Partager l'article ! L'ARMEE ALLEMANDE EN PAYS D'ARLES: La "Zone Libre" est envahie le 11 novembre 1942 par les Allemands et les Italiens, suite au déb ...

La "Zone Libre" est envahie le 11 novembre
1942 par les Allemands et les Italiens, suite au débarquement allié en Afrique du Nord le 8. La "Zone Libre" prend le nom de « Zone Sud ». Le
11 novembre 1942, à 7 heures du matin, l’armée allemande franchit la ligne de démarcation en plusieurs points et envahit la zone sud. Minutieusement préparée, l’opération reçoit le nom de code
« ANTON », le principal objectif avoué étant la prise de contrôle des côtes
méditerranéennes françaises.
La première armée allemande (AOK 1) s’ébranle depuis la région bordelaise avec pour objectif
d’atteindre – via Toulouse – la partie méridionale du littoral français.
Le 12 novembre 1942, vers 9 heures, deux colonnes de la 7e Panzer Division se rapprochent de la mer : l’une se dirigeant vers Narbonne,
l’autre vers Perpignan et la frontière franco-espagnole. Vers la mi-journée, l’état-major de la division blindée, et une partie de son premier régiment de blindés sont à Perpignan. Le reste du
Panzer Regiment I reste à Narbonne.
Après une rapide conquête, la Wehrmacht procède au déploiement de ses troupes et commence à s’installer, avec comme souci
prioritaire de garnir le nouveau front côtier de la Méditerranée : le Mittelmeerküstenfront.
La mission étant d’assurer la défense côtière (Küstenschutz), des troupes sont déployées dans une bande littorale, de La Ciotat (limite de la zone d’occupation italienne) à l’Espagne,
sur une profondeur d’environ 30 kilomètres. Heer, Kriegsmarine et Luftwaffe participent à cette défense.
POUR L'ARMEE DE TERRE (HEER) :
En février 1943, la 338 Infanterie-Division occupe le secteur côtier méditerranéen situé entre Mauguio et Carry-le-Rouet, totalisant 140 km
de côtes. Elle est commandée par le Generalleutnant Josef Folttmann relevé en janvier 1944, par le Generalleutnant René l’Homme de Courbière, que nous allons
retrouver lors de la campagne d’Alsace.
En avril 1944, la 338 est affectée au LXXXV.A.K. (85e) du General Kniess.
A la veille du débarquement de Provence, elle avait été en partie redéployée. Sa zone d’investigation comprenait la portion côtière échelonnée entre Mauguio (Hérault) et Sausset les Pins (Bouches
du Rhône).
Du mois d’août 1943 à mars 1944, la 338-Infanterie-Division dépend du IV.Lw.Feldkorps de General der Flieger Erich Petersen
((25 Août 1889 – 4 Juillet 1963); c'était un général de la Luftwaffe.
Puis au mois d’avril la 338-Infanterie-Division est rattachée au Gen.Kdo Kniess du General d'Infanterie du
même nom, qui chapeaute déjà la 244. I.D à Marseille.
Autre changement notoire, elle ne dispose que de six bataillons d’infanterie réguliers qui vont être complétés par deux bataillons de troupes de l’Est : Ost-Batl.663 et Ost-Batl.665 à quatre
compagnies chacun.
Cette division, est placée sous les ordres:
- Du Generalleutnant Joseph Folttmann (du 10 novembre 1942 au 04 janvier 1944).
- Du Generalleutnant René l’Homme de Courbière (du 05 janvier 1944 au 17 septembre 1944).
Et de leur Etat-major suivant :
- Oberstleutnant iG Rolf Ewald (la) puis du Major iG Max Böttcher.
- Oberstleutnant Hubert (01) puis Leutnant Keding.
- Major Kurt Rutschmann, puis du Major Raoul Delévièleuse (ib)
- Oberstleutnant Rathjen (02),
- Major Erich Heydemann, puis l'Hauptmann Potratz (Ic)
- Oberstleutnant Popp (NSFO),
- Hauptmann Heinrich Hetzler (ila)
- Hauptmann Hans Joachim Mahlow,
- Leutnant Klesper (03)
- Hauptmann Albert Piel (Kdr der St.Qu).
En Pays d'Arles, l'Etat-major de la division, réside au château de Barbegal :

Mais le château se trouvant encaissé dans la Vallée des Baux devra décaler sa Station-Radio vers un proche point élevé: ce sera le
mas de Bel-Air, propriété de la famille SAFIN, situé vers l'Est, à environ 2 km à vol d'oiseau, en bordure de la crête du
Plateau de Crau et dont l'altitude moyenne varie entre 40 et 48 mètres. La station-radio fut servie par le bataillon de transmissions : Nachrichten-Abteilung.338.
La vaste zone champêtre s'étalant entre le château et la station-radio, a permis le stationnement des véhicules et probablement
la présence d'un aérodrome; un ancien des FFI nous a signalé au carrefour du Grand-Barbegal, la présence d'une DCA.

Quelques photos de l'ancienne station - radio allemande de Barbegal:
De l'antenne, il ne reste plus que 2 points d'ancrage; ces points d'ancrage des haubans devaient se situer aux 4 angles d'un carreé d'environ 500 mètres de côté:
Ci-dessous, à gauche de la photo, la casemate de la
station-radio; à droite un ensemble de murs en béton, à ciel ouvert (enclos):
Vues de l'enclos au devant de la station-radio:
Vue de la station-radio, côté Est; le vide à l'avant de la station vient d'être comblé par les propriétaires, ainsi que les ouvertures :
En face de cet ensemble, de l'autre côté du chemin, il existe ce hangar construit par les allemands. Pendant la guerre n'existaient que les parties basses des murs (h=1.20m), la toiture a été
rajoutée par les propriétaires du mas:
LA 338-INFANTERIE-DIVISION:
Globalement constituée sur un modéle de type
classique, la 338-Infanterie-Division dispose au 25 juillet 1944, de 10.544 combattants, soit 243 officiers, 45 Beamte, 1.829
sous-officiers et 8.427 hommes de troupes répartis principalement dans les unités suivantes :
SUR ARLES:
- L'Artillerie-Regiment.338 : Commandant d’unité
(Kdr) Oberst Franz Pirker.
et l'Hauptmann Kurt Lindermann.
- Le Pionier-Bataillon.338, à trois compagnies. (Kdr) Oberleutnant
Stüwe.
- Une Flack-kompanie, équipée de 12 pièces de 2 cm Flack 30, placée sous
les ordres de l'Hauptmann Seitz.
- Un bataillon d’action rapide antichar basé à Fourques (30), jusqu'en juin 1943: Le Schnelle-Abteilung.338 à trois compagnies. Le bataillon était
commandé par le Major Adolf Weitkunat, l'Hautmann Gerhard Kaemmer. Ce bataillon sera remplacé sur Fourques par le Dinatru.338 commandé par le Major Max Ehlers, les Oberleutnant Paul Vehlow et Geken.
- Un bataillon de transport : Le Nachschub-Dienste.338.
- Le Feld-Ersatz-Bataillon. 338 ,
Bataillon d'Instruction à quatre compagnies cyclistes. Sous les ordres de l'Hautmann Walter Hartmann et du Leutnant Hans Schumann.
- Un Bataillon de transmission: Le Nachrichten-Abteilung.338, (Kdr) également sous les ordres de l'Hauptmann Walter
Hartmann, et du Leutnant Hans Schumann.
Et les différents services d’intendance, sanitaire, poste, vétérinaire…
EN CAMARGUE:

Le Grenadiers.Régiment.759: Dont le Quartier Général se trouvait au Château
d'Avignon.

Le Commandant d’unité était l'Oberleutnant Hermann Manecke, secondé par l'Oberleutnant Ernst Arndt puis un
certain Heidenreich.
Ce régiment était présent sur les lieux suivants :
- A LUNEL: Etait aussi cantonné le 3ème Bataillon du Régiment (III.Gren.Rgt.757 Ost), c'était l'ex Ost-Btl.665, placé sous les
ordres de l'Hauptmann Zuschke, et de son adjoint le Leutnant Jost.
- Le secteur Saint-Gilles et Aigues-Mortes : était occupé par
deux bataillons de la III/ AR 338, sous les ordres de l'Hauptmann Walczok. Le PC fut originellement à Saint Gilles au 1er juillet 1943, puis sera transféré à Montpellier le 11
janvier 1944, et finalement à Aigues-Morte au mois de juin de la même année.
- Le secteur Saintes-Marie de la
Mer : il y avait le 1er bataillon du régiment (I./Gren.759). Dans ce bataillon, il n'y avait que des
hommes issus de l'Ost.Bataillon.663. Il occupait le golfe de Beaudruc, ce qui explique qu'il a été trouvé un insigne des troupes de l'Est, peint
sur un bunker. Son commandement était assuré par l'Hauptmann Pichler.
Le village était le siège d'une importante station - radio.
Au mas de Badet se trouvait stationné du 11 janvier 1944 à juin 44, le I/AR.338, anciennement positionné à Port de Bouc. Il était placé sous les
ordres du Major HOLST. L'armement: 4 FK39 de 76,2 cm et 2 Flack 38 de 2 cm.
- A Salins de Giraud : Etait cantonné le second Bataillon du Régiment (II./Gren.759), placé sous les ordres de l'Hauptmann
Sabels.
13. Inf.Gesch.Kp.
14. Pz.Abw.Kp.
15. Pz.Jäg.Kp
RIVE DROITE DU PETIT-RHÔNE:
- Le III./A.R. 338, (P.C. à St Gilles) (Kdr) Hauptmann
Walczok.
- Schnelle-Abteilung.338, (P.C. à Fourques) (Kdr) Major Adolf Stabs.
AUTRES REGIMENTS DE LA REGION :
- Deux régiments de Grenadiers :
• Grenadiers. Rgt.757 (P.C. à Montpellier)
Commandant d’unité (Kdr) Oberst Leopold von Sierakowski.
Officier servant à l’Adjudantur (Adj) Oberleutnant Rittermann.
I./Gren.757, (P.C. au Grau-du-roi) Kdr : Major Marr.
II./Gren.757, (P.C. à Lattes) Kdr: Major Muller.
13. Inf.Gesch.Kp.
14. Pz.Abw.Kp.
15. Pz.Jäg.Kp
• Grenadiers. Rgt.758 (P.C. à Martigues)
Commandant d’unité (Kdr): Oberst Rudolf Petersen.
Officier servant à l’Adjudantur (Adj) Oberleutnant Stenke.
I./Gren.758, (P.C. la Couronne) Kdr : Hauptmann Lopau.
II./Gren.758, (P.C. à Fos sur mer) Kdr : Major Serocka.
13. Inf.Gesch.Kp.
14. Pz.Abw.Kp.
15. Pz.Jäg.Kp
- Un régiment d’artillerie :
L'A.R.338 à trois Abteilungen totalisant neuf batteries, puis passant à dix batteries en juin 1944.
- I./A.R.338, (P.C. à Porc de Bouc) (Kdr) Major Holst.
- I./A.R. 338, 2./I. /A.R. 338, 3./I./A.R. 338.
- II./A.R. 338, (P.C. Montpellier) (Kdr) Major Sacksen.
- II./A.R. 338, 5./II./A.R, 338, 6./II./A.R. 338.
- II./A.R. 338, 8./II./A.R. 338.
LA KRIEGSMARINE:
Elle est commandée par le contre-amiral Heinrich Ruhfus, commandant en chef sur les côtes de Provence. Le C.Q.G. du commandement en chef des forces navales de toutes les côtes du
sud de la France (de la frontière Espagnole à la frontière Italienne), a établit son quartier général à Aix en Provence. Le poste de commandement est occupé par le vice-amiral Paul
Wever jusqu’au 12 août. Au soir du 14 août 1944, c’est l’amiral Ernest Scheurten qui le remplace, Wever succomba à une crise cardiaque.
- Kom.Adm.D.Franz.Südküste. Commandement de la côte Méditerranéenne de la Kriegsmarine, installé à Aix en Provence et commandé par le vice-amiral Paul Wever.
• Marine-Einsatzkommando 71. chargé du renseignement naval, installé à Aix en Provence.
• Trupp 359 du front-aufklärung-Leittrupp 351. unité de contre espionnage.
• II./3. Brandenburg-régiment. avec son état-major et trois compagnies, la 5e, 7e et une compagnie italienne d’emploi spécial, installé à Aix en Provence. • Un bataillon de sécurité du
Sicherungregiment 200. installé à Aix en Provence.
L' AVIATION ( LUFTWAFFE) :
La Fliegerdivision. état-major positionné à Monfrin (Gard), comprenait :
- JGr.200. groupe d’aviation, composée de Focke-Wulf 190 et Messerschmitt 109G, basé à Cuers, Orange et Aix-les Milles.
- II./JG 77. Groupe d’aviation, composée de Messerschmitt 109G, basé à Orange (du 16 au 21 août)
- KG 26. Groupe d’aviation, composée de Stuka Junkers JU88, basé à Salon de Provence (Valence et Montpellier)
- KG 77. Groupe d’aviation, composée de Stuka Junkers JU88, basé à Istres.
- 1(F)./33. Groupe d’aviation, composée de Stuka Junkers JU88 et Messerschmitt 410, basé à Saint Martin de Crau et aux Chanoines.
- 2./SAGr128. Groupe d’aviation, composée d’Arado 196, basé à Berre.
LES TROUPES SS :
Nous n'avons que peu de renseignements sur les troupes SS de la région... Pourtant ils étaient présents !... Qui
étaient-ils ?![]()
Walter Krüger (suicidé en 1945)
Il est certain qu'en 1944 il s'agissait des unités du LVIII. Panzer-Korps du General der Panzertruppe
Walter Krüger (XIX. Armee, General Chevalier). Par la suite la 11 Panzer Division venant du Languedoc franchit le Rhône à partir du 14 août 1944 vers
Avignon pour faire front aux troupes Franco-Américaines.
Il y a aussi et probablement surtout eut la 9. SS-Panzer-Division "Hohenstauffen" (commandée par le SS-Gruppenführer Wilhelm Bittri ) à avoir été stationné en Provence (région d'Arles). Il s'agit probablement du
mas d'Argence, à proximité de Fourques (30).
Aprés la guerre, en janvier 1948, Bittrich est livré aux autorités militaires françaises qui l'ont
condamné pour des crimes de guerre en France. Le procès commence, après que lui a été ôté le statut de "prisonnier de guerre", le 16 juin 1953, devant un tribunal militaire français à Marseille.
Le chef d'accusation porte sur l'exécution de 17 membres de la Résistance, près de Nîmes, par une compagnie de la Feldgendarmerie de la 9e SS-Panzerdivision
Hohenstaufen, dont Bittrich était le commandant à cette époque.
Au cours du procès, il est reconnu que Bittrich n'a eu connaissance de cette exécution qu'après les faits et qu'il a demandé des sanctions à l'encontre des soldats qui y avaient participé.
Bittrich est condamné à cinq ans de prison pour sa responsabilité envers sa troupe en tant que chef de corps, mais il est libéré, cette peine étant déjà purgée. Son subordonné, co-accusé
responsable de l'exécution, est condamné à 20 ans de prison. Après sa libération Bittrich s'installe en Bavière, près du
lac de Starnberger See. Il n'exercera plus de profession. Le 19 avril 1979, Wilhelm Bittrich
meurt tranquillement à Wolfratshausen !