CAMARGUE INSOLITE
En camargue toute l'Histoire du début du Moyen -
Age, nous relie à l'Ordre du Temple, mais curieusement peu d'historiens n'en ont parlé... De leur début jusqu'à leur fin, les Templiers, ont privilégié notre région, ne serait-ce que par le
fait, que nos ports étaient les points de départs vers la Terre Sainte. De fait, les commanderies locales vont prendre au sein de l'Ordre une importance capitale; le Temple régissait tout, à
preuve, en 1260 "des coutumes sont concédées ou confirmées aux habitants d'Arles" par
Rozols de Fos, maître de la maison du Temple de Provence.
Pour être clair, le Précepteur ou Commandeur ou Maître des maisons du Temple en Provence n'était autre qu'un roi du Midi de la France, sans en porter le titre... Il exerçait son autorité non pas
seulement sur la Provence, mais sur une grande partie du midi de la France, depuis le Puy, Toulouse, les Pyrénées et au-delà, jusque vers Nice et en remontant le long du Rhône, presque jusqu'à
Lyon, en passant par Montélimar. Cette immense Baillie ou Province du Temple fut, il est vrai, subdivisée en baillies moindres, comme celles de l'Agenais et du Rouergue, mais ces baillies de
second ordre sont à peines indiquées dans le Procès.
Les derniers commandeurs de Provence, dont nous aurons souvent occasion de citer les noms dans l'énumération qui va suivre des possessions du Temple dans le midi de la France, furent :
- Ronssolin de Fos (vers 1265-1280),
- Pons de Brozet (vers 1285-1295),
- Guigue Adémar ou Aymar,
Ils étaient secondés dans leurs fonctions par des lieutenants ou vice-maîtres, parmi lesquels Humbert de Blacas, Guigue d'Adémar, qui de lieutenant devint maître, et Barrai "de Grazilhano", donné
également comme commandeur de la baillie du Temple de Saint-Gilles.
(A suivre...)
Curieusement, toute l'histoire des Templiers de Camargue repose sur les épaules du mystérieux Gérard TENQUE, le fondateur historique ou
légendaire de l'Ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Malte... Gérard TENQUE nous est présenté comme un pauvre pêcheur des Martigues... Mais nous ne sommes pas dupe, à cette époque là, on
imagine mal un homme de petite condition sociale, créer de but en blanc un Ordre de cette ampleur !
L'historien se doit donc de trouver une solution plausible quant aux origines de Gérard TENQUE...
LE MYSTERE "Gérard TENQUE" :
ARLES VILLE SECURITAIRE :
Il faut dire que sur ARLES, le Temple et pas uniquement le Temple de Provence, était chez lui et s'y sentira dans la
plus parfaite sécurité et ce trés certainement jusqu'à la fin ! Bien sûr, ce sera le cas sur la ville, mais aussi et surtout dans sa région proximale...
A peine 10 ans avant la disparition de l'Ordre, en 1296, le Grand Maître du Temple, le célébrissime Jacques de Molay, est à ARLES pour y tenir une conférence de
l'Ordre... C'est le seul grand déplacement en métropole qu'on lui connaisse...
Or il faut bien en convenir, à cette époque-là, on ne faisait pas le trajet depuis PARIS pour rien ou presque; d'où la question presque innocente : que venait faire le Grand-Maître sur ARLES
?
Il n'existe pas de documents affirmant la naissance de Gérard TENQUE à Martigues vers 1040, mais il existe des éléments
favorables. Si il n'y a aucune trace de la naissance de Gérard TENQUE à Martigues, le patronyme TENQUE est présent dans les anciens registres des baptêmes de Martigues. Il est d'origine humble,
fils de pêcheur.
La première question à se poser tiend au fait qu'il est extrémement curieux qu'un homme d'origine roturière deviennent de but en blanc le grand patron d'un organisme, à la tête duquel seuls la
Chevalerie a logiquement accés . De toute évidence le patronyme est faux? C'est un nom d'emprunt...
En fait le nom de TENQUE, est loin d'être certain... TENQUE est aussi connu sous les noms de Tum, Tune, Tenque ou encore Thom...
Tout aussi curieusement, il existe par contre un lieu géographique du nom de TENQUE. Personne n'en a jamais parlé, il s'agit du mas de Tenque en bordure de la Costière
de Crau, côté Camargue ! Ce lieu aurait trés bien pu s'appeler TUM-LIEU, TUNE-LIEU ou THOM-LIEU... Cette observation nous rapproche du TON-LIEU des archives...
Comme nous l'avons montré dans notre étude des anciens rivages de Camargue, le site du mas de TENQUE actuel se trouvait en
fait à la fin de l'époque romaine, en bordure de la côte du golfe Massaliotique; suite à la poldérisation des terres, il est aujourd'hui, en pleine CRAU, mais en bordure des
marais...
Que sait-on de cette région sur le plan historique ?
Les archives signalent le lieu en 732 "un document de cette époque fait
mention d'un important poste de douane récoltant des droits de passage dans la région, c'est "Tonlieu" près de Fos. La possession de ce Tonlieu est une importante source de
revenu" .
Un siécle plus tard, entre 820 et 850,
le poste de douane carolingien "Tonlieu" de Fos entre dans la part des biens temporels de l'abbaye de Saint Victor de Marseille. Les moines prélèvent une
taxe sur le sel et l'huile des bateaux venant d'Italie.
Le Comte Teutebert, appelé aussi Thibert, (à noter qu'il existe un village sur la commune d'Arles qui s'appelle Mas-Thibert, sur l'origine
duquel on ne sait pas grand chose) avait administré le Royaume de Provence pour le compte du roi Louis III l'Aveugle dans les années 890-908. Il appartient donc à l'aristocratie
franque installée dans les pays du Bas-Rhône à l'époque carolingienne et plus probablement à celle originaire du Viennois venu à la suite d'Hugues d'Arles qui a su s'affranchir du clan
aristocratique des Bosonides pour perpétuer son enracinement en Provence à la suite de la disparition d'Hugues et de celle de son neveu, l'archevêque d'Arles
Manassès.
En 1096 "Tonlieu" de Fos est
maintenant dans le patrimoine de la maison de Fos. Maison de Fos qui est bien connu pour avoir fourni nombre de Templiers, dont l'énigmatique Roncelin de
Fos , pour ne parler que de lui ...
L'abbaye de Saint Victor de Marseille précédent propriétaire reçoit l'exemption des droits pour ses bateaux allant au comté de St Gilles, haut-lieu local des Templiers...
A sa mort le corps de Gérard voyage... Il fut déposé le 11 juillet 1283 dans le chapelle du château de Manosque. En
1728, Martigues revendique la reconnaissance de cité natale du Bienheureux Gérard, le grand Maître de l'Ordre du moment offcialise l'origine martégale et une partie des reliques fut distribuée
entre les trois paroisses de Martigues. Un humérus est déposé en l'église de la Madelaine et des fragments de côtes dans les églises de Ferrières et Jonquières. Entre temps, l'Ordre de Malte
s'est structuré et la langue de Provence a eu la première place dans l'Ordre.
Les posséssions les plus anciennes de l'Ordre sont en Provence à Gap (Alpes)et à Saint-Gilles du Gard (Camargue).
Curieusement, il n'est jamais question de l'ampleur des possession de l'Ordre en CRAU-CAMARGUE... Pourtant, elles sont immenses, comme le montre, le simple cartulaire de Trinquetaille.
C'est sur ces bases là que commence notre enquête... Elle abouti à la conclusion que le TRESOR DES TEMPLIERS, tant recherché ne peut être qu'en CAMARGUE !