Partager l'article ! 39-45 : LES CHEMINS DE FER DE LA CAMARGUE: La gare des Voyageurs en 2010 ...
La gare des Voyageurs en 2010
La même, en 39 - 45
En 2010, le pic des démollisseurs arlésiens achève à Trinquetaille, la destruction des édifices des bords du Rhône... Il en va ainsi, des Papeteries ETIENNE et de l'ancienne gare de marchandises des chemins de fer de Camargue... Deux monuments de l'histoire du début du XXème siècle de la ville...
Aprés l'invasion de la ZONE LIBRE, trés rapidement les militaires allemands ont compris l'intérêt stratégique des deux lignes (Arles-les Saintes et Arles-Salins de Giraud) des chemins de fer de Camargue...
L'armée allemande est persuadée que le débarquement aura lieu sur les côtes sabloneuses du Delta... De fait, la région va être trés fortement équipée en matériels de défense nautique, aérienne et terrestre.
Pour véhiculer les matériaux, mais aussi l'armement et les munitions, dans un paysage inhospitalier, les deux lignes de chemin de fer seront une incroyable aubaine...
De leur présence à Trinquetaille, nous n'avons trouvé qu'un seul vestige de bunker, un abri à proximité du quai du Rhône: (photo à venir)
Les allemands condamnèrent les deux principales routes, en les barrant en divers endroits de blocs de béton! L'accés à la côte ou à la ville d'Arles, fut rendu trés difficile aux véhicules.
En dessous d'un tracé allant du mas de Peaudure au Château d'Avignon, les différentes gares des deux lignes desservaient essentiellement des dépôts de munitions...
VUE GENERALE DE L'ANCIEN RESEAU
Ouverture : Vapeur le 15/08/1892, Electricité le 25/04/1932
Pour les ligne ARLES- LES SAINTES et ARLES SALINS :
Concession entre le département des BDR et Marius GUILLOT
- il s'agit de voies de 1.00 métre de largeur
- Déclaration d'utilité publique du 25 juin 1889
Le personnel de ces deux lignes, fut constitué en son début par les Cheminots Cévenols, sans emploi suite à la faillite de la Cie.du chemin de
fer d’Alais ( Ales ) au Rhône. Le personnel était expérimenté pour la construction et l’exploitation de ce chemin de fer.
Il semblait que ces lignes allaient très vite prendre de l’expansion mais hélas, des problèmes de qualité d’eau (Aux salins, Comme aux Saintes) se firent vite sentir, Arles ne suffisant pas à
pourvoir les besoins de ces deux trains, un réservoir fut construit, malgré ça, les chaudières furent vite endommagées….Le passage à l’électrification s’avérait impératif.
Carte où l'on distingue bien les trois lignes au départ d'ARLES :
- ARLES via Les SAINTES.
- ARLES via SALINS DE GIRAUD.
- ARLES via NÎMES.
Pour des militaires, on comprend mieux l'intérêt stratégique de ce réseau, d'autant qu'à partir d'ARLES, la ligne était reliée au réseau PLM par le pont dit de LUNEL sur le fleuve... Ce pont fut considéré comme un véritable point stratégique et de fait, il fut défendu par une DCA en tête de pont, côté Trinquetaille...
Carte d'Etat-Major de 1943
... Dans un premier temps, nous étudierons la ligne d'Arles aux Saintes Maries de la Mer... Véritable cordon ombilical de l'armée allemande ...
LA VOIE FERREE D'ARLES AUX SAINTES MARIES DE LA MER
HISTORIQUE DE LA LIGNE ARLES - LES SAINTES
La ligne s'embranchait sur celle du Salin de Giraud au km 3,06535 au lieu dit « La Cappe ».
Très rapidement fut posée une deuxième voie propre à cette seconde ligne évitant ainsi l'embranchement, source de retard pour les trains qui arrivaient en Arles presque à la même heure.
La ligne traversait la D36 se dirigeait vers la gare de Bouchaud :
puis sur les plaines de Meyran qu'elle longeait dans la partie sud, franchissait le canal de vidange du pont de Rousty à environ 900 m derrière le Musée Camarguais et longeait le chemin de Porte Ferruse, passait à Signoret en direction d'Albaron.
De ce point la ligne se dirigeait sur le domaine du Château-D'Avignon où elle rejoignait la D570 après avoir desservi Les Jasses et le Paty de la Trinité, longeait à gauche ce chemin sur 4 km, le coupait ensuite au niveau de Pioch-Badet et obliquait à droite pour desservir les domaines situés sur la rive gauche du petit Rhône : Cabanes de Cambon et Mas d'Icard.
Elle coupait à nouveau, à Maguelonne, le G.C. 26 et se dirigeait sur le point Terminus (gare des Saintes ci-dessous) en traversant divers fossés d'écoulement et le canal des Launes.
PHOTOS :
- Les chemins de fer de la camargue
LES GARES
| Arles-Trinquetaille | 00,000 00 km |
| Bifurcation de la Cappe | 03,065 35 km |
| Bouchaud | 06,352 80 km |
| Signoret | 12,421 30 km |
| Albaron | 15,350 50 km |
| Les Bruns | 19,631 80 km |
| Balarin-Duroure | 24,882 50 km |
| Pioch-Badet | 27,803 40 km |
| Icard | 31,065 20 km |
| Maguelonne-Le Sauvage | 33,361 km |
| Les Saintes Maries | 37,233 km |
LA GARE DE BOUCHAUD
LA GARE D'ALBARON
LA GARE DU MAS DU ROURE / LA GASCONNE
Dans le cadre de la défense de la côte camarguaise, cette station ferroviaire va revêtir une importance de premier plan:
- Par sa proximité du Château d'Avignon, PC de l'armée d'occupation.
- Par sa proximité du mas du Roure qui semble avoir été l'aérodrome du Château d'Avignon.
- Par sa proximité des nombreux blockhaus du mas de la Cure.
Voir notre article sur les vestiges allemands en Camargue...
LA GARE DE PIOCH BADET
Je pense avoir retrouvé la gare : elle est située juste avant PIOCH-BADET, à droite, au bord de la route qui méne aux Saintes. Les allemands n'ont pas attaché d'importance stratégique particulière à ce lieu... Si ce n'est peut-être l'hébergement de la Troupe...Et encore. RECTIFICATIF : Voir commentaire
LA HALTE DU MAS D'ICARD
Cette station proche du Petit-Rhône desservait certainement en munitions, l'ensemble militaire situé autour du Grau d'Orgon ... Elle est difficile à situer, par contre dans la campagne, les Blockhaus y sont nombreux...
LA GARE DE MAGUELONE / LE SAUVAGE
LA GARE DES SAINTES MARIE DE LA MER
LA LIGNE D'ARLES A SALINS DE GIRAUD
Nous avons retrouvé des vestiges allemands à PEAUDURE .
Nous sommes entrain d'analyser les autres stations...
UN TEMOIGNAGE SUR L'APRES - GUERRE
" Petit fils et fils de cheminots des chemin de fer de la Camargue et de la SNCF (Compagnie des chemin de fer de la camargue) ma grand mère était chef de gare à la gare de Monlong,maintenant disparue, puis Gageron (toujours existante)sur la ligne arles trinquetaille salin de giraud ensuite.Chef de gare à Albaron sur la ligne des saintes maries de la mer.Celà restera pour toujours mes meilleurs souvenir d'enfance j'étais déjà passionné et je faisais tous les jours,toutes les vacances, les aller retours avec mon parrain qui était controleur.
En 1901 ce fut la première ligne de chemin de fer à avoir des traverces en béton et en 1932 des machines électriques (que l'on appellait motrices schneider - siemens). A l'age de 14 ans on me faisait un peut conduire les motrices,et il y avait 5 ou 6 wagons voyageurs une plate forme comme au far-west quand on voulait changer de wagon on se tenait à la rembarde et on passait d'un marche pied à l'autre,c'était très dangereux.
Arles trinquetaille-les saintes marie de la mer (les gares) bouchaud-signoret-albaron-les brun-balarin du roure-pioch badet-icard-maguelonne le sauvage-les saintes- pendant le voyage tout le monde chantait,danser,jouer de la guitare c'était une ambiance merveilleuse.
En 1951 la compagnie camague reçue 4 wagons decauville alliage léger alluminium sur 7 commendés,on pensait a un rajeunissement de la compagnie mais non,celà se transformat vite en convoit funèbre.
Le 1 octobre 1953 la ligne ferma définitivement saintes marie de la mer,le 1 octobre 1955 le salin de giraud ferme aux voyageurs, le 2 juin 1957 le salin de giraud ferme le transport de sel.Tout fut féraillé et défféré à la vitesse grand V.
Quant je me remet tout celà en mémoire, j'en ai les larmes au yeux. Quel désatre, quel gachis.
Si on avait put garder la lignes des saintes maries de la mer on aurait en ce moment le train touristique le plus beau de france,peut ètre d'europe.Toute la camargue traversé de port à port,ces étangs,ces marécages,ces flamants roses,ces cheveaux,et ces taureaux en libertés toue cette faune et flaure qu'on ne voit plus en voiture.Nostalgie d'un passé disparut à jamais".