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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 06:17

  blessed_gerard_s.gif

 Concernant la vie du fondateur de l'Ordre de Saint Jean des Hospitaliers, tout est mystère  ... A commencer par son nom et ses origines... CAMARGUE - INSOLITE a donc ouvert un dossier...

Il n'existe pas de documents affirmant la naissance de Gérard TENQUE à Martigues vers 1040, mais il existe des éléments favorables... Si il n'y a aucune trace de la naissance de Gérard TENQUE à Martigues, le patronyme TENQUE est présent dans les anciens registres des baptêmes de Martigues : il est d'origine humble, fils de pêcheur, c'est du moins ce que nous disent les archives de Rome ...

Ben voyons ! ... La première question à se poser tient au fait qu'il est extrêmement curieux qu'un homme d'origine roturière deviennent à cette époque et de but en blanc le grand patron d'un organisme, à la tête duquel seuls la Chevalerie a logiquement accés ...

 

En fait le nom de TENQUE, est loin d'être certain... TENQUE est aussi connu sous les noms de Tum, Tune, ou encore Thom, ou Tonlieu ou Teumitum ...

 

La piste la plus sérieuse se résume ainsi :   Il s'agit probablement d'un descendant de négociant italien originaire d'Amalfi, peut - être spécialisé dans le transport méditerranéen des céréales et installé vers le IX ème siècle soit à Fos, soit en rive gauche de l'embouchure du rhône (plus exactement à l'ancien moulin de la Roque) et dont le prénom serait en réalité Gérald . Curieusement, on en sait plus sur ses reliques que sur son vivant...  A sa mort, le corps de Gérard voyage... Il fut déposé le 11 juillet 1283 dans le chapelle du château de Manosque.   En 1728, Martigues revendique la reconnaissance de cité natale du Bienheureux Gérard...  

Le Grand Maître de l'Ordre du moment officialise bien entendu l'origine martégale et une partie des reliques fut distribuée entre les trois paroisses de Martigues : un humérus est déposé en l'église de la Madelaine et des fragments de côtes dans les églises martégales des îles de Ferrières et de Jonquières.

 

 

EN CRAU LITTORALE : LE MAS DE TENQUE

 


Il existe en Crau, un lieu géographique du nom de TENQUE. Curieusement, personne n'en a jamais parlé, il s'agit du mas de Tenque en bordure de la Costière de Crau, côté Camargue !

Ce lieu aurait trés bien pu s'appeler TUM-LIEU, TUNE-LIEU ou THOM-LIEU... Cette observation nous rapproche du TON-LIEU des archives... Comme nous l'avons montré dans notre étude des anciens rivages de Camargue, le site du mas de TENQUE actuel se trouvait en fait à la fin de l'époque romaine, en bordure de la côte du golfe Massaliotique; suite à la poldérisation des terres, il est aujourd'hui, en pleine CRAU, mais en bordure des marais...

C'est donc probablement dans les parages immédiats de l'actuel mas de Tenque, qu'il faut rechercher cet ancien lieu de péage du château de Fos. Dans cette immense plaine désertique qu'est la Crau, la photo aérienne va nous être d'un grand secours... Et de fait, à proximité et au nord du mas de Tenque actuel, la vue aérienne montre des traces d'occupation du sol...

  TENQUE-aerien-1-001.jpg

 

Les archives de Fos signalent le lieu en 732, un document de cette époque fait mention d'un important poste de douane récoltant des droits de passage dans la région, c'est "Tonlieu" près de Fos. La possession de ce Tonlieu est une importante source de revenu" .

 

Un siécle plus tard, entre 820 et 850, le poste de douane carolingien "Tonlieu" de Fos entre dans la part des biens temporels de l'abbaye de Saint Victor de Marseille. Les moines de Saint Victor prélèvent une taxe sur le sel et l'huile des bateaux venant d'Italie.

A l'époque de l'avènement du Temple, en 1096, "Tonlieu" de Fos est maintenant dans le patrimoine de la maison de Fos. Laquelle est bien connue pour avoir fourni nombre de Templiers, dont l'énigmatique Roncelin de Fos, pour ne parler que de lui ...

 

En attendant,Gérald d'Amalfi (en Italie), plus connu en France sous le nom de Gérard Tenque, est devenu en 1100, le Grand Maître des Hospitaliers; et c'est à Arles qu'il commence à acquérir de trés nombreuses terres...

Le véritable siège de l'Ordre aurait été un couvent de l'abbaye de Saint Victor, situé en bord de mer, (on ne connait dans la région, que celui de Fos/mer sur la plage de Saint Gervais), puis transféré au fort Saint Jean de Marseille, qui en a gardé le nom... A cette époque tous les nobles de la bonne chrétienté (ceux raliés à Rome), n'ont d'yeux que pour l'Ordre de Saint Jean... Comme le montre ces témoignages :

" Raimond Bérenger III, comte de Barcelone et Provence, et son épouse, avec l'assentiment des nobles arlésiens, exemptent les frères de l'Hôpital du droit de tonlieu à St. Gilles ainsi qu'à Orgon". (fº 73v-74r). Et "Raimond Bérenger III, comte de Barcelone et Provence, et son épouse Douce, exemptent du droit de péage (teumitum) le radeau de l'Hôpital sur la Durance. (Archives des BDR : fº 74r).

 
 

Amalfi a été un des principaux ports d'Europe du IXe au XIIe siècle. Les premières mentions d'Amalfi remontent au VIesiècle. La ville devint rapidement une puissance maritime faisant le commerce des céréales, du sel et des esclaves, exportant du bois de construction vers l'Égypte et la Syrie et important en occident les soieries de l'Empire byzantin.

Les marins d'Amalfi, les premiers d'Occident à utiliser la boussole, firent la fortune de la ville. Au IXesiècle, les marchands amalfitains utilisaient déjà une monnaie en or alors que la plus grande partie de l'Italie en était encore à une économie de troc.

Les relations d'Amalfi avec l'Orient sont encore illustrées à l'heure actuelle par la cathédrale dont les portes ont été fondues à Constantinople en 1066 et acheminées jusque là par la mer.

Curieusement, il se dit aussi,  qu'au milieu du XIesiècle (vers 1070), des marchands Amalfitains établis à Jérusalem furent à l'origine de la fondation de l'Ordre de l'Hôpital....

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