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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 11:19


 

Erwin Rommel, le célèbre général allemand, a été surnommé « le Renard du désert », durant la Seconde Guerre mondiale, en raison de la grande campagne militaire qu’il mena en Afrique du Nord de 1941 à 1943, à la tête de son armée : l’Afrikakorps.. En Afrique, l'armée allemande a bien entendu pillé les fortunes locales qu'il a bien fallu rapatrier et mettre en sécurité sur le vieux continent ...

À partir de novembre 1942, les allemands commencent la construction, sur la côte méditerranéenne, d’un dispositif de défense semblable au Mur de l’Atlantique, le Südwall, dont l’une des installations les plus importantes doit être une base sous-marine bétonnée, établie à Marseille, qui ne sera jamais terminée.

Lors de ses campagnes en Tunisie et en Libye, Rommel aurait amassé un véritable trésor de guerre, regroupé dans six énormes caisses en bois, remplies de lingots d’or, de diamants et de bijoux, volés à de riches familles juives de Tunisie.

 

UNE LEGENDE ?

 

L'histoire qu'on nous raconte : Le 16 septembre 1943, dans un monastère au-dessus de Bastia, un groupe de SS charge un trésor. Ce fabuleux butin est arrivé de Libye par bateau quelques jours plus tôt puis fût caché dans ce monastère et gardé sous haute surveillance. En fait, il s’agit de deux trésors, d’une part le fruit des pillages de l’armée Allemande en Afrique du Nord auquel c’est ajouté le trésor de Négus, le richissime descendant de la reine de Saba.

Les SS sont fébriles et ont pour mission de charger ces précieuses caisses dans deux camions et de les transporter au port dans les plus brefs délais, l’opération doit se dérouler dans le plus grand secret. Les moines ont pour interdiction de sortir du monastère, aucun témoin ne doit être présent, pourtant certains raconteront plus tard qu’ils ont vu une partie du chargement ; de l’or ainsi que des pierres précieuses. Les précautions prisent par les soldats nous montrent bien qu’il ne s’agit pas d’un chargement ordinaire …

On perd alors la trace du trésor… jusqu’en 1948, lorsqu’un ancien SS tchèque du nom de Peter Fleig affirme avoir été chargé, avec d’autres SS, d’emporter les caisses à bord d’une vedette et de se rendre sur la côte italienne.

Mais l’embarcation ayant été attaquée par l’aviation américaine au sud de Bastia, au large de l’embouchure de la rivière Golo, Fleig et ses compagnons sont obligés de jeter les six caisses par-dessus bord. Depuis, Peter Fleig a monté plusieurs expéditions sous-marines sur place, afin de récupérer le magot, sans succès à ce jour faute d’avoir effectué à l’époque un relevé précis de sa position.

En septembre 1943, l’île de beauté vit ses dernières semaines d’occupation Allemande, les allemands sont déjà en train de perdre la guerre et il va leur falloir se replier sur l’Italie...

 

NOTRE VERSION

 

L'histoire qui nous est raconté, ne peut – être qu'une légende destinée à brouiller les pistes.... Comme toutes les histoires de trésors ; si ce n'est que le trésor amassé par l'Afrikakorps a bel et bien existé et qu'il n'a jamais été retrouvé !

Concernant le transfert, à mon avis, à aucun moment le « Renard du désert » ne s'est éloigné de cette immense fortune ...

En fin 1942 des vedettes rapides allemandes descendent le Rhône, dissimulées à bord de chalands ; elles sont parties de Chalons – sur – Saône et sont arrivées à Port Saint Louis du Rhône

Or on sait que le 8 novembre 1942, il y eut un accostage de vedettes rapides allemandes dans le port de Bizerte (TUNISIE) ... C'est le seul moment de la guerre où ce genre d'évènement est signalé et pour cause : vedettes rapides et sous – marins allemands sont à ce moment là de la guerre, rarissimes en méditerranée...

Quand Rommel est rentré en Allemagne en mars 1943, il a demandé à un commando (peut - être des SS, mais quand on connait les relations entre Rommel et les SS, on peut être circonspects .... ) de convoyer le magot par bateau. On nous dit que ce dernier quitta le port de Bizerte le 12 mai 1943 et arriva  en Corse en septembre (!!!), où il fut bloqué dans le port de Bastia (???).

 

Quel type de bateau les allemands ont – ils utilisé ?

 

Pour convoyer une telle cargaisonvers le continent, il fallait faire vite et il est évident que les allemands ont pris toutes leurs précautions en matière de sécurité … Et qu'il ne peut s'agir que d' un navire militaire, en l'occurence une vedette rapide ! Or il se trouve que nous connaissons le type de schnellboot qui fut utilisé en méditerranée entre 1941 et 1943 ! Il s'agit du type S58 qui faisait partie de la série de schnellboot S30 à S37 et S54 à S61 construites à Lurssen, Vegesack en 1940, de 82 tonnes au lieu de 100 tonnes pour les autres séries.
A son entrée en service début 1941, la S58 est affectée à la 3e flottille en Baltique, après une remise en état à Wilhelmshaven, la 3e flottille appareille pour la Méditerranée ; les S30 et S58, à cause de leur plus petite taille ont été choisies pour rejoindre la Méditerranée par les canaux;

Elles passent par Rotterdam, elles remontent ensuite le Rhin à 15 nœuds jusqu'à Strasbourg, puis le canal du Rhin au Rhône, descendent la Saône et le Rhône jusqu'à la mer, à Port Saint Louis du Rhône elles sont prêtes à intervenir en Méditerranée en décembre 1941. Leur distance de croisière est de l'ordre de 1500 km pour une vitesse de 30 (56km/h) à 40 nœuds ...
Dés 1942, ces schnellboot interviennent d'abord en Sicile et sont basées à Augusta puis à Porto Empedocle ; ensuite elles rejoignent Derna en Afrique du Nord (Lybie), tout prés de TOBROUK et attaquent les convois ravitaillant Malte. Après l'opération Torch en novembre 1942, elles rejoignent Bizerte ; le 1er janvier 1943 la S58 coule le dragueur HMS Horatio .

D'autre part, on sait que les vedettes de la 3 éme flottille quittent Bizerte en mai 1943, et se replient sur la Sicile, puis Tarente et Viareggio (Italie) au fur et à mesure de l'avance des Alliés. A aucun moment il n'est fait mention de la Corse !

 

La S58 dans le port de TOULON

Les prémices de la libération de la Corse remontent au mois de décembre 1942. À cette époque, les Alliés étaient fermement installés en Afrique du Nord. Le général Giraud choisit donc d'envoyer en Corse une première mission dirigée par le commandant de Saulle. Cette action de reconnaissance prit fin en avril 1943. À ce moment, le commandant Paul Colonna d'Istria débarqua à son tour dans l'île pour unifier la Résistance et préparer le débarquement allié. Il est alors évident qu'en 1943 que la Corse, ne faisait pas partie des itinéraires sécuritaires de la 3ème Flotille allemande...

 

RESUMONS – NOUS :

 

Il est évident aussi que la date du convoyage peut être fixée entre février 1943 (départ de Rommel de Bizerte pour l'Allemagne, par on ne sait trop quel moyen de transport) et le 12 mai 1943 au plus tard (départ de Bizerte de la 3ème Flotille) ! La seule côte sécuritaire pour la marine allemande est bien la côte méditerranéenne de la France métropolitaine, Corse exceptée, distantes au maximum de 800 km !…. Que les vedettes rapides pouvaient donc rejoindre en moins de 10 heures de navigation, sachant qu'une vedette rapide allemande pouvait naviguer entre 30 et 40 nœuds soit entre 56 km/h et 90 km/h et qu'elle avait un rayon d'action de 1500 km. Pour être plus précis, il m'apparait évident que le trésor de Bizerte est parti en même temps que Rommel.... C'est à dire en février – mars, époque où les eaux de Méditerranée étaient encore sécuritaires pour les allemands …

Depuis le 11 novembre 1942, les ports militaires français parfaitement sécurisés par la kriegsmarine se situaient à l'ouest de Marseille en général, et entre Sète et le Cap Couronne en particulier...

Dans cette hypothèse, un seul endroit nous semble correspondre à un impératif de sécurité absolue pour les Allemands :

Port Saint Louis du Rhône

Un port que l'on peut considérer d'une certaine façon comme « port d' attache des vedettes rapides allemandes » ...

 

Une chose est sûre : Le fabuleux trésor de Rommel n'est jamais arrivé en Allemagne ! Rommel était déjà en désaccord profond avec Hitler, au point même qu'il souhaitait que son pays capitule ! ... Difficile dans ces conditions  de donner le magot à Hitler ... Dans ses notes, il déclare : 

« Hitler se montra totalement fermé à tous mes arguments, qu'il élimina les uns après les autres, persuadé alors que je m'étais laissé envahir par le doute et le pessimisme. Je déclarai (...) qu'il fallait rééquiper l'armée d'Afrique en Italie et la mettre en état de défendre nos frontières méridionales d'Europe»

D'autre part, les généraux « hommes de confiance » de Rommel, étaient déjà présent sur le Sudwall et lui obéissaient au doigt et à l'oeil … Le trésor de l'Africakorps pouvait être alors considéré en grande sécurité ! Aprés son entrevue avec Hitler, Rommel sait qu'il ne retournera pas en Afrique : il va être nommé inspecteur du mur de l'Atlantique et … Du Sudwall !

Curieusement, c'est à cette époque que les troupes du Génie allemand vont commencer à construire à Port Saint Louis du Rhône, un PC souterrain, qui n'était pas franchement nécessaire et qui à ce jour, n'a jamais été retrouvé !!!

 

En février et mai 1944, Rommel viendra à deux reprises

... A Port Saint Louis du Rhône !!!

 

 

 

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Published by EOLE, vizir, J de Molay - dans HISTOIRE DE LA CAMARGUE
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