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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 08:35

AVIS AUX LECTEURS

 

Ce travail a été réalisé par des "amateurs" dans un seul but : COMPRENDRE ... Nous n'avons pas la prétention de nous substituer aux scientifiques de l'archéologie, car la recherche dans ce domaine, n'est pas du tout notre métier ... Bref, on essaye d'expliquer à tout un chacun les vestiges du temps passé... Sans pour autant se prendre la tête...

Pour ce faire, on compulse les archives, on va voir sur le terrain, on écoute les gens, on observe et on déduit que ...

 

Pour suivre notre raisonnement le lecteur aura besoin des cartes de randonnées ci - dessous :

 

CARTES IGN 1/25 000 :

2942 ET : BEAUCAIRE

2943 ET : ARLES, PNR de CAMARGUE

 

NB : Dans les prochains jours, nous allons mettre en ligne ce que nous pensons avoir été les VIA ARELATENSIS ... Patience donc ... Et en attendant voici notre raisonnement sur :

 

LES AQUEDUCS D'ARLES DES COSTIERES DU GARD

 

Précisions : Nous ne sommes pas autorisés à effectuer des fouilles ou des sondages; de fait, nos recherches sont à considérer comme étant des hypothéses ... Le lecteur constatera toutefois que nous sommes de toute évidence dans la réalité ...

 

Outre l'aqueduc des Alpilles désormais bien connu, il apparait que suivant nos recherches d'archives et surtout sur le terrain que la ville d'Arles a eut encore deux autres aqueducs alimentés séparément par les sources occidentales et orientales de la façade sud des Costières du Gard.

Le franchissement du Rhône dit de Saint Roman, en a été l'obstacle majeur et a donc nécessité deux importantes infrastrutures : par tuyaux de plomb immergés pour le premier aqueduc, en aérien pour le second.

Le rapprochement de la carte de Cassini et de la carte IGN actuelle (cf image 3) montre bien que les alignements de la « Draille des Arcs » et des tuyaux de plomb trouvés en 1627, sont différents.

Notre compréhension des vestiges retrouvés sur le terrain se résume par le raisonnement suivant, duquel nous avons déduit qu'il a existé :

- Un premier aqueduc que nous allons appeler "Aqueduc du Beaucairois", qui véhiculait l'eau des sources orientales des Costières. Il semble avoir été construit à la même époque que celui des Alpilles, c'est à dire vers le milieu du 1er siècle de notre ére.

- Un second aqueduc communément appelé "Aqueduc de Bellegarde" qui a emmené vers Arles l'eau des sources occidentales des Costières. Cet aqueduc, nous semble avoir été de construction plus tardive, peut être du 2ème siècle. Sa construction a été certainement motivée  par le fait que l'apport en eau de l'aqueduc du Beaucairois était devenu insuffisant pour la cité d'Arles. 

Les deux aqueducs se rejoignaient dans un bassin de fuite et/ou de régulation de la plaine de Fourques, situé semble - t - il au mas Saint Joseph. Puis l'eau destinée à la ville d'Arles coulait vers Fourques par un seul et même conduit, certainement élaboré dans le courant du 1er siècle.

L'eau traversait le Petit Rhône et le Grand Rhône par une série de tuyaux de plomb. Les conduites traversant l'actuel Grand Rhône ont été mises à jour en 2014 par l'équipe de plongeurs de Luc LONG.

Nous allons  détailler ci - dessous ces aqueducs selon la chronologie de leurs constructions.

 

L'AQUEDUC DU BEAUCAIROIS

 

Notre hypothèse : Dans son travail sur l'aqueduc de Bellegarde, E. BATAILLE constate qu'à la hauteur du bassin de régulation de Valescure, qu'il n'y a pas de continuité en direction de Beaucaire …

Le premier aqueduc d'Arles venant des Costières du Gard, que nous appellerons l'aqueduc du Beaucairois mis en évidence en 1627, par les tuyaux de plomb immergés dans le lit du fleuve de Saint Roman à la hauteur de l'actuel mas Grand Saint Paul, fut donc indépendant au moins dans un premier temps de celui dit de Bellegarde.

A notre avis, l'aqueduc du Beaucairois fut le premier aqueduc ayant alimenté la ville d'Arles. Il fut donc très lié à l'activité politique et économique de la ville (fondée vers l'an 40), dont les grands aménagements (construction de l'amphithéâtre) ont commencé vers l'an 90 ap JC  et le Cirque Romain (actuel musée de l'Arles Antique qui semble dater de l'an 150. C'est donc certainement entre ces deux dates (40 à 90 de notre ére) que l'aqueduc du Beaucairois a été construit.

Devenu insuffisant pour une population arlésienne augmentant, le complément d'apport d'eau sera apporté par l'aqueduc des Costiéres de Bellegarde aprés l'an 150 ap JC (peut – être en 165).

Il a été lui même alimenté par plusieurs captages de sources locales, situées dans le secteur géographique de l'Est des Costières du Gard et représentées sur la carte ci – dessous (cf image 1).

 

LE SCHEMA DE PRINCIPE

 

LE CAPTAGE DE LA FONT DU ROY

 

La source : Altitude NGF + ou – 23 mètres NGF.

 

 

LE CAPTAGE DU MAS DE BOSC

 

La source : Altitude NGF + ou – 50,00 mètres.

Il semble que ce soit au mas de Bosc que se soit trouvé un atelier travaillant le plomb car des déchets de plomb ont été trouvés sur place vers 1909, tout comme le fut un tuyau de plomb conservé au mas (Image 2).

Les eaux de ces sources de la partie orientale des Costières étaient emmenées par un aqueduc de conduite vers un bassin de régulation.

 

UN COLLECTEUR ET UN PREMIER BASSIN DE REGULATION

 

Le collecteur devait logiquement circuler du mas de Bosc au mas de la Font du Roi globalement à l'altitude NGF de 13,00 mètres. La présence d'une capitelle sur le trajet, a peut être été le domicile du fontainier … C'est peut être aussi en ce point que s'est trouvé le premier bassin de régulation des eaux.

 

LA TRAVERSSEE DU MARAIS DE BEAUCAIRE

 

Essayons de situer cette fosse qui se trouve obligatoirement de nos jours en un endroit bas de notre relief (cf image 3).

Technique oblige, la traversée du marais s'est donc faite par le biais d'un siphon ainsi constitué :

  • Un bassin de chasse situé vers le bas de la Costière du Beaucairois. Altitude NGF 3,00 mètres.

  • Un ensemble de conduite en tuyaux de plomb pour le passage dans le bras du Rhône de Saint Roman.

  • Un bassin de fuite sur le plateau Fourquatin. Altitude NGF 2,00 mètres.

Le bulletin des Amis du Vieil Arles, dans son numéro 130 , nous apporte un témoignage d'importance : " En l'année 1627, pendant la grande sécheresse, les marais qui avoisinent Saint Paul (le mas Saint Paul, NDLR) s'entrouvrirent de telle sorte qu'on eut dit un bras de rivière de 6 toises de largeur, d'autant de profondeur et d'environ 200 toises de longueur... Au fond de cette ouverture, je vis de gros tuyaux de plomb visant vers Arles et quantité de murailles et de grosses pierres".... Quels enseignements peut - on tirer de ce témoignage ?

D'abord, sur le site géographique de la découverte : Nous sommes obligatoirement sur une ligne droite allant des alentours du mas Saint Paul et se dirigeant vers Arles. Le point NGF le plus bas se situe dans l'actuel canal du Rhône à Sète, là ou a très certainement circulé le Rhône de Saint Roman.

Le bassin de chasse (altitude NGF+ ou – 3,00 mètres), a pu se trouver au S.O du mas de Gleize ; les photos aériennes du lieu semblent parlantes.

La ligne Saint Paul – Arles semble couper ce canal entre les actuels mas des Piles et Bécassons (altitude NGF + ou – 2,00 mètres), situés sur le versant opposé. C'est là qu'a pu se trouver le bassin de fuite.

Nous sommes aussi en présence d'un effondrement de terrain en sol argileux, phénomène bien connu en période de grande sécheresse, qui nous révèle l'emplacement originel du fleuve romain qui circulait dans la faille de Nîmes (cf étude du BRGM) sur http://www.argiles.fr/Files/AleaRG30.pdf).

Les dimensions observées en 1627 sont les suivantes : 12 mètres d'épaisseur de dépôt de sédiments (profondeur des tuyaux), 12 mètres de large (longueur des tuyaux), et 0,400 km de long (certainement dans le sens de la vallée du Rhône de Saint Roman).

Cet effondrement de terrain est certainement dû à la présence d'une source résurgente (un lauron), enfouie quelque part par 12 mètres de fond à l'époque du témoignage, sorte de trou d'eau, probablement située à proximité de l'actuel mas des Laurons , prés de l'écluse de Nourriguier. Aprés la fermeture du Rhône de Saint Roman, c'est probablement cette résurgence qui alimentait le marais de Bellegarde visible sur la carte de Cassini. On notera que le mot lauron vient du provençal « lauroun » qui signifie surgeon d'eau . Ce sont des puits naturels, ouverts dans les alluvions d'où jaillit une eau claire , douce et fraîche qui se répand le plus souvent dans les marais. Ce phénomène géologique a été décrit en Crau marécageuse (http://dx.doi.org/10.1051/limn/1980002).

Ensuite, l'observateur de l'année 1627 a vu en fond de fouille, des murailles et de gros tuyaux de plomb. Cette longueur d'effondrement peut se situer entre le mas des Laurons et le mas des Piliers, soit + ou – 400 mètres.

Les murailles aperçues furent nécessaires en ce sens que la pression dans les tuyaux posait de gros problèmes vu qu'elle pouvait être importante puisqu'elle augmentait d'environ 1 bar tous les 10 mètres de dénivelé. Dans le cas présent, nous savons que les tuyaux étaient posés au minimum à la profondeur de 12,00 mètres (indication de 1627). D'où une pression locale qui pouvait avoisiner avec les deux bars … soit 2 kg/cm². Il fallait donc faire circuler l'eau dans plusieurs conduites faites de plomb et coulées dans le mortier pour éviter qu'elles explosent.

Le dispositif utilisé par les Romains pour l'aqueduc du Beaucairois était donc un siphon inversé. Si l'on se figure un tube en U, tout liquide versé dans celui-ci atteint la même hauteur dans les deux branches, Dans le siphon inversé, le principe est identique, à la différence près que l'eau pénètre par une extrémité de la canalisation en U et en ressort à une altitude légèrement inférieure, ceci en raison de la perte de charge due aux frottements.

Les Romains du 1er siècle maîtrisaient donc le principe des vases communicants . Ils l'utilisaient pour franchir les vallées de plus de 50 mètres de long, qu'ils ne pouvaient ou ne voulaient pas contourner, ce qui fut le cas à Beaucaire, où nous estimons la « vallée » à franchir à environ 100 mètres.

 

Un bassin de fuite

 

Situé sur une ligne droite « en face le mas Saint Paul et en direction d'Arles », à l'altitude maximum de 2,50 mètres, vu la perte de charge.

 

Un aqueduc enterré

 

Venant du bassin de fuite en question, passant au mas des Sarcelles et allant vers le secteur des mas Saint Léon, des Plantades et de Saint Joseph, endroit de jonction avec l'aqueduc de Bellegarde.

 

 

L'AQUEDUC DE BELLEGARDE

 

 

Nombre de chercheurs locaux et d'universitaires sous l'impulsion de monsieur BATAILLE (cf : L'eau dans tous ses états, ISBN : 978-2-7466-0588-6), ancien maire de Bellegarde, ont étudié de prés l'ensemble de cet ouvrage de captation hydraulique (image 4).

Son schéma directeur était le suivant :

  • Un collecteur principal recevant l'eau des sources et les dirigeant vers le pont aqueduc de la Draille des arcs.

  • Des aqueducs souterrains et/ou enterrés, emmenant l'eau des sources des mas de Château Laval, Saint Jean et Valescure vers le collecteur principal.

  • Des bassins de régulation de débit, situés aux arrivées de ces conduites sur le collecteur principal.

Nous allons détailler successivement et brièvement l'ensemble de ces constructions :

LE COLLECTEUR PRINCIPAL

 

Le collecteur principal a nécessité un creusement de fouilles d'une section totale d'environ 2,00 m / 2,00 m ; le collecteur principal circulait à une altitude moyenne de + ou – 20 mètres. (cf image 5 et 5 bis).

 

LE CAPTAGE DE CHATEAU LAVAL

 

(cf image 6)

 

LE CAPTAGE DU MAS SAINT JEAN

 

La source : altitude + ou – 40 mètres. Un aqueduc au sol ou enterré coupait l'actuel Chemin Saint – Jean et devait venir se jeter dans un bassin de régulation, probablement situé au mas Saint Jean, quelques mètres plus bas.

 

LE CAPTAGE DE VALESCURE

 

Le point de départ : La source du mas de Valescure, à l'altitude + ou – 50 mètres. Le parcours de l'aqueduc de la source vers le premier bassin de régulation (h = 40 mètres), nécessitait donc le franchissement d'une dénivellation d'environ 30 mètres. Ceci implique qu'un court (environ 236 mètres) aqueduc au sol et un bassin de pré – régulation (altitude + ou – 40 mètres) probablement situé au sud immédiat du mas de Valescure ont été également obligatoires.

Du premier bassin de Valescure au second bassin de régulation, situé à l'altitude de + ou – 20 mètres, il ne restait que 350 mètres à franchir suivant une dénivellation d'environ 10 mètres.

Depuis ce bassin, l'eau a été véhiculée vers l'aqueduc de la Draille des Arcs, jusqu'à la zone des mas de Saint Joseph, des Plantades, des Milords et de Saint Léon.

 

Un tronc d'aqueduc enterré

commun aux deux époques

 

Nous avons été obligé de définir une "bande de travail", globalement orientée NS, ne serait - ce que pour avoir une idée approximative de son parcours dans la plaine de Fourques.

Ce tronc d'aqueduc qui depuis la zone du mas Saint Joseph, se dirigeait vers Fourques est difficile à situer avec une précision absolue.

Seules des fouilles ou des sondages ponctuels, permettront d'apporter une réponse à cette question. Les photos aériennes ne sont pas trés parlantes. Quoique ...

Nous sommes sûrs de son existence et de sa direction : il  passait à l'ouest du mas Mérard (témoignage du propriétaire) au quartier Villevieille. Là même où l'on situe le village du Fourques romain. Cf image 7.

 

Du quartier de Villevieille à Arles : nous pensons que l'aqueduc a traversé l'actuel Petit Rhône à la hauteur de l'actuelle station d'épuration de Fourques (c'est là qu'il il y eu un gué et qu'on a aperçu des piles de pont, sensiblement équivalentes à celles de la Draille des Arcs)... Si tuyaux de plomb il y a eu, ils n'ont été posés qu'au milieu du second siècle (au début de notre ère, le Petit Rhône n'existait probablement pas).

Un aqueduc enterré a traversé Trinquetaille puis le Grand Rhône par le biais des tuyaux de plomb découverts dans le fleuve par Luc LONG en octobre 2014 ...

Image 1 : Les sources du Beaucairois.

Image 1 : Les sources du Beaucairois.

Image 2 : Tuyau de plomb, conservé au mas de Bosc.

Image 2 : Tuyau de plomb, conservé au mas de Bosc.

Image 3 : conduites sous tuyaux et aérienne des deux aqueducs d'Arles.

Image 3 : conduites sous tuyaux et aérienne des deux aqueducs d'Arles.

Image 4 : Aqueduc de Bellegarde.

Image 4 : Aqueduc de Bellegarde.

Image 6 : Aqueduc de Bellegarde : Captage de Château Laval

Image 6 : Aqueduc de Bellegarde : Captage de Château Laval

Image 7 : Du mas Mérard à Fourques.

Image 7 : Du mas Mérard à Fourques.

Image 5 bis : collecteur principal au mas Daurat.

Image 5 bis : collecteur principal au mas Daurat.

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Published by EOLE, vizir, J de Molay - dans HISTOIRE D'ARLES
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commentaires

cigs coupon 09/07/2015 11:00

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