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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 06:06

Les glacières de la communauté

 


Pont de Crau (2 glacières) : A mi chemin entre le village et le château de Barbegal sur la route de la coste basse. L’une à coté de l’autre. Proche de l’étang. (Pont de Crau au 17 eme siècle, Collection personnelle).

 

 

    Les glacières des particuliers

 

Les Alyscamps : (2 glacières)  : A proximité des remparts de la ville, deux glacières sont connues. Elles n’appartenaient pas à la communauté.


La première au couvent des Minimes, contre la chapelle ST Honorat qui est située au fond de l’allée des Alyscamps.

La seconde, propriété d’un particulier, au clos dit de « Bandole » dans un des jardins proche du canal de Craponne :   « …Au clos dit de Bandole, hors et proche la porte de l’aure, confrontant du levant pasquier du sieur Henry Bernard bourgeois, muraille entre deux mitoyenne du midy clos du sieur Pommier jadis de monsieur Daniel, du couchant le chemin allant à la croisière et du septentrion le chemin allant aux mouleyres. Ayant fait canner et mesurer le bastimant dusdit clos par ledit Guibert …. Il y a une petite partie en jardin et une glacière rompue et hors de service quand à présant… Scavoir à la terre haute 47 dextres 2/3 et à la terre basse compris le jardin et la plate forme de la glacière huitante quatre dextres onze pans ½… » A M A 1696/1697.    

Le milieu rural de la commune d’Arles, est très diversifié.   Les dépendances des mas sont souvent accolées au corps principal, le pigeonnier, le poulailler, une fusterie*. Le bâtiment principal a sa façade orientée au sud dans la majorité des cas. Non loin des bâtiments, un espace est réservé au puits et à une pousseraque*. Le jardin potager est tout proche, ainsi que « le clos de la glacière », et tout proche un grand espace appelé « le pré de la glacière », servant de bassin de congélation.

 

Le Trébon 

Partie du territoire de la commune d’Arles situé, au Nord, rive gauche du fleuve puis, contournant la ville a l’est jusqu'au Pont de Crau. Cette zone, basse, bénéficie des inondations, a toujours été fertile. Des propriétés de moyennes importances abritaient des mas, qui pour certains possédaient une glacière :

 

Mas d’Hervard: Ce mas est situé au nord d’Arles, sur la commune de Fontvieille proche de la chapelle St Gabriel, sur la rive gauche du viguerat, directement sur la berge.

Jean Henri d’Hervart seigneur d’Huninghe au pays Bas, est né a Lyon en 1609, il était un des associés de monsieur de Van Ens. Sous la direction duquel il dessécha les marais d’Arles de 1642 a 1652.

« …et bien qu’il ne manque pas de glace dans les glacières du terroir de ceste ville, appartenant a des particuliers, notamment aux sieurs du Baron, Hervart, Pillet, Flèche, et autres… » A M A 1669 

Comme dans beaucoup de propriétés, un champ proche du mas, était réservé pour servir de bassin de congélation : « …jusque audit prèd de la glacière… » A M A  1708 

« …le prèd de la glacière dépendant du fort d’Hervart situé au terroir de Fonvielle… » A M A  1710 

 

Abbaye de Montmajour:

L’abbaye de Montmajour, située à quatre kilomètres au nord- est de la ville, avec ses magnifiques vestiges du milieu du 10 eme siècle, avait aussi ses glacières. Dans le document suivant, on parle aussi de glacière au pluriel, mais a ce jour, une seule a put être localisée. Une investigation sur le terrain apportera peut être du nouveau.

« …lachep de ladite glace mise ou a mettre dans les glacières qui sont au prieuré de Montmajour… » A M A  1672 

« …le 14 novembre payé a un espres envoyé a montmajour, pour voir leurs glacières… »

« …monsieur le trésorier, vous mettrez en despense 24 sols donés a Mathieu sergent de ville pour être allé a Montmajour pour voir par nos ordres leurs glacières… » A M A 8, 1730

 

 

Flèche : Le mas n’existe plus depuis les années 1820, il était situé à la sortie Nord de la ville, du coté du Rhône, proche du mas Forbin. « …et bien qu’il ne manque pas de glace dans les glacières du terroir de ceste ville appartenant a des particuliers, nottament aux sieurs du Baron, Hervart, Flèche, … » A M A BB 78 , 1669 

 

Le mas de Nans: Le mas de Nans est situé à la sortie Nord-Est de la ville, en direction de Tarascon, du coté droit contre le canal du Viguérat. (presque au niveau de la maison d’arrêt). « …Jean de Meiran, seigneur de Nans baron de Lagoy dict avoir une glacière a sa terre de Lagoy* et une autre a son mas et tènement qu’il possède en Trebon proche le monastère St Pierre de Montmajour… »

Mas d'Huart : dit de Florent. Ce mas s’appelle actuellement, les Tourades, situé du coté gauche sur la route de la Coste basse en allant de Pont de Crau vers Barbegal, à environ 3 km.

 

Dans la classification appliquée au 19 eme siècle, ce mas est situé dans le quartier du Trébon, la Crau commençant au bord du plateau appelé « la Coste Haute ».

« … ce mas situé à la coste Basse confronte du levant, olivets jadis du sieur Nadal, et terre et cabanne d’André pescheur, du Midi le chemin de la coste Basse, du Couchant olivet de la Dlle Besson, et du Nord marais dépendant dudit ténement, commun avec Bourget…. ». A M A

« …monsieur Florent Huart, autre consul, une glacière a son mas de Crau proche l’estang de Peluque… ». A M A  1701.

 

Mas de Barracan

Le mas de Barracan, évoqué dans les textes du 17 eme siècle, semble être celui ayant le même nom actuellement, situé à la coste haute Pont de Crau sur le plateau, à environ 3 km de l’agglomération de Pont de Crau, au Sud du mas des Tourades (anciennement mas Florent ).

Dans les documents en notre possession, le sieur Barracan, est le premier hoste (hôtelier) du logis d’Arles qui paraît s’être intéressé à la glace. Possédant lui-même une glacière à son mas, très tôt, il est cité dans les documents liés au commerce de la glace. Déjà en 1655 nous apprenons qu’il a passé un accord avec les consuls de la communauté d'Arles. « …messieurs les consuls ont remonstré l’accomodement qu’ils ont fait pour raison des glacières tant audit Tranal, quy a celles qui sont construites au boulevard de Marcanou (marcheneuf) ou de Digne qu’avec François Barracan propriétaire d’une glacière qu’il a fait a son mas de Crau.. » A M A  1665

 

Pont de Crau :

La communauté d’Arles, est en possession au milieu du 17 eme siècle plusieurs glacières en ville. Elle décide d’augmenter leur nombre. C’est en effet le 9 novembre 1672 que les consuls incluent dans le bail à ferme des glacières, l’obligation pour le fermier d’en construire à ses frais deux nouvelles. Le fermier s’exécute, mais choisi un emplacement éloigné de la ville à Pont de Crau. Est ce le voisinage de celles des sieurs Barracan et Huart ?, la proximité de l’étang propice à la récolte de glace ?

« …et conditions portées par le contrat qu’ils ont passé a Mathieu Pichot bourgeois, de la ferme de la communauté réunis le 9 novembre dernier, la communauté se trouve obligé de fère construire deux glacières aux endroits ou il advisera, a la charge qui fera l’avance du prix de ce quelles cousteront… A MA, 1673

Une parcelle de terrain est achetée, pour recevoir dans un premier temps, une seule glacière. Déjà le sieur Barracan, en 1655 avait sa glacière à son mas tout proche. L’emplacement, à la coste basse, semble favorable à l’implantation de glacière, situé au Nord, en contrebas de la colline, très peu d’ensoleillement, beaucoup de végétation, de grandes étendues d’eau pour la récolte. Le seul inconvénient, son éloignement de la ville. 

Le mas de Saunier

La propriété ce trouve à environ 500 m environ au sud du village de Moulés. Le mas est mentionné dans les textes au début du 16 eme siècle.

« …le tout confrontant un cors du levant, coussous appartenant au chapitre de la sainte église de cette ville et terre du sieur Igonnat, jadis de Dalmar, du midy et couchant terre de François Rebattu et du septentrion coussous du sieur marquis de Goult… »

« …dans lequel relarg le puits et platte forme de la glacière… »

« …plus 30 livres pour la glacière qui n’est plus en état… »

A M A , 1700

 

Le mas de Payan

L’établissement ce trouve a environ 2 km au sud-est du village de Mouriés, sur la route rejoignant la N 113 allant a Salon. Il est du coté nord contre le canal de Craponne : « …pour dame Jeanne de Quiqueran de Beaujeu veuve de Pierre de Viguier escuyer d’Arles contre le sieur de Castellet marquis de Graveson .

ceux libellés au second article pour l’occupation des 67 dextres par partie du relarg, le pigeonnier, glacière et autres jasses* ou bâtiments faits par ledit seigneur de Castellet… » A M A    1717.

La glacière a une forme particulière pour notre région, c’est une sorte de cave rectangulaire, située au Nord Est du bâtiment principal, entouré d’arbres, avec un orifice sommital, permettant le remplissage. Un sas souterrain a angle droit, débouchant dans la cour par des escaliers. Sa forme rectangulaire a été très rarement employée dans notre région. On en trouvait en Italie dans la région des Pouilles. (Italie méridionale).

 

 

Mas de Grand Bois vert

Le mas est situé à environ 1 km au nord- est du mas de Payan. Il est du coté ouest contre le canal de Craponne. C’est sans doute un des rares mas qui possède encore une glacière au fond du jardin sous les arbres, en parfait état de conservation.

 

Saint Martin de Crau (jadis St Martin de la Palud):

Avec les quelques maisons, un document des archives d’Arles nous apprend qu’il y avait aussi deux auberges possédant chacune une glacière. La présence des deux établissements indique une circulation entre la ville d’Arles et celle de Salon d’une importance certaine. « …on a fait commendement a Estienne Rachier, hoste du logis du Lion d’Or du lieu de St Martin et a l’hoste du logis du sieur Rabols du même lieu de St Martin terroir d’Arles… » A M A    1687

Une dizaine d’années plus tard, le gérant du logis du Lion d’Or a changé, il se nomme Gontier et la glacière est toujours en activité.
« …et quand au remplissage de la glacière que Gontier dit luy avoir couté beaucoup plus… » A M A  1696.

 

 

Le mas de la ville ( Jadis, l’île du Baret ).

La propriété se trouve à environ 3 km a la sortie de la ville, sur le coté droit en allant vers mas Thibert, entre le fleuve et la route.

« …noble Pierre de Barras a une glacière a son mas et tènement, anciennement dict le mas de la ville au dict cartier du plan du Bourg, A M A  1701.

 

Le Grand Molégès

( Jadis tour de Molléges, tour de Flory au XVIeme siècle); Même situation géographique que le précédent, mais a 1 km plus au Sud. « …Sylve Brunet notaire royal, en qualité de curateur aux biens de l’héritage de feu noble Pierre de Chateauneuf de Moléges dict que ledit héritage, a une glacière au mas et tènement dict la tour de Molléges… » A M A  , 1701.

 

 

Mas de Champtercier

( Jadis tour de St Arpchier, Tour du Fief ou des Feux ). Ce mas, est situé à environ 2 km avant d’arriver à mas Thibert, du coté droit entre la route et le fleuve. Depuis le XV eme siècle et pendant une longue période, ce domaine a appartenu, comme le mas de la ville tout proche, à la famille de Barras. Dans le document suivant, nous apprenons que le mas de Chaptercier fut arrenté en 1693 à un mesnager nommer Pierre Mounier d’Arles. Le sieur Etienne de Barras de la Penne rappelle à son locataire, quelques termes du contrat passé entre eux : « …par acte receu par nous le 13 juillet dernier, lequel Mounier présant et aceptant s’oblige en faveur dudit sieur de la penne, de tenir et observer tous les paches, conditions et obligations ésnomées sur l’acte d’arrantement auquel les dites parties raportent entièrement, encores s’oblige ledit Mounier de faire accomoder a ses déspans l’année prochaine la glacière qui est audit tènement… »

 

Mas de Boisviel ( jadis, Pas de la Paret )

 

Ce mas est a environ 17 km d’Arles, après le village de Mas Thibert, à gauche de la route, à l’intérieur des terres protégé des crues du Rhône. Une partie des terres du domaine, sont de l’autre coté de la digue, et subissent les inondations. Dans les extraits de documents suivants, il s’agit d’une estimation de dégâts suite à une inondation.

« …depuis le commencement dudit plantier, jusques a l’oposité de la glassière de Boisviel, toute la dite fassade estant exposée au courant de l’eau… » A M A   1700  

 

Mas de Rebatun (Jadis, de Rabattu, de l’Islon de Pan Blanc)

La propriété est située à 3 km au sud de Boisviel sur le coté gauche de la route allant vers Port St Louis du Rhône. Des mas, qui ont eu une glacière au plan du bourg, c’était celui le plus éloigné du fleuve, environ 2km. A la période qui nous intéresse, il était comme beaucoup de propriétés au sud du territoire d’Arles, à proximité d’un ancien bras du Rhône appelé Bras Mort ou Bras de Passon qui passait juste devant. Un grand nombre de canaux, d’étangs permettaient, la navigation. « …confronte du levant le relarg du mas et la draye allant a l’haire, le fossé compris du midy la grande terre de la glassière… »

« …de la dite grande terre de la glassière qui confronte du levant ladite draye allant a la glassière, tous les fossés compris… » A M A 1692 

 

 

Le mas d'Antonelle

Il est a environ 4 km du mas de Rabatun en descendant vers Port St Louis du Rhône, tout contre le fleuve.

« …du midy le jardin neuf et la terre de la glacière fossés non compris, du couchant, le jardin vieux fossés non compris, et la draye de l’abrevoir et du Septentrion la draye des ormes… » A M A  1706.

Histoire selon les monuments Historiques : Le mas est construit dans la première moitié du 18e siècle ; il appartient alors aux hospices d'Arles. La toiture du logement étant fortement endommagée par les eaux pluviales, des travaux de rehaussement de toiture sont entrepris, en 1860, par l'architecte Véran. Le pigeonnier a été également restauré ; sur la façade sud la grille d'envol est aujourd'hui bouchée. L'ancienne cave mitoyenne à l'écurie est transformée en remise agricole ; la bergerie date probablement du 19e siècle.
Adresse : C.D.35

Type : Inventaire général du patrimoine culturel
Epoque : 1ère moitié 18e siècle
Année de construction : 1860
Auteur(s) : Véran (architecte)

 

 

Mas de L’Eysselle (jadis de Leisselle)

C’est le plus au sud des mas répertoriés au Plan du Bourg, qui possédait une glacière. Il est juste en dessous du mas d’Antonelle. Au 13 eme siècle, le domaine jouxtait l’île de la Sacrestane, issue des multiples divagations du Rhône, et qui appartenait à l’archevêque d’Arles. « …nous luy avons donné la glacière estimée dans le susdit rapport a 108 livres 6 sols 7 deniers… » M A FF   1708.

Histoire, version Monuments Historiques : Le mas appartient , au début du 18e siècle, au marquis de Castillon. La maison de maître et l'écurie datent probablement de cette époque. Le logis des fermiers, mitoyen au logement de maître est certainement construit à la fin du 19e siècle (date 1889 portée sur une pierre du chaînage d'angle) ; la façade sud du logement de maître a aussi été restaurée à cette époque, comme l'atteste la date portée sur le cadran solaire (1893) . La bergerie date également du 19e siècle. Les logements d'ouvriers agricoles sont édifiés dans les années 1960-70, au moment où la ferme produit du blé et du riz. Actuellement, cette activité est remplacée par le stockage des céréales. Ainsi, les bâtiments agricoles sont réhabilités ; tandis que certains logements abritaient les bureaux de la société Ferme Française, la bergerie est transformée en remise agricole, l'écurie est désaffectée.

D'anciens bâtiments agricoles (servant de porcheries?) , visibles sur le plan cadastral, sont actuellement détruits.
Adresse : C.D.35

Type : Inventaire général du patrimoine culturel
Epoque : 1ère moitié 18e siècle
Année de construction : 1889 ; 1893
Auteur(s) : maître d'oeuvre inconnu

 

Le mas de Campane :

Version des Monuments Historiques : Ce domaine est probablement construit dans le 1er quart du 18e siècle ; il appartient à l'archevêché d'Arles avant d'être vendu, en 1731, à Honoré Martin, homme de loi demeurant à Arles. Sur la baie fenière de l'écurie, graffito mentionnant la date de 1907. Les hangars agricoles datent certainement de la 2e moitié du 20e siècle, tout comme l'aile nord de la maison et le garage.
Adresse : C.D.35

Type : Inventaire général du patrimoine culturel
Epoque : 1er quart 18e siècle
Année de construction : 1907

Il existe une glacière, identifiée par nous, comme étant une citerne (la date de construction serait donc à modifier d'au moins un siècle - premier quart du XVII éme):

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A SUIVRE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by J. de Molay - dans HISTOIRE D'ARLES
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