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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 05:22

 

ARTICLES PRECEDENTS :

- GLACIERES D'ARLES (1).

- GLACIERES D'ARLES (2).

 

La récolte de la glace en milieu rural pouvait ce faire dans les endroits les plus divers. Les fleuves, les étangs, les lacs, les canaux, les ruisseaux et les parcelles aménagées à cet effet.

Les propriétaires ou fermiers des mas qui possédaient une glacière, avaient une possibilité de produire eux même leur glace, en dehors des marais ruisseaux ou canaux.

Un document des archives municipales d’Arles, nous apporte des précisions, sur l’emplacement des bassins à geler et sur la collecte de la glace dans divers endroits à Saint Martin de Crau ( AMA, 1696 – 1697) : « …laquelle glace avoit trois doigts dépesseur, comme encore de Jean Peyrot hoste du logisson de sa femme, de Louise Galissiane et de Marguerite Senasse qu’ils nous ont dit que depuis 10 ans qu’ils demeurent audit cartier de ST Martin, ils ont veu que la glace qui se fourmoit aux bassins qui sont contre la glacière de Ménard n’estoit pas suffisante de la remplir et les autres qui estoit rentier dudit Ménard avoit ledit Gontier et les autres estoient obligés d’aller prandre de la glace dans le creu de l’ane proche l’église de ST Martin et souvant au canal de Durance et après avois veu lesdits rageirol* et glacière… »

Nous voyons aussi que, comme à la place de la croisière à Arles, un ruisseau captant l’eau du canal de Craponne permettait l’alimentation en eau des bassins à geler : « …le canal de Durance, a l’endroit de la prise de son rageirol affin que l’eau y peut entrer facilement , nous nous sommes aussi informés a la mesme réquisition d’honoré Nouveau aussi berger de francoise Bouissoune fille qui nous ont dit qu’ayant ledit Menard fait mettre de l’eau dans ledit rageirol, il en vint jusques dans les bassins qui sont contre la glacière… »

 

Dans les propriétés, à la campagne, les fossés permettaient l’alimentation des clos servant de bassin à geler, c’étaient les mêmes qui servaient à irriguer les parcelles misent en culture et le jardin. Presque dans tous les cas, à proximité, le puits à roue appelé aussi « noria ou pousseraque ».

Des prés situés aux alentours des glacières étaient transformés en bassin de congélation pendant l’hiver. Appelés dans les états des lieux «… le pred de la glacière… ». Des superficies assez importantes qui généralement servaient de pâturage le reste de l’année, étaient entourées de petits monticules de terre appelés levadons. La présence d’herbe évitait de trop mêler la terre et la glace. L’alimentation en eau des bassins, pouvait se faire de plusieurs façons :

  • Soit le bassin était en contrebas du fossé et le remplissage s’effectuait en obstruant à un endroit précis, le niveau montait et par gravité l’eau se déversée dans le pré.

  • Soit la pousseraque n’était pas trop éloignée et l’eau arrivait à la bonne hauteur.

  • Il est possible aussi qu’un système appelé « tombe- lève* » fut utilisé.

* sorte de balançoire en forme de goulote posée au sol avec un axe dans son milieu, faite de planches quelques fois de plusieurs mètres de longueur munie d’un godet sur un bout qui était plongé dans le ruisseau, en appuyant de l’autre coté elle basculait et l’eau contenu dans le godet s’écoulait de l’autre coté.

 

Quand l’état des lieux d’une propriété était fait, l’ensemble des drailles, des ruisseaux, des canaux, des martellières, des ponts, des divers bâtiments, des cultures des haies, les jardins, apparaissait dans l’inventaire en même temps,

- le pré de la glacière (le bassin à geler)

- le clos du puits à roue (l’emplacement de la noria)

- le clos ou plate forme de la glacière. (l’emplacement de la glacière)

Pratiquement, tous les mas et tous les jardins avaient une noria pour l’irrigation des parcelles.

 

Quelques extraits d’inventaires :

 

Mas de rabattu (REBATUN) (Plan du Bourg) : « …du levant la draye allant a la glacière tous les fossés compris… ».

« …qui nous dit avoir charrier de glace des bassins dans ladite glacière laquelle glace avoit trois doigts d’épaisseur… »

A M A 1696-1697

 

Mas de la Chassagne (Camargue)

« …il nous a aussy faict voir qu’un peu au dessous de ladite glacière en tirant vers le mas, il a faict faire un puit a roue pour l’arrosage du jardin… » A M A 1698-1699

Mas de Saunier (Moules)

« …dans lequel relarg, le puit et plate forme de la glacière… » A M A 1700-1701.

Mas d’antonelle ( Plan du bourg)


« …du midy le jardin neuf et la terre de la glacière fossés non compris… » A M A 1706-1707

Mas de Faraman (Salin de Giraud)


« …plus le pred de la glacière confrontant du levant le petit pred du puit a roue, du midy le clos de la glacière, du couchant… »

A M A 1710-1711

Le fort d’Herward ( Trébon)

« …le pred de la glacière dépendant du fort d’Herward situé au terroir de Fonvieille … ». A M A 1710-1711

 

Le mas d’Escanin (Le Paradou)

L’abondance de sources d’eau limpide au village de Paradou,  a permis pendant plusieurs siècles, l’implantation de moulins à eau. Il tient son nom de l'appellation locale des moulins à eau qu'exploitaient des tisserands au fil de la rivière Arcoule. Il y a plusieurs siècles, l'eau représentait la principale source d'énergie et on équipait les moulins, de foulons, sorte de grands marteaux qui pouvaient servir à de multiples usages et qui étaient soumis au droit seigneurial de foulure :

Le domaine de l’Escanin en possède les vestiges dans la cour de la propriété. juste en contrebas, de bassins restes de l’ancienne utilisation.

Il est sur, que pendant la période hivernale, la fonction première des bassins, était détournée au profit du remplissage de la glacière encore intacte, elle est difficile à dater, sans doute très ancienne, située à seulement quelques mètres des bassins. Actuellement, la glacière ne semble plus faire partie du mas de l’Escanin, le domaine paraît être scindé en plusieurs parties.

 

Dans les jardins d'Arles :

 

 

Il est probable que ponctuellement, des bassins furent aménagés au sud de la ville, le long du canal de Craponne. Là, de très nombreux jardins potagers, des parcelles d’arbres fruitiers et mûriers ainsi que des pâturages, le tout alimenté en eau par une multitude de fossés raccordés au canal de Craponne.

Le plan de la ville de Nicolas de Quiqueran de Beaujeu du 18 eme siècle, montre bien les centaines de parcelles de cultures allant du quartier de la Roquette aux Alyscamps. Quelques constructions sont visibles. Les propriétaires sont des nobles, des bourgeois, des commerçants. Nous voyons que les parcelles sont relativement grandes, bordées de fossés et de puits à roue   ( pousseraque), c’est exactement ce qui était nécessaire pour produire de la glace en campagne. De plus certains propriétaires nobles avaient une glacière dans leur hôtel particulier en ville.

A proximité de la ville, aux Alyscamps, à notre connaissance, deux glacières ont existées, l’une appartenait au couvent des minimes, l’autre dans un jardin appelé « le clos de Bandole », les deux à proximité de la place de la croisière ou était les bassins à geler de la communauté servant exclusivement au fermier. Il privés situés à proximité. Les frères Minimes ainsi que le propriétaire de l’autre glacière, avaient sans doute un accord avec le gestionnaire du canal pour prendre de l’eau et alimenter leurs propres bassins à geler.

Quelques exemples de propriétaires de jardins au sud de la ville. Nous allons voir que les parcelles sont relativement grandes :

Le clos de Bourret:

Ce fut un jardin du 15 eme siècle à la fin du 18 eme. Situé : « …en 1473, hors la porte marchéneuf vers le chemin de beaulieu… »

Contenance 6 cestérés 62 dextres = 15 740 m² environ.

Le jardin de Gilles :

Ce fut un jardin jusqu’au début du 19 siècle : « …1687 confrontant du levant le chemin marseillais, du midy luzerne de la demoiselle Trouche, fossé commun entre deux, du couchant jardin de mr Jean françois Pillier et du nord le canal de durence… »

Contenance 7 cestérées 1/2 = 19 644 m² environ.

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 A SUIVRE 

 

 

 

 

 

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Published by J. de Molay - dans HISTOIRE D'ARLES
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