Dimanche 1 mai 2011 7 01 /05 /Mai /2011 07:38

 

 

Les mariniers du Rhône ont besoin d’un grand courage pour exercer leur pénible métier. Les naufrages n’épargnent aucune famille et la mort accompagne ces marins d’eau douce tout au long de leurs voyages. Ils ne s’aventurent jamais sur la mer, mais la navigation sur le Rhône est tout aussi ardue du fait de son débit très irrégulier et des transformations incessantes dont son parcours fait l’objet : disparition ou apparition d’îles, chemin de halage détruit, berges déformées…

Les équipages de chevaux et la longueur des convois exigent une organisation rigoureuse. Le patron doit connaître parfaitement la rivière et ses hommes. Ceux-ci occupent différentes fonctions : la cuisine, le soin des animaux, l’entretien du bateau et du matériel….

 

À terre, dans certaines villes comme Baix, Sablons, Serrières ou Givors, les mariniers constituent de véritables foyers de navigateurs.
Ainsi, le terme de marinier désigne tout d’abord les hommes travaillant sur les convois de la batellerie halée, héritiers des nautes, avant de s’étendre à l’ensemble des professionnels de la navigation sur le fleuve. Le marinier est une personne salariée par opposition au batelier qui est propriétaire de son bateau.

La vie du marinier a été décrite par certains écrivains romantiques (notamment Frédéric Mistral) comme une existence bien particulière mais ce mythe n’est pas confirmé par les faits. Bien souvent, ces hommes du fleuve exercent d’autres métiers en parallèle notamment pour pallier les fréquentes périodes d’inactivités dues aux basses eaux et aux crues.

 

   

 

Le halage

Ce est installé dans la Chapelle Saint-Sornin (contraction de Saint-Saturnin) dont les parties les plus anciennes ont été édifiées au dixième siècle. Le reste de la construction remonte au quatorzième siècle.

 

 

 

 

Parmi les éléments architecturaux remarquables, il faut citer la charpente en forme de coque de navire renversée ; elle a été réalisée en bois de châtaignier par des charpentiers de marine.

 

 

 

Ce créé en 1909, mais ouvert au public en 1939, regroupe principalement, aujourd’hui, de superbes croix de mariniers et des tableaux. Une scénographie nouvelle et originale les met particulièrement en valeur.   L’objet le plus emblématique qu’ils ont laissé est la croix des mariniers qu’ils sculptent pendant leur temps libre sur du bois échoué sur le fleuve ou acheté à la foire de Beaucaire. Elle est placée sur la barque du patron de l’équipage. Objets d’art populaire, la plupart de ses ornements témoignent de la Passion du Christ : glaive, dés, marteau, coq… L’embarcation rhodanienne qui leur est chère en occupe le sommet. Les croix de petite taille qui attirent nos regards dans les vitrines sont des sortes d’ex-voto. Ce sont les premiers bateaux à vapeur qui feront décliner vers le milieu du xixe siècle ce halage traditionnel dont le tableau, œuvre de Dubuisson, reproduit et éclairé devant la « proue » de l’estrade constitue un émouvant et bien vivant témoignage.

 

 

croix des mariniers

 

 

 

 

 

Sur le puissant symbolisme religieux des croix d’équipage, Bernard CLAVEL écrit dans son roman Le seigneur du fleuve : « …Il y avait des croix sur les bateaux et dans chaque maison où vivait une famille de mariniers…Celles-là étaient de petites croix…Elles étaient moins complètes que les grandes, mais pour être de vraies croix de mariniers, elles devaient porter au moins la Sainte Face couronnée d’épines et placée à l’endroit où se croisent les deux branches ; le Sacré Cœur, la robe d’écarlate, les tenailles et le marteau, l’éponge, la lance, la colombe, le coq saluant la naissance du jour et une des lanternes du bateau, un tonnelet ou une gourde paillée…le Saint Ciboire…Au pied les plus patients sculptaient parfois les personnages de la Passion... »

 

Ces croix étaient, et restent encore, un « évangile de bois » racontant la Semaine Sainte. Nul doute que pendant les veillées, sur les bords du fleuve, les enfants n’aient écouté son récit !

 

Ainsi que l’écrit le chanoine J.B LANFREY1 :

 

« Ce n’était pas forcément le signe d’une grande piété, car les voituriers d’eau étaient comme les autres hommes, certains d’entre eux avaient la foi, d’autres ne croyaient qu’en eux-mêmes ».

 

Le 6 décembre, fête de saint Nicolas, est l’occasion de réjouissances dans le village : une vraie barque, « le coursier », est promenée toute décorée dans les rues. Elle porte en proue la croix des mariniers et les bateliers font à travers tout le village une parodie d’appareillage : « Ho, le baïle ! fais tirer la maille ! Prouvier, pousse à l’empi, tires au riaume ! »

 

La fête se termine sur la place du village, après avoir, bien sûr, commencé de bon matin par la messe de la Saint Nicolas à l’église paroissiale.

 

Les mariniers qui, avant la vapeur, naviguaient sur le Rhône luttaient contre les crues, les orages, le vent, en plus de leur saint patron, se recommandaient auprès de la Vierge Marie. De nombreux sanctuaires en son honneur étaient édifiés au bord du fleuve. La chapelle de Notre Dame des Mariniers, à Saint Symphorien d’Ozon, en garde le souvenir encore vivace : de nombreux ex-voto y témoignent de la reconnaissance à Notre Dame pour sa protection. Non loin de là est invoquée Notre Dame de Limon. Des foules de pèlerins de toute la région viennent pour l’Assomption célébrer la Dame du Ciel et invoquer sa grâce.

 

La vie de tous les jours est ainsi rythmée, au fil de l’année, par de nombreuses fêtes religieuses : celles de l’Eglise catholique (Ascension, Noël, Toussaint, Pâques) mais aussi, et surtout, par des fêtes locales : la Saint Clair le 2 janvier avec ses « bachelards » ; la Saint Vincent le 22 janvier, très fêtée dans notre pays de vignobles ; Mardi-Gras avec les « brandons »… Puis arrive le traditionnel mois de mai et ses « mayanches » qui chantent le printemps.

 

Culte populaire, culte chrétien ? Certainement une heureuse harmonie des deux !

 

 

 

Pour comprendre la croix des mariniers, on doit connaître le récit de la Passion de Jésus-Christ. Pour les croyants ces événements sont importants. Pour les non-croyants, ils ont une valeur culturelle : ces événements sont racontés sur les vitraux des églises, par les peintures de grands artistes européens. Ils ont aussi inspiré des textes importants dans notre culture et notre histoire (comme les récits de chevalerie, la Quête du Saint-Graal).

 

Croyants ou non, nous devons savoir ce que sont ces événements racontés dans les Evangiles, de manière parfois très différente d’un évangile à l’autre, pour comprendre les oeuvres d’art et la pensée des hommes qui nous ont précédé et qui ont bâti un occident chrétien.

La semaine sainte commence le dimanche des Rameaux et s’achève dans la nuit de Pâques. Elle rappelle le dernier repas du Christ (la Cène), la Passion3 du Christ, sa mort sur la croix. La fête de Pâques célèbre sa résurrection.

 

Repères dans le calendrier par rapport aux événements racontés :

 

Dimanche des Rameaux : Six jours avant la fête de La Pâque juive , Jésus vient à Jérusalem. La foule l’acclame lors de son entrée dans la ville. Elle a tapissé le sol de rameaux verts, formant comme un chemin royal en son honneur.

 

En mémoire de ce jour, les catholiques viennent à l’église avec des rameaux (de buis, olivier, laurier ou palmier, selon les régions) que le prêtre bénit au début de la messe. Les fidèles peuvent les emportent ensuite chez eux pour orner leur crucifix jusquau dimanche des Rameaux de l’année suivante.

 

Jeudi saint : Avant de mourir, Jésus prend son dernier repas avec ses douze apôtres dans la salle dite du « Cénacle ». Saint Paul et les évangélistes Marc, Luc et Matthieu rapportent les récits de la Cène (1re Épître aux Corinthiens, 11 ; Évangile selon saint Marc, 14 ; Évangile selon saint Luc, 22 ; Évangile selon saint Matthieu, 26) au cours de laquelle, en prenant le pain et le vin, le Christ rend grâce à Dieu (son père) et offre son corps et son sang pour que les hommes soient sauvés du péché. Après ce repas de la Cène, l’heure de l’épreuve approchant, le Christ se rend au jardin des Oliviers avec les apôtres pour veiller et prier. Au cours de ce repas, Jésus a été dénoncé, en échange d’argent, aux prêtres qui vont faire arrêter Jésus par un apôtre : Judas. Les évangiles racontent que Judas, ne supportant pas sa trahison, se pend ensuite.

 

Le jeudi saint, l’Église célèbre la messe « en mémoire de la Cène du Seigneur ».

 

Le vendredi saint : Trahi par son disciple Judas, le Christ est arrêté. Il est accusé de semer le désordre par ses enseignements qui semblent s’opposer à la loi Juive et surtout d’usurper le titre de Messie, c’est-à-dire de Fils de Dieu envoyé pour sauver les Hommes (c’est un blasphème pour les juifs). Il est interrogé par Ponce Pilate (gouverneur romain de la région) qui se lave les mains pour montrer qu’il refuse de condamner Jésus, car il estime que ce n’est pas de son ressort, mais un problème religieux juif. Jésus est ensuite flagellé (fouetté) par les soldats jusqu’au sang, il est condamné à être cloué sur une croix – supplice alors réservé aux criminels. Chargé de la croix, le Christ gravit la colline du Golgotha (littéralement « mont du crâne », autrement appelé « Calvaire ») et tombe plusieurs fois d’épuisement. Crucifié, Il expire au bout de quelques heures. Avant de mourir, un soldat romain lui donne de l’eau vinaigrée à boire, sur une éponge piquée au bout de sa lance. Après sa mort, pour vérifier qu’il est mort, un autre garde lui transperce le côté avec sa lance. Descendu de la croix par ses proches, Il est enveloppé dans un linge blanc (le « linceul ») et mis au tombeau. Une légende raconte qu’une femme nommée Véronique a essuyé le visage de Jésus quand il portait sa croix. L’évangile raconte qu’au moment de la mort de Jésus, la terre tremble et le ciel s’obscurcit (tremblement de terre et éclipse de soleil).

 

Les chrétiens sont appelés au jeûne (qui consiste à se priver de nourriture suivant l’âge et les forces du fidèle), démarche de pénitence et de conversion.

 

Le samedi saint : La célébration de la nuit du Samedi Saint au dimanche de Pâques, les catholiques célèbrent le passage des ténèbres à la lumière, la victoire du Christ sur la mort. C’est pourquoi, dans la nuit, le feu et le cierge de Pâques sont allumés, puis la flamme est transmise aux fidèles.

 

Le dimanche de Pâques : Des femmes qui accompagnaient Jésus sur les routes se rendent au tombeau. Elles découvrent que la pierre du tombeau (c’est une sorte de grotte, fermée par une lourde pierre) a été roulée. Prévenus par les femmes, les disciples de Jésus viennent voir et trouvent le tombeau vide : les Evangiles racontent que le corps de Jésus a disparu. Pour les chrétiens, Jésus est ressuscité et « monté au cieux » comme la Bible (Torah) l’a annnoncé notamment dans le livre du prophète Isaïe. Étymologiquement, « Pâques » signifie « passage » de la mort à la vie, du péché au pardon des fautes commises par les hommes. C’est pourquoi la fête de Pâques est le sommet du calendrier liturgique chrétien. Ce jour d’allégresse est marqué dans les églises par la couleur blanche ou dorée, symbole de joie et de lumière.(Quand tu vois ces couleurs sur des statues ou dans des peintures religieuses, sacrées, elles signifient la joie, l’allégresse).

 

Se reporter sur nos différents articles sur le monde des PENITENTS D'ARLES....

 

 

 

 

 


LES METIERS DU FLEUVE

 

Le Rhône a toujours connu de nombreuses activités et métiers : braconniers, gardiens de chèvres, tireurs de sable, propriétaires d’hostelleries ou d’auberges d’eau, mais aussi …

 

LES PECHEURS
La pêche existe depuis que les berges du fleuve ont été occupées.
Les pêcheurs aux engins utilisent vire-vire, nasses, filets dérivants (petit Rhône).
La pêche professionnelle est riche de savoir-faire, (confection, pose des filets…) souvent transmis de génération en génération.

 

LES PISCICULTEURS :
Les jours maigres incluaient les 40 jours de carême, et jusqu’au XVe siècle les mercredis, les vendredis et les samedis du reste de l’année, ce qui était intéressant pour la vente des produits de la pêche.
Dès le XIIIe siècle, des étangs furent aménagés pour l’élevage de la carpe. Des voituriers acheminaient vers Lyon les carpes vivantes jusqu’à des bateaux viviers qui les transportaient sur la Saône et le Rhône.

 

LES AGRICULTEURS profitaient de l’eau du fleuve pour leurs champs et leurs cultures.

 

LES CONSTRUCTEURS DE BATEAUX se sont succédé le long du Rhône depuis l’antiquité.

 

LES AUBERGISTES hébergeaient les voyageurs

 

LES PERCEPTEURS D’IMPÔT A LA CIRCULATION ont existé depuis la période romaine.

 

LES NAUTES, sous l’Empire romain, étaient les membres de la corporation des mariniers qui avaient le monopole du transport fluvial, mais aussi les magistrats préposés à la navigation et au commerce.

 

LES UTRICULAIRES naviguaient sur les zones de faible profondeur à l’aide de barques ou de radeaux.  

 

Les mariniers, successeurs des nautes, sont chargés de la conduite des chalands, coches d’eau et autres bateaux de transport de marchandises (aujourd’hui des automoteurs).

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LES PROUIERS étaient postés à la proue
- LES NAUCHERS (ou nochers) désignaient plutöt les pilotes.
- LES PASSEURS pilotaient les bacs permettant de traverser le fleuve (voir la rubrique bac à traille)
- LES HALEURS :
La voile était parfois utilisée en » decize « , (pour la descente du fleuve), mais pour la remonte, le halage fut longtemps le principal moyen de déplacement des bateaux hors périodes de crues. Les ‘attelages se sont généralisés jusqu’au milieu du XIXe siècle (apparition des bateaux à vapeur). Les attelages pouvaient compter 30 chevaux, qui étaient étaient attelés à la » courbe « , pièce de bois à laquelle était attachée une longue corde qui les reliait au mât de halage du » foncet » ou » furetier » (sorte de barge avec cale).

- LES FLOTTEURS DE BOIS, PORTEFAIX ET RADELIERS :
Le flottage aurait été imaginé vers le XVe siècle.
Coupé l’hiver par les bûcherons, le bois était empilé l’été et découpé en grosses bûches. Ces bûches étaient d’abord jetées à bois perdu dans les ruisseaux et poussés par des journaliers. Le tout était arrêté par des perches et des cordes mises en travers de la rivière, puis tiré à terre.
Chaque marchand identifiant ses marques, le bois était mis en piles durant 2 ou 3 mois avant d’être assemblé en coupons. Les approcheurs formaient des trains constitués de 3 ou 4 branches de 18 coupons de 60 bûches de 4 m (soit 72 mètres de longueur et 100 stères de bois) unis au moyen de perches liées avec des « harts », ou « rouettes », les branches étant unies par des traverses. Le coupon de devant et celui du milieu étaient le plus souvent de bois blanc et il était ajouté à cet endroit une « nage » comme point d’appui pour percher.
2 à 4 flotteurs conduisaient un train de 4 branches, soit 5 m de large, fournissant 25 cordes ou 50 voies de bois. Si le train se mettait de travers, ils le coupaient en deux avant qu’il ne se fracasse sur une pile de pont.

 

 

UN LIEU INSOLITE !!!

 

Dans le clocher de l'église, des cadavres, appelés les "Mandulons" veillent depuis trois siècles( ils ont sans doute été exhumés lors d'une crue du Rhône), et sont conservés par l'aération permanente du lieu.La célébrité de Saint-Sornin tient en la présence entre ses murs de quatre « mandulons » (du patois provençal « mandule » signifiant petite amande desséchée) : il s’agit de quatre corps momifiés et inquiétants, appuyés contre les murs de l’ossuaire. Leur existence en ce lieu reste à l’origine de légendes tenaces : restes d’emmurés vifs, pestiférés, martyrs des guerres de religion…

Ces cadavres ont sûrement été tirés des caveaux et transportés dans l’ossuaire et doivent leur état de conservation unique à différents facteurs naturels comme la qualité de l’air, le degré d’humidité, etc.

 

 

ASSOCIATION LES AMIS DU MUSEE

 

  LES METIERS DU FLEUVE

 

- LES RADELIERS formaient des radeaux sur les rivières pour descendre les troncs destinés à la marine jusqu’à Avignon et Beaucaire d’où, par les canaux, ils les acheminaient  jusqu’à Sète.

 

- LES LAVANDIERES :
Jusqu’au début du XXe siècle, les femmes transportaient à l’aide de brouettes ou de corbeilles d’osier le linge qu’elles lavaient sur une planche en bois, agenouillées au bord du fleuve. Elles savonnaient le linge, le frappaient au battoir, le rinçaient, l’essoraient et l’étendaient sur les galets pour le sécher.

Les bateaux-lavoirs, surtout entre 1840 et 1860, permettaient de s’adapter au niveau d’eau, les femmes nettoyant le linge à froid ou à l’aide de réchauds puis le faisant sécher dans la partie supérieure de l’embarcation.

 

- LES LAVEUSES étaient des professionnelles, qui travaillent pour les autres.
 

- LES MEUNIERS utilisaient dès 1245 les moulins flottants à roues à aubes, qui produisaient la farine à partir de la force hydraulique du Rhône.
Il s’agisait souvent de bateaux en bois permettant de se déplacer sur le fleuve en fonction du niveau des eaux.
Avec l’endiguement du fleuve, les meuneries mobiles ont été remplacées par des constructions fixes le long des digues, avant de disparaître avec l’installation de l’électricité.

Les frères de Montgolfier eurent l’idée, en 1796, de forcer une partie de l’eau d’une chute à remonter au-dessus du niveau de celle-ci. Benoît Fourneyron créa en 1827 la première turbine hydraulique, P.L. Fontaine la turbine axiale à réaction en 1840, et Dominique Girard la turbine à action dix ans plus tard. Le papetier Aristide Bergès transforma en 1869 l’énergie d’une chute d’eau des Alpes en énergie électrique pour faire tourner ses mahines. Il présenta sa réalisation à l’Exposition universelle de 1889, inventant l’expression » houille blanche » pour désigner cette énergie propre et renouvelable.

Par EOLE - Publié dans : HISTOIRE D'ARLES - Communauté : Voyage culturel
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