de plomb non argentifère de faible puissance mais de remplissage susceptible d’être exploité. Un TB a recoupé le filon en dessous des affleurements au début de 1890. Le filon a été suivi en direction mais sans suite.

Les travaux qui étaient suspendus depuis l’institution de la concession ont été repris fin juillet 1894. Le fonçage d’un nouveau puits de recherches a été repris sur le filon de l’Ardèche ; ce puits est situé sur la rive droite et à 8 m de distance de la rivière Ardèche, il son orifice à une dizaine de mètres au dessus du niveau de la rivière sur le filon même et sur le bord du chemin vicinal qui borde la rivière ; ce puits est section rectangulaire 3 m x 1,75 m ; il est poussé à 3 postes et occupe actuellement 19 ouvriers ; il est prévu sur 50 m de profondeur.

 

La reprise des travaux n’a pas été de longue durée. La galerie en direction suivie au sud et au nord dans le filon sur une longueur totale de 47 m l’a trouve suffisamment minéralisée par place mais on a commis l’imprudence de s’aventurer sous la rivière de l’Ardèche et une venue d’eau considérable a nécessité la construction d’un barrage et l’abandon du quartier. Suite à une autre venue d’eau les travaux ont été abandonnés à la fin 1895. La mine occupait au moment de l’abandon 15 ouvriers au fond et 4 à l’extérieur à la manœuvre du treuil.

 

Menacés de déchéances, les concessionnaires reprennent quelques travaux en janvier 1902 dans le filon Lescure ; ces travaux occuperont jusqu’à 100 ouvriers fin 1902 dont 3 au fond.

 

Inexploitée depuis août 1914, la concession de Mayres est remise en activité le 22 juillet 1925 par la compagnie nationale des mines, minerais et charbons, amodiatrice dans le filon Lescure ; mais les travaux sont à nouveau suspendus dès le 1er mars 1926.

 

METALFRA a repris le 1er avril 1930 le creusement d’un TB dit du Rancel à la cote 595 ; ce TB a été approfondi de 165m. Au quartier du puits de l’Ardèche, on a commencé en août 1930 l’exploration des filons 1 et 3 à la cote 601. On les a suivis en direction sur 88 et 42 m. Ces travaux ont produit environ 80t de minerai à 8-10% de plomb. Cette série de travaux est suspendue le 11 janvier 1931.

 

Les travaux sont repris en juin 1949 par la société de Recherches et d’Exploitation des mines de Mayres dans le filon Lescure où la galerie n°1 a été remise en état ; toutefois les travaux sont suspendus en septembre 1949. Ils sont repris en février 1950 ; une laverie gravimétrique est installée (5t/h) à la cote 560 et reliée à la mine (cote 500) par un téléphérique de 600 m. S’agissant des travaux de fond, le niveau Est cote 759 est entièrement remis en état, mais les travaux sont à nouveau et définitivement arrêtés en novembre 1950 faute de capitaux.

On estime à environ un millier le tonnage extrait en tout pendant cette période.

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Published by EOLE, vizir, J de Molay - dans actualité
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