Jeudi 5 août 2010 4 05 /08 /Août /2010 07:59

 

 

QUI VA S'OPPOSER A L'ENNEMI ?

 

DES PARTICULIERS : 

 

Pendant que nombre  d'arlésiens de souche, savament dirigés par BARONCELLI,  applaudissent le Maréchal en gare d'Arles, quelques personnalités locales, mais aussi nombre de travailleurs immigrés (Italiens, Espagnols, Indochinois) s'organisent dans des groupes de Résistance...   

C'est le cas de ces deux frères, deux hommes - clefs, venant successivement du Mouvement Combat et Libération, des MUR, puis du MLN , qui durant toute la guerre seront trés fortement présents dans la lutte contre l'occupant :   

- Pierre BOUDIN, alias POULY, alias POLYDOR, qui sera le chef d'arrondissement FFI d'Arles.

- Achille BOUDIN, alias POULY, alias POLYDOR II, alias RICHARD, chef d'arrondissement FFI de Martigues et de Salon-sud.

Ces deux meneurs, avaient des contacts privilégiés avec les Brigades Internationales qui s'étaient battues en Espagne durant la guerre civile, de fait, leur Réseau, encore mal connu, fut trés rapidement mis en place. On peut citer les hommes suivants :

Claudius TOULOUZAN : Un homme trés proche des frères BOUDIN.

MACCAREGNO, le garde du corps de Pierre BOUDIN.  

- Le colonel Pierre BERRURIER :

- Julien CHAVOUTIER, ingénieur des Arts et Métiers, entrepreneur de Travaux Publics sur Arles. Il était né dans cette ville le 21 septembre 1906 au sein d'une famille d'ouvriers. Il fera successivement ses études à l'école primaire de la Roquette, puis au collège Frédéric Mistral. A 15 ans, il obtiend une bourse d'études et intègre l'actuel lycée Vauvenargues d'Aix-en-Provence.

En 1942, il est agé de 36 ans.

Il fut à partir de mars 1944, le chef militaire de la Résistance de l'arrondissement d'Arles, et agissait à partir du 14 août 1944 au grade de commandant des FFI de la ville. Il résume lui-même son vécu : " Mobilisé comme lieutenant de réserve en 1939, j'ai connu l'effroyable chaos de la retraite de 1940. J'ai pleuré à l'Armistice, mais je l'ai cru inévitable. Les entorses successives faites à ses clauses, les Appels du Général de Gaulle, m'ont ouvert les yeux. La guerre continuait et je voulais en être; c'est ainsi qu'en décembre 1942, je fus emmené au domicile du colonel Pierre BERRURIER par monsieur DORE, ingénieur des TPE à Tarascon. Là, je trouvais un chef qui m'exposa ses buts:
- Combattre le boche partout et par tous les moyens.
- Renseigner les services du Général de Gaulle.
- Préparer l'Insurrection et la Libération.

Trés rapidement cet homme, ancien officier de réserve, va prendre conscience de l'importance stratégique que lui donne cette position; son choix est vite fait : il va renseigner les services spéciaux de la Résistance, sur les positions des bunkers allemands que son entreprise construit. De fait, il va devenir la clef de voûte incontournable de l'organisation para - militaire qui s'opposera le moment venu aux envahisseurs.  

C'est autour de lui, dans son entreprise que CHAVOUTIER recrutera ses futurs collaborateurs militaires, qui deviendrons ses chefs de groupe directs.

Ils ont pour noms:

- Eugène CORNILLE, dit Jean, 26 ans en 1942, contre-maître dans l'entreprise, né à Arles le 24 juin 1916. Ce fut le bras droit de son patron qui lui confiera entre autres la lourde charge du transport des armes, munitions et explosifs. Son comportement lors de la Libération de la ville est qualifié d'héroïque !

- Vicente ANTONIO, un maçon d'origine espagnole, travaillant pour CHAVOUTIER. Réfugié politique cet homme avait combattu dans les Brigades Internationales pendant la guerre civile d'Espagne; il avait rassemblé  d'autres espagnols dans la même situation que lui... 

  Francis BRUN, le comptable de l'entreprise, considéré comme l'autre bras droit de CHAVOUTIER.

 

 

On voit que nombre " d'étrangers", Espagnols ou Italiens, semblent aussi avoir été trés tôt à l'origine du mouvement de Résistance local.  

Ces hommes étaient, entre autres,  recensés par la terrible MOI (service d'Etat de la main d'oeuvre immigrée); ils étaient  employés essentiellement par les riches propriétaires terriens de Camargue ou les grosses industries locales (surtout les Salins). 

   

 

UN PARTI POLITIQUE ET UN SEUL

 

Avec le recul que nous avons maintenant sur la Seconde Guerre mondiale, nous pouvons écrire que politiquement dans le Pays d'Arles, ce ne seront uniquement que des forces dites de Gauche qui résisteront à l'ennemi...
Cette observation est évidente tout au moins durant la première phase de l'organisation de la lutte armée... 

Le P.C.F. met alors sur pied le Front National, qui maintenant ne se donne plus comme objectif la Révolution socialiste mais uniquement la Libération de la France.

Sur ARLES, c'est Henri MORAND, dit André, qui fut l'organisateur de la section locale du Front National du Parti communiste . Aprés la Libération, il sera le premier sous-préfet d'Arles.

La section clandestine locale du Parti Communiste arlésien était alors dirigée par Fernand SERME dit Emile.

Le 13 Août 1942, Hitler constate que malgré les énormes travaux déjà entrepris, les défenses sont insuffisantes dans certains secteurs. Il décide l’extension des défenses méditerranéennes à la Côte d’Azur – Der Azurwall, et la construction « d’une ligne de feu solide et continue le long des côtes. » Il fixe le chiffre de 15 000 ouvrages à bâtir « de Kirkenes (Cap Nord) aux Pyrénées et de la frontière espagnole aux cols italiens. » .

 Pour effectuer ces travaux, l’Organisation Todt à recours à plusieurs types de main-d’oeuvre :

– Troupes spécialisées en fortifications, ou Festungspioniere ;

– Main d’œuvre locale réquisitionnée dans le cadre du STO (Service du travail obligatoire).

– Prisonniers de guerre soviétiques, polonais, français, belges…

– Les unités du Reichsarbeitsdienst ou RAD (service du travail du Reich).

– Les entreprises de génie civil ; pour ARLES et sa région, c'est l'entreprise CHAVOUTIER qui sera en charge des travaux.

 

 

 


 

Par DANIEL Max - Publié dans : HISTOIRE D'ARLES - Communauté : Histoire Géographie
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