CAMARGUE INSOLITE

Le projet déchristianisateur

 

Depuis le mois de juin 1792, la Provence, région natale d’André Pomme, et tout particulièrement le port de Marseille, voyait partir vers la frontière italienne de drôles de « cargaisons », en ce sens qu’il ne s’agissait uniquement que d’hommes d’Eglise, prêtres ou moines ayant refusé de prêter le fameux Serment Constitutionnel. Tout un chacun sait, que ces gens d’Eglise, étaient soupçonnés (à raison) de comploter contre la République ; les députés de la Convention alors en mission dans le Midi, considérant que les prêtres dépendaient plus du Pape que de l’Etat français, prirent la décision de les renvoyer dans leur pays, l’Italie. Ceux qui étaient originaires des villages de la rive gauche du Rhône furent évacués depuis Marseille, ceux de la rive droite le furent depuis Aigues-Mortes.

André Pomme tout juste arrivé en métropole et qui n’est donc pas encore un député élu de la Convention, fréquente de toute évidence le milieu jacobin parisien, très certainement au travers d’un de ces clubs de discussion ouverts dans la capitale. Je pense plus particulièrement au club des « Américains ou de Boston », où il aurait put acquérir son surnom de « l’Américain » , qu’il avait pris l’habitude d’apposer en complément de sa signature …

Pour régler le problème des prêtres réfractaires à la Révolution, Pomme a alors une idée toute simple : il suggère « de les envoyer »  en Guyane…

Sur le plan strictement législatif, on sent déjà l’ombre de sa présence dans le décret promulgué par l’Assemblée, le 26 août 1792, qui ordonne aux prêtres réfractaires à la Constitution civile du Clergé « de quitter la France dans les quinze jours sous peine de déportation en Guyane »… Ce jour là, c’est la première fois qu’est prononcée officiellement dans l’histoire de France, la terrible expression « déportation en Guyane » !

Malgré l’intérêt que lui portaient les gouvernants, le jour de gloire d’André Pomme et de son funeste projet, n’était pas encore pour cette année là. Son travail allait rester « dans les tiroirs » des Jacobins encore quelques mois, puisque le projet ne fut imprimé par la commission des Finances qu’après 1795, c’est à dire au moment où la décision de supprimer les prêtres sera finalement adoptée par une Assemblée législative devenue encore plus radicalement athée. Son texte concernant le « mode d’exécution de la déportation des prêtres à la Guyane 1» semble tellement élaboré dans le but d’exterminer, que par la suite la simple évocation du nom d’André Pomme provoquera la terreur puis la haine dans le milieu ecclésiastique français.

L’Arlésien a-t-il conscience à ce moment là, de l’atrocité de son travail législatif ? Hésite-t-il un seul instant, ne serait-ce que dans sa démarche intellectuelle, lui l’ancien prêtre, lui l’Humaniste, lui qui criait haut et fort les atrocités de l’Ancien Régime ?

Il est vrai que Pomme va utiliser un raffinement du détail à la limite du sadisme pour élaborer la mission que lui ont confié les responsables jacobins et si les déportations s’étaient déroulées comme prévues, la résultante aurait été un véritable massacre !

Dans un premier temps, le député de la Convention va élaborer un projet de décret en douze articles, dans lequel il expose l’organisation méthodique par laquelle il entend que soient exécutés les ordres prononcés par ses collègues. Puis l’ancien abbé de l’Ordre de Malte devenu maintenant l’adversaire résolu et inflexible de la religion catholique résume en dix questions ses interrogations sur le mode de la déportation des prêtres, questions auxquelles il va essayer d’apporter ses réponses en fonction de son vécu en Guyane mais surtout avec la volonté manifeste de plaire aux députés extrémistes qui commencent à se manifester à Paris. D’emblée, il débute ses pensées sur le projet qui lui est demandé, par une interrogation qui est par elle-même plus un décret d’accusation, qu’une phrase d’introduction à la réflexion : « Est-ce une simple mesure de sûreté générale momentanée, ou une peine infligée à ceux qui sont dans le cas des décrets ? ». Et pour se démarquer, lui l’ancien curé, des gens dont il parle, il va utiliser une brutalité verbale excessive, qui n’était peut-être pas nécessaire dans cette situation :

« L’expérience n’a que trop prouvé que le plus grand nombre des individus, dont il est ici question, ont réellement conspiré contre la Chose Publique ; on ne doit pas même espérer d’amendement de leur part ; enfin, la cessation de leur déportation ne pourra avoir lieu que lorsque l’esprit public entièrement assis, la République parfaitement consolidée, leur nombre grandement diminué, ils ne seraient plus dangereux pour la Patrie ».

« Le moyen le plus efficace a donc dû être employé pour résister à leurs coups et aux efforts multipliés qu’ils ont constamment fait pour s’opposer au nouvel ordre des choses ; et les lois les plus sévères, la vigilance la plus active ne pouvant atteindre les armes secrètes et perfides dont ils se servent, il faut nécessairement séquestrer de la société, ces hommes pervers, qui ne cessent d’y fomenter le trouble, et causent tous les désordres qui en résultent.

Il ajoutera par la suite et au moment de l’épisode Vendéen, toutes les sortes d’opposants à la politique jacobine dont bien entendu, les royalistes, les girondins ainsi que leurs nombreux sympathisants :

« Une autre classe d’individu doit être également déportée, d’après la loi du 10 juin ; ceux-ci sont très criminels, et il est à présumer que l’heureux résultat des efforts du patriotisme, contre les rebelles de la Vendée et des départements circonvoisins, provoquera la déportation d’un assez grand nombre d’entre eux, soit par des jugements des tribunaux, soit par une loi particulière ».

L’article premier du projet de décret proposé par Pomme va donc poser les bases mêmes de la création d’un des premiers bagnes français en Outre-mer :

« Tous les individus qui sont ou seront condamnés à la déportation, en exécution des lois du 15 août 1792, 21 avril et 10 juin 1793, seront transportés à la Guyane française ».

Empêcher les futurs déportés de communiquer avec les habitants de la Guyane est vraiment un souci majeur d’André Pomme. Il va en effet consacrer le quart des articles du décret à ce sujet :

« Article IX : Vu les dangers de la communication, il est défendu à toute personne étrangère à l’établissement, de venir séjourner dans les limites qui lui sont prescrites par le présent décret, sans l’agrément du commandant civil et militaire ».

« Article X : Tout déporté qui sortira des limites fixées par le présent décret, à la nouvelle colonie, sera puni de mort ; il est en conséquence permis à toutes personnes qui le trouvera dehors des dites limites de courir sus ».

« Article XI : Les prêtres de la colonie de Cayenne, qui réfractaires à la loi fondamentale, avaient été destitués de leurs fonctions et qui ont été rétablis par le commissaire civil, seront déportés sur un sol étranger ».

Le jacobin arlésien développe alors sa pensée, elle est sans ambiguïté :

« Admettre comme principe que les déportés, en exécution des lois citées, sont réellement nuisibles à la République, il en résulte une conséquence nécessaire qu’ils seraient tout aussi dangereux, pour les colons de Cayenne et de la Guyane, s’ils n’étaient pas totalement séparés de la partie habitée ; mais l’on se convaincra bientôt qu’ils causeraient la perte, du moins pour la Métropole, en y opérant très aisément la contre révolution, car la colonie est composée de 1400 à 1500 citoyens de tout âge et de tout sexe et de 13 000 à 14 000 noirs. Le fanatisme et le respect surtout que les noirs portent jusqu’à l’idolâtrie à l’égard des prêtres, suite de l’ancien despotisme, avec lequel les Jésuites dirigeaient jadis les colonies, rendraient bientôt les déportés, guides suprêmes de leurs bras, et bientôt le pavillon contre révolutionnaire arboré, serait l’arrêt de mort de tous les patriotes ; les citoyens de couleur eux-mêmes, ne pourraient obtenir grâce qu’en renonçant à l’exercice de leurs droits politiques. De là cette colonie qui a donné les preuves les plus authentiques d’attachement aux principes du gouvernement actuel, qui a adopté et prévenu même les vues bienfaisantes des législateurs français, en faveur des citoyens de couleur, serait bientôt victime de la pureté de ses principes, par l’arrivée de 300 ou 400 seulement de ces déportés ».

« L’intention même des législateurs en prononçant cette déportation dans la Guyane a été sans doute de se servir de la vaste étendue de ce continent qui n’est point habitée, pour isoler les déportés, de manière à ce qu’ils ne puissent ni physiquement ni moralement nuire à personne ».

L’Arlésien ayant vécu prés de cinq ans sur le territoire guyanais ne peut pas ignorer que l’endroit où il préconise l’envoi des déportés est un lieu terrible, par le simple fait qu’il est particulièrement invivable. Les coordonnées de l’établissement, données par Pomme, sont assez précises pour nous permettre de le situer :

« Il est donc indispensable de fixer leur séjour dans la partie dite « le Macary », située à environ douze lieues des limites portugaises, quarante-six au- delà de l’Oyapock et soixante douze lieues de la ville de Cayenne, et de donner pour limites latérales, à cet établissement, les rivières d’Aouary et Carcevène et pour base la mer ».

La lieue utilisée par André Pomme est équivalente à 3,850 km, ce qui situe l’endroit en dehors des limites françaises actuelles, c’est à dire à 26 lieues du fleuve Oyapock2, soit sensiblement à 100 km après l’embouchure du fleuve.

La région du « Macary » était la zone de la colonie située à l’Est de Cayenne et bordant l’actuel Brésil. La carte de 1762 figurant la région de l’Oyapoc et établie par le chevalier de Préfontaine désigne le territoire défini par Pomme par le patronyme évocateur « le Pays noyé », sorte de delta bordé en effet au nord par l’océan atlantique, au sud par l’ancien chemin des Portugais ; l’Est et l’Ouest du territoire délimité par les deux cours d’eau en question. C’était la région la moins peuplée de la Guyane française, et il y avait bien une raison à cela !

Etant proche de l’océan, « le Pays noyé » était comme son nom l’indique, en zone inondable. Les Terres basses de la Guyane sont ainsi qualifiées par le simple fait que leur altitude moyenne, ne dépasse pas la vingtaine de mètres. Cette faible dénivellation, fait que les rivières y sont particulièrement lentes et étalées et donc sujettes aux variations de l’océan atlantique dont les marées, deux fois par jour envahissent les rives des fleuves sur une distance de plus de quinze kilomètres. A la saison chaude, dans cette région de tourbières, l’évaporation est rapide et facilite la putréfaction des poissons et des débris organiques, ce qui bien entendu ne peut qu’engendrer un état sanitaire catastrophique. Concernant les gardes chargés de maintenir l’isolement des déportés, Pomme a trouvé une solution :

« Il y avait jadis au Macary un poste formé par un détachement de la garnison de Cayenne et commandé par un officier ; en le rétablissant et y joignant 20 citoyens de couleur volontaires équipés en gendarmerie nationale, et qui en auraient la paie, cette garde et une loi très répressive seraient suffisantes pour empêcher les déportés de se répandre dans la partie habitée ».

L’homme est pointilleux et tout est prévu dans son projet, tout particulièrement ce que l’on appelle « le nerf de la guerre », c’est à dire le coût de l’opération. Encore faut-il savoir que les dépenses annoncées ne sont qu’un simple rideau de fumée, destiné à donner un visage humain au terrible projet, car nous sommes persuadés qu’au moment où Pomme écrit ces lignes, il sait très bien que les convois n’arriverons pas entiers sur le lieu qui leur est destiné.

L’homme justifie alors, la démarche des extrémistes de la République :

« La justice, l’humanité et l’intérêt de la Métropole imposent ici des devoirs dont la loyauté républicaine ne peut s’écarter ; ces dépenses auront donc pour bases, le transport des déportés, leur logement pourvu des objets de première nécessité, médicaments, outils aratoires, le vêtement et la nourriture pendant deux années seulement, car on peut se dispenser de les nourrir moins de temps pour leur donner le moyen et le temps de défricher, planter, cultiver et récolter des vivres. Voyez l’aperçu de la dépense au tableau ci-joint.»

Sans sourciller, Pomme a invoqué la Justice et l’Humanité, deux mots dont il ne doit pas très bien connaître la signification. Et le tableau ci-dessous, de détailler les dépenses occasionnées par les déportations :

 

Nature

Dépense

Hôpital, magasin et casernes

36 000 L

25 maisons pour 100 hommes

25 000 L

Pirogues à naviguer

4 000 L

Approvis. Hôpital

6 089 L

Terrains défrichés pour 100 hommes

10 000 L

Habillement pour 100 hommes

16 900 L

Avance de Bestiaux pour 100 hommes

47 3000 L

Couchers et ustensiles domestiques

18 750 L

Vivres pour 100 h. pendant un an

73 050 L

Gardes, employés, ouvriers

40 000 L

Transports pour 100 h.

15 000 L

Achat de deux bâtiments de 25 à 50 tonneaux

30 000 L

Total

322 089 Livres

 

Inutile d’épiloguer sur la notion de justice qu’avait l’Arlésien. Quant à l’humanisme déployé par le futur député, parlons-en ! Il sait qu’entre 1763 et 1766, l’expérience de peuplement de la Guyane par Choiseul, fut un retentissant échec, rappelons que plus de 10 000 personnes y étaient décédées, décimées non pas par une épidémie, mais par un ensemble de maladies que les médecins de l’époque avaient du mal à définir. Donc à première vue le tableau qu’il donne des dépenses occasionnées peut paraître empreint d’une certaine notion humaniste (avance de bestiaux, défrichement des terres par les indigènes, vivres pendant une année…). A y regarder de plus prés, on peu aussi constater que le poste des dépenses attribué à l’hôpital est quant à lui, plus que mince ! Dans une région aussi insalubre, Pomme donne moins de 10% au système de soins. Pourtant, tous les intellectuels qui s’intéressaient aux affaires du pays, avaient en mémoire le triste rapport d’un certain docteur Bajon, chirurgien à Cayenne qui écrivait déjà en 1764 :

« la maladie qui frappe les gens ici, ne peut être bien définie. Les fièvres malignes sont un mélange de fièvre jaune, de scorbut, de typhus, de fièvre typhoïde, mais aussi de paludisme et de dysenteries ». Pomme sachant que son décret va conduire 

les prêtres vers une mort inéluctable, ne serait-ce que par les risques du transport ou la région de Guyane dans laquelle il les envoie, a aussi décidé en toute connaissance de cause de ne pas ou presque pas leur donner d’assistance sanitaire.

La conclusion d’André Pomme sur le chapitre de la dépense n’en est pas moins ironique: « Cette dépense ne peut paraître exagérée, si les conditions suivantes sont bien suivies », et l’homme de détailler en cinq points les avantages que son système va procurer à la Nation :

-1/ «  Le mauvais effet quoiqu’indirect que cause dans la République, la détention de ces individus, les inquiétudes qui en résultent et le danger continuel de l’évasion et leur course rapide vers les lieux où ils présument pouvoir fomenter avec avantage des troubles.

-2/ Les frais annuels que causent leur détention, qu’on peut évaluer à 1000Livres par tête, comparés avec ceux de leur déportation, pendant deux ans seulement, assurent une bonification pour le Trésor Public de plusieurs millions.

-3/ Aucune loi n’a directement prononcé jusqu’à ce jour la suppression de leur pension ; le maximum en a été fixé à 1000 Livres ; mais l’obligation de présenter des certificats de civisme et de résidence les en a directement privés, et sans doute, les corps administratifs auront suivi cette marche è l’égard de ceux qui n’ont pas rempli ces formalités ; le Trésor National bénéficie donc annuellement de cette somme.

-4/ Les déportés n’étant pas privés de leurs propriétés, la République peut se rembourser sur elles ; mais à l’égard de ceux qui n’ont aucun patrimoine, toutes les raisons ci-dessus ne militent pas moins en leur faveur ; la Convention statuera sur ce mode de remboursement à l’égard des premiers. Quant à ceux qui seront déportés par l’effet de jugements des tribunaux, l’Etat y trouvera également l’avantage d’être déchargé des frais et des dangers de leur détention, et la Convention peut statuer si leurs biens supporteront les frais de leurs déportation.

-5/ Enfin, les déportés offriront en peu d’années, une ressource à la Métropole, par l’établissement d’une colonie qui peut devenir florissante d’après les moyens détaillés ci-après ».

Dans sa quatrième interrogation, le provençal soulève le problème du départ des prêtres : « Quelle sera l’époque de leur départ ? Quelle quantité peut-on en faire partir à la fois ? Quelles précautions à prendre pour l’instant de leur arrivée ? »

Dans cette phase de réflexion, il est vrai qu’André Pomme se montre particulièrement odieux. Avec toujours son humanisme feint, il propose une date de départ des côtes françaises vers la fin du mois de novembre, faisant ainsi arriver les déportés dans le meilleur des cas, 45 jours plus tard, soit à la mi-janvier :

« L’époque de fin novembre est nécessairement celle à préférer, parce que les déportés arriveront en décembre, temps où commencent les pluies, et qui est le plus favorable pour acclimater les Européens ».

Il est vrai, et Pomme a raison de le dire, que ce moment-là de l’année correspond à une des « meilleures » saisons de la colonie. Bien entendu tout est relatif et le terme de bonne saison n’a pas le caractère paradisiaque auquel pourrait penser en métropole, la grande majorité de citoyens analphabètes de l’époque révolutionnaire.

A l’époque où Pomme « travaille » sur son projet, il faut savoir que seuls quelques hommes connaissaient les épouvantables conditions climatiques de la Guyane. De ce fait, vouloir faire arriver les déportés à la « bonne saison », montrait aux incrédules que les Conventionnels, n’étaient pas si belliqueux que çà !..

Fonctionnaire de la Marine depuis 1787, et ayant donc logiquement fréquenté les marins de Guyane, l’Arlésien n’est encore pas sans savoir, qu’à la mi-janvier, les déportés auront peut-être une chance de se trouver en Guyane… Mais qu’il faut plutôt tabler sur une probabilité qui ressemble à une certitude : ils seront probablement en mer !

Et les marins qui ont fréquenté les côtes guyanaises à la mi-janvier en gardent un redoutable souvenir. Du milieu de décembre jusqu’à la mi-février, l’alizé du Nord-Est souffle terriblement fort, il est accompagné de violentes bourrasques dés les premiers jours de janvier. Pour les gens de la Royale, cette époque de l’année est gravée dans leurs esprits, à tel point que les capitaines s’arrangeaient pour ne pas être obligés d’accoster le rivage avant la fin de février, époque correspondant au retrait de l’alizé et à une navigation infiniment plus sûre !

Ceux qui avaient affronté ces moments forts de navigation, en parlaient avec un frisson dans le dos. Le régime des vents conditionnait en pleine mer et on s’en doute, les modalités de la navigation.

Dés le large des côtes de la Guyane, le fort courant marin qui longe le continent Sud-américain en direction des Antilles, se faisait sentir ; accoster à Cayenne où dans les autres abris de Guyane, n’était pas une affaire de plaisir et les navigateurs étaient obligés de descendre très au Sud, à la hauteur du pénitencier projeté par Pomme, pour se laisser entraîner par le courant et revenir sur Cayenne en se tenant impérativement, grâce à la sonde, à 12 kilomètres d’une côte aux eaux peu profondes et au sol recouvert de vase … La densité de l’eau, augmentant avec la profondeur et les bateaux de l’époque ayant des tirants d’eau de cinq mètres et des carènes ventrues, le capitaine constatait souvent, que même avec une hauteur d’eau de 14 mètres, son navire se traînait dans une eau extrêmement boueuse et peu fluide.

« Se traînait », c’est bien le mot qui implique qu’à la saison où Pomme avait décidé de faire partir les convois, le voyage durait beaucoup plus que quarante-cinq jours ; ce qui n’était pas sans impliquer une vie affreuse à bord, tout au moins pour les déportés dont la nourriture en fin de trajet était faite de viandes salées plus ou moins bien conservées, d’huiles ou de graisse rance et de farine gâtées…

Dés 1765, les navigateurs avaient établi le profil type du bateau qui avait quelques chances d’accoster à Cayenne en ces époques de l’année tout particulièrement difficiles. C’étaient des navires du type Petite Frégate, calant moins de quatre mètres ; nous étions donc en 1765, soit presque trente ans, avant que Pomme écrive son projet, or ce type d’embarcation n’est pas du tout spécifié dans le projet de l’ancien fonctionnaire de marine, qui par ailleurs est pourtant très fortement détaillé en d’autres points.

Avec ses spécifications techniques bien précises, le port de Cayenne semblait être de loin, le havre de paix le mieux connu des navigateurs, celui qui pouvait donc leur offrir le maximum de chance de livrer à bon port leurs cargaisons.

Seulement voilà dans l’esprit de Pomme, il n’était pas question de faire se rencontrer la population de Guyane et les convois de prêtres si tant est que ces derniers aient pu accoster sains et saufs. Il le dit très clairement en réponse à sa sixième interrogation « Quel est le parti qu’on peut tirer de cet établissement pour l’utilité publique ? » :

« Le ministre de la Marine, par sa lettre du 25 mai dernier, instruit la Convention nationale que le ci-devant commissaire civil, envoyé à Cayenne a rétabli dans les fonctions curiales, quatre ou cinq prêtres qui avaient été destitués après leurs refus de se soumettre à la loi fermentale : l’assemblée coloniale de Cayenne, organisée d’après le décret du 4 avril, dénonce pareillement à la Convention, la conduite dudit commissaire Guillot ».

On constate qu’au passage, Pomme en profite pour régler le compte de Frédéric Guillot qui avait déclaré son élection « nulle et illégale », puis c’est le tour des Jésuites de Guyane, qui sont restés les véritables maîtres de la région :

« Le ministre de la Marine invite la Convention, l’Assemblée coloniale, ainsi que moi, la supplie pour le salut de cette colonie, d’écarter ces prêtres réfractaires et du nouvel établissement de déportation et de la colonie elle-même ; ils ne peuvent en effet être que très dangereux :

A/ Par les connaissances locales qu’ils ont acquise, en remplissant les fonctions de missionnaires de quelques indigènes qui sont répandus çà et là sur le territoire de la colonie projetée.

B / Par les intelligences qu’ils pourraient procurer aux nouveaux déportés avec les habitants aristocrates de la colonie, qui se sont fait une gloire de les protéger, de les héberger et qui pourraient parvenir à dissoudre la colonie elle-même.

Ces prêtres réfractaires ont trouvé, dans le commissaire civil Guillot, un rémunérateur de leur rébellion à la loi, puisqu’il leur a fait payer, par le Trésor Public, les émoluments dont ils avaient été privés depuis le jour de leur destitution, jusqu’à celui de leur réinstallation, qu’il n’a pu effectuer totalement, qu’en plaçant un prêtre sermenté et patriote ».

Fort de ces constatations, André Pomme insistait pour ne pas faire débarquer les prêtres déportés à Cayenne, ville où siège la grande majorité de la population. Alors, que proposa-t -il ?

« Dans tous les cas, il convient toujours de les faire arriver à Oyapock, qui est la première rivière habitée, parce qu’il y a là un poste et des bâtiments nationaux qui, avec quelques légères réparations, peuvent les recevoir, ainsi que les provisions qui les suivront, jusqu’à ce que leur logement soit préparé sur le nouvel établissement »

Le bougre d’arlésien, dévoile alors à ses lecteurs, qu’il connaît parfaitement bien les conditions de navigation, mais aussi la géographie et les densités de population de la région :

« la saison indiquée pour leur arrivée, est encore celle où les vents sont propices pour remonter la côte jusqu’à Macary, lieu de leur destination ».

En effet, venant depuis le Nord-nord-est, dans le sens de l’alizé, l’Oyapoc est bien la première embouchure que les navigateurs rencontrent sur bâbord., et Macary était bien la plus proche zone que les français avait habité, sous entendu la moins habitée ! A tel point, que Macary ne figure sur aucun des états de recensement de la population établi jusqu’alors et dont le dernier, établi par les administrateurs date de 1789; l’ancien poste de surveillance, ultime vestige de l’occupant français, était abandonné !

Qu’en était-il alors, de l’accès à l’embouchure de l’Oyapoc ? Les renseignements que nous avons pu recueillir font état de difficultés de navigation encore plus grandes que celles rencontrées à l’accès du port de Cayenne. Car si pour ce dernier port, le qualificatif de très incommode était utilisé pour les transbordements, l’accès aux embouchures des autres fleuves de la colonie en était tout autant délicat, et même plus. Ne pouvaient accéder à ces embouchures que les navires ne dépassant pas trois mètres de tirant d’eau, c’est à dire, encore moins que pour Cayenne ! Les échouages dans ces endroits de navigation, étaient fréquents ; on s’en doute, les immenses quantités de terre et de sable transportées tout particulièrement par l’Oyapoc, ajouté à ceci des vents et un courant très forts, provoquaient une incessante mouvance des fonds sous-marins, que même les géographes envoyés par la France en 1765, n’avaient pu évaluer. Un point par contre était parfaitement connu des marins, c’est que lorsque le bateau était échoué dans ces fonds de vase, la coque était aussitôt attaquée par une multitude de vers de vase…Les quelques navires qui avaient la chance de se renflouer, devaient impérativement faire halte dans les ports des Antilles pour y faire réparer les avaries.

On voit bien qu’à la lumière de ces indices, le but d’exterminer les prêtres était constamment présent dans l’esprit d’André Pomme : l’idéal pour lui, était qu’ils n’arrivent pas vivants sur la terre ferme ! Dans l’éventualité où un lecteur douterai encore des intentions du conventionnel, il doit savoir qu’une solution de débarquement à moindre péripéties existait depuis le mois d’avril 1764 : celle d’accoster en face de Kourou, dans les fameuses Îles du Diable, baptisées par la suite Îles du Salut. La pensée du conventionnel marquait de plus une volonté d’extermination massive ; et cette pensée est à peine dissimulée dans son rapport :

« Si l’on met à la tête de cette déportation, un ou deux hommes connaissant le pays et qui l’aient habité longtemps, on peut en faire partir avec les moyens indiqués, deux cents la première fois ; si ce ne sont pas des personnes au fait, ce nombre serait trop considérable et le succès plus que douteux. Trois mois après on pourrait en faire partir le double et successivement aux même époques, la même quantité ».

Les seuls bénéficiaires du pénitencier projeté, en étaient les fonctionnaires de la République, dont les émoluments, aussi fixés par Pomme, sont parlants. L’homme s’était-il projeté dans la peau du futur commandant civil et envisageait-il d’occuper lui-même la fonction ? La part du lion que Pomme réserve à cette autorité, rappelons que pour le moment l’arlésien n’a pas encore d’emploi précis, ni même de fonction élective, est pour le moins notable :

« Cette administration sera composée d’un commandant civil et militaire aux appointements de 10 000 Livres, d’un officier d’administration, garde-magasin et trésorier, aux appointements de 36 000 Livres ; d’un ou deux commis recevant 1800 Livres ; un chirurgien et son aide recevant 3 000 et 1800 Livres.

Lui-même étant toujours un petit employé du ministre de la Marine, Pomme prend la précaution de placer le projet sous l’autorité de son ministre de tutelle : « Ces divers employés doivent être à la nomination du ministre de la Marine », à qui, il assure son plus grand dévouement :

« Quant à son régime (celui du pénitencier), il est incontestable que les déportés doivent être privés de tous les droits politiques et soumis à la police la plus sévère ; le commandant de cet établissement se conformera donc aux instructions du ministre de la Marine, qui émaneront de ce principe ».

En quittant la Guyane, André Pomme sait très bien qu’il a tout perdu de l’argent que lui avait donné son père au moment de son départ. L’homme est sans le sou, et dans l’hypothèse où il caresse toujours l’éventualité d’un retour futur, on peut comprendre qu’outre le fait qu’il se voit déjà dans la peau de commissaire militaire et civil, il compte bien se servir des finances du nouvel Etat français pour devenir d’une certaine façon le plus important éleveur de la colonie. Bien sûr, il ne le dit pas implicitement, mais entre les lignes de la réponse à sa sixième interrogation « Quel est le parti qu’on peut tirer de cet établissement pour l’utilité publique », le rôle de bergers (dans le sens littéral) qu’il réserve à ses anciens confrères ou tout au moins à ceux qui seront toujours vivants, évoque bien ce que l’individu a l’intention de faire, sous couvert de l’autorité publique:

« On ne doit pas espérer que des prêtres élevés dans la mollesse, ou des moines fainéants, se livrent avec ardeur à l’agriculture, dans un pays chaud et humide, où le climat brûlant affaibli la constitution physique ; il n’y a que des gens courageux et laborieux qui puissent soutenir les travaux agraires, même modérés, sur un sol aussi prés de l’équateur.

Il est cependant très possible de faire tourner cette déportation à l’utilité publique : la nécessité pourra bien les porter à la culture ; mais elle sera bornée pour longtemps à leur besoin. Il faut donc leur présenter une branche d’industrie, qui, sans exiger beaucoup de soins, les encouragera par un succès assuré et deviendra infailliblement avantageuse à l’Etat : c’est d’en faire des pâtres. On trouve en effet dans le lieu indiqué pour la déportation, une étendue immense de savanes ou prairies naturelles, dans lesquelles on peut élever beaucoup de bestiaux qui y multiplieront considérablement et que par la suite on pourrait exporter aux Antilles. Pour cet objet qui présente certainement le plus de profits pour eux-mêmes et pour l’Etat, îles à propos de leur distribuer, à titre d’avance qu’ils remettront dans un temps déterminé, deux à trois vaches ou génisses, avec un mâle à raison de vingt femelles, une chèvre, une truie et quelques volailles chacun. On peut avoir une idée juste de la dépense qu’occasionneront ces avances en l’état ci-après. Ceux qui voudront s’adonner à la culture, auront sans peine les cotonniers, caféiers et girofliers qu’on leur procurera ».

Et l’homme d’insister lourdement sur la sage précaution que doit prendre le gouvernement : « Il faut donc éloigner de ce continent ces prêtres réfractaires, qui ne pouvant être reçus dans la métropole, doivent être déportés sur un sol étranger ». Sachant très bien que les déportés destinés à l’état d’esclavage, n’ont absolument aucune chance de survivre dans l’enfer tropical, d’entrée il prévoit dans son projet de loi, la véritable main d’œuvre qu’il va utiliser :

« On ne peut pas se dissimuler que les nouveaux débarqués dans la Guyane, ne pourront physiquement pas faire les premiers défrichés pour la plantation de leurs vivres, et qu’ils ne connaîtront point la manière de les cultiver, ni la méthode de construire leurs petits établissements. Le commandant sera donc autorisé à prendre, sur les habitations de Lafayette et autres émigrés qui ont des possessions à la Guyane, trente noirs qu’il emploiera à cet effet et qu’il remettra aussitôt qu’ils ne seront plus nécessaires ; ce qui contribuera à diminuer les frais de ce nouvel établissement.

Ces noirs et les citoyens de couleur, seront utiles pour la construction et la conduite des embarcations du pays propre à la pêche et à remonter les rivières, pour se procurer les matériaux nécessaires à l’établissement ».

L’état d’esprit du projet quelque peu chimérique de l’arlésien, n’est pas aussi sans évoquer une certaine volonté de rétablir sur place une toute nouvelle population d’esclaves blancs, qui curieusement encadrés par des noirs doivent former une nouvelle société guyanaise.

« Il sera indispensable d’adjoindre pour 100 déportés, 25 femmes1 qui seraient tirées de gré à gré des prisons et qui seraient de la plus grande utilité pour le blanchissage, le soin de leurs vêtements, pour élever les volailles et partager leur petit ménage. S'ils s'en accommodaient et qu'ils en désirassent davantage, on en ferait la demande. Ne pourrait-on pas aussi trouver dans les prisons, et en sortir de leur gré, trois boulangers, deux maçons, deux forgerons, deux charpentiers, deux menuisiers, deux scieurs de long et deux tonneliers, lesquels seraient embarqués avec les déportés, pour aller dans l’établissement projeté exercer leur métier et cela, pendant un temps proportionné à celui que devait durer leur détention : ces ouvriers, qui auraient la nourriture, entretien et paie du soldat, sont indispensables pour la formation de cet établissement ».2

André Pomme aborde alors les problèmes liés à la sécurité :

« Le maintien du bon ordre et la sûreté de cet établissement, exigent le rétablissement du poste situé jadis au Macary dont il a été parlé plus haut, la force armée nécessaire pour contenir les déportés dans la traversée et enfin les inconvénients qui pourraient résulter de la diminution de la garnison de Cayenne dans ces circonstances. Il convient d’augmenter cette garnison de deux cents hommes, qui partiraient successivement avec les déportés, qui à leur arrivée seront incorporés à cette garnison et concourront avec elle à fournir ledit détachement. La colonie de Cayenne étant totalement dépourvue d’embarcations, il est nécessaire d’affecter à l’usage de l’établissement du Macary, deux bâtiments du port d’environ vingt à vingt-cinq tonneaux pour les transports nécessaires et qui pourront être employés au service de la colonie de Cayenne, lorsque le chef de l’établissement croira n’en avoir pas besoin.

Dans son projet de déportation massive, le député tant amoureux de Liberté, d’Egalité et surtout de Fraternité, avait tout prévu, ou presque ! Y compris bien entendu tout ce qui pouvait concerner la vie au quotidien…Les indiens guyanais , les esclaves noirs, tous ces gens ayant recouvré leur liberté (tout au moins sur le papier…), sournoisement, le projet d’André Pomme prévoyait de faire du clergé français les nouveaux paysans - esclaves de la colonie française ; le député de Guyane voulait faire in finé de l’ancien clergé français de nouveaux agriculteurs, mais avouant que pour ces hommes habitués à une vie paisible, le travail de l’agriculture était beaucoup trop dur, mieux valait qu’il deviennent d’abord des éleveurs … D’ailleurs, dans la colonne des outils aratoires devant équiper ces nouveaux agriculteurs, l’habile rédacteur avait porté la mention quantité non précisée

Les futurs esclaves de la République partiraient disait-il, avec une vraie ferme ambulante… Mais vu l’esprit belliqueux des Montagnards à l’égard des religieux, c’était trop beau pour être vrai !

C’est vrai qu’à première vue, le texte de l’ancien abbé de l’Ordre de Malte apparaît quelque peu généreux, mais à y regarder de plus prés quelques erreurs ou omissions de sa part nous interpellent…  Pour la dotation de chaque déporté l’homme d’Etat avait prévu une truie, quatre volailles, une chèvre et trois vaches ! Le Montagnard était-il si peu renseigné sur les lois qui régissent la reproduction animale pur ignorer qu’une truie n’est rien sans son mâle, tout comme une chèvre ne l’est pas plus sans son bouc et une vache sans son bœuf ? Ne fallait-il pas voir dans la rédaction de cette partie du texte, une sorte de trahison du subconscient du député, lequel prévoyait ni plus ni moins de faire tout simplement périr loin des yeux, les embarrassants opposants au nouvel Etat ? 

Rien n’appartenait à cette toute nouvelle forme d’exilés politiques car il était bien précisé qu’en cas de mort, tous ces outils et dotations rentreraient au magasin.. André Pomme précise que le taux de mortalité doit être envisagé sur la base minimum de vingt pour cent; ceci est pour lui un gage de diminution de la dépense à faire, et son raisonnement est le suivant « cela diminuera la dépense, puisque ceux qui arriveront les derniers, occuperont les appartements vacants et succéderont aux morts dans le logement, ameublement et avance de bétail…

Là encore nous prenons le député en flagrant délit de mensonge. Pomme ayant vécu plus de cinq ans en Guyane, sait parfaitement que la vie y est très pénible et totalement inhospitalière. L’homme sait que les prêtres qu’il va envoyer ne supporteront pas ou très mal ces conditions de vie ; aucune étude n’ayant été faite à notre connaissance sur les premières déportations en Guyane, nous ne savons pas si la Convention a mis à exécution les idées de Pomme et en ce sens, nous ne pouvons évaluer1 en vie humaines le résultat de «son travail ».

Sur le plan ethnologique le texte du député, texte qu’il a rédigé en fonction de son vécu aux Antilles, a au moins un mérite ; il nous décrit d’abord l’habillement2 des déportés tel qu’il devait l’être au XVIII siècle… Le déporté avait une veste, une chemise et un pantalon arrivant aux genoux, la jambe et le pied étant recouverts de bas de chausses; la tête était recouverte d’un chapeau à larges bords et l’homme portait des souliers et non des sabots…Dés que l’humidité devenait trop importante, il pouvait se couvrir d’un sarrau3, sorte de vêtement en lin que portaient en France par dessus leurs autres vêtements, les ouvriers de la campagne.

1 Les seuls chiffres que nous avons vont de l’an VIII et jusqu’à Brumaire : 1657 prêtres seront condamnés par arrêtés gouvernementaux à la déportation. Probablement dans le seul but de déculpabiliser, ce nombre a été depuis revu à la baisse puisque de nos jours les autorités françaises , qui ne semblent d’ailleurs pas plus informées que nous, avouent 328 déportés prêtres et hommes politiques.

2 Le trousseau de chaque déporté contenait : un chapeau, huit chemises et autant de pantalons, six vestes et un sarrau, quatre paires de bas de chausses et quatre paires de souliers. Il semble que les vêtements étaient en lin.

3 Le sarrau est le nouveau nom d’un vêtement que l’on désignait autrefois sous le nom de rochet, vêtement en forme de surplis à manches étroites que portaient les évêques et certains ecclésiastiques !…

Ven 19 jun 2009 1 commentaire
Nous avons présenté une exposition sur le bagne de la Guyane le 6 novembre 2009: nous venons de prendre connaissance de votre blog par une amie du blog Claye Souilly découverte.je transmets ce message à mon collègue Bernard;
Cordialement
Yvette Godefroy - le 20/12/2009 à 18h18
Merci. Je peux fournir des CD de la biographie complète d'André POMME
EOLE