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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 05:11

Les terres du Plan du Bourg en général et celles du sud de Mas – Thibert en particulier furent la propriété de l'Ordre du Temple d'Arles de 1194 jusqu'en 1312.

Pour la métaierie de BOISVIEL, c'est l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem qui en hérita jusqu'en 1788. Nous avons le procés - verbal de l'inventaire des biens de la commanderie Sainte Luce d'Arles, en date du 2 mai 1759.

En 1788 le domaine fut acheté par un certain Jean VIRETON un probable roche de la famille royale et pour peu de temps, puisque éclata la Révolution, et que les terres furent vendues sous la forme de Biens Nationaux ... A un très mystérieux « marquis de TRINQUELAGE ». (bulletin des AVA)... Mystére en ce sens que dans l'Histoire de France, la famille de TRINQUELAGE n'existe pas...

Si ce n'est pour Alphonse Daudet qui en 1870 publie le roman « Les trois messes basses », dont l'histoire se passe au château imaginaire de Trinquelage, situé au sommet du Mont Ventoux ...! Trinquelage ne fut donc probablement qu'un prête - nom que l'on doit attribuer à un noble ....

Pour la petite histoire, il se dit qu'à la mort du marquis, la propriété va errer d'un propriétaire à l'autre jusqu'en 1926 où deux beau-frères Antoine COMBASTET et Pierre CHASSAING en achètent les 1100 hectares..

 

Le fait est que c’est en 1927 que Mr Pierre Chassaing, négociant en vin à Paris et Grand-père de Mr Patrick Henry, actuel propriétaire-exploitant, crée le domaine. Il plante de la vigne et crée un troupeau de moutons.

BOISVIEL fut la cave reconnue à l'époque, comme étant la plus grande de France : 60 mètres de long pour 30 mètres de large et 20 mètres de hauteur !

Lieu d'élaboration et de stockage du vin, la cave était équipée de 41 cuves allant de 190 à 380 hectolitres pour une capacité totale de 65 000 hectolitres !

Tout, y compris les bâtiments, était conçu et construit sur place et pour ce faire, les propriétaires installèrent sur le domaine, un atelier de menuiserie parfaitement équipé et un atelier de maçonnerie...

Le domaine conçu vers 1931, pour exploiter un vignoble de 600 hectares (un des plus grands de France) , composé de cépages locaux à faibles degrés (Petit Bouchet, Carignan, Aramon), la production de Boisviel, était enrichie en degrés (coupage) par du vin en provenance d'Algérie...

Il semble que la totalité de cette production fut vendue à Paris sous l'appellation générique « Les vins du Postillon ». L'ensemble de la production vinicole du domaine était aussi conçu sur une sorte d'idée de vie en autarcie , puisque même l'amendement des cultures était produits sur place par les déjections des brebis, vaches, chevaux et autres animaux...

De fait, une bergerie de 1500 mérinos fut édifiée en 1931, puis en 1935 une porcherie de 60 porcs ; en 1936 ce fut une écurie de 40 chevaux et une étable de'16 vaches avec leurs veaux...

Contrairement à ce qui se faisait au plan local, les brebis ne partaient pas en estive dans les alpages; les 1500 têtes restaient sur place pour brouter l'herbe du vignoble et apporter l'engrais nécessaire par leurs déjections... L'écologie avant l'heure !... Même les « résidus » de la vigne étaient traités sur le site : les pépins de raisins étaient pressés dans une « huilerie » et les marcs distillés sous forme d'alcool...!

 

BOISVIEL : UNE FILIERE DU « VIN DE PARIS »

 

Créés en 1862 et vendus jusque dans les années 70, les « Vins du Postillon » sont nés à Narbonne en Languedoc, puis "montés" à Ivry - sur - Seine pour y devenir "le vin de Paris". Un "barricailleur" nommé Gabriel Gerbaud, commerçant fort dynamique, eut l'idée de toucher la clientèle bourgeoise par circulaires au lieu de faire appel à des courtiers. Vers 1908, un corrézien, Antoine Combastet, prit la succession de Gerbaud. Le père Combastet (comme on l'appelait) créa une succursale à Charenton puis à Ivry. Le conditionnement du vin passa en même temps du fût au litre avec étiquette.

1914-1939 et l'entre deux-guerres ... Ce fut l'époque de la première phase d'extension, il n'était de rue à Paris qui ne voyait s'arrêter un des attelages devant une épicerie pour y décharger des paniers de bouteilles. La première foire de Paris, celle du Champs de Mars fut un triomphe : un postillon de huit mètres de haut laissait passer entre ses jambes le flot des dégustateurs.

En 1950, 20.000 détaillants vendaient cent millions de bouteilles par an ! Le personnage de référence est le célèbre postillon botté et coiffé de cuir, qui rappelait le mythe des diligences et des voitures de postes du 19eme siècle. L'autre logotype fut un cheval dressé sur ces postérieurs. La légende veut que l'inventeur de ce vin, fut le descendant d'une famille de postillons et peut être lui même conducteur de malle de poste. Les vins du Postillon distribuaient : le Romillat (rouge et blanc), les vins Gerbaud, Guinchet et Sahel (rouge, blanc en litres) et l'apéritif Gerbaud .

LE RESEAU DES TRAINS DE BOISVIEL

Locotracteur modèle 1936

 

Locotracteur à essence, modèle 1928, avec son wagonnet

 

Perché sur les digues de séparations des différentes propriétés du domaine, le train du domaine de Boisviel fut édifié sur un réseau de voies ferrées de type « Décauville » à voies étroites (60cm), sur lequel circulait du matériel de transport du même nom.

Desservant les 5 mas, situés sur un immense domaine de prés de 1100 hectares (les caves de Boisviel, mas Saint Pierre, Le Cassaïre, la Commanderie, l'Ilon du Roy) la voie ferrée avait 50 km de long, plus 15 km de voies que l'on déplaçait en fonction des besoins... Ajoutons à celà, un quai sur le Rhône avec un bac à traille relié au mas de la Commanderie (en rive droite du fleuve au hameau du Sambuc) et un embranchement avec la voie ferrée Arles – Port Saint Louis du Rhône.

 

Mise en place rapide des voies

 

 

La société Decauville, créée en 1875, a été un constructeur de matériel ferroviaire et de manutention, de cycles et d'automobiles.

La voie est formée d'éléments entièrement métalliques rails et traverses qui peuvent se démonter et être transportés facilement. Cette invention a trouvé des applications dans de nombreux domaines : exploitations minières et industrielles, desserte d'ouvrages militaires etc.... Les wagonnets étaient d'abord poussés à la main ou tractés par des chevaux. Par la suite, des voitures de formes diverses et des petites locomotives firent de Decauville un véritable système de chemin de fer. L'apparition des voies étroites Decauville, mais également d'autres fabricants, constituèrent une évolution majeure en permettant de déplacer aisément de lourdes charges à une époque où la brouette et le tombereau dominaient.

L'équipement ferroviaire de Boisviel était lui aussi conçu pour fonctionner en totale autarcie et comprenait :

  • 145 wagonnets d'un mètre-cube (PTC = 5 tonnes).

     

 

7 locotracteurs dont 4 au diesel et 3 à essence, pouvant tirer chacun des rames de 7 ou 8 wagonnets soit 35 à 40 tonnes.      

 

Deux postes d'aiguillage :

 

 

 

Du matériel en cas de déraillement.

 

 

Des plaques tournantes :

 

 

  • Des intersections :

   

  • Un atelier de mécanique générale: dirigé par un contre-maître à la tête d'une équipe de 12 personnes. L'atelier en lui – même était parfaitement équipé : 1 presse hydraulique de 50 tonnes, 3 tours, 1 forge, 5 perceuses, mais aussi des rôdeuses de soupapes, polisseuses, rectifieuses et même 1 banc d'essais pour pompes et moteurs...

 

     

 

De nos jours, la totalité du réseau et du matériel a disparu... C'est bien dommage...




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commentaires

Saint Hilaire 11/07/2012 20:37

Merci de faire revivre ce passé.

Morra 09/07/2012 10:29

Monsieur bonjour, j'ai lu avec attention votre article sur Boisviel,le lieu aurait appartenu aux Templiers entre 1194 et 1312.J A Durbec cite Boisviel pour l'ordre de Malte, mais pas les Templiers,
Damien Carraz n'en parle pas.
Je m'intéresse particulièrement à l'Ordre du Temple dans la région, pouvez vous m'"en dire plus.
Merci d'avance M Morra
16 chemin de l'ormeau 13200 Arles