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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 23:46

 

Cartes Postales Photos Débarcadère - Usines à pétrole 13230 PORT ST LOUIS DU RHONE bouches du rhône (13)

 

Carte Postale Faubourg Hardon 13230 PORT ST LOUIS DU RHONE bouches du rhône (13)

 

Carte Postale Les Ecluses et la Bassin du Port 13230 PORT ST LOUIS DU RHONE bouches du rhône (13)

 

    St-Louis

Années 1970

 

 

Nous n'avons que trés peu de témoignages, sur cette période de 39-45, alors même que le port semble avoir joué un rôle prépondérant dans le système de défense côtière nazie... C'est du moins ce que semblent vouloir signifier les vestiges allemands locaux ...

Dés le 13 novembre 1942, l'armée allemande prend possession du port et de la batterie de l'armée française, installée en bord de mer et placée sous le commandement du capitaine DEBAY...

Moment d'émotion lors du désarmement, l'officier français fait hisser les couleurs et dans son discours, il invite ses hommes à ne jamais servir l'ennemi et à se dérober par tous les moyens à son emprise. Les couleurs sont descendues et le capitaine est arrêté puis mis en cellule... Il s'en évadera quelques jours plus tard pour rejoindre les forces du général de Gaulle. Nos recherches sur cette personne, semblent indiquer qu'il s'agit de Jean DEBAY, ingénieur polytechnicien (élève de X en 1931) il participera au débarquement de Provence au sein du 6ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais, placé sous les ordres du colonel SALAN, en tant que commandant de la compagnie de canons.

Les  allemands semblent passer du bon temps; comme ici, probablement vers la plage d'Olga, le long du canal, en mai-juin 1943 :

 

  soldats-allemands-au-repos--Port-st-Louis-juin-194-copie-1.JPG

 

06-11-2010 19-06-03[1] 

 

En août 44, suite au débarquement des Alliés sur les côtes Varoises, la situation locale s'envenime : quelques bateaux nazis accostés dans le port, tirent sur l'aviation alliée qui, pourtant ne fait que survoler l'agglomération.

Cette riposte, attire trés certainement l'attention des services de renseignements alliés, qui de toute évidence, prennent conscience de l'importance stratégique de Port Saint Louis du Rhône, ne serait-ce que pour son important dépot de carburants...

Le fait est que dans la soirée du 16, le village est bombardé pour la première fois et curieusement, il n'y a pas de riposte de l'occupant ... N'y a-t-il déjà plus de navires dans le port ? Suite à ce bombardement, vers 22 heures, le dépot de carburant situé à la "Standart Française des Pétroles" est la proie des flammes tout comme les hangars de fabrication de la société SFP; vers minuit le même bombardier revient sur l'objectif et lâche un nouveau chapelet de bombes. L'opération aérienne causera 5 blessés et la perte de 1000 tonnes d'huiles et graisses industrielles; deux réservoirs de la société LBC seront également détruits..! 

Le lendemain 17 août vers 23 heures marque le retour du même avion qui, aprés avoir illuminé le village avec des fusées éclairantes, bombarde le site : ce sera la destruction de deux immeubles du faubourg Venise, de la gare GV et de la société PETRONAPHTE... Heureusement, il n'y aura aucune victime dans la population...

Le 18 août toujours vers 23 heures, le fameux "avion fantôme" reviend pour la dernière fois ; les bombes tomberont dans les tables de sel de la Compagnie des Salins du Midi... 

On apprendra par la suite qu'il s'agissait en fait d'un appareil allemand, missionné pour détruire le site des dépôts de pétrole ... 

L'aviation alliée prendra le relais dans la journée du 19 août où le fleuve et toutes les voies de communication seront mitraillés, l'objectif est bien de couper la retraite des forces allemandes. Des wagons de brôme, seront incendiés, mais leurs vapeurs suffocantes seront éloignées du village par le vent du sud... La marine locale n'est pas épargnée ; vers 15 heures, le remorqueur "La Provence" croisant dans le golfe de Fos deviend la cible de l'aviation alliée : son chef-mécanicien est tué et pas mal de membres de l'équipage sont blessés... Le navire arrivera à rejoindre le port où il coulera quelques heures plus tard !

Port Saint Louis du Rhône, vit en ces jours là, des moments de cahos; l'armée allemande a pour mission de tout faire sauter à l'explosif; de nombreux points stratégiques en feront les frais projetant contre les immeubles d'habitation, débris de béton, traverses de chemin de fer etc... Le gros de la population s'est alors réfugiée à Bois - François où elle fut accueuillie par son propriétaire Mr DAHER et son fermier Mr SUSINI.

Dans la nuit, les forces d'occupation vont terminer leur besogne en faisant sauter à la grenade, le standart téléphonique du Bureau de Poste et la caserne de la Gendarmerie maritime qui semble avoir logé leurs troupes et nombre de munitions. Ces actes de destruction alliés à un fort vent de la mer, provoqueront l'incendie du centre-ville (dont les Ateliers de la Compagnie Charles-le-Borgne) ... La ville est alors privée d'eau potable et de courant électrique... Une organisation administrative se met trés rapidement en place, c'est le Comité de Libération Nationale local

La Résistance locale, forte de quelques 25 hommes groupés autour du Lieutenant Joseph GOURDIOLE, semble bien organisée. Aprés avoir dérobé aux allemands, armes, munitions et explosifs, ils passeront à l'action en commetant quelques actes de sabotage destinés à préserver l'écluse et le pont levant du faubourg Foch.

Peu de gens le savent : c'est bien en partie, grâce au courage de ces Résistants de Port Saint Louis, que la ville d'Arles sera libérée... Le 23 août au petit matin, 2 Résistants arlésiens des FFI, dont le lieutenant MISON de Mas-Thibert, arrivent à Port Saint Louis pour chercher du renfort et surtout des armes; ils monteront sur Arles avec 2 mitrailleuses récupérées aux Allemands, des grenades et un important lot de munitions. Le retour du petit groupe sera largement fêté au village, qui leur fera un accueuil triomphal: les drapeaux français et alliés pavoisent l'Hôtel de Ville et la petite troupe de FFI défile vers le monument aux morts. Là, le lieutenant GOURDIOLE, prononce un discours dans lequel il rapelle les exploits de leurs aînés tombés au Champ d'Honneur et trace la voie de l'Avenir "pour une France Libre, Forte et Heureuse".

Puis les FFI déposent une gerbe et pour finir, toute l'assistance entonne "La Marseillaise".

 

L'aprés guerre nécessitera une importante campagne de déminage .

 

 

06-11-2010-19-05-47-1-.JPG

Cliché du  19 mai 1947 (lors des opérations de déminages)

 06-11-2010 19-05-54[1]

 

   cliché du 19 mai 1954

 

AUTRES PHOTOS DU VILLAGE

 

    Cartes Postales Photos Grand Hôtel et Place du Marché 13230 PORT ST LOUIS DU RHONE bouches du rhône (13)

 

 

Documents photographiques de 39-45 fournis par G. FLANGAKIS

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commentaires

Georges Flangakis 10/09/2012 09:45

Bonjour,

Les 4 photos de soldats allemands à Port Saint Louis du Rhône ne concerne pas les opérations de déminage : c'est moi qui les ai mis en ligne et j'en possède les originaux, notés au dos juni (juin)
1943

Cordialement