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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 05:50

Article précédent :   Au temps des glacières d'Arles 

 

LA PLACE DE LA CROISIERE

OU

LE BASSIN A GELER   MUNICIPAL

 

  La-Croisiere-001.jpg

La Place de la Croisière de nos jours

En rouge : le canal de Craponne

 

Tous les Arlésiens connaissent la place de la Croisière, située à l’angle sud Est du carrefour, (actuellement, une maison de retraite, un parking et un terrain de boules). Pour la ville d’Arles et les différents fermiers des glacières, le principal bassin utilisé, était celui situé à la place de la Croisière. Il est vrai que le pré de la Croisière au 17 eme siècle, était situé en dehors de la ville, mais nous pouvons considérer que sa proximité des remparts en faisait un bassin urbain.  

 

CROISI-1.JPG

 La Croisiere au XVII eme

Au XVII eme siècle, ce pré appartient à la communauté d’Arles et s’appelle déjà « la croisière ». Pendant plusieurs siècles, cette grande étendue à proximité des Alyscamps, va servir à de multiples usages:

- Pour le bétail qui selon la saison allait de Camargue en Crau et vice versa. Le paty de la croisière permettait aux troupeaux de prendre du repos : « …le paty de la croisière sert pour faire paitre le bétail, le faire transmarcher du cartier de la crau a celluy de la camargue, ce qui arrive souvant dans l’année et particulièrement dans le temps que ledit cartier de la crau est commun à tous les habitants qui depuis la my carème jusques à la st Michel… » (A M A 1696) ...

- Pour faire sécher les laines qui étaient auparavant lavées dans le canal de Craponne :

« …plus le paty de la croisière est nécessaire pour faire sécher la laine qu’on lave dans le canal de la Durance qui a son cours le long dudit paty et du costé du midy d’icelluy… » (A M A ,1696).

« …la laine dans les banestons pour lespargir* dans la croisière… », (A M A, 1696).

 

* Espargir :éparpiller, étendre pour sécher.

- A l’occasion de la foire annuelle du 3 mai et pour l’exercice des militaires, lorsqu’ils sont stationnés en ville: « …comme aussy pour la foire qui se tient annuellement le trois may, pour faire la reveu des troupes lors quelles sont logées dans la ville et pour leur faire faire de l’exercice… ».(AMA 1696).


-  Le pré de la croisière, a été utilisé aussi dans des moments dramatiques. A l’occasion des épidémies de peste qui ont fait des ravages en Provence à différentes époques. Le midi de la France, en 3 siècles a compté plus de 20 attaques de ce fléau jusqu'à celle de 1720 qui fut la dernière. Dés que l’épidémie apparaissait, les gens atteint ou supposés, étaient mis hors les murs de la cité dans des huttes sommaires pour essayer d’enrayer la contagion :  « …et même il a servy dans le temps de la dernière peste dont la ville fust obligée pour y placer des hutes pour les pestiférés et pour divers autres usages… » (AMA 1696).
Le document ci dessus, est daté de 1696, une autre partie indique que la communauté d’Arles veut acquérir une parcelle de terrain qui est mitoyenne du pré de la croisière, et qui appartient aux frères bénédictins. Les consuls de la ville argumentent en énumérant les différents services que le paty rends à la population. A l’époque actuelle, nous dirions qu’il est « d’utilité publique ». Personne ne pouvait se douter que 24 années plus tard, de nombreuses huttes et cabanes, allaient être installées à cet endroit. Il y eut environ 10 000 morts en quelques mois dans le pays d’Arles.

Dans ce que les consuls appellent «divers usages », il y en a un qui va nous intéresser tout particulièrement. Il s’agit de bassin à geler...

 

 

Fonctionnement

 

 

Pour implanter des bassins de congélation, plusieurs conditions étaient à remplir. Il fallait d’abord, la possibilité d’avoir de l’eau, un terrain suffisamment grand et plan, et ne pas être trop éloigné des lieux de stockage, c’est à dire des glacières.

Le choix de la Croisière, pour y installer les bassins en hiver, peut paraître insolite par la situation en contrebas du site de la glacière.

Les avantages sont beaucoup plus intéressants. D’abord la proximité du canal, transportant l’eau claire de la Durance, puis la grande étendue nivelée, et le moindre éloignement des glacières de la communauté a dû justifier cette préférence.  Le document le plus ancien que nous ayons trouvé date de 1671 : « …ce que pourra couter le transport de la glace de la croisière ou l’on est coutume de la prendre, jusque dans la glacière et au cas… ». « … le fermier, s’il glacoit lhiver suivant, le port tant seullemant de ladite glace ou nege luy sera payé a ce qu’il pourroit cousté despuit la croisière, suivant le mesurage et compte qu’en sera faict par un arpenteur… »

 

L’alimentation en eau du bassin.

 

 

Plusieurs documents qui s’échelonnent sur plus d’un siècle, vont nous donner des renseignements sur le fonctionnement du bassin à geler. Tout d’abord, pour pouvoir faire de la glace, il fallait avoir l’autorisation de prélever l’eau du canal de Craponne qui pour la branche d’Arles fut terminée dans les années 1590.

Très tôt des contestations apparaissent à ce sujet, nous allons voir que le commerce de la glace est émaillé de transactions, de plaintes de procès. Pour éviter les déboires de part et d’autre, la communauté d’Arles et le propriétaire du canal de Craponne établissent une convention (AMA, 1711)  :

« …ce jourd’hui 6 février 1711 à esté convenu et accordé entre messieurs les maires et consuls de la présente ville d’Arles d’une part et messire Louis Jean pierre de Montcalm seigneur de st Véran propriétaire du canal de craponne d’autre sur les contestations survenues à l’ocation de l’eau prise dudit canal pour la glace employée à remplir les glacières de présente ville attendu les différentes ordonnances de condamnation (HH 11) rendues à ce sujet par nous lieutenant général pour esviter dans les suittes pareils affaires et les frais d’iceux, qu’il sera permis aux sieurs maires et consuls ou à leurs fermiers et ayant droit de prendre de l’eau dudit canal, et la jetter dans la croisière ou ailleurs pour faire geler en tirer la glace et prendre aussi celle qui sera dans ledit canal, sans endomages les dougues dycellui. Comme on la ci devant fait toutes les fois qu’il leur sera nécéssaire pour remplir leurs glacières et moyenant ce , lesdits sieurs maires et consuls ou leurs ayant droit, seront tenus payer et donner a l’avence annuellement audit seigneur de Véran ou ses ayant droit pendant tout le temps que les glacières seront ouvertes et que la vente et distribution de la glace se faira, scavoir douze livres de glace par jour lorque ladite glace aura esté ramassée jusque lors qu’on sera obligé de faire venir de la glace de la montagne, 8 livres par jour aussi pendant le temps de ladite vente et distribution… ».

Dans ce cas précis, le propriétaire du canal va être dédommagé pour une quantité d’eau, qui de toute façon aurait finie dans le Rhône quelques centaines de mètres plus loin. De plus, en période hivernale, elle ne peut servir à l’irrigation. Seul les moulins à eau en avaient besoin ponctuellement. Pourtant, il va demander des compensations importantes, commerce oblige :

« …et moyenant ce , lesdits sieurs maires et consuls ou leurs ayant droit, seront tenus payer et donner a l’avence annuellement audit seigneur de Véran ou ses ayant droit pendant tout le temps que les glacières seront ouvertes et que la vente et distribution de la glace se faira, scavoir douze livres de glace par jour lorsque ladite glace aura esté ramassée jusque lors qu’on sera obligé de faire venir de la glace de la montagne, 8 livres par jour aussi pendant le temps de ladite vente et distribution… »...

Le propriétaire du canal autorise alors la communauté à prendre de l’eau. Ainsi que la glace si l’endroit venait à geler. Il précise de faire attention de ne pas endommager les berges : « …prendre l’eau dudit canal, et la jetter dans la croisière ou ailleurs pour faire geler en tirer la glace et prendre aussi celle qui sera dans ledit canal sans endomager les dougues d’ycelluy. Comme on la cy devant fait, toutes les fois qu’il leur sera nécessaire pour remplir leurs glacières… »

Plus d’un siècle plus tard (AMA, 1823), la convention passée le 6 février 1711 entre la communauté d’Arles et le propriétaire du canal du moment, le sieur de Montcalm seigneur de st Véran est toujours en vigueur. Le propriétaire du canal a changé, mais l’accord passé est encore appliqué: « … Nous maire de la ville d’Arles ,en exécution de la convention du 6 février 1711 entre les maires et consuls de cette ville et le sieur de Montcalm de STVéran propriétaire du canal de Craponne… ».

Le nouveau propriétaire du canal, applique donc la même convention mais rajoute à la fin du document, un article supplémentaire qui le décharge encore plus en cas d’accidents sur le site : « …les rendant responsables de tous les accidents aux quels donnerait lieu le restement des eaux dans la croisière… ».

D'où l'autorisation suivante :« … Nous maire de la ville d’Arles ,en exécution de la convension du 6 février 1711 entre les maires et consuls de cette ville et le sieur de Montcalm de ST Véran propriétaire du canal de Craponne, autorisons les sieurs Joseph Marin et Joseph Cohen à mettre dans la croisière l’eau du canal de Craponne par le moyen de la martellière qui est établie à coté du pont dit de la croisière, afin de faire geler pour remplir les glacières à la charge par les dénomés ci dessus de remplir à l’égard du propriétaire actuel du canal de Craponne les obligations contractées par les consuls en faveur dudit sieur de Montcalm de ST Véran et de le rendre taisant envers la ville à l’égard desdittes obligations de laquelle convention, il a été donné copie audit sieurs Marin et Cohen. les rendant responsables de tous les accidents aux quels donnerait lieu le restement des eaux dans la croisière ».

 

 

Les prises d’eau

 

 

Régulièrement, la communauté entreprenait des travaux pour entretenir les différents ouvrages permettant de prélever, canaliser et garder l’eau du canal. Il est évident que lorsque le moment tant attendu, ou le temps permettait la transformation de l’eau en glace arrivait, aucune anomalie ne devait perturber le processus.

 

Tout d’abord la martellière, élément essentiel du système, devait fonctionner parfaitement à tout moment. Elle était actionnée de nombreuses fois aux différentes étapes pour arriver à l’épaisseur de glace souhaitée : « …monsieur le trésorier de la communauté à payer à Louis Ymonet maistre menuisier de cette ville d’Arles, la somme de sept livres pour le prix d’une martellière qu’il a faite à la Durance pour faire entrer l’eau dans la croisière suivant le rolle cy joint… »; Arles le 3 novembre 1754.... A titre de comparaison, le prix de la confection de la martellière, correspond à une somme importante, une employée débitant la glace pour la vente, touchait pour un mois, 9 livres.

Cette prise d’eau sur le canal, était située en bas du chemin des minimes. En descendant, du coté gauche les anciens ateliers SNCF, à droite les anciennes serres Rochefleur actuellement . On pouvait, par un pont appelé pont du « crucifix » enjambant le canal, entrer directement dans l’allée des Alyscamps. La martellière était sur la berge du coté nord, de la un aqueduc emmenait l’eau dans un fossé, qui lui même allait jusque dans le bassin (AMA, 1759) : « …monsieur le trésorier de la communauté paye à Michel Laurens Pierregon de ceste ville la somme de 17 livres pour pierres par luy fournies. 4 £ pour le charroy desdites pierres employées à réparer le pont de l’acqueduc allant à la chappelle du crucifix, servant au transport des eaux qu’on met à la croisière pour les faires geler… »

Une soixantaine d’années plus tard, une autre prise d’eau est utilisée pour remplir le bassin. Elle était située du coté opposé de la précédente, prés du pont enjambant le canal au bas du chemin de l’époque (maintenant le bas de la montée de la croisière, la route est à la même place que le chemin du 18 eme siècle) : « … Nous maire de la ville d’Arles ,en exécution de la convension du 6 février 1711 entre les maires et consuls de cette ville et le sieur de Montcalm de ST Véran propriétaire du canal de Craponne, autorisons les sieurs Joseph Marin et Joseph Cohen à mettre dans la croisière l’eau du canal de Craponne par le moyen de la martellière qui est établie à coté du pont dit de la croisière, afin de faire geler pour remplir les glacières… ».

 

 

Les lévadons

 

 

Les petites digues de terre que l’on appelle dans notre région « lévadons », formaient l’entourage des bassins à geler, c’est exactement le même principe que le système employé pour les rizières. Une réfection et un entretien rigoureux avant chaque mise en eau était nécessaire.

 

Dans le document suivant, on rehausse l’ouvrage de 0.50 m environ. On peut supposer que l’hiver précédent a dû être rigoureux, le fermier César Villon a dû s’apercevoir que si les lévadons avaient été plus hauts, ils auraient obtenus de la glace plus épaisse. Le dénommé Joseph Claret, terraillon, est l’artisan chargé d’exécuter l’ouvrage, il s’engage auprès des consuls de la ville à travailler de la façon suivante (AMA, 1759) : « …depuis le réhaussement du lévadon de la croisière, la butte dudit lévadon sera prise à deux pans plus haut que l’ancien et sera prise n’y plus haut n’y plus bas dudit lévadon et sera mené au niveau plat d’un bout à l’autre. En luy donnant six pans de couronne et deux pans par pans de talus, tant devant que derrière… »

 

Comme très souvent, les consuls donnent des recommandations précise sur la façon d’exécuter l’ouvrage. Ils indiquent même où les térraillons devront prendre la terre, sans abîmer la berge et les arbres.

 

Tous ces conseils et recommandations, peuvent sembler exagérés, car l’artisan connaît son métier, mais les recours à la justice sont tellement fréquents à cette époque que les consuls prennent d’énormes précautions. Dans ce cas précis, le propriétaire du canal a des moyen financiers importants, et l’eau qu’il permet de prendre, et indispensable à la ferme des glacières de la communauté d’Arles : « …toutes les terres pour faire ledit ouvrage seront prise tout au long du canal de la durance au dernier de la digue du costé de la croisière, le tout sans dysfamer ladite digue ni les arbres qui sont plante dessus… qui se employeron seron mené par assise de 2 pans pour faire bien lier les terres ensemble… »

 

Il est demandé aussi de faire un fossé d’environ 0.50 m de largeur, pour emmener l’eau jusqu’au bassin : « …il sera fait aussy un fosé depuis lesparcier du pont pour conduire les eauxjusques à trois cannes du lévadon pour deux pans de plafond… ».

 

A la fin du document, l’artisan s’engage à faire l’ouvrage conformément au devis : « …je moblige envers messieurs les consuls d’exécuter les ouvrages conformément au devis cy dessus moyennant le prés de cent livres que me seront payé après la réception dudit ouvrage quy me seront reconu après avoir feny ouvrage « .

 

Un mois après, les consuls ont fait vérifier la besogne du terraillon par un géomètre : « …à la réquisition de messieurs les consuls gouverneurs de ceste ville pour faire la vérification du nouveau lévadon construit dans le pré de la croisière donné par eux à prix fait en… et à forfait à joseph Claret pour le prix entres eux convenus et laquelle vérification, avons procédé en présence de monsieur Vincens un des consuls et dudit prixfachier et consort : "Avons examiné la hauteur dudit lévadon disons quelle est de deux pans au dessus de la hauteur moyene de l’ancien, son couronnement a six pans de largeur et de niveau… ».

Nous n’avions pas ou peu de renseignements sur les dimensions du bassin à geler de la croisière. La suite du document va nous apporter des éléments nouveaux : « …la longueur est depuis le rocher jusques aux digues du canal de craponne, son talus est conforme au devis tant du cote du levant que du couchant… »

Le texte ci-dessus, apporte une précision sur la position du lévadon. Il est perpendiculaire au canal, puisque les rochers de la croisière délimitent la partie nord de la place. Détails supplémentaires, sachant que le terme « talus » indique les deux cotés du lévadon, un au levant (Est), l’autre couchant (Ouest), l’ouvrage est bien dirigé Nord- Sud : « …le terrajer a été pris le long du canal sans préjudice aux digues n’y aux arbres. Le fossé a été fait depuis lesparcier du pont jusques à trois cannes dudit lévadon avec beaucoup plus de largeur qui n’est expliqué dans le devis. Disons et réclamons que le tout a été fait selon le devis et engagement en foy de ce me suis signé à Arles le 3 février 1759. Retenant pour peines et vacations deux livres… ».

Le géomètre ayant constaté que l’ouvrage a été fait correctement, sauf le fossé venant de la prise d’eau qui est plus large que prévu, ce qui ne gênait pas la bonne marche de l’installation, bien au contraire. Par cet acte il autorise le paiement du travail effectué :

« …monsieur le trésorier de la communauté paye à joseph Claret, la somme de 102 livres scavoir 100 livres pour le prix du lévadon de la croisière pour retenir les eaux du canal de craponne qu’on met dans ladite croisière en hiver pour former la glace, et 2 livres pour la reconoissance dudit devis et certifier. Le 3 février 1759… »

 

Dans la même année 1759, de nouveau des travaux d’entretien du lévadon sont effectués. Une somme est donnée à un « baille terraillon » pour des journées de paysans pour la remise en état du système : « …la somme de 12 livres payées par acquis du 9 décembre à jacques Ogard baille terraillon pour des journées de paysans à réparer le lévadon de la croisière et récurer l’écoulage de ladite croisière 15 sols… »..

Nous voyons que le commerce de la glace, permettait à des corporations d’habitants de la commune, d’avoir des journées de labeur pendant la période hivernale qui était synonyme pour eux, habituellement de chômage.

 

A ce stade de la recherche, nous ignorons les dimensions exactes du ou des bassins de la croisière. Une superficie d’environ un hectare semble raisonnable.

 

Il semble que le lévadon cité dans les documents, devait rester en place d’une année sur l’autre, et en période propice, recevoir quelques réparations.

 

Par déduction, il devait se trouver du coté Est de la place au moins jusqu'au début 19 eme, le plus prêt possible de la prise d’eau prés du pont du crucifix, causant le moins de gène pour les autres activités du prés de la croisière.

 

Il semble d’après les textes, qu’en 1823 la prise d’eau change de coté, est ce que le bassin est plus grand à ce moment là ? Les fermiers de la glace ont ils deux prises d’eau en même temps ? Aucun élément le prouve.

A proximité de la ville, aux Alyscamps, à notre connaissance, deux autres glacières ont existé, l’une appartenait au couvent des minimes, l’autre dans un jardin appelé « le clos de Bandole », les deux à proximité de la place de la croisière ou était les bassins à geler de la communauté servant exclusivement au fermier. Les frères Minimes ainsi que le propriétaire de l’autre glacière, avaient sans doute un accord avec le gestionnaire du canal pour prendre de l’eau et alimenter leurs propres bassins à geler.

 

 

 

Dans les jardins

 

Il est probable que ponctuellement, des bassins furent aménagés au sud de la ville d'Arles, le long du canal de Craponne. Là, de très nombreux jardins potagers des parcelles d’arbres fruitiers et mûriers ainsi que des pâturages, le tout alimenté en eau par une multitude de fossés raccordés au canal.

Le plan de la ville de Nicolas de Quiqueran de Beaujeu du 18 eme siècle, montre bien les centaines de parcelles de cultures allant du quartier de la Roquette aux Alyscamps. Quelques constructions sont visibles.

Les propriétaires sont des nobles, des bourgeois, des commerçants. Nous voyons que les parcelles sont relativement grandes, bordées de fossés et de puits à roue (pousseraque), c’est exactement ce qui était nécessaire pour produire de la glace en campagne. De plus certains propriétaires nobles avaient une glacière dans leur hôtel particulier en ville.

Quelques exemples de propriétaires de jardins au sud de la ville. Nous allons voir que les parcelles sont relativement grandes.

 

Le clos de Bourret :

 

Il fut un jardin du 15 eme siècle à la fin du 18 eme. Situé « …en 1473, hors la porte marchéneuf vers le chemin de beaulieu… »

 

Contenance 6 cestérés 62 dextres = 15 740 m² environ.

 

Le jardin de Gilles :

 

Il fut un jardin jusqu’au début du 19 siècle. « …1687 confrontant du levant le chemin marseillais, du midy luzerne de la demoiselle Trouche, fossé commun entre deux, du couchant jardin de mr Jean françois Pillier et du nord le canal de durence… »

 

Contenance 7 cestérées 1/2 = 19 644 m² environ.

 

Cétéré: séstérée, mesure agraire équivalente à environ à 26 ares pour la grande sétérée et à 17.5 ares pour la petite, à Arles.

Dextre : mesure agraire équivalente à environ à 6 cannes carrées un quart 25 m² environ.

 

 

  A SUIVRE 

 

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Published by J. de Molay - dans HISTOIRE D'ARLES
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