Mercredi 18 avril 2012 3 18 /04 /Avr /2012 00:00

Le village de Salins-de-Giraud a été créé en 1856 lors de l'implantation de la société Merle, chargée de fournir le sel pour l'usine chimique de Salindres, près d'Alès (Gard), qui produisait de la soude.

La ville est construite sur un plan en damier typique des cités ouvrières de la seconde moitié du XIX éme siècle.

L'histoire de PECHINEY est consultable ici. 

 

L'URBANISME

 

Larges rues, groupes d'habitations séparés par des jardins publics ou privés, places, utilisation de la brique en façades, nombreux lambrequins en bois subsistant sur les débords de toitures, l'ancienne usine et sa maison de maître, etc.

En cela, Salin-de-Giraud constitue un exemple particulièrement intéressant de l'urbanisme industriel et ouvrier de XIXe siècle totalement en rupture avec l'architecture locale.

 

LES CULTES 

 

 

Eglise catholique

Eglise catholique

 

 Eglise orthodoxe

 

Eglise orthodoxe de la Dormition de la Toute Sainte Mère de Dieu

 

 

LES VOIES DE COMMUNICATIONS 

 

LA ROUTE :

 

Le village de Salins-de-Giraud est essentiellement desservi par la route départementale 36 qui le relie à Arles en suivant la rive droite du Rhône. Une variante (D 36b) longe le Vaccarès.

 



LE FLEUVE :



Depuis 1932, un bac acceptant les véhicules automobiles franchit le Rhône entre Salin et la sortie nord de Port-Saint-Louis-du-Rhône, permettant de se rendre à Martigues ou Marseille sans passer par Arles. Les habitants formulent régulièrement la demande de construction d'un pont, mais aucun projet en ce sens n'existe.

 

 

  LE RAIL :

 

De nos jours, un embranchement ferroviaire relie le domaine d'exploitation de sel et l'usine à la voie ferrée d'Arles à Port-Saint-Louis-Fos/mer située sur la rive gauche ; le franchissement du Rhône se fait par un bac spécifique pouvant transporter des wagons.

Salins de Giraud était autrefois reliée à ARLES, par le biais du Petit Train de Camargue. Cette voie n'existe plus...

Ce que nous savons du réseau ferré du village, c'est que le  Bâtiment voyageur était séparé du quai à marchandises qui était lui-même desservi par une voie en impasse. Une quatrième voie desservait une remise pour 1 machine. Une grue hydraulique était implantée à proximité et permettait également le service de ravitaillement en eau sur la voie 1. La plaque tournante était reportée sur la voie de la remise. De plus afin de desservir les Salins de Péchiney une voie supplémentaire était reliée aux deux extrémités à la voie d'évitement. Deux embranchements se raccordaient sur cette voie supplémentaire.

- L'un à l'Ouest pour l'usine et les « camelles » de sel.

- L'autre à l'Est par la desserte du quai du grand Rhône.

Par la suite deux voies, supplémentaires furent nécessaires pour l'usine Péchiney et autre voie pour la desserte de l'usine Solvay. Cette dernière usine était également reliée au moyen d'un embranchement parallèle à la voie Péchiney du Grand Rhône. Ces 2 embranchements industriels étaient desservis par les moyens de traction des entreprises, vapeur ou Diésel; ils ne furent donc pas électrifiés.

 

 

 


 

LES ACTIVITES DE SALINS DE GIRAUD

  • Exploitation du sel : le groupe des Salins du Midi exploite des marais salants qui produisent environ un million de tonnes de chlorure de sodium par an.
  • Industrie chimique : Salins de Giraud restera dans la mémoire scientifique comme pionnier de l'industrie de la soude caustique... Implantée depuis 1896, la société belge Solvay fabrique à partir du chlorure de sodium des marais salants, de la soude caustique nécessaire à la fabrication du savon de Marseille. Le calcaire nécessaire à la fabrication venait à l'origine des carrières de Port - Miou prés de CASSIS. Les eaux ammoniacales provenaient des usines à gaz de la région. 
  • Tourisme : la plage de Piémançon, ou grande plage d'Arles, plage de sable fin qui s'étend sur plusieurs kilomètres à l'ouest de l'embouchure du grand Rhône, reçoit chaque été plusieurs milliers de campeurs, dont de nombreux naturistes ; les étangs du sud du Vaccarès (étangs du Fangassier, de Faraman, de Beauduc, etc.) abritent des colonies de flamants roses ; la « digue à la mer », chemin de terre légèrement surélevé par rapport aux étangs, peut conduire piétons, VTtistes ou cavaliers jusqu'aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Cependant tout cet écosystème est menacé par la surfréquentation.

  LE VILLAGE LORS DE LA PREMIERE GUERRE MONDIALE

 

INSOLITE : Le "Petit Train de Camargue" était en lien avec le "Train des Pignes" ... Point commun : une voiture de chemin de fer : la voiture SUD - FRANCE B 505 !...

 

 


SALINS DE GIRAUD ET LA SECONDE GUERRE MONDIALE 

 

Nombreux sont les vestiges laissés par les allemands; pour faire fonctionner leurs industries, les patrons saliniers ont de tout temps utilisé une main d'oeuvre à bon marché et si possible gratuite... De tous temps, l'Etat les a bien aidé; çà commence aux Salins du Relais (côté de Port Saint Louis) avec une sorte de bagne pour prisonniers politiques algériens, nous sommes alors sous Napoléon III et probablement en 1856... Et celà va continuer par la venue de travailleurs de toutes nationalités: grecs, italiens, espagnols, et maintenant nous le savons, les indochinois...

Pendant la Seconde Guerre, il y avait un camp d'internement dans le village; la loi du 27 septembre 1940, “sur la situation des étrangers en surnombre dans l’économie nationale”, crée les “Groupes de travailleurs étrangers” ou GTE :
“Art.1er : Les étrangers de sexe masculin, âgés de plus de 18 ans et de moins de 55 pourront, aussi longtemps que les circonstances l’exigent, être rassemblés dans des groupements d’étrangers s’ils sont en surnombre dans l’économie nationale et si, ayant cherché refuge en France, ils se trouvent dans l’impossibilité de regagner leur pays d’origine.”
La loi prévoyait également de mettre les GTE à la disposition d’entreprises. L'objectif est de fournir de la main d'œuvre pour les travaux agricoles, forestiers et industriels. A Salins de Giraud, les prisonniers du GTE seront employés essentiellement à la culture du riz et bien entendu dans les marais salants... Suite aux maltraitances et aux incroyables conditions de travail, les décés y seront nombreux...
Le commandant du détachement du 104e GTE à Salin-de-Giraud  prévient les internés juifs la veille de la rafle du 3 août 1942 et les laisse s'enfuir. Pour la petite histoire, il semble toutefois qu'il ne laissera pas partir les indochinois...

 

 LES SITES A PROXIMITE 

 

Par EOLE - Publié dans : HISTOIRE D'ARLES - Communauté : Histoire Géographie
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