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    <title><![CDATA[CAMARGUE INSOLITE (REVOLUTION)]]></title>
    <link>http://www.camargue-insolite.com/categorie-10994485.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;REVOLUTION&quot; du blog &quot;CAMARGUE INSOLITE&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[CAMARGUE INSOLITE (REVOLUTION)]]></title>
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    <pubDate>Thu, 09 Feb 2012 01:24:57 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Thu, 09 Feb 2012 01:24:57 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.camargue-insolite.com</copyright>            <category>REVOLUTION</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[LE BAGNE DE GUYANE (1) : L'invention d'un Arlésien !]]></title>
        <link>http://www.camargue-insolite.com/article-32807042.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <strong><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><strong><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><a href=
    "http://www.camargue-insolite.com/article-32807042.html"></a><strong><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">&nbsp;Le CD complet est en vente à 10 euros
    sur le site, port compris en France métropolitaine&nbsp;<br></span></span></strong><br></span></span></strong></span></span></strong><span style="font-family: times new roman,times;"><span style=
    "font-size: 12pt;"><br>
    <br>
    Le 24 juin 1793, l’Assemblée nationale édictait <em>la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen</em>. En prenant cette décision les députés, faisaient désormais de la France, ce grand pays
    que tous les habitants de la Terre nous envient&nbsp;! Au demeurant, la France faisait encore parti de ces pays dits esclavagistes, c’est à dire de ces endroits dans lesquels l’homme qui n’était
    pas blanc, n’était rien d’autre qu’une marchandise&nbsp;! Le mot <em>«&nbsp;esclavage&nbsp;»</em> n’apparaissant pas … Etait – ce un simple oubli des élus ?…</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">La volonté manifeste de supprimer l’esclavage n’apparut officiellement que le 4 février 1794, lorsque la
    Convention Nationale décida enfin&nbsp;: «&nbsp;… <em>l’esclavage des nègres dans toutes les colonies est aboli, tous les hommes sans distinction de couleur, domiciliés dans les colonies sont
    citoyens français, et jouiront de tous les droits assurés par la Constitution&nbsp;»</em>. L’esclavage des hommes de couleur étant enfin abolie&nbsp;; une question toute aussi simple que complexe
    se posa alors dans les esprits&nbsp;de tous ces gens intéressés de prés ou de loin, par le commerce des êtres humains : par qui allait – on désormais remplacer cette main d’œuvre gratuite
    ?..</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Il se trouve, que la colonie française qui semblait le plus avoir utilisé <em>la traite négrière</em>, fut la
    Guyane. Aussi, dés 1792, les colons du lieu envoyèrent sur Paris, un délégué chargé de plaider leur cause devant les Républicains…</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Paradoxalement, cet homme a totalement échappé à la curiosité des historiens; il s’agit d’un certain André Pomme,
    un homme au passé curieux né à Arles en Provence, que je n’hésite pas à classer dans le casier des grands oubliés de l’Histoire de France … Tant il est vrai, qu’après avoir étudié sa vie pendant
    prés de cinq ans, j’avoue que j’ai encore beaucoup de mal à en parler et à plus forte raison, à coucher sur le papier les quelques indices biographiques qui ont été conservés dans les archives de
    nos bibliothèques … Et pourtant, il apparaît que cet homme qui va devenir un des plus implacables députés de la Convention, a activement collaboré avec les principaux acteurs de la Révolution
    française. De nos jours, force est de constater que rien n’a transpiré de sa vie pourtant si riche en évènements pour le moins sulfureux&nbsp;!..</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Comment avait-il pu se faire que le souvenir d’André Pomme reste ainsi enfoui pendant plus de deux siècles dans
    les recoins de notre mémoire&nbsp;collective? A quoi donc, était dû cet oubli de la collectivité et les nombreuses lacunes biographiques&nbsp;qui cernaient le personnage? Voici donc, comment à
    l’heure actuelle, on peut résumer la vie de cet homme… Invisible&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Ce n’est pas tout à fait un hasard si en effet, l’arlésien André Pomme doit être considéré comme un de ces
    «&nbsp;Oubliés de l’Histoire&nbsp;», tant il est vrai que les quarante premières années de sa longue vie, sont marquées par le sceau du secret&nbsp;!.. Le secret&nbsp;! Un domaine dans lequel
    Pomme s’est ingénié à évoluer durant toute sa vie&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Placé sous l’autorité d’un père arriviste, Pomme est devenu très tôt dans sa jeunesse (à l’âge de neuf ans) membre
    d’un ordre religieux qui semble avoir exercé en France, un véritable pouvoir occulte. Dés les premiers instants de sa vie d’abbé il rejoint en Picardie, l’ombre d’une loge maçonnique. Muté à
    Paris, à l’Enclos du Temple, il devient le principal collaborateur de l’homme qui dirigeait l’Ordre de Malte en France.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Pour une raison encore inexpliquée, mais sur laquelle planent bien entendu quelques doutes, le jeune abbé quittera
    soudainement la soutane et la France métropolitaine. Ceci au profit d’une vie laïque dans la possession française d’outre – atlantique qu’est la Guyane. Grâce aux finances paternelles et
    probablement à quelques soutiens occultes, Pomme arrive à se créer dans cette terre lointaine qu’est la <em>France Equinoxiale</em>, une sorte d’image de marque qui, lorsque la Révolution éclate,
    va le conduire de façon encore une fois, pour le moins douteuse, vers le poste de député de la Guyane à la Convention Nationale…</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Une courte mais bien remplie, carrière politique, commence alors pour cet arlésien. Encore une fois, son travail
    en tant que député va pour le moins, sentir le souffre, en ce sens que les quelques moments que le politicien jacobin passera à Paris seront employés essentiellement à édicter à ses confrères
    politiciens, des projets d’anéantissements des catholiques romains. Le but de sa venue en France apparaît rapidement évident&nbsp;: venu en métropole pour plaider la cause des esclavagistes de
    Guyane, il proposera ni plus ni moins aux futurs Conventionnels de remplacer les esclaves Noirs par les religieux français réfractaires au serment constitutionnel&nbsp;! Proche des idées de
    Maximilien de Robespierre, André Pomme est en effet l’auteur de l’unique projet de l’Histoire de France visant à déporter en Guyane, tous les ministres du culte catholique de la métropole&nbsp;!
    Son ombre planera sur la plupart des grandes affaires déchristianisatrices de la Révolution française, en France mais aussi en Belgique.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Le reste de son emploi du temps de député, Pomme le passera en missions la plupart du temps secrètes, dans les
    provinces françaises et tout particulièrement dans les environs d’Arles, capitale avec Nîmes de la Contre – Révolution, dont son royaliste de père fut l’un des meneurs les plus actifs
    …</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Puis, je montrerai qu’André Pomme est intervenu très discrètement dans la toute aussi triste <em>«&nbsp;Affaire de
    Vendée&nbsp;»,</em> ce qui lui donna l’occasion de trahir un de ses amis les plus intimes&nbsp;: le Conventionnel, Jean Baptiste Carrier&nbsp;! Le nom de Pomme ne peut être dissocié bien entendu
    des <em>bagnes flottants</em> qui ne furent rien d’autre qu’une première étape (ratée) vers la déportation…</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Ce député de Guyane qui apparaît dorénavant comme un des très discrets ténors de la Terreur, continua son œuvre
    sous Thermidor jusqu’au moment où Bonaparte, soucieux de rétablir des relations entre le Vatican et la France, remettra quasiment les prêtres dans leurs droits&nbsp;pré-révolutionnaires. Alors,
    le Concordat entre Rome et Paris va indirectement ramener André Pomme au pays natal pour une bien longue retraite, laquelle couvrira les quarante dernières années de sa vie.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Ce fut certainement son radicalisme Jacobin, qui fit de lui, un des damnés de l’Histoire&nbsp;de France. N’ayant
    pas été présent lors de la mise en accusation de Louis XVI, il ne sera pas expulsé du territoire par les royalistes de la Restauration. Mais il est vrai qu’une fois retiré dans sa ville natale,
    le député haï de ses opposants et tenu à l’écart par les quelques Jacobins arlésiens ayant survécu aux Compagnies du Soleil, sera confiné à un isolement social pour le restant de ses
    jours.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Fidèle à sa conception de la République laïque et type même de l’ecclésiastique devenu jacobin, André Pomme est
    resté un personnage inflexible durant toute sa vie&nbsp;; il apparaît que la personnalité de l’individu se caractérisait par une stricte aridité de sentiments laquelle se retrouvait dans chacun
    des actes publics ou privés de sa longue existence. Inspiré par la ligne philosophique des républicains de l’Antiquité que furent Socrate, Platon et Pythagore, André Pomme appartiendra très
    certainement au très discret cénacle maçonnique des <em>Illuminés Français</em> , notre pendant national des fameux <em>Illuminés de Bavière</em>.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Devenu au fil de la Révolution un partisan inconditionnel d’une République délivrée du joug des religieux, cet
    homme doit pourtant être considéré de nos jours, comme un des grands bâtisseurs de notre République laïque !</span></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <h3 class="western" style="text-align: center;">
    <span style="font-size: 12pt;">DE LA RELIGION A L’ATHEISME</span>
  </h3>
  <p style="page-break-after: avoid; text-align: center;">
    <b><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="text-decoration: underline;"><br>
    Le rêve guyanais d’un père&nbsp;?<br></span></span></span></b>
  </p>
  <p class="western">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <br>
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Je ne m’attarderai pas sur l’origine de la famille Pomme. Globalement, ces gens appartenaient à la grande
    bourgeoisie arlésienne. Le père d’André n’était autre que le célèbre docteur Pierre Pomme, un des médecins préférés de la famille royale&nbsp;; sa mère, Thérèse Barbaroux, descendait par son père
    d’une lignée de riches négociants locaux et par sa mère de la famille Reybaud, notaires et autres gens de loi.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Le couple verra naître trois enfants dont Jean Antoine (1751), Thérèse (1753) et enfin André en 1756. La tradition
    de l’époque, répartissait ainsi la destinée des enfants&nbsp;: l’aîné des garçons, Jean Antoine, devait devenir l’héritier, il le deviendra&nbsp;; la fille devait être «&nbsp;bien mariée&nbsp;»,
    et ce sera le cas&nbsp;. Et toujours comme la tradition l’exigeait, le cadet André, allait être un homme d’Eglise&nbsp;: et là aussi, les coutumes ancestrales s’appliquèrent … Si ce n’est que
    l’Histoire des hommes et celle de la France allait en décider autrement&nbsp;!..</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Instruit dés son plus jeune âge par les meilleurs enseignants de l’époque, puis imbibé dés les premières années de
    sa vie d’adulte, par l’esprit des philosophes républicains de l’Antiquité, il aimera toute sa vie, le Pouvoir en tant que tel&nbsp;; ainsi, quelque soit l’institution dans laquelle il évoluera,
    il y occupera les plus hautes responsabilités&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">La formation d’André Pomme, type même du <em>«&nbsp;curé jacobin&nbsp;»</em> allait, évoluer d’une stricte et très
    complète éducation catholique familiale puis personnelle, vers une conception philosophique athée, toute aussi rigide qu’intransigeante, laquelle devait l’emmener à commettre
    <em>l’impensable</em>, tout au moins pour un ancien curé, issu d’une famille proche du roi de France et profondément conservatrice … Comment l’individu en était-il arrivé –
    là&nbsp;?</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">J’observe que très tôt le thème de la Guyane, occupa certainement , une place de choix, dans l’esprit arriviste de
    cette famille provençale …</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Nous sommes en fin 1762&nbsp;; le gouvernement français dirigé par Choiseul, s’intéresse de prés à l’expansion
    économique des colonies d’Amérique et tout particulièrement à celle de la Guyane, car il se dit en France que les Jésuites, premiers colons de cette contrée, y font fortune et que grâce à cette
    colonie, ils seraient parmi les premiers pourvoyeurs de finances du Vatican&nbsp;! L’Etat français déjà à la limite de la banqueroute a besoin d’argent, et la Guyane devenue terre de grands
    profits semble bien être la terre promise&nbsp;pour bon nombre de dirigeants du royaume!</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">De toute évidence, Choiseul sait qu’une telle entreprise risque de coûter fort cher&nbsp;au gouvernement français;
    il sait aussi que pour établir une économie durable loin de la France sans que cette dernière ne soit un fardeau pour le pays, il va lui falloir la collaboration d’hommes déterminés, entièrement
    au service de la France et si possible quelque peu désintéressés ou en manque d’argent (ce qui est quelque part la même chose en matière de motivation)&nbsp;; en ce sens les religieux sont une
    aubaine pour les gouvernants.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">L’établissement et la réussite des Jésuites en Guyane, sont d’une certaine façon le fil conducteur de sa pensée.
    De toute évidence les Jésuites de Guyane, qui étaient au service entier et total du Vatican, ne lui serviraient à rien&nbsp;; il lui fallait donc trouver un Ordre prêt à se mouiller pour la
    France, qui accepte de partir dans cette contrée et donc qui d’une certaine façon accepte d’en assumer tous les risques..</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">L’Ordre de Malte lui semble tout indiqué&nbsp;! Beaucoup d’éléments favorables plaident en sa faveur&nbsp;;
    d’abord, les trois-quarts de ses chevaliers sont originaires de la noblesse française et occupent une situation prépondérante dans l’organisation de l’Ordre, ce qui est un gage non négligeable de
    confiance&nbsp;; d’autre part les expériences militaires et religieuses mais passées de l’Ordre de Malte dans les pays exotiques, lui attribuent aussi une place de choix dans le cœur du ministre.
    Un autre élément de réflexion, celui-ci concernant la surpopulation de l’île de Malte qui cherche à s’agrandir sur le plan géographique.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Tout ceci décide alors Choiseul à s’adresser en cette fin d’année 1762 au Grand Maître de l’Ordre de Malte,
    Emmanuel Pinto de Fonseca … Pour manipuler la noblesse française de l’Ordre de Malte, Choiseul a «&nbsp;sous la main&nbsp;», Etienne - François Turgot, chevalier <em>non Profés</em> de Malte,
    frère aîné d’Anne - Robert, le célèbre économiste.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Etienne François Turgot, chargé par Choiseul pour conduire l’entreprise à bon port, va mener sa mission à la ruine
    et sera responsable avec son équipe de la mort de plus de 10 000 personnes qui émigrèrent vers ce <em>«&nbsp;nouvel Eldorado&nbsp;»</em>. Nous reparlerons plus loin de cette désastreuse aventure
    qui n’eut de mérite que d’avoir rappelé au futur Conventionnel André Pomme, que l’on pouvait en se servant des régions tropicales, se débarrasser de certains hommes en mettant toute la
    responsabilité sur les situations endémiques.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Mandaté par Choiseul, Turgot s’adresse derechef au Grand Maître de l’Ordre de Malte et lui fait valoir que chaque
    partie trouvera son compte dans l’affaire&nbsp;: la France verra sa colonie se développer et l’Ordre sera assuré dit-il, d’une part de faire de sérieux profits, et d’autre part de pouvoir alléger
    la population de l’île de Malte de son encombrante population grecque, que Turgot assimile dans son discours à des «&nbsp;esclaves blancs&nbsp;»&nbsp;! Cette même pensée animera André Pomme lors
    de la rédaction de son projet de «&nbsp;transportation&nbsp;».</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Hélas pour Turgot, le grand Maître assisté il est vrai de conseillers performants, a flairé le piège&nbsp;;
    celui-ci va habillement se détourner de la proposition du gouvernement français. «&nbsp;<em>Contrairement à l’idée répandue</em>&nbsp;» dit-il, «&nbsp;<em>les Maltais n’ont nullement envie de
    s’expatrier, d’ailleurs ils ne sont pas aussi nombreux qu’on ne le dit et ils ne sauraient se fixer dans un pays inconnu d’eux et en plus ayant un climat malsain&nbsp;</em>»&nbsp;. Ceci étant, le
    représentant maltais n’a rien contre le départ de quelques familles, si bien sûr elles sont attirées par le projet français&nbsp;!.. Et pour en quelque sorte se faire pardonner, le Grand Maître
    s’engagea «&nbsp;<em>à donner à la France toutes les graines, plantes et animaux&nbsp;</em>» que souhaiteraient emporter les chefs de l’expédition française&nbsp;!.. Turgot ayant rater le coche,
    alla chercher ailleurs la population convoitée&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Dans le cadre de la migration des populations que Turgot va faire partir vers la Guyane, la Provence, va jouer un
    rôle important. Parmi les peuples étrangers qui postulèrent pour un départ dans la colonie française, les allemands furent très demandeurs d’asile.</span></span>
  </p>
  <p class="western">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">A cette époque là, un grand négociant marseillais Georges de Roux, cherchait désespérément de la main-d’œuvre pour
    son immense propriété agricole de la région&nbsp;; en secret, il caressait l’espoir de se servir d’une main-d’œuvre gratuite à laquelle il allait proposer en échange, le gîte et le couvert.
    Quelques 2 000 allemands intéressés par «&nbsp;l’aubaine&nbsp;» de la Guyane, s’entassèrent à la frontière franco-allemande de la région strasbourgeoise, et attendirent un signe clément du
    gouvernement français pour rentrer dans le pays. L’aventure était d’autant plus tentante que les dirigeants français leur avait promis de leur payer tous les frais occasionnés par le
    déplacement&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">La relation de cause à effet s’établit rapidement et de Roux fit la proposition aux gouvernants d’héberger
    quelques temps les 2 000 allemands dans sa propriété de Marseille en attendant que ces derniers partissent pour la Guyane, tout ceci en caressant le secret espoir que cette main d’œuvre gratuite
    resterait le plus longtemps possible en Provence&nbsp;!… Hélas pour lui, les allemands arrivés en Provence, se refusèrent à ce type de travail bénévole et l’entreprise tournât vite à l’échec pour
    le riche et peu scrupuleux négociant marseillais&nbsp;; deux mois plus tard les germains réussirent à quitter le sol français et partirent pour ce qu’il considéraient déjà comme un paradis
    financier.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Ce qu’il faut retenir de l’histoire, c’est que l’affaire fit grand bruit en Provence et ne laissa pas les
    populations indifférentes. Pensez donc, 2 000 allemands dans la région marseillaise&nbsp;qui parlaient d’aller faire fortune en Guyane, tous frais payés par la France ! Pierre, le père d’André
    Pomme suivait très certainement de prés <em>l’affaire de la Guyane</em>. Il était partisan de l’idée qui consistait à dire que seul un Ordre religieux pouvait venir à bout de l’entreprise
    guyanaise&nbsp;; le fait que les Jésuites soient chassés du territoire et…de ses colonies, allait le conforter dans ce raisonnement et les Jésuites étant discrédités, le seul Ordre capable de
    faire face à une telle entreprise restait toujours, le tout puissant Ordre de Malte…</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">En 1765, lorsque André entra dans sa neuvième année, et qu’il fallut déjà penser à son avenir, les Jésuites
    venaient juste d’être expulsés de France et probablement dépossédés de leurs immenses propriétés de la Guyane&nbsp;française ! Le docteur Pomme était maintenant persuadé que tôt ou tard l’Ordre
    de Malte prendrai pied en terre guyanaise en lieu et place des Jésuites. Pour lui, le devenir de son fils était alors tout tracé&nbsp;: de part ses relations privilégiées avec la famille royale,
    il allait en faire un membre <em>bien placé</em> de l’Ordre et si le moment de partir en Guyane devait un jour se présenter, André serait alors en première ligne parmi les notables de l’Ordre et
    la fortune lui serait ainsi assurée…</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Le fait est qu’André, tout comme autrefois certains de ses ancêtres entra dans les
    rangs de l’Ordre de Malte. Après avoir effectué son éducation religieuse au sein de l’un des séminaires de l’Ordre, André fut nommé chanoine à l’évêché de Noyon</span><sup><a id="sdfootnote1anc"
    class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote1anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote1sym"><sup><span style="font-size: 8pt;"><span style=
    "font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">1</span></span></span></sup></a></sup> <span style="font-family: times new roman,times;"><span style=
    "font-size: 12pt;">(Oise), diocèse dont l’évêque n’avait que quarante-trois ans mais qui, atteint d’une phtisie pulmonaire était déjà en fin de vie… André à son arrivée à Noyon trouvait donc un
    évêque doté d’une santé chancelante, qui s’absentera longuement et à plusieurs reprises de sa juridiction. Or il se trouve, que le médecin personnel de l’évêque n’était autre que Pierre Pomme;
    André avait donc une place de choix dans les relations du prélat et bénéficiait d’une confiance certaine dans son cœur.</span></span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">A partir de 1776, l’état de santé de Mgr de Broglie se détériora et sur les conseils de Pierre Pomme, il dût
    partir dans un lieu plus ensoleillé donc plus propice à une éventuelle guérison. Le Midi de la France allait donc l’accueillir mais aussitôt, lors d’une cure dans la région de Montpellier, où
    <em>«&nbsp;on l’enferma dans une étable à vaches en le bourrant de quinquina, comme le voulait la thérapie du temps&nbsp;»</em> , il devint grabataire et ne tarda pas à rendre l’âme. Revenu à
    Noyon, l’évêque y décéda le 20 septembre 1777.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">La fin agitée de l’épiscopat de Monseigneur de Broglie avait laissé beaucoup de liberté d’action à la soixantaine
    de chanoines de la cathédrale de Noyon dont faisait parti à part entière et au nom de l’Ordre de Malte, André Pomme. Ces chanoines, tous désignés par l’évêque n’étaient pas que des religieux,
    loin de là&nbsp;! Seuls une quinzaine d’entre eux, avaient prêté serment à Dieu, et Pomme à ce moment – là, n’en faisait pas parti&nbsp;! Ce Chapitre de la cathédrale de Noyon, était le siège
    d’un évêché très important ne serait-ce que par son extension géographique laquelle couvrait les vallées supérieures de l’Oise et de la Somme, ne serait-ce aussi que par la qualité des évêques
    qui s’y succédaient: tous étaient issus des plus riches et plus illustres familles du royaume de France. L’importance économique de l’évêché était colossale, les chanoines y exerçaient un pouvoir
    sans limites où tout leur était permis&nbsp;: le droit de faire payer, le droit de juger, celui de récompenser et celui de punir… Presque toujours privés de l’autorité spirituelle que
    représentait de Broglie, la dogmatique catholique y subissait certainement quelques entorses. Le fait est, que nombre de religieux mais aussi de leurs élèves, s’intéressèrent de très près aux
    nouvelles idées philosophiques…</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="page-break-after: avoid; text-align: center;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="page-break-after: avoid; text-align: center;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><b><span style="text-decoration: underline;">André Pomme et le Grand Orient de France</span></b></span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">A partir de 1774, la région de Noyon, voit se développer avec succès l’influence des idées philosophiques, et
    nombre de moines ou de prêtres, c’est à dire tous ceux qui n’avaient pas véritablement accès aux richesses de l’Eglise, rejoignirent les idées nouvelles. Les Loges maçonniques et tout
    particulièrement celles qui dépendaient du récent mais déjà très puissant Grand Orient de France, en furent les vectrices. Elles allaient avoir tout particulièrement dans cette partie du royaume,
    un succès sans cesse grandissant.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">André Pomme, jeune homme en fin d’adolescence est nourri depuis son enfance par l’ambition débordante de son
    père&nbsp;; depuis qu’il a l’âge de raisonner, il participe à la gestion des affaires de l’Eglise en ne recevant en retour que les miettes du festin. André était en train de devenir un frustré et
    avait certainement compris que ce n’était pas sa situation actuelle qui allait faire de lui un homme puissant, comme son père voulait qu’il fut&nbsp;! Les idées nouvelles qui pour être mise en
    pratique nécessiteront une révolution des mentalités, trouveront donc chez le jeune André un terrain propice pour se développer&nbsp;. Sans que l’on sache trop où et comment, Pomme va devenir
    Franc-maçon, l’homme va rejoindre&nbsp;avant de quitter Noyon, le contingent déjà conséquent, de moines et de religieux fréquentant avec assiduité les Loges locales. Faute de documents, on ne
    connaît pas le motif et le cheminement spirituel qu’a suivi André Pomme pour qu’étant diacre ou sous-diacre et donc logiquement conservateur, il aille vers une Loge d’un Grand Orient qui se
    posait déjà en réformateur de la société française.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Son entrée dans la Maçonnerie fut-elle le résultat d’une démarche spontanée ou l’homme fut -il influencé par le
    milieu de ces&nbsp;religieux dans lequel il baignait ? Dans cette interrogation, c’est probablement la seconde hypothèse qu’il faut retenir, car l’Ordre de Malte de l’époque pré-révolutionnaire
    était profondément maçonnisé, tout comme il en était de même pour nombre d’abbayes bénédictines mauristes. De façon globale on peut dire que les petits religieux étaient fortement attirés par
    cette forme de philosophie, alors appelée «&nbsp;Utopie&nbsp;», invitant à la réflexion sur une nouvelle organisation de la société et de son économie.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Cette démarche intellectuelle n’avait rien de nouveau, en ce sens qu’elle avait toujours habité l’esprit des
    hommes&nbsp;; Platon avec son ouvrage sur <em>la République et la Cité</em>, inventait déjà un idéal communautaire en identifiant les inégalités sociales comme principal obstacle à une société
    pacifique. L’élève de Socrate, proposait alors trois principes&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <ul>
    <li>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Une propriété égale distribuée à chaque famille.</span></span>
      </p>
    </li>
    <li>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">L’obligation de mener une vie frugale.</span></span>
      </p>
    </li>
    <li>
      <p style="text-align: justify;">
        <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Un système de démocratie fondé sur le mérite.</span></span>
      </p>
    </li>
  </ul>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">A la Renaissance, Thomas More, décapité pour s’être opposé aux visées anti-romaines d’Henri VIII, reprenait dans
    son roman <em>Utopia</em> les idées de Platon et dépeignait une île imaginaire sans monnaie, sans aristocratie oisive&nbsp;; mais surtout, et c’est ce qui est à retenir pour la suite de ce
    travail, More faisait allusion à la religion des Utopiens … Surprise&nbsp;! Le Dieu des catholiques n’était pas le Dieu de la société idéale&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Thomas More qui pourtant par la suite sera béatifié, faisait de ses Utopiens des
    adeptes de la religion de Mythra, une religion ô combien proscrite par Rome&nbsp;! De plus, il apparaît que les idées de réformes sociales de Saint Thomas More, présentées sous l’aspect d’un
    humanisme angélique, étaient gouvernées par l’ombre de Saint Augustin, maître à penser des ordres monastiques. Par voie de conséquences, il est évident que ces idées avaient fait leur chemin
    auprès de tous ces ordres religieux</span></span><sup><a id="sdfootnote2anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote2anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote2sym"><sup><span style=
    "font-size: 8pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">2</span></span></span></sup></a></sup> <span style=
    "font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">de la fin de l’Ancien Régime, pour qui le problème de recherche d’une vie communautaire idéale était une interrogation quasi
    quotidienne&nbsp;…</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">La mise en cause du dogmatisme religieux romain se mettait en place&nbsp;et par la suite au fil des années, il ne
    pouvait évoluer que vers une déchristianisation inéluctable&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">D’ailleurs, avec les philosophes français et
    allemands de la fin du XVIII siècle, les bases de la philosophie athée sont jetées. Georg Hegel, contemporain de la Révolution française, dépeint avec force l’aliénation de l’homme dans la
    religion&nbsp;et ses idées ont de toute évidence un écho favorable en France&nbsp;! Puisqu’un auteur anonyme écrit le très curieux document qui traite de la non moins curieuse <em>religion
    d’Ibrascha</em></span></span></span><sup><a id="sdfootnote3anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote3anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote3sym"><sup><span style=
    "font-size: 8pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">3</span></span></span></sup></a></sup><span style="font-size: 12pt;"><span style=
    "font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">. C’est à ma connaissance, le seul document de cette époque à vocation strictement athée, et si j’en parle ici, c’est que je
    pense qu’il a très certainement et de toute évidence influencé les principaux acteurs de la Terreur, ceux-là même qui voulurent déchristianniser à jamais la République
    …</span></span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Voilà très schématiquement posée l’ambiance intellectuelle dans laquelle pouvaient se mouvoir les nouveaux
    Utopiens de l’époque pré-révolutionnaire. Et puis hier comme aujourd’hui, les idées nouvelles se discutaient aussi tout simplement au quotidien. La nouvelle Utopie s’était structurée et avait
    envahie, voire bouleversé, l’existence même la pensée de nombre d’intellectuels progressistes&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">La démarche intellectuelle de l’Utopiste André Pomme
    peut aussi être analysée en se référant à celle d’un autre Maçon plus connu des biographes&nbsp;: Gilbert Romme</span></span></span><sup><a id="sdfootnote4anc" class="sdfootnoteanc" name=
    "sdfootnote4anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote4sym"><sup><span style="font-size: 8pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style=
    "font-size: 12pt;">4</span></span></span></sup></a></sup><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style=
    "font-size: 12pt;">.</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Chez Romme, l’apparition de la structure du Grand Orient de France dans la vie associative française, avait
    provoqué une sorte d’électrochoc «&nbsp;<em>…J’avais franchement subi la fascination de la</em> .<em>Franc – maçonnerie…&nbsp;»</em>…</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Le futur conventionnel évoquait ainsi les motivations fondamentales qui le
    poussèrent du dogmatisme romain que lui aussi avait épousé, vers celui de la Maçonnerie naissante &nbsp;. L’éducation religieuse qu’il avait reçu dans sa jeunesse, fut alors mise en cause dans
    ses fondements mêmes par ce qu’il appelle la nouvelle religion</span></span><sup><a id="sdfootnote5anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote5anc" href=
    "http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote5sym"><sup><span style="font-size: 8pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style=
    "font-size: 12pt;">5</span></span></span></sup></a></sup><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style=
    "font-size: 12pt;">&nbsp;:&nbsp;</span></span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; text-indent: 1.25cm;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><em>«&nbsp;Je sortis de l’Eglise de mon enfance, qui m’avait enseigné que le bien, c’était le refus de vivre… Je
    découvris alors la nouveauté que les Frères Maçons apportaient dans la vie intellectuelle de l’époque et j’étais resté enchanté et avide par cette spiritualité moins étroite…&nbsp;». Ce fut le
    moment le plus important pour mon détachement total de la Foi dans laquelle j’avais grandi, l’ultime poussée vers un monde différent, libéré des entraves d’une religiosité fière et traditionnelle
    qui interdisait tout, en imposant la crainte d'un Dieu lointain, juge implacable, et qui, tout en rassurant l'âme sur son sort futur moyennant&nbsp;l’observance des pratiques de piété,
    l’endormait pour tout ce qui touchait au monde présent et à la connaissance »....</em></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">La vivacité d’esprit et la curiosité dont fit preuve
    le jeune auvergnat, le firent remarquer par un de ces animateurs de réunions de salons qui de plus était à cette époque, un des responsables</span></span></span><sup><a id="sdfootnote6anc" class=
    "sdfootnoteanc" name="sdfootnote6anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote6sym"><sup><span style="font-size: 8pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style=
    "font-size: 12pt;">6</span></span></span></sup></a></sup> <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">du Grand Orient de France et de la très brillante Loge
    parisienne «<em>les Neufs Sœurs</em></span></span><sup><a id="sdfootnote7anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote7anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote7sym"><sup><span style=
    "font-size: 8pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">7</span></span></span></sup></a></sup><span style="font-size: 12pt;"><span style=
    "font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">&nbsp;».. C’est cet homme qui allait faire de lui un de ces nouveaux bâtisseurs, non plus de cathédrales mais de sociétés,
    Gilbert Romme devint un Franc-maçon de la filière des Encyclopédistes. Ce furent probablement aussi ces mêmes réflexions et motivations qui emmenèrent André Pomme à fréquenter l’Ordre
    Maçonnique.</span></span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">L’extrême discrétion qui existait dans la catégorie des Loges fréquentées par les petits religieux, ajoutée à
    cela, la continuité de la tradition orale, font que l’on ne conserve aucune trace de l’existence de ces groupes de réflexion. A notre connaissance, aucune des archives des nombreuses Loges
    ouvertes dans les abbayes, n’ont été reversées à la Bibliothèque Nationale comme se fut le cas de la grande majorité des autres Ateliers&nbsp;; ce n’est donc qu’au travers d’autres documents
    d’origine maçonnique, que l’on peut ainsi évoquer leurs existences.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">En ce sens, la double vie de religieux et de Franc-maçon d’André Pomme, nous intéressait au plus haut point. Le
    cheminement de cette existence, fait à pas feutrés dans un milieu pour le moins discret, voire secret, annonçait au chercheur une laborieuse quête du renseignement, et ce bien entendu dés les
    premiers instants du vécu maçonnique de l’Arlésien.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Suivant les Statuts de la Franc-maçonnerie qui entre autres fixent un âge minimum pour pouvoir entrer dans une
    Loge, on peut dire que l’homme a accompli sa démarche au plus tard alors même qu’il accomplissait son premier mandat de religieux dans l’actuel département de l’Oise auprès de l’évêque de Noyon,
    Charles de Broglie.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">A l’époque ou André Pomme était dans cette ville, il y avait effectivement une Loge maçonnique en activité qui
    avait été fondée à l’origine par les Mousquetaires à cheval de la seconde compagnie de la Garde. Le 18 novembre 1774, le Grand Orient qui est alors en pleine réorganisation des Loges, reconstitue
    la seule et unique Loge de Noyon <em>«&nbsp;l’Heureuse Rencontre de l’Union Désirée&nbsp;»</em>. La Loge en question sera installée deux ans plus tard, le 5 décembre 1776, par une autre Loge du
    Grand Orient la plus proche de Noyon, géographiquement parlant, à savoir celle de Compiègne&nbsp;: la Loge de <em>«&nbsp;Saint Germain&nbsp;».</em></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">C’est en parti la composition sociologique de cette Loge, qui nous emmène à nous interroger sur l’influence qu’à
    pu avoir l’environnement humain de Pomme sur les motivations qui l’ont fait rejoindre la Maçonnerie française. La composition sociale de la Loge <em>Saint Germain</em> de Compiègne était
    particulière en ce sens qu’elle était composée dans sa quasi totalité de membres du clergé monastique environnant. On y trouvait en effet des Bénédictins, mais aussi des moines Capucins, des
    Dominicains et des Cordeliers.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">La présence des
    Bénédictins</span></span></span><sup><a id="sdfootnote8anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote8anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote8sym"><sup><span style=
    "font-size: 8pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">8</span></span></span></sup></a></sup> <span style=
    "font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">ne nous étonne pas, vu que l’ancien Grand Maître de l’ancien Orient de Clermont était lui-même le chef spirituel de l’ordre
    monastique qu’il dirigeait depuis sa fameuse abbaye parisienne de Saint-Maur. La présence dix ans avant la Révolution, d’autres ordres monastiques dans une Loge du Grand Orient, est par contre
    beaucoup plus surprenante et pose la question très intéressante qu’il ne nous appartient pas de développer ici, de savoir, alors que l’Eglise de Rome a déjà frappé d’excommunication à plusieurs
    reprises les Francs-maçons, quelle était à la veille de la Révolution, la qualité des relations que pouvaient entretenir clergé séculier et clergé monastique&nbsp;?</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Sans pour autant pouvoir le prouver par des documents de l’époque (il n’existe pas d’archives), c’est donc très
    certainement dans une de ces deux Loges du département de l’Oise que Pomme a adopté, alors qu’il avait tout au plus vingt ans, l’idéal des Francs-maçons du Grand Orient. Peut-on dire qu’il s’agit
    là de sa première forme de rébellion contre l’autorité religieuse romaine ?</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Peu après le décès le 20 septembre 1777 de son <em>«&nbsp;protecteur&nbsp;»</em> l’évêque de Noyon, André Pomme
    est à Paris où peut-être sans le savoir, il vit les derniers moments de sa carrière religieuse. Il y est <em>Chevalier conventuel</em> de l’Ordre de Malte, et vient d’être nommé au sein du clergé
    parisien, <em>chanoine et chapelain de Sainte Marie du Temple</em>; il a 25 ans.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">C’est justement à cette époque, juste avant la fin de 1781 que l’Arlésien commence
    à être signalé comme Franc-maçon</span></span><sup><a id="sdfootnote9anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote9anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote9sym"><sup><span style=
    "font-size: 8pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">9</span></span></span></sup></a></sup><span style="font-size: 12pt;"><span style=
    "font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">. Son ascension dans l’Ordre maçonnique est fulgurante puisque l’entrée d’André dans la haute sphère maçonnique de la
    capitale, date du 18 mai 1782. Ce jour là, le jeune abbé André Pomme</span></span></span><sup><a id="sdfootnote10anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote10anc" href=
    "http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote10sym"><sup><span style="font-size: 8pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style=
    "font-size: 12pt;">10</span></span></span></sup></a></sup> <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">est élu député de sa Loge auprès des instances
    dirigeantes du Grand Orient de France.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Avant d’aborder la carrière maçonnique d’André Pomme, arrêtons-nous un moment sur l’énigmatique Ordre de Malte et
    le poids que pouvait avoir l’arlésien au sein de cette structure&nbsp;; au sujet de l’Ordre de Malte, nous n’employons pas au hasard le mot énigmatique. Les dirigeants actuels, quand on leur
    demande des renseignements sur l’activité de l’Ordre au cours de la période pré - révolutionnaire, restent totalement muets&nbsp;; il est vrai que cette époque là, fut pour l’Ordre de Malte, pour
    le moins confuse. Depuis le 12 novembre 1775, le Grand Maître de l’Ordre, était un français portant le nom prestigieux des Rohan, c’était la première fois depuis 1697 qu’un français accédait à la
    maîtrise suprême de l’Ordre&nbsp;!… Le malheureux François- Marie des Neiges, alias Emmanuel de Rohan – Polduc, en acceptant la maîtrise, ne savait pas ce qui l’attendait&nbsp;; son unique but à
    lui, était de réhabiliter la mémoire de son père qui avait été obligé de s’expatrier pour avoir trempé dans la conspiration de 1720. Ce dernier avait fui la France et s’était réfugié en Catalogne
    où il avait par la suite épousé la fille d’un grand d’Espagne. Emmanuel, devenu adulte parvint à faire réhabiliter la mémoire de son père, condamné à mort par contumace, puis fut fait Chevalier
    de Justice dans la langue de France de l’Ordre de Malte. Le vicomte de Villeneuve - Bargemont racontant son élection disait de lui, <em>il a des qualités brillantes, un nom des plus illustres,
    une noble conduite en des circonstances récentes peut-être aussi le mécontentement causé aux chevaliers par le règne de Ximénès, fixèrent les suffrages sur le bailli de Rohan, à la mort de
    celui-ci… Les langues de France, écartées du trône depuis 1697 manifestèrent leur triomphe par les fêtes les plus splendides…</em>L’attitude qu’observa Emmanuel de Rohan après le 14 juillet 1789,
    montre que l’homme était favorable au nouveau régime qui s’installait dans le pays, si bien qu’il ordonna à son ambassadeur en France ainsi qu’aux Grands Prieurs en résidence dans le Royaume, de
    ne faire aucune opposition aux lois nouvelles&nbsp;! Pourtant, le 2 novembre 1789, tous les biens de l’Ordre, considérés comme bien ecclésiastiques furent confisqués et de Rohan, collaborateur ou
    pas des nouveaux dirigeants, leur donna un quart des revenus de l’Ordre en France&nbsp;! Ce ne fut que le 31 juillet 1791 que les commanderies de Malte situées en France furent supprimées à
    l’Ordre et qu’elles devinrent Biens nationaux….</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Il se trouve que c’est sous le ministère d’Emmanuel de Rohan qu’André Pomme prit de l’envergure au sein de l’Ordre
    de Malte. De tout évidence, celui qui n’était à Noyon qu’un jeune séminariste<em>,</em> avait gravi avec rapidité, entre 1777 et 1782, nombre d’échelons de la hiérarchie de l’Ordre.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Cela signifiait en clair qu’André Pomme appartenait
    à la plus haute classe de la hiérarchie des membres de l’Ordre, très exactement il était devenu <em>Chevalier de Justice</em> et <em>Chapelain conventuel</em> et donc, que depuis son arrivée à
    Paris, il avait prononcé ses vœux de religion&nbsp;! En ce sens, il avait suivi les cours de l’université</span></span></span><sup><a id="sdfootnote11anc" class="sdfootnoteanc" name=
    "sdfootnote11anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote11sym"><sup><span style="font-size: 8pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style=
    "font-size: 12pt;">11</span></span></span></sup></a></sup> <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">de l’Ordre de Malte, laquelle rivalisait d’égal à égal
    avec les autres universités présentes sur le territoire et les titres qu’elle remettait avait la même valeur que ceux remis par les autres instances publiques. André Pomme y suivi assidûment les
    cours de théologie et de philosophie, si bien qu’il put accéder au poste clef de chapelain de l’église parisienne, Sainte Marie de l’Enclos du Temple.</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">La fonction et le lieu étaient particuliers&nbsp;; dans l’Enclos du Temple, sorte d’ambassade de Malte, le Grand
    Prieur régnait en souverain, il y avait tous les droits, organisait la police, pouvait aussi y autoriser l’exercice de tous les commerces. L’Enclos du Temple jouissait d’un privilège plus rare
    encore&nbsp;; c’était un lieu d’asile où pouvait demeurer en parfaite obscurité quiconque avait des problèmes avec la justice royale.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">André Pomme, en tant que chapelain de l’église, occupait la charge la plus importante de l’Enclos et était ni plus
    ni moins que le confesseur du Grand Prieur …. Faut-il y voir une relation de cause à effet si par la suite, aucun religieux issu de l’Ordre de Malte, ne sera frappé par un arrêté d’immigration et
    à plus forte raison, plus durement par une mesure de déportation&nbsp;?..</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Depuis 1781 en compagnie de quelques abbés, le jeune arlésien membre de la Loge des
    <em>Amis Intimes</em>, fréquente d’autres loges comme le célèbre Atelier de <em>l’Age d’Or</em></span></span><sup><a id="sdfootnote12anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote12anc" href=
    "http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote12sym"><sup><span style="font-size: 8pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style=
    "font-size: 12pt;">12</span></span></span></sup></a></sup> <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">et participe activement à la vie maçonnique parisienne.
    Le 9 décembre 1781, il présente malencontreusement sa candidature au poste d’Orateur</span></span><sup><a id="sdfootnote13anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote13anc" href=
    "http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote13sym"><sup><span style="font-size: 8pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style=
    "font-size: 12pt;">13</span></span></span></sup></a></sup> <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">de cette loge mais l’abbé Saurine, futur chef de
    l’Eglise Constitutionnelle&nbsp;de France le devancera. On ne sait trop comment est vécu ce premier échec d’André Pomme, mais quoiqu’il en soit, il a marqué l’esprit du jeune arlésien&nbsp;;
    l’avenir le prouvera puisque lorsque Saurine et Pomme vont devenir députés à la Convention, leurs positions politiques entre autres vis à vis de la religion seront totalement antagonistes. L’abbé
    Saurine, devenu curé constitutionnel prêchera pour un rapprochement de l’Etat avec les catholiques de Rome, alors que Pomme deviendra lui, un des plus violents partisans d’une sorte de mystique
    républicaine, véritable religion laïque, si toutefois ces termes peuvent être employés ensemble…</span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Dans les faits, André Pomme va surtout devenir un violent pourfendeur de prêtres, ce que ses adversaires ne lui
    pardonneront jamais&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Durant cette période de vie parisienne, il a des
    contacts avec plusieurs autres Ateliers maçonniques dont celui de <em>Saint Alphonse des Amis Parfaits de la Vertu</em>. Le 11 août 1782, alors qu’il visite la Loge de <em>la Candeur</em>,
    l’assemblée décide de faire un geste pour aider les Américains dans leur lutte pour leur indépendance et en ce sens, les Maçons présents vont se cotiser pour tenter d’armer un vaisseau de 110
    canons, qui symboliquement aurait du s’appeler <em>“ le Franc-maçon”</em>&nbsp;; mais pour diverses raisons encore mal connues</span></span></span><sup><a id="sdfootnote14anc" class=
    "sdfootnoteanc" name="sdfootnote14anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote14sym"><sup><span style="font-size: 8pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style=
    "font-size: 12pt;">14</span></span></span></sup></a></sup><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">, l’entreprise n’aboutira
    pas, André Pomme avait donné quant à lui la somme de 15 Livres.</span></span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">A ce moment précis de sa vie, l’arlésien est désormais parfaitement installé dans la vie parisienne&nbsp;; de
    toute évidence, il fréquente les meilleurs salons et donc les plus grands personnages de l’époque, et pourtant&nbsp;!..</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    &nbsp;&nbsp;
  </p>
  <div id="sdfootnote1">
    <p class="western" style="text-align: justify;">
      <a id="sdfootnote1sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote1sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote1anc">1</a> <span style="font-size: 10pt;">Et je précise que Mirabeau aimait
      à prononcer cette phrase, quand il parlait du pendant français des fameux <em>Illuminés de Bavière</em>…</span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote2">
    <p class="sdfootnote" style="text-align: justify;">
      <a id="sdfootnote2sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote2sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote2anc">2</a> De 1783 à 1789, la très célèbre Loge de <em>la Vertu
      Persécutée</em> était composée en grande majorité de négociants, d’officiers militaires, d’officiers de la Garde Suisse du palais pontifical et de membres de la noblesse provençale locale.
      Citons entre autres les nobles suivants&nbsp;: Pertuis baron de Montfaucon, le marquis de La Valette (descendant de l’ancien Grand Maître de l’Ordre de Malte), le comte de Quinson, le marquis
      de Chambrun, le marquis de Casaux, l’énigmatique comte de Raousset-Bourbon, le comte de Nicolaï, le marquis de Rognes, Gaspard de Gadagne, le Fermier Général Delage de Bellefaye.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote3">
    <p class="sdfootnote" style="text-align: justify;">
      <a id="sdfootnote3sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote3sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote3anc">3</a> Il serait très intéressant d’aller plus sur la très peu probable
      déportation du député Rovère. Le Rovère qui fut déporté avait pour prénom Louis, état-civil qui ne correspond pas avec celui du député dont l’identité exacte était&nbsp;:
      Stanislas-François-Xavier-Alexis marquis de Rovère de Fontvieille, et sur l’ascendance duquel planent de grands doutes. Il pourrait par contre s’agir d’un de ses collatéraux puisque le père
      supposé de Rovère avait pour identité Joseph-Louis della Rovère.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote4">
    <p class="sdfootnote" style="text-align: justify;">
      <a id="sdfootnote4sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote4sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote4anc">4</a> Le quartier maritime d’Arles faisait parti de l’arrondissement
      maritime de Toulon. L’administration maritime arlésienne était composée d’un sous-chef d’arrondissement (Antoine Pomme), d’un préposé des classes et de trois syndics de marins. S’étalant de
      Narbonne à Antibes, les villes portuaires de cet arrondissement étaient essentiellement chargées d’approvisionner le port de Toulon, et tout particulièrement en bois, pour ce qui concernait la
      ville d’Arles.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote5">
    <p class="sdfootnote" style="text-align: justify;">
      <a id="sdfootnote5sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote5sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote5anc">5</a> Archives nationales AF/II 144, page 4. Copie des différents
      arrêtés pris par les Représentants du Peuple près l’armée d’Italie et dans les départements maritimes de la République.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote6">
    <p class="sdfootnote" style="text-align: justify;">
      <a id="sdfootnote6sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote6sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote6anc">6</a> Ibid&nbsp;; le 12 novembre 1793.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote7">
    <p class="sdfootnote" style="text-align: justify;">
      <a id="sdfootnote7sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote7sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote7anc">7</a> A cette époque, une épidémie désola la colonie et causa la mort
      d’environ 10 000 européens (français, allemands, suisses), à qui le gouvernement français avait proposé de s’installer. La responsabilité de celui-ci, qui de toute évidence avait mal monté
      l’affaire, fut entièrement engagé. Voir à ce sujet <em>«&nbsp;La Guyane sous l’Ancien Régime&nbsp;»</em>, Jacques Michel, Editions l’Harmattan, décembre 1989.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote8">
    <p class="sdfootnote" style="text-align: justify;">
      <a id="sdfootnote8sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote8sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote8anc">8</a> Les propos de Pomme sont contredits par l’attestation de
      Lescallier, datée du 21 mars 1798. Service Historique de la Marine, lettre de Lescallier du 1 Germinal an VI.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote9">
    <p class="sdfootnote">
      <a id="sdfootnote9sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote9sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote9anc">9</a> A cette époque là, les fonctionnaires de l’Etat mélangeaient
      allègrement et sans scrupules, intérêts privés et publics). En ce sens, le cas d’André Pomme n’est pas unique&nbsp;.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote10">
    <p class="sdfootnote" style="text-align: justify;">
      <a id="sdfootnote10sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote10sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote10anc">10</a> Je pense qu’il faut comprendre Arrouary, lieu se situant
      entre la rivière Oyapock et la rivière de Pinson, territoire qui appartient aujourd’hui au Brésil.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote11">
    <p class="western" style="text-align: justify;">
      <a id="sdfootnote11sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote11sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote11anc">11</a> <span style="font-size: 10pt;">De nos jours, le village
      d’<em>Ouassa</em> s’élève sur les rives du fleuve du même nom et de son confluent le <em>Rocapa</em>.</span>
    </p>
    <p class="western" style="text-align: justify;">
      <span style="font-size: 10pt;">Après s’être développé en terre brésilienne, le fleuve <em>Ouassa</em> se jette en direction de l’Est, dans la baie de l’<em>Oyapoc</em>.</span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote12">
    <p class="sdfootnote">
      <a id="sdfootnote12sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote12sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote12anc">12</a> Depuis l’avènement de la toute jeune république, André Pomme
      s’était rapproché des instances dirigeantes de la colonie&nbsp;; il avait même été nommé Président de l’Assemblée de Guyane. En fin 1790, alors qu’il exerçait son mandat, une révolte des
      esclaves éclata, qu’il fit mâter par les militaires, avec beaucoup de violence. Le 7 janvier 1791, une missive de l’Assemblée signée de la main de Pomme, félicitait ses derniers pour leur
      efficacité…
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote13">
    <p class="sdfootnote" style="text-align: justify;">
      <a id="sdfootnote13sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote13sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote13anc">13</a> <span lang="en-GB">A.N. Col. C14/67.</span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote14">
    <p class="sdfootnote">
      <a id="sdfootnote14sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote14sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote14anc">14</a> Bagot était le concessionnaire pour la fourniture de bois
      pour la Marine.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote15">
    <p class="sdfootnote">
      <a id="sdfootnote15sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote15sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote15anc">15</a> <span lang="en-GB">A.N. Col F3/21.</span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote16">
    <p class="sdfootnote" style="text-align: justify;">
      <a id="sdfootnote16sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote16sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote16anc">16</a> <span lang="en-GB">A.N. Col C14/60.</span> Rapport du 3 mars
      1786.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote17">
    <p class="sdfootnote" style="text-align: justify;">
      <a id="sdfootnote17sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote17sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote17anc">17</a> <span style="text-decoration: underline;">Comté :</span>
      Fleuve de Guyane. Le Mahury, au sud de Cayenne devient l'Oyac lorsqu'il reçoit les eaux de la rivière du Tour-de-l'Ile puis la Comté à partir du confluent avec la rivière Orapu.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote18">
    <p class="sdfootnote" style="text-align: justify;">
      <a id="sdfootnote18sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote18sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote18anc">18</a> <span style=
      "text-decoration: underline;">Galibis&nbsp;:</span> Tribu nomade, se déplaçant tous les mois au renouvellement de la lune.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote19">
    <p class="sdfootnote" style="text-align: justify;">
      <a id="sdfootnote19sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote19sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote19anc">19</a> Le dossier de retraite du ministère de la marine invoque des
      décrets des 8 et 28 mars 1790 sans citer l’autorité dont ils émanent.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote20">
    <p class="sdfootnote">
      <a id="sdfootnote20sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote20sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote20anc">20</a> Décret du 26 février 1791.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote21">
    <p class="sdfootnote">
      <a id="sdfootnote21sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote21sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote21anc">21</a> La Compagnie de Jésus avait obtenu l’autorisation de
      s’installer en Guyane dés 1665.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote22">
    <p class="sdfootnote" style="text-align: justify;">
      <a id="sdfootnote22sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote22sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote22anc">22</a> <span style="text-decoration: underline;">Archives des
      Affaires Etrangères</span>&nbsp;: Mémoires et Documents Amérique 19. <span style="text-decoration: underline;">Archives Nationales</span>, AF II 30, Col. C14/77 et 79. <span style=
      "text-decoration: underline;">Bibliothèque Nationale</span>, mss.N.a.fr23059.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote23">
    <p class="sdfootnote" style="text-align: justify;">
      <a id="sdfootnote23sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote23sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote23anc">23</a> Le 19 janvier 1795, l’Assemblée coloniale s’adresse à la
      Convention pour lui déclarer que la colonie est en ruine depuis l’abolition de l’esclavage promulgué le 14 juin 1794.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote24">
    <p class="sdfootnote">
      <a id="sdfootnote24sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote24sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote24anc">24</a> Loi de la Législative établissant l’égalité politique des
      mulâtres.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote25">
    <p class="sdfootnote" style="text-align: justify;">
      <a id="sdfootnote25sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote25sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote25anc">25</a> C14/69. Le 7 février 1793, il insistait encore sur le danger
      que les prêtres déportés en Guyane constituerait&nbsp;: <em>parce qu’ils seraient capables d’exciter les nègres à la révolte…</em>
    </p>
  </div>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <div id="sdfootnote1">
    <p class="western" style="text-align: justify;">
      <a id="sdfootnote1sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote1sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote1anc">1</a><span style="font-size: 10pt;">L’évêque de Noyon sacré le 22 juin
      1766 était Charles de Broglie. Il. fut un client... malheureux , du docteur Pomme, le père d’André.</span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote2">
    <p>
      <span style="font-size: 14pt;"><a id="sdfootnote2sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote2sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote2anc">2</a> <span style=
      "font-size: 10pt;">D’autant qu’un des leurs, en la personne de François Rabelais, successivement moine cordelier puis bénédictin, avait sensiblement repris le même thème avec son <em>abbaye de
      Thélème</em>…</span></span>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote3">
    <p class="sdfootnote">
      <a id="sdfootnote3sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote3sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote3anc">3</a> Voir la copie en annexes.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote4">
    <p class="sdfootnote" style="text-align: justify;">
      <a id="sdfootnote4sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote4sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote4anc">4</a> <em>«&nbsp;Gilbert Romme&nbsp;»</em>, naissance et mort d’un
      révolutionnaire, Mara de Paulis, Editions Atlantica, 1998.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote5">
    <p class="sdfootnote">
      <a id="sdfootnote5sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote5sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote5anc">5</a> Où le mythe de l’avenir remplace le mythe du divin.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote6">
    <p class="sdfootnote" style="text-align: justify;">
      <a id="sdfootnote6sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote6sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote6anc">6</a> Il s’agit du Comte Stroganov qui au GODF occupa les fonctions de
      Grand Garde des Sceaux et de Grand Surveillant. Le Grand Maître étant le Duc de Chartres.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote7">
    <p class="sdfootnote" style="text-align: justify;">
      <a id="sdfootnote7sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote7sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote7anc">7</a> Cette Loge avait compté Voltaire parmi ses membres. Lorsque
      Romme y fut initié la Loge était dirigée par Lalande, célèbre savant, Parmi les hommes présents, on trouvait La Fayette, Bailly, Guillotin, Sieyès, Condorcet et Brissot.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote8">
    <p class="sdfootnote" style="text-align: justify;">
      <a id="sdfootnote8sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote8sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote8anc">8</a> La présence d’une Loge maçonnique en 1764 (signalée le 12 avril
      par le Vénérable de la Loge de Beaucaire), à l’abbaye bénédictine de Montmajour, alors qu’il n’y avait pas de Loge ouverte en Arles, est significative de l’importance qu’il faut donner à
      l’activisme maçonnique des moines de l’Ancien Régime. Voir archives départementales de l’Hérault, ancienne collection de la famille du Roure, document 1J62, page 36.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote9">
    <p class="sdfootnote">
      <a id="sdfootnote9sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote9sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote9anc">9</a> Il était à Paris avant le 9 décembre 1781.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote10">
    <p class="sdfootnote">
      <a id="sdfootnote10sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote10sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote10anc">10</a> Il porte en effet sur le document le titre d’abbé.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote11">
    <p class="sdfootnote" style="text-align: justify;">
      <a id="sdfootnote11sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote11sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote11anc">11</a> Ecole créée par le décret publié le 22 novembre 1769.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote12">
    <p class="sdfootnote" style="text-align: justify;">
      <a id="sdfootnote12sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote12sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote12anc">12</a> BNF, FM2-31 bis&nbsp;; le dossier n°1, comprenant toute la
      correspondance de la Loge jusqu’en 1803, mais ne commence qu’en 1783.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote13">
    <p class="sdfootnote" style="text-align: justify;">
      <a id="sdfootnote13sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote13sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote13anc">13</a> Il ne sera pas élu, n’obtenant que deux voix contre dix-neuf
      à <b>l’abbé Saurine</b> et une seule pour un autre abbé.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote14">
    <p class="sdfootnote" style="text-align: justify;">
      <a id="sdfootnote14sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote14sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote14anc">14</a> Cette histoire n’est peut-être qu’une simple légende. Il est
      en effet étonnant que la somme versée par Pomme pour financer la construction du bateau, soit équivalente à la capitation demandée pour être membre du Grand Chapitre Général. Lorsqu’on connaît
      les buts voulant être atteints par le Grand Chapitre Général, l’expression construire «&nbsp;le Franc-maçon&nbsp;» prend une autre signification&nbsp;: construire le vaisseau Franc-maçon c’est
      peut-être et tout simplement construire la Franc-maçonnerie française, d’autant que le bateau en question ne sera jamais construit mais que le Grand Chapitre Général, fédérateur des Rites
      pratiqués en France, le sera. Au demeurant de nos jours, le Grand Orient de France exhibe dans l’une des vitrines de son musée de la rue Cadet à Paris, la maquette de ce qui aurait du être ce
      fameux navire-symbole.
    </p>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Tue, 12 Jan 2010 05:40:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">bf0030085ac2acdc4846abe60bd21f7b</guid>
                <category>REVOLUTION</category>        <comments>http://www.camargue-insolite.com/article-32807042-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[LE BAGNE DE GUYANE (3): Déchristianniser la France]]></title>
        <link>http://www.camargue-insolite.com/article-32831875.html</link>        <description><![CDATA[<h6 class="western" style="text-align: center;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="text-decoration: underline;">Le projet déchristianisateur</span></span></span>
  </h6>
  <p class="western" style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Depuis le mois de juin 1792, la Provence, région natale d’André Pomme, et tout particulièrement le port de
    Marseille, voyait partir vers la frontière italienne de drôles de <em>«&nbsp;cargaisons&nbsp;»</em>, en ce sens qu’il ne s’agissait uniquement que d’hommes d’Eglise, prêtres ou moines ayant
    refusé de prêter le fameux Serment Constitutionnel. Tout un chacun sait, que ces gens d’Eglise, étaient soupçonnés (à raison) de comploter contre la République&nbsp;; les députés de la Convention
    alors en mission dans le Midi, considérant que les prêtres dépendaient plus du Pape que de l’Etat français, prirent la décision <em>de les renvoyer dans leur pays, l’Italie</em>. Ceux qui étaient
    originaires des villages de la rive gauche du Rhône furent évacués depuis Marseille, ceux de la rive droite le furent depuis Aigues-Mortes.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">André Pomme tout juste arrivé en métropole et qui n’est donc pas encore un député élu de la Convention, fréquente
    de toute évidence le milieu jacobin parisien, très certainement au travers d’un de ces clubs de discussion ouverts dans la capitale. Je pense plus particulièrement au club des
    <em>«&nbsp;Américains ou de Boston&nbsp;»</em>, où il aurait put acquérir son surnom de <em>«&nbsp;l’Américain&nbsp;»</em> , qu’il avait pris l’habitude d’apposer en complément de sa signature
    …</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Pour régler le problème des prêtres réfractaires à la Révolution, Pomme a alors une idée toute simple&nbsp;: il
    suggère <em>«&nbsp;de les envoyer&nbsp;»&nbsp;</em> en Guyane…</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Sur le plan strictement législatif, on sent déjà l’ombre de sa présence dans le décret promulgué par l’Assemblée,
    le 26 août 1792, qui ordonne aux prêtres réfractaires à la Constitution civile du Clergé <em>«&nbsp;de quitter la France dans les quinze jours sous peine de déportation en Guyane&nbsp;»</em>… Ce
    jour là, c’est la première fois qu’est prononcée officiellement dans l’histoire de France, la terrible expression <em>«&nbsp;déportation en Guyane&nbsp;»</em>&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Malgré l’intérêt que lui portaient les gouvernants, le jour de gloire d’André Pomme et de son funeste projet,
    n’était pas encore pour cette année là. Son travail allait rester <em>«&nbsp;dans les tiroirs&nbsp;»</em> des Jacobins encore quelques mois, puisque le projet ne fut imprimé par la commission des
    Finances qu’après 1795, c’est à dire au moment où la décision de supprimer les prêtres sera finalement adoptée par une Assemblée législative devenue encore plus radicalement athée. Son texte
    concernant le <em>«&nbsp;mode d’exécution de la déportation des prêtres à la Guyane&nbsp;</em></span></span><sup><em><a id="sdfootnote1anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote1anc" href=
    "http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote1sym"><sup><span style="font-size: 8pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style=
    "font-size: 12pt;">1</span></span></span></sup></a></em></sup><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><em>»</em> semble tellement élaboré dans le but
    d’exterminer, que par la suite la simple évocation du nom d’André Pomme provoquera la terreur puis la haine dans le milieu ecclésiastique français.</span></span>
  </p>
  <p class="western">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">L’Arlésien a-t-il conscience à ce moment là, de l’atrocité de son travail&nbsp;législatif ? Hésite-t-il un seul
    instant, ne serait-ce que dans sa démarche&nbsp;intellectuelle, lui l’ancien prêtre, lui l’Humaniste, lui qui criait haut et fort les atrocités de l’Ancien Régime ?</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Il est vrai que Pomme va utiliser un raffinement du détail à la limite du sadisme pour élaborer la mission que lui
    ont confié les responsables jacobins et si les déportations s’étaient déroulées comme prévues, la résultante aurait été un véritable massacre&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Dans un premier temps, le député de la Convention va élaborer un projet de décret en douze articles, dans lequel
    il expose l’organisation méthodique par laquelle il entend que soient exécutés les ordres prononcés par ses collègues. Puis l’ancien abbé de l’Ordre de Malte devenu maintenant l’adversaire résolu
    et inflexible de la religion catholique résume en dix questions ses interrogations sur le mode de la déportation des prêtres, questions auxquelles il va essayer d’apporter ses réponses&nbsp;en
    fonction de son vécu en Guyane mais surtout avec la volonté manifeste de plaire aux députés extrémistes qui commencent à se manifester à Paris. D’emblée, il débute ses pensées sur le projet qui
    lui est demandé, par une interrogation qui est par elle-même plus un décret d’accusation, qu’une phrase d’introduction à la réflexion&nbsp;: <em>«&nbsp;Est-ce une simple mesure de sûreté générale
    momentanée, ou une peine infligée à ceux qui sont dans le cas des décrets&nbsp;?&nbsp;»</em>. Et pour se démarquer, lui l’ancien curé, des gens dont il parle, il va utiliser une brutalité verbale
    excessive, qui n’était peut-être pas nécessaire dans cette situation&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify; text-indent: 1.25cm;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><em>«&nbsp;L’expérience n’a que trop prouvé que le plus grand nombre des individus, dont il est ici question, ont
    réellement conspiré contre la Chose Publique&nbsp;; on ne doit pas même espérer d’amendement de leur part&nbsp;; enfin, la cessation de leur déportation ne pourra avoir lieu que lorsque l’esprit
    public entièrement assis, la République parfaitement consolidée, leur nombre grandement diminué, ils ne seraient plus dangereux pour la Patrie&nbsp;».</em></span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><em>«&nbsp;Le moyen le plus efficace a donc dû être employé pour résister à leurs coups et aux efforts multipliés
    qu’ils ont constamment fait pour s’opposer au nouvel ordre des choses&nbsp;; et les lois les plus sévères, la vigilance la plus active ne pouvant atteindre les armes secrètes et perfides dont ils
    se servent, il faut nécessairement séquestrer de la société, ces hommes pervers, qui ne cessent d’y fomenter le trouble, et causent tous les désordres qui en résultent.</em></span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Il ajoutera par la suite et au moment de l’épisode Vendéen, toutes les sortes d’opposants à la politique jacobine
    dont bien entendu, les royalistes, les girondins ainsi que leurs nombreux sympathisants&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify; text-indent: 1.25cm;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><em>«&nbsp;Une autre classe d’individu doit être également déportée, d’après la loi du 10 juin&nbsp;; ceux-ci sont
    très criminels, et il est à présumer que l’heureux résultat des efforts du patriotisme, contre les rebelles de la Vendée et des départements circonvoisins, provoquera la déportation d’un assez
    grand nombre d’entre eux, soit par des jugements des tribunaux, soit par une loi particulière&nbsp;».</em></span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">L’article premier du projet de décret proposé par Pomme va donc poser les bases mêmes de la création d’un des
    premiers bagnes français en Outre-mer&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><em>«&nbsp;Tous les individus qui sont ou seront condamnés à la déportation, en exécution des lois du 15 août
    1792, 21 avril et 10 juin 1793, seront transportés à la Guyane française&nbsp;».</em></span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Empêcher les futurs déportés de communiquer avec les habitants de la Guyane est vraiment un souci majeur d’André
    Pomme. Il va en effet consacrer le quart des articles du décret à ce sujet&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">«&nbsp;<b><span style="text-decoration: underline;">Article IX</span></b>&nbsp;: <em>Vu les dangers de la
    communication, il est défendu à toute personne étrangère à l’établissement, de venir séjourner dans les limites qui lui sont prescrites par le présent décret, sans l’agrément du commandant civil
    et militaire&nbsp;».</em></span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">«&nbsp;<b><span style="text-decoration: underline;">Article X</span></b>&nbsp;: <em>Tout déporté qui sortira des
    limites fixées par le présent décret, à la nouvelle colonie, sera puni de mort&nbsp;; il est en conséquence permis à toutes personnes qui le trouvera dehors des dites limites de courir
    sus&nbsp;».</em></span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">«&nbsp;<b><span style="text-decoration: underline;">Article XI</span></b>&nbsp;: <em>Les prêtres de la colonie de
    Cayenne, qui réfractaires à la loi fondamentale, avaient été destitués de leurs fonctions et qui ont été rétablis par le commissaire civil, seront déportés sur un sol
    étranger&nbsp;».</em></span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Le jacobin arlésien développe alors sa pensée, elle est sans ambiguïté&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify; text-indent: 1.25cm;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><em>«&nbsp;Admettre comme principe que les déportés, en exécution des lois citées, sont réellement nuisibles à la
    République, il en résulte une conséquence nécessaire qu’ils seraient tout aussi dangereux, pour les colons de Cayenne et de la Guyane, s’ils n’étaient pas totalement séparés de la partie
    habitée&nbsp;; mais l’on se convaincra bientôt qu’ils causeraient la perte, du moins pour la Métropole, en y opérant très aisément la contre révolution, car la colonie est composée de 1400 à 1500
    citoyens de tout âge et de tout sexe et de 13 000 à 14 000 noirs. Le fanatisme et le respect surtout que les noirs portent jusqu’à l’idolâtrie à l’égard des prêtres, suite de l’ancien despotisme,
    avec lequel les Jésuites dirigeaient jadis les colonies, rendraient bientôt les déportés, guides suprêmes de leurs bras, et bientôt le pavillon contre révolutionnaire arboré, serait l’arrêt de
    mort de tous les patriotes&nbsp;; les citoyens de couleur eux-mêmes, ne pourraient obtenir grâce qu’en renonçant à l’exercice de leurs droits politiques. De là cette colonie qui a donné les
    preuves les plus authentiques d’attachement aux principes du gouvernement actuel, qui a adopté et prévenu même les vues bienfaisantes des législateurs français, en faveur des citoyens de couleur,
    serait bientôt victime de la pureté de ses principes, par l’arrivée de 300 ou 400 seulement de ces déportés&nbsp;».</em></span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><em>«&nbsp;L’intention même des législateurs en prononçant cette déportation dans la Guyane a été sans doute de se
    servir de la vaste étendue de ce continent qui n’est point habitée, pour isoler les déportés, de manière à ce qu’ils ne puissent ni physiquement ni moralement nuire à
    personne&nbsp;».</em></span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">L’Arlésien ayant vécu prés de cinq ans sur le territoire guyanais ne peut pas ignorer que l’endroit où il
    préconise l’envoi des déportés est un lieu terrible, par le simple fait qu’il est particulièrement invivable. Les coordonnées de l’établissement, données par Pomme, sont assez précises pour nous
    permettre de le situer&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; text-indent: 1.25cm;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><em>«&nbsp;Il est donc indispensable de fixer leur séjour dans la partie dite
    «&nbsp;le Macary&nbsp;», située à environ douze lieues des limites portugaises, quarante-six au- delà de l’Oyapock et soixante douze lieues de la ville de Cayenne, et de donner pour limites
    latérales, à cet établissement, les rivières d’Aouary et Carcevène et pour base la mer&nbsp;».</em></span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-style: normal;"><span style="font-size: 12pt;">La lieue utilisée
    par André Pomme est équivalente à 3,850 km, ce qui situe l’endroit en dehors des limites françaises actuelles, c’est à dire à 26 lieues du fleuve Oyapock</span></span><em><sup><a id=
    "sdfootnote2anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote2anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote2sym"><sup><span style="font-size: 8pt;">2</span></sup></a></sup></em><span style=
    "font-style: normal;"><span style="font-size: 12pt;">, soit sensiblement à 100 km après l’embouchure du fleuve.</span></span></span></span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">La région du <em>«&nbsp;Macary&nbsp;»</em> était la zone de la colonie située à l’Est de Cayenne et bordant
    l’actuel Brésil. La carte de 1762 figurant la région de l’Oyapoc et établie par le chevalier de Préfontaine désigne le territoire défini par Pomme par le patronyme évocateur <em>«&nbsp;le Pays
    noyé&nbsp;»,</em> sorte de delta bordé en effet au nord par l’océan atlantique, au sud par l’ancien chemin des Portugais&nbsp;; l’Est et l’Ouest du territoire délimité par les deux cours d’eau en
    question. C’était la région la moins peuplée de la Guyane française, et il y avait bien une raison à cela&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Etant proche de l’océan, <em>«&nbsp;le Pays noyé&nbsp;»</em> était comme son nom l’indique, en zone inondable. Les
    Terres basses de la Guyane sont ainsi qualifiées par le simple fait que leur altitude moyenne, ne dépasse pas la vingtaine de mètres. Cette faible dénivellation, fait que les rivières y sont
    particulièrement lentes et étalées et donc sujettes aux variations de l’océan atlantique dont les marées, deux fois par jour envahissent les rives des fleuves sur une distance de plus de quinze
    kilomètres. A la saison chaude, dans cette région de tourbières, l’évaporation est rapide et facilite la putréfaction des poissons et des débris organiques, ce qui bien entendu ne peut
    qu’engendrer un état sanitaire catastrophique. Concernant les gardes chargés de maintenir l’isolement des déportés, Pomme a trouvé une solution&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <em><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">«&nbsp;Il y avait jadis au Macary un poste formé par un détachement de la garnison de Cayenne et commandé par
    un officier&nbsp;; en le rétablissant et y joignant 20 citoyens de couleur volontaires équipés en gendarmerie nationale, et qui en auraient la paie, cette garde et une loi très répressive
    seraient suffisantes pour empêcher les déportés de se répandre dans la partie habitée&nbsp;».</span></span></em>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">L’homme est pointilleux et tout est prévu dans son projet, tout particulièrement ce que l’on appelle <em>«&nbsp;le
    nerf de la guerre&nbsp;»</em>, c’est à dire le coût de l’opération. Encore faut-il savoir que les dépenses annoncées ne sont qu’un simple rideau de fumée, destiné à donner un visage humain au
    terrible projet, car nous sommes persuadés qu’au moment où Pomme écrit ces lignes, il sait très bien que les convois n’arriverons pas entiers sur le lieu qui leur est destiné.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">L’homme justifie alors, la démarche des extrémistes de la République&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify; text-indent: 1.25cm;">
    <em><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">«&nbsp;La justice, l’humanité et l’intérêt de la Métropole imposent ici des devoirs dont la loyauté
    républicaine ne peut s’écarter&nbsp;; ces dépenses auront donc pour bases, le transport des déportés, leur logement pourvu des objets de première nécessité, médicaments, outils aratoires, le
    vêtement et la nourriture pendant deux années seulement, car on peut se dispenser de les nourrir moins de temps pour leur donner le moyen et le temps de défricher, planter, cultiver et récolter
    des vivres. Voyez l’aperçu de la dépense au tableau ci-joint.»</span></span></em>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Sans sourciller, Pomme a invoqué la Justice et l’Humanité, deux mots dont il ne doit pas très bien connaître la
    signification. Et le tableau ci-dessous, de détailler les dépenses occasionnées&nbsp;par les déportations :</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <table style="width: 356px;" border="1" cellspacing="0" cellpadding="5" frame="hsides" rules="groups" bordercolor="#008000">
    <colgroup span="1">
      <col span="1" width="249">
      <col span="1" width="87">
    </colgroup>
    <tbody>
      <tr valign="top">
        <td width="249">
          <p class="western" style="text-align: center;">
            <span style="font-size: 10pt;"><b>Nature</b></span>
          </p>
        </td>
        <td width="87">
          <p class="western" style="text-align: center;">
            <span style="font-size: 10pt;"><b>Dépense</b></span>
          </p>
        </td>
      </tr>
    </tbody>
    <tbody>
      <tr valign="top">
        <td width="249">
          <p class="western" style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;">Hôpital, magasin et casernes</span>
          </p>
        </td>
        <td width="87">
          <p class="western" style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;">36 000 L</span>
          </p>
        </td>
      </tr>
      <tr valign="top">
        <td width="249">
          <p class="western" style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;">25 maisons pour 100 hommes</span>
          </p>
        </td>
        <td width="87">
          <p class="western" style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;">25 000 L</span>
          </p>
        </td>
      </tr>
      <tr valign="top">
        <td width="249">
          <p class="western" style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;">Pirogues à naviguer</span>
          </p>
        </td>
        <td width="87">
          <p class="western" style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;">4 000 L</span>
          </p>
        </td>
      </tr>
      <tr valign="top">
        <td width="249">
          <p class="western" style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;">Approvis. Hôpital</span>
          </p>
        </td>
        <td width="87">
          <p class="western" style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;">6 089 L</span>
          </p>
        </td>
      </tr>
      <tr valign="top">
        <td width="249">
          <p class="western" style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;">Terrains défrichés pour 100 hommes</span>
          </p>
        </td>
        <td width="87">
          <p class="western" style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;">10 000 L</span>
          </p>
        </td>
      </tr>
      <tr valign="top">
        <td width="249">
          <p class="western" style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;">Habillement pour 100 hommes</span>
          </p>
        </td>
        <td width="87">
          <p class="western" style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;">16 900 L</span>
          </p>
        </td>
      </tr>
      <tr valign="top">
        <td width="249">
          <p class="western" style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;">Avance de Bestiaux pour 100 hommes</span>
          </p>
        </td>
        <td width="87">
          <p class="western" style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;">47 3000 L</span>
          </p>
        </td>
      </tr>
      <tr valign="top">
        <td width="249">
          <p class="western" style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;">Couchers et ustensiles domestiques</span>
          </p>
        </td>
        <td width="87">
          <p class="western" style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;">18 750 L</span>
          </p>
        </td>
      </tr>
      <tr valign="top">
        <td width="249">
          <p class="western" style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;">Vivres pour 100 h. pendant un an</span>
          </p>
        </td>
        <td width="87">
          <p class="western" style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;">73 050 L</span>
          </p>
        </td>
      </tr>
      <tr valign="top">
        <td width="249">
          <p class="western" style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;">Gardes, employés, ouvriers</span>
          </p>
        </td>
        <td width="87">
          <p class="western" style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;">40 000 L</span>
          </p>
        </td>
      </tr>
      <tr valign="top">
        <td width="249">
          <p class="western" style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;">Transports pour 100 h.</span>
          </p>
        </td>
        <td width="87">
          <p class="western" style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;">15 000 L</span>
          </p>
        </td>
      </tr>
      <tr valign="top">
        <td width="249">
          <p class="western" style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;">Achat de deux bâtiments de 25 à 50 tonneaux</span>
          </p>
        </td>
        <td width="87">
          <p class="western" style="text-align: justify;">
            <span style="font-size: 10pt;">30 000 L</span>
          </p>
        </td>
      </tr>
    </tbody>
    <tbody>
      <tr valign="top">
        <td width="249">
          <p class="western" style="text-align: center;">
            <span style="font-size: 10pt;"><b>Total</b></span>
          </p>
        </td>
        <td width="87">
          <p class="western" style="text-align: center;">
            <span style="font-size: 10pt;"><b>322 089 Livres</b></span>
          </p>
        </td>
      </tr>
    </tbody>
  </table>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Inutile d’épiloguer sur la notion de justice qu’avait l’Arlésien. Quant à l’humanisme déployé par le futur député,
    parlons-en&nbsp;! Il sait qu’entre 1763 et 1766, l’expérience de peuplement de la Guyane par Choiseul, fut un retentissant échec, rappelons que plus de 10 000 personnes y étaient décédées,
    décimées non pas par une épidémie, mais par un ensemble de maladies que les médecins de l’époque avaient du mal à définir. Donc à première vue le tableau qu’il donne des dépenses occasionnées
    peut paraître empreint d’une certaine notion humaniste (avance de bestiaux, défrichement des terres par les indigènes, vivres pendant une année…). A y regarder de plus prés, on peu aussi
    constater que le poste des dépenses attribué à l’hôpital est quant à lui, plus que mince&nbsp;! Dans une région aussi insalubre, Pomme donne moins de 10% au système de soins. Pourtant, tous les
    intellectuels qui s’intéressaient aux affaires du pays, avaient en mémoire le triste rapport d’un certain docteur Bajon, chirurgien à Cayenne qui écrivait déjà en 1764&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><em>«&nbsp;la maladie qui frappe les gens ici, ne peut être bien définie. Les fièvres malignes sont un mélange de
    fièvre jaune, de scorbut, de typhus, de fièvre typhoïde, mais aussi de paludisme et de dysenteries&nbsp;»</em>. Pomme sachant que son décret va conduire&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">les prêtres vers une mort inéluctable, ne serait-ce que par les risques du transport ou la région de Guyane dans
    laquelle il les envoie, a aussi décidé en toute connaissance de cause de ne pas ou presque pas leur donner d’assistance sanitaire.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">La conclusion d’André Pomme sur le chapitre de la dépense n’en est pas moins ironique:&nbsp;<em>«&nbsp;Cette
    dépense ne peut paraître exagérée, si les conditions suivantes sont bien suivies&nbsp;»</em>, et l’homme de détailler en cinq points les avantages que son système va procurer à la
    Nation&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <em><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">-1/&nbsp;«&nbsp; Le mauvais effet quoiqu’indirect que cause dans la République, la détention de ces individus,
    les inquiétudes qui en résultent et le danger continuel de l’évasion et leur course rapide vers les lieux où ils présument pouvoir fomenter avec avantage des troubles.</span></span></em>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <em><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">-2/ Les frais annuels que causent leur détention, qu’on peut évaluer à 1000Livres par tête, comparés avec ceux
    de leur déportation, pendant deux ans seulement, assurent une bonification pour le Trésor Public de plusieurs millions.</span></span></em>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <em><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">-3/ Aucune loi n’a directement prononcé jusqu’à ce jour la suppression de leur pension&nbsp;; le maximum en a
    été fixé à 1000 Livres&nbsp;; mais l’obligation de présenter des certificats de civisme et de résidence les en a directement privés, et sans doute, les corps administratifs auront suivi cette
    marche è l’égard de ceux qui n’ont pas rempli ces formalités&nbsp;; le Trésor National bénéficie donc annuellement de cette somme.</span></span></em>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <em><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">-4/ Les déportés n’étant pas privés de leurs propriétés, la République peut se rembourser sur elles&nbsp;;
    mais à l’égard de ceux qui n’ont aucun patrimoine, toutes les raisons ci-dessus ne militent pas moins en leur faveur&nbsp;; la Convention statuera sur ce mode de remboursement à l’égard des
    premiers. Quant à ceux qui seront déportés par l’effet de jugements des tribunaux, l’Etat y trouvera également l’avantage d’être déchargé des frais et des dangers de leur détention, et la
    Convention peut statuer si leurs biens supporteront les frais de leurs déportation.</span></span></em>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: times new roman,times;"><em><span style="font-size: 12pt;">-5/ Enfin, les déportés offriront en peu d’années, une ressource à la Métropole, par l’établissement d’une
    colonie qui peut devenir florissante d’après les moyens détaillés ci-après&nbsp;».</span></em></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Dans sa quatrième interrogation, le provençal soulève le problème du départ des prêtres&nbsp;: <em>«&nbsp;Quelle
    sera l’époque de leur départ&nbsp;? Quelle quantité peut-on en faire partir à la fois&nbsp;? Quelles précautions à prendre pour l’instant de leur arrivée&nbsp;?&nbsp;»</em></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Dans cette phase de réflexion, il est vrai qu’André Pomme se montre particulièrement odieux. Avec toujours son
    humanisme feint, il propose une date de départ des côtes françaises vers la fin du mois de novembre, faisant ainsi arriver les déportés dans le meilleur des cas, 45 jours plus tard, soit à la
    mi-janvier&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify; text-indent: 1.25cm;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><em><span style="font-size: 12pt;">«&nbsp;L’époque de fin novembre est nécessairement celle à préférer, parce que les déportés arriveront en
    décembre, temps où commencent les pluies, et qui est le plus favorable pour acclimater les Européens&nbsp;».</span></em></span>
  </p>
  <p class="western">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Il est vrai, et Pomme a raison de le dire, que ce moment-là de l’année correspond à une des
    «&nbsp;meilleures&nbsp;» saisons de la colonie. Bien entendu tout est relatif et le terme de bonne saison n’a pas le caractère paradisiaque auquel pourrait penser en métropole, la grande majorité
    de citoyens analphabètes de l’époque révolutionnaire.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">A l’époque où Pomme «&nbsp;travaille&nbsp;» sur son projet, il faut savoir que seuls quelques hommes connaissaient
    les épouvantables conditions climatiques de la Guyane. De ce fait, vouloir faire arriver les déportés à la «&nbsp;bonne saison&nbsp;», montrait aux incrédules que les Conventionnels, n’étaient
    pas si belliqueux que çà&nbsp;!..</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Fonctionnaire de la Marine depuis 1787, et ayant donc logiquement fréquenté les marins de Guyane, l’Arlésien n’est
    encore pas sans savoir, qu’à la mi-janvier, les déportés auront peut-être une chance de se trouver en Guyane… Mais qu’il faut plutôt tabler sur une probabilité qui ressemble à une
    certitude&nbsp;: ils seront probablement en mer&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Et les marins qui ont fréquenté les côtes guyanaises à la mi-janvier en gardent un redoutable souvenir. Du milieu
    de décembre jusqu’à la mi-février, l’alizé du Nord-Est souffle terriblement fort, il est accompagné de violentes bourrasques dés les premiers jours de janvier. Pour les gens de la Royale, cette
    époque de l’année est gravée dans leurs esprits, à tel point que les capitaines s’arrangeaient pour ne pas être obligés d’accoster le rivage avant la fin de février, époque correspondant au
    retrait de l’alizé et à une navigation infiniment plus sûre&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Ceux qui avaient affronté ces moments forts de navigation, en parlaient avec un frisson dans le dos. Le régime des
    vents conditionnait en pleine mer et on s’en doute, les modalités de la navigation.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Dés le large des côtes de la Guyane, le fort courant marin qui longe le continent Sud-américain en direction des
    Antilles, se faisait sentir&nbsp;; accoster à Cayenne où dans les autres abris de Guyane, n’était pas une affaire de plaisir et les navigateurs étaient obligés de descendre très au Sud, à la
    hauteur du pénitencier projeté par Pomme, pour se laisser entraîner par le courant et revenir sur Cayenne en se tenant impérativement, grâce à la sonde, à 12 kilomètres d’une côte aux eaux peu
    profondes et au sol recouvert de vase&nbsp;…&nbsp;La densité de l’eau, augmentant avec la profondeur et les bateaux de l’époque ayant des tirants d’eau de cinq mètres et des carènes ventrues, le
    capitaine constatait souvent, que même avec une hauteur d’eau de 14 mètres, son navire se traînait dans une eau extrêmement boueuse et peu fluide.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">«&nbsp;Se traînait&nbsp;», c’est bien le mot qui implique qu’à la saison où Pomme avait décidé de faire partir les
    convois, le voyage durait beaucoup plus que quarante-cinq jours&nbsp;; ce qui n’était pas sans impliquer une vie affreuse à bord, tout au moins pour les déportés dont la nourriture en fin de
    trajet était faite de viandes salées plus ou moins bien conservées, d’huiles ou de graisse rance et de farine gâtées…</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Dés 1765, les navigateurs avaient établi le profil type du bateau qui avait quelques chances d’accoster à Cayenne
    en ces époques de l’année tout particulièrement difficiles. C’étaient des navires du type <em>Petite Frégate</em>, calant moins de quatre mètres&nbsp;; nous étions donc en 1765, soit presque
    trente ans, avant que Pomme écrive son projet, or ce type d’embarcation n’est pas du tout spécifié dans le projet de l’ancien fonctionnaire de marine, qui par ailleurs est pourtant très fortement
    détaillé en d’autres points.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Avec ses spécifications techniques bien précises, le port de Cayenne semblait être de loin, le havre de paix le
    mieux connu des navigateurs, celui qui pouvait donc leur offrir le maximum de chance de livrer à bon port leurs cargaisons.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Seulement voilà dans l’esprit de Pomme, il n’était pas question de faire se rencontrer la population de Guyane et
    les convois de prêtres si tant est que ces derniers aient pu accoster sains et saufs. Il le dit très clairement en réponse à sa sixième interrogation&nbsp;«&nbsp;<em>Quel est le parti qu’on peut
    tirer de cet établissement pour l’utilité publique&nbsp;?</em>&nbsp;» :</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <em><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">«&nbsp;Le ministre de la Marine, par sa lettre du 25 mai dernier, instruit la Convention nationale que le
    ci-devant commissaire civil, envoyé à Cayenne a rétabli dans les fonctions curiales, quatre ou cinq prêtres qui avaient été destitués après leurs refus de se soumettre à la loi fermentale&nbsp;:
    l’assemblée coloniale de Cayenne, organisée d’après le décret du 4 avril, dénonce pareillement à la Convention, la conduite dudit commissaire Guillot&nbsp;».</span></span></em>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">On constate qu’au passage, Pomme en profite pour régler le compte de Frédéric Guillot qui avait déclaré son
    élection «&nbsp;nulle et illégale&nbsp;», puis c’est le tour des Jésuites de Guyane, qui sont restés les véritables maîtres de la région&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify; text-indent: 1.25cm;">
    <em><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">«&nbsp;Le ministre de la Marine invite la Convention, l’Assemblée coloniale, ainsi que moi, la supplie pour le
    salut de cette colonie, d’écarter ces prêtres réfractaires et du nouvel établissement de déportation et de la colonie elle-même&nbsp;; ils ne peuvent en effet être que très
    dangereux&nbsp;:</span></span></em>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <em><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">A<b>/</b> Par les connaissances locales qu’ils ont acquise, en remplissant les fonctions de missionnaires de
    quelques indigènes qui sont répandus çà et là sur le territoire de la colonie projetée.</span></span></em>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <em><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">B<b>&nbsp;/</b> Par les intelligences qu’ils pourraient procurer aux nouveaux déportés avec les habitants
    aristocrates de la colonie, qui se sont fait une gloire de les protéger, de les héberger et qui pourraient parvenir à dissoudre la colonie elle-même.</span></span></em>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <em><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Ces prêtres réfractaires ont trouvé, dans le commissaire civil Guillot, un rémunérateur de leur rébellion à la
    loi, puisqu’il leur a fait payer, par le Trésor Public, les émoluments dont ils avaient été privés depuis le jour de leur destitution, jusqu’à celui de leur réinstallation, qu’il n’a pu effectuer
    totalement, qu’en plaçant un prêtre sermenté et patriote&nbsp;».</span></span></em>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Fort de ces constatations, André Pomme insistait pour ne pas faire débarquer les prêtres déportés à Cayenne, ville
    où siège la grande majorité de la population. Alors, que proposa-t -il&nbsp;?</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify; text-indent: 1.25cm;">
    <em><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">«&nbsp;Dans tous les cas, il convient toujours de les faire arriver à Oyapock, qui est la première rivière
    habitée, parce qu’il y a là un poste et des bâtiments nationaux qui, avec quelques légères réparations, peuvent les recevoir, ainsi que les provisions qui les suivront, jusqu’à ce que leur
    logement soit préparé sur le nouvel établissement&nbsp;»</span></span></em>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Le bougre d’arlésien, dévoile alors à ses lecteurs, qu’il connaît parfaitement bien les conditions de navigation,
    mais aussi la géographie et les densités de population de la région :</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify; text-indent: 1.25cm;">
    <em><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">«&nbsp;la saison indiquée pour leur arrivée, est encore celle où les vents sont propices pour remonter la côte
    jusqu’à Macary, lieu de leur destination&nbsp;».</span></span></em>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">En effet, venant depuis le Nord-nord-est, dans le sens de l’alizé, l’Oyapoc est bien la première embouchure que
    les navigateurs rencontrent sur bâbord., et Macary était bien la plus proche zone que les français avait habité, sous entendu la moins habitée&nbsp;! A tel point, que Macary ne figure sur aucun
    des états de recensement de la population établi jusqu’alors&nbsp;et dont le dernier, établi par les administrateurs date de 1789; l’ancien poste de surveillance, ultime vestige de l’occupant
    français, était abandonné&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Qu’en était-il alors, de l’accès à l’embouchure de l’<em>Oyapoc</em>&nbsp;? Les renseignements que nous avons pu
    recueillir font état de difficultés de navigation encore plus grandes que celles rencontrées à l’accès du port de Cayenne. Car si pour ce dernier port, le qualificatif de <em>très incommode</em>
    était utilisé pour les transbordements, l’accès aux embouchures des autres fleuves de la colonie en était tout autant délicat, et même plus. Ne pouvaient accéder à ces embouchures que les navires
    ne dépassant pas trois mètres de tirant d’eau, c’est à dire, encore moins que pour Cayenne&nbsp;! Les échouages dans ces endroits de navigation, étaient fréquents&nbsp;; on s’en doute, les
    immenses quantités de terre et de sable transportées tout particulièrement par l’Oyapoc, ajouté à ceci des vents et un courant très forts, provoquaient une incessante mouvance des fonds
    sous-marins, que même les géographes envoyés par la France en 1765, n’avaient pu évaluer. Un point par contre était parfaitement connu des marins, c’est que lorsque le bateau était échoué dans
    ces fonds de vase, la coque était aussitôt attaquée par une multitude de vers de vase…Les quelques navires qui avaient la chance de se renflouer, devaient impérativement faire halte dans les
    ports des Antilles pour y faire réparer les avaries.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">On voit bien qu’à la lumière de ces indices, le but d’exterminer les prêtres était constamment présent dans
    l’esprit d’André Pomme&nbsp;: l’idéal pour lui, était qu’ils n’arrivent pas vivants sur la terre ferme&nbsp;! Dans l’éventualité où un lecteur douterai encore des intentions du conventionnel, il
    doit savoir qu’une solution de débarquement à moindre péripéties existait&nbsp;depuis le mois d’avril 1764 : celle d’accoster en face de Kourou, dans les fameuses <em>Îles du Diable</em>,
    baptisées par la suite <em>Îles</em> <em>du Salut</em>. La pensée du conventionnel marquait de plus une volonté d’extermination massive&nbsp;; et cette pensée est à peine dissimulée dans son
    rapport&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <em><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">«&nbsp;Si l’on met à la tête de cette déportation, un ou deux hommes connaissant le pays et qui l’aient habité
    longtemps, on peut en faire partir avec les moyens indiqués, deux cents la première fois&nbsp;; si ce ne sont pas des personnes au fait, ce nombre serait trop considérable et le succès plus que
    douteux. Trois mois après on pourrait en faire partir le double et successivement aux même époques, la même quantité&nbsp;».</span></span></em>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Les seuls bénéficiaires du pénitencier projeté, en étaient les fonctionnaires de la République, dont les
    émoluments, aussi fixés par Pomme, sont parlants. L’homme s’était-il projeté dans la peau du futur commandant civil et envisageait-il d’occuper lui-même la fonction&nbsp;? La part du lion que
    Pomme réserve à cette autorité, rappelons que pour le moment l’arlésien n’a pas encore d’emploi précis, ni même de fonction élective, est pour le moins notable&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p style="text-indent: 1.25cm;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><em><span style="font-size: 12pt;">«&nbsp;Cette administration sera composée d’un commandant civil et militaire aux appointements de 10 000
    Livres, d’un officier d’administration, garde-magasin et trésorier, aux appointements de 36 000 Livres&nbsp;; d’un ou deux commis recevant 1800 Livres&nbsp;; un chirurgien et son aide recevant 3
    000 et 1800 Livres.</span></em></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Lui-même étant toujours un petit employé du ministre de la Marine, Pomme prend la précaution de placer le projet
    sous l’autorité de son ministre de tutelle&nbsp;: <em>«&nbsp;Ces divers employés doivent être à la nomination du ministre de la Marine&nbsp;»</em>, à qui, il assure son plus grand
    dévouement&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify; text-indent: 1.25cm;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><em>«&nbsp;Quant à son régime</em> (celui du pénitencier)<em>, il est incontestable que les déportés doivent être
    privés de tous les droits politiques et soumis à la police la plus sévère&nbsp;; le commandant de cet établissement se conformera donc aux instructions du ministre de la Marine, qui émaneront de
    ce principe&nbsp;».</em></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">En quittant la Guyane, André Pomme sait très bien qu’il a tout perdu de l’argent que lui avait donné son père au
    moment de son départ. L’homme est sans le sou, et dans l’hypothèse où il caresse toujours l’éventualité d’un retour futur, on peut comprendre qu’outre le fait qu’il se voit déjà dans la peau de
    commissaire militaire et civil, il compte bien se servir des finances du nouvel Etat français pour devenir d’une certaine façon le plus important éleveur de la colonie. Bien sûr, il ne le dit pas
    implicitement, mais entre les lignes de la réponse à sa sixième interrogation «&nbsp;<em>Quel est le parti qu’on peut tirer de cet établissement pour l’utilité publique&nbsp;»</em>, le rôle de
    bergers (dans le sens littéral) qu’il réserve à ses anciens confrères ou tout au moins à ceux qui seront toujours vivants, évoque bien ce que l’individu a l’intention de faire, sous couvert de
    l’autorité publique:</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify; text-indent: 1.25cm;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><em>«&nbsp;On ne doit pas espérer que des prêtres élevés dans la mollesse, ou des moines fainéants, se livrent
    avec ardeur à l’agriculture, dans un pays chaud et humide, où le climat brûlant affaibli la constitution physique&nbsp;; il n’y a que des gens courageux et laborieux qui puissent soutenir les
    travaux agraires, même modérés, sur un sol aussi prés de l’équateur.</em></span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><em>Il est cependant très possible de faire tourner cette déportation à l’utilité publique&nbsp;: la nécessité
    pourra bien les porter à la culture&nbsp;; mais elle sera bornée pour longtemps à leur besoin. Il faut donc leur présenter une branche d’industrie, qui, sans exiger beaucoup de soins, les
    encouragera par un succès assuré et deviendra infailliblement avantageuse à l’Etat&nbsp;: c’est d’en faire des pâtres. On trouve en effet dans le lieu indiqué pour la déportation, une étendue
    immense de savanes ou prairies naturelles, dans lesquelles on peut élever beaucoup de bestiaux qui y multiplieront considérablement et que par la suite on pourrait exporter aux Antilles. Pour cet
    objet qui présente certainement le plus de profits pour eux-mêmes et pour l’Etat, îles à propos de leur distribuer, à titre d’avance qu’ils remettront dans un temps déterminé, deux à trois vaches
    ou génisses, avec un mâle à raison de vingt femelles, une chèvre, une truie et quelques volailles chacun. On peut avoir une idée juste de la dépense qu’occasionneront ces avances en l’état
    ci-après. Ceux qui voudront s’adonner à la culture, auront sans peine les cotonniers, caféiers et girofliers qu’on leur procurera&nbsp;».</em></span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Et l’homme d’insister lourdement sur la sage précaution que doit prendre le gouvernement&nbsp;: <em>«&nbsp;Il faut
    donc éloigner de ce continent ces prêtres réfractaires, qui ne pouvant être reçus dans la métropole, doivent être déportés sur un sol étranger&nbsp;».</em> Sachant très bien que les déportés
    destinés à l’état d’esclavage, n’ont absolument aucune chance de survivre dans l’enfer tropical, d’entrée il prévoit dans son projet de loi, la véritable main d’œuvre qu’il va
    utiliser&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify; text-indent: 1.25cm;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><em>«&nbsp;On ne peut pas se dissimuler que les nouveaux débarqués dans la Guyane, ne pourront physiquement pas
    faire les premiers défrichés pour la plantation de leurs vivres, et qu’ils ne connaîtront point la manière de les cultiver, ni la méthode de construire leurs petits établissements. Le commandant
    sera donc autorisé à prendre, sur les habitations de Lafayette et autres émigrés qui ont des possessions à la Guyane, trente noirs qu’il emploiera à cet effet et qu’il remettra aussitôt qu’ils ne
    seront plus nécessaires&nbsp;; ce qui contribuera à diminuer les frais de ce nouvel établissement.</em></span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><em>Ces noirs et les citoyens de couleur, seront utiles pour la construction et la conduite des embarcations du
    pays propre à la pêche et à remonter les rivières, pour se procurer les matériaux nécessaires à l’établissement&nbsp;».</em></span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">L’état d’esprit du projet quelque peu chimérique de l’arlésien, n’est pas aussi sans évoquer une certaine volonté
    de rétablir sur place une toute nouvelle population d’esclaves blancs, qui curieusement encadrés par des noirs doivent former une nouvelle société guyanaise.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify; text-indent: 1.25cm;">
    <em><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">«&nbsp;Il sera indispensable d’adjoindre pour 100 déportés, 25 femmes</span></span></em><sup><em><a id=
    "sdfootnote1anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote1anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote1sym"><sup><span style="font-size: 8pt;"><span style=
    "font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">1</span></span></span></sup></a></em></sup> <span style="font-family: times new roman,times;"><span style=
    "font-size: 12pt;"><em>qui seraient tirées de gré à gré des prisons et qui seraient de la plus grande utilité pour le blanchissage, le soin de leurs vêtements, pour élever les volailles et
    partager leur petit ménage. S'ils s'en accommodaient et qu'ils en désirassent davantage, on en ferait la demande. Ne pourrait-on pas aussi trouver dans les prisons, et en sortir de leur gré,
    trois boulangers, deux maçons, deux forgerons, deux charpentiers, deux menuisiers, deux scieurs de long et deux tonneliers, lesquels seraient embarqués avec les déportés, pour aller dans
    l’établissement projeté exercer leur métier et cela, pendant un temps proportionné à celui que devait durer leur détention&nbsp;: ces ouvriers, qui auraient la nourriture, entretien et paie du
    soldat, sont indispensables pour la formation de cet établissement&nbsp;».</em></span></span><sup><em><a id="sdfootnote2anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote2anc" href=
    "http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote2sym"><sup><span style="font-size: 8pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style=
    "font-size: 12pt;">2</span></span></span></sup></a></em></sup>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">André Pomme aborde alors les problèmes liés à la sécurité&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify; text-indent: 1.25cm;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><em>«&nbsp;Le maintien du bon ordre et la sûreté de cet établissement, exigent le rétablissement du poste situé
    jadis au Macary dont il a été parlé plus haut, la force armée nécessaire pour contenir les déportés dans la traversée et enfin les inconvénients qui pourraient résulter de la diminution de la
    garnison de Cayenne dans ces circonstances. Il convient d’augmenter cette garnison de deux cents hommes, qui partiraient successivement avec les déportés, qui à leur arrivée seront incorporés à
    cette garnison et concourront avec elle à fournir ledit détachement. La colonie de Cayenne étant totalement dépourvue d’embarcations, il est nécessaire d’affecter à l’usage de l’établissement du
    Macary, deux bâtiments du port d’environ vingt à vingt-cinq tonneaux pour les transports nécessaires et qui pourront être employés au service de la colonie de Cayenne, lorsque le chef de
    l’établissement croira n’en avoir pas besoin.</em></span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Dans son projet de déportation massive, le député tant amoureux de Liberté, d’Egalité et surtout de Fraternité,
    avait tout prévu, ou presque&nbsp;! Y compris bien entendu tout ce qui pouvait concerner la vie au quotidien…Les indiens guyanais , les esclaves noirs, tous ces gens ayant recouvré leur liberté
    (tout au moins sur le papier…), sournoisement, le projet d’André Pomme prévoyait de faire du clergé français les nouveaux paysans - esclaves de la colonie française&nbsp;; le député de Guyane
    voulait faire <em>in finé</em> de l’ancien clergé français de nouveaux agriculteurs, mais avouant que pour ces hommes habitués à une vie paisible, le travail de l’agriculture était beaucoup trop
    dur, mieux valait qu’il deviennent d’abord des éleveurs … D’ailleurs, dans la colonne des outils aratoires devant équiper ces nouveaux agriculteurs, l’habile rédacteur avait porté la mention
    <em>quantité non précisée</em>…</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Les futurs esclaves de la République partiraient disait-il, avec une vraie ferme ambulante… Mais vu l’esprit
    belliqueux des Montagnards à l’égard des religieux, c’était trop beau pour être vrai&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">C’est vrai qu’à première vue, le texte de l’ancien abbé de l’Ordre de Malte apparaît quelque peu généreux, mais à
    y regarder de plus prés quelques erreurs ou omissions de sa part nous interpellent…&nbsp; Pour la dotation de chaque déporté l’homme d’Etat avait prévu une truie, quatre volailles, une chèvre et
    trois vaches&nbsp;! Le Montagnard était-il si peu renseigné sur les lois qui régissent la reproduction animale pur ignorer qu’une truie n’est rien sans son mâle, tout comme une chèvre ne l’est
    pas plus sans son bouc et une vache sans son bœuf&nbsp;? Ne fallait-il pas voir dans la rédaction de cette partie du texte, une sorte de trahison du subconscient du député, lequel prévoyait ni
    plus ni moins de faire tout simplement périr loin des yeux, les embarrassants opposants au nouvel Etat&nbsp;?</span></span>&nbsp;
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    <span style="font-style: normal;">Rien n’appartenait à cette toute nouvelle forme d’exilés politiques car il était bien précisé qu’en cas de mort</span>, tous ces outils et dotations rentreraient
    au magasin.. André Pomme précise que le taux de mortalité doit être envisagé sur la base minimum de vingt pour cent; ceci est pour lui un gage de diminution de la dépense à faire, et son
    raisonnement est le suivant&nbsp;«&nbsp;<em>cela diminuera la dépense, puisque ceux qui arriveront les derniers, occuperont les appartements vacants et succéderont aux morts dans le logement,
    ameublement et avance de bétail…</em>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    Là encore nous prenons le député en flagrant délit de mensonge. Pomme ayant vécu plus de cinq ans en Guyane, sait parfaitement que la vie y est très pénible et totalement inhospitalière. L’homme
    sait que les prêtres qu’il va envoyer ne supporteront pas ou très mal ces conditions de vie&nbsp;; aucune étude n’ayant été faite à notre connaissance sur les premières déportations en Guyane,
    nous ne savons pas si la Convention a mis à exécution les idées de Pomme et en ce sens, nous ne pouvons évaluer<sup><a id="sdfootnote1anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote1anc" href=
    "http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote1sym"><sup><span style="font-size: 8pt;">1</span></sup></a></sup> en vie humaines le résultat de <em>«son travail&nbsp;»</em>.
  </p>
  <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify">
    Sur le plan ethnologique le texte du député, texte qu’il a rédigé en fonction de son vécu aux Antilles, a au moins un mérite&nbsp;; il nous décrit d’abord l’habillement<sup><a id="sdfootnote2anc"
    class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote2anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote2sym"><sup><span style="font-size: 8pt;">2</span></sup></a></sup> des déportés tel qu’il devait
    l’être au XVIII siècle… Le déporté avait une veste, une chemise et un pantalon&nbsp;arrivant aux genoux, la jambe et le pied étant recouverts de bas de chausses; la tête était recouverte d’un
    chapeau à larges bords et l’homme portait des souliers et non des sabots…Dés que l’humidité devenait trop importante, il pouvait se couvrir d’un sarrau<sup><a id="sdfootnote3anc" class=
    "sdfootnoteanc" name="sdfootnote3anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote3sym"><sup><span style="font-size: 8pt;">3</span></sup></a></sup>, sorte de vêtement en lin que portaient
    en France par dessus leurs autres vêtements, les ouvriers de la campagne.
  </p>
  <div id="sdfootnote1">
    <p class="sdfootnote" align="justify">
      <a id="sdfootnote1sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote1sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote1anc">1</a> Les seuls chiffres que nous avons vont de l’an VIII et jusqu’à
      Brumaire&nbsp;: 1657 prêtres seront condamnés par arrêtés gouvernementaux à la déportation. Probablement dans le seul but de déculpabiliser, ce nombre a été depuis revu à la baisse puisque de
      nos jours les autorités françaises , qui ne semblent d’ailleurs pas plus informées que nous, avouent 328 déportés prêtres et hommes politiques.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote2">
    <p class="sdfootnote" align="justify">
      <a id="sdfootnote2sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote2sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote2anc">2</a> Le trousseau de chaque déporté contenait&nbsp;: un chapeau, huit
      chemises et autant de pantalons, six vestes et un sarrau, quatre paires de bas de chausses et quatre paires de souliers. Il semble que les vêtements étaient en lin.
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote3">
    <p class="sdfootnote" align="justify">
      <a id="sdfootnote3sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote3sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote3anc">3</a> Le sarrau est le nouveau nom d’un vêtement que l’on désignait
      autrefois sous le nom de <em>rochet,</em> vêtement en forme de surplis à manches étroites que portaient les évêques et certains ecclésiastiques&nbsp;!…
    </p>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Fri, 19 Jun 2009 07:44:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">07071c6b22a2b222c01f128fbf18861b</guid>
                <category>REVOLUTION</category>        <comments>http://www.camargue-insolite.com/article-32831875-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[LE BAGNE DE GUYANE (2) : Objectif venger les Templiers ?]]></title>
        <link>http://www.camargue-insolite.com/article-32831565.html</link>        <description><![CDATA[<h3 class="western" style="text-align: center;">
    ANDRE POMME EN GUYANE
  </h3>
  <h6 class="western" style="text-align: center;">
    <span style="text-decoration: underline;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Une mystérieuse mise à l’écart</span></span></span>
  </h6>
  <p style="page-break-after: avoid; text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Le moins que l’on puisse dire du départ du territoire métropolitain d’André Pomme, c’est qu’il fut précipité… Si
    ses biographes du siècle dernier, ont présenté ce départ comme un attrait pour les terres lointaines et éventuellement comme un moyen de faire fortune <em>«&nbsp;dans la culture des
    épices&nbsp;»</em>, il est bien évident qu’à la lumière de notre travail, on ne peut plus partager leurs points de vue de la même façon …. Non, André Pomme n’est pas parti en Guyane en simple
    coup de vent&nbsp;; non, cet homme quoiqu’on en dise ne fut pas attiré que par la très hypothétique richesse que l’on pouvait tirer de ces terres lointaines&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">C’est l’évidence même, André Pomme fut exilé de France, parce que probablement mêlé à une affaire d’Etat et en
    l’occurrence, à celle de l’affaire du <em>Collier de la Reine</em> … Et c’est vraisemblablement pour cette raison qu’il fut mis diplomatiquement à l’index de l’Ordre de Malte et qu’il fut obligé
    de <em>«&nbsp;quitter la soutane&nbsp;».</em></span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Car en fait, on ne peut ignorer le rôle probable qu’a pu jouer la Maçonnerie Française dans cette affaire&nbsp;;
    André Pomme évoluant au sommet des deux organismes qu’étaient <em>l’Ordre de Malte</em> et <em>le Grand Chapitre Général du Grand Orient de France</em>, organisations travaillant de toute
    évidence à l’encontre de l’autorité royale, a obligatoirement été pour le moins, inquiété par les services spéciaux de Louis XVI&nbsp;! S’il n’apparaît pas au tout premier plan de cette fameuse
    affaire, il le doit simplement à la probable intervention de son père qui était nous l’avons vu un des médecins les plus prisés de la Cour et tout particulièrement de la Reine …</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">De toute évidence André Pomme avait comploté à l’encontre du Roi, d’autant que les modérés de la Maçonnerie, peu
    favorables à un changement de Régime, avaient déjà pressenti à cette époque, soit un possible renversement du trône, soit pour les plus pessimistes, le phénomène révolutionnaire, qui comme le
    disait leur chef de file Mirabeau, lequel en l’occurrence était aussi un agent secret de Louis XVI … <em>«&nbsp;S’il existe des hommes tels, un danger imminent nous menace</em><sup><em><a id=
    "sdfootnote1anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote1anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote1sym"><sup><span style=
    "font-size: 8pt;">1</span></sup></a></em></sup><em>&nbsp;»…</em></span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">En 1786, André Pomme a donc été poliment écarté de Paris&nbsp;et du territoire métropolitain! Pour éviter que le
    scandale éclabousse la famille, son père, encore lui, a négocié son départ avec les autorités de Sa Majesté et a avancé à son fils cadet, un joli petit pécule de 6 000 Livres, pour lui permettre
    d’acheter des terres, ailleurs qu’en France, naturellement …</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">André Pomme dont tous les efforts maçonniques des années précédentes avaient été axés sur l’élaboration d’une
    véritable machine de guerre savait, que plus ou moins dans l’avenir, qu’il allait être coupé de ses Frères Maçons du <em>Rite Ecossais Philosophique</em>. Or, il n’était pas question pour ce
    futur chef de guerre de couper le cordon ombilical qui le reliait à un système si péniblement mis en place, il eut alors l’idée d’utiliser les services de son frère aîné.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Jean - Antoine Pomme se fit alors lui aussi Maçon et sur les conseils très avisés de son frère il opta mais ce
    n’était pas un hasard pour… Le <em>Rite Ecossais Philosophique</em> pratiqué par la Loge de la <em>Vertu Persécutée</em> d’Avignon&nbsp;! …</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <h6 class="western" style="text-align: center;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="text-decoration: underline;">Un impératif&nbsp;: garder le lien avec la
    métropole</span></span></span>
  </h6>
  <p class="western" style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Frère aîné d’André, Jean - Antoine était né le 19 octobre 1751 en Arles. Personnage ambigu, pur fruit issu de la
    petite bourgeoisie provençale, il n’aurait rien été de bon sans les aides assidues de son père, médecin à la Cour puis celle de son frère cadet lorsque ce dernier devint Représentant du
    Peuple.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Entré dans la Marine militaire à Toulon comme <em>élève surnuméraire</em>, à l’âge de vingt ans et ce uniquement
    grâce aux relations bien placées de son père, il est affecté au service des <em>«&nbsp; recettes, dépenses et arrangements des bois&nbsp;»</em>. Très rapidement et toujours grâce aux relations
    paternelles il accèdera au grade d’<em>élève commissaire</em> puis de <em>garde-magasin</em>. Le 7 février 1778, il est muté à Arles où il devient un des principaux représentant du ministère de
    la Marine.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">A 32 ans, le 13 novembre 1783 il se marie avec une femme de la petite noblesse cévenole, Marie Charlotte
    Descombier de la Privadière; bureaucrate roturier sans envergure, marié à une noble, même de petite noblesse, il semble souffrir de cette différence de classe qui va le conduire à s’endetter. Il
    hérite du vivant de son père et le jour de son mariage d’une maison et le surlendemain il en achète une autre à côté de la sienne pour s’agrandir, opération qu’il renouvelle le 12 janvier
    1787.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Gagnant peu ou pas assez pour entretenir son train de vie, il dépensait beaucoup et dépendait étroitement des
    subsides que lui versait son père (10 000 Livres de dot au moment de son mariage) à laquelle s’ajoutait une pension de 2000 Livres par an. Le frère aîné des Pomme était donc prêt à tout pour
    subvenir à ses besoins.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Toujours en cette année 1786, alors qu’André est sur le point de partir en Guyane, le cadet va réussir à
    convaincre son frère aîné à rejoindre la Franc-maçonnerie. Arles n’ayant pas de Loge, Jean Antoine postulera et ce n’est pas un hasard, à la très offensive Loge de <em>la Vertu
    Persécutée</em><sup><em><a id="sdfootnote2anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote2anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote2sym"><sup><span style=
    "font-size: 8pt;">2</span></sup></a></em></sup> de la capitale Comtadine.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Relations obligent, deux ans plus tard, il est déjà au grade de Maître Parfait et occupe la fonction de Secrétaire
    de la Loge, ce qui lui permettra le 23 novembre 1788, de visiter la non moins célèbre Loge parisienne du <em>Contrat Social</em>, Mère Loge du <em>Rite Ecossais Philosophique</em>, seule et
    entière héritière des pouvoirs de la Loge d’Avignon<em>&nbsp;</em>; que vient – il faire à Paris en cette fin d’année 1788, sinon prendre des ordres très précis ou assurer d’éventuelles relations
    entre son frère cadet (un des fondateurs de ce rite) et les cadres supérieurs de la Maçonnerie&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">En 1789, à la veille de la Révolution Jean Antoine Pomme qui avait occupé en 1787 le poste de Second Surveillant
    de la <em>Vertu Persécutée</em> est au grade de Maître Parfait. Au delà de 1789, on ne sait plus trop ce que devient la Loge d’Avignon et l’activité maçonnique et/ou politique de la petite
    équipe, dont l’un d’entre eux, Rovère, deviendra l’un des plus terribles Conventionnel ayant sévi sur le Midi, et qui peut-être<sup><a id="sdfootnote3anc" class="sdfootnoteanc" name=
    "sdfootnote3anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote3sym"><sup><span style="font-size: 8pt;">3</span></sup></a></sup> sera déporté en Guyane pour y mourir le 11 septembre 1798
    …</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Politiquement, Jean Antoine fut lui aussi un républicain à tendance jacobine. Son père disait de lui
    <em>«&nbsp;qu’il était Républicain et qu’il ne croyait pas en Dieu&nbsp;</em>», il ne pouvait donc être dans l’avenir qui se préparait, qu’un serviteur zélé de son frère<em>…</em>Pendant tout les
    premiers instants de la Révolution, que nous appelons l’époque modérée, celle qui prélude au retour d’André Pomme sur le territoire métropolitain et jusqu’à la fin de l’année 1792, il sera
    présent dans sa ville natale où il sera à la tête de l’administration maritime, au grade de <em>sous-chef d’arrondissement</em><sup><em><a id="sdfootnote4anc" class="sdfootnoteanc" name=
    "sdfootnote4anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote4sym"><sup><span style="font-size: 8pt;">4</span></sup></a></em></sup>, sous-entendu celui de Toulon<em>.</em> Dés l’accession
    de son frère à la députation, Jean - Antoine va devenir un des principaux fonctionnaire de la marine militaire de l’arrondissement de Toulon, ville qui eut, comme on le sait, une lourde histoire
    révolutionnaire&nbsp;!.. Le passif professionnel de Jean Antoine, nous oblige à nous remémorer cette époque en quelques lignes…</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Le 4 juillet 1793, depuis Nice, les deux Représentants du Peuple en mission, dans les départements méridionaux et
    près l’armée d’Italie que sont Robespierre le Jeune et Ricord, réorganisent<sup><a id="sdfootnote5anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote5anc" href=
    "http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote5sym"><sup><span style="font-size: 8pt;">5</span></sup></a></sup> entre autres l’administration maritime et c’est Jean Antoine Pomme qui va se trouver
    propulser au plus haut niveau de cette hiérarchie, il devient alors en lieu et place du citoyen Chaillan, ordonnateur civil de la marine. Les prétextes qui sont pris pour sa nomination sont
    soi-disant dus, au fait qu’il serait le plus ancien chef d’administration du département de Toulon.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Le 22 septembre le fils aîné des Pomme reçoit l’ordre des deux Représentants du Peuple de se rendre sans plus
    tarder à Villefranche – sur - Mer afin d’assurer l’approvisionnement des bâtiments de la République. Les premières mesures de sécurité maritime des côtes, sont alors prises<sup><a id=
    "sdfootnote6anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote6anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote6sym"><sup><span style="font-size: 8pt;">6</span></sup></a></sup> par les
    Représentants et aussitôt communiquées à l’Ordonnateur. Les plus nombreux bâtiments présents sur la côte méditerranéenne orientale française sont ceux qui sont attachés à la ville de Gênes,
    nombreux aussi sont les navires français faisant halte dans ce port. Dés les premiers instants de durcissement de la Révolution, les autorités maritimes de Gênes plutôt favorables à la tendance
    modérée des révolutionnaires français, à cause certainement de ses liens privilégiés avec les négociants marseillais de tendance girondine, se rebellent contre les Représentants de l’autorité
    nationale&nbsp;; depuis plusieurs mois, ils empêchent les navires français d’appareiller. Robespierre le jeune et Alexandre Ricord par mesure de rétorsion prescrivent alors la prise en otages des
    Génois et de leurs navires, présents dans les ports français. Mal aimés par la faction rouge du peuple, les navires du commerce italien sont régulièrement harcelés et endommagés et habilement,
    les deux Représentants accusent les <em>«&nbsp;insolents britanniques&nbsp;»</em> d’être responsables de ces <em>«&nbsp;attentats&nbsp;aussi impérieux pour le peuple gênois qu’atroces aux
    français&nbsp;»…</em></span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Bien entendu cette forme de réquisition, ne pouvant déboucher à terme que sur la destruction d’une grande partie
    de la flotte commerciale italienne, n’est pas du tout du goût des italiens, dont la survie de l’activité économique de la cité génoise, ne dépend que de sa vie maritime.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Très rapidement, Gênes va laissé tomber Marseille, les navire français vont être autorisés à ressortir du
    port&nbsp;et à regagner leur lieu d’attache; la représentation nationale française change alors son fusil d’épaule et considérant que le geste fait par les autorités italiennes va dans le bon
    sens, lèvent alors l’embargo sur les navires italiens.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">A Antibes, Jean Antoine Pomme croise Riouffe, celui-là même qui publiera peu de temps plus tard, le fameux
    document sur <em>la religion d’Ibrascha</em>. En ce temps-là, Riouffe a toute autorité sur les mouvements de la Marine civile ou militaire de la côte méditerranéenne&nbsp;; en particulier, il a
    <em>«&nbsp;carte blanche&nbsp;»</em> pour autoriser la sortie de tous les bâtiments français de petit cabotage, qu’il jugera nécessaire. Sa mission principale est d’assurer la logistique maritime
    nécessaire à l’approvisionnement de l’armée d’Italie. Il aura l’occasion en février 1794 par exemple de faire venir sur Arles, depuis Nice et Antibes, le plus possible de tartanes et d’allèges
    destinées à transporter fourrage, paille et avoine pour le compte des chevaux de l’armée d’Italie. La ville d’Arles est donc bien à ce moment là, l’arrière-garde de l’armée d’Italie&nbsp;;
    l’étroite collaboration existant entre les frères Pomme et Riouffe, n’est plus à démontrer…</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">A la fin de l’année 1793, lorsque le 19 décembre Toulon tombe entre les mains des Jacobins, le frère aîné des
    Pomme, y occupe le grade officiel le plus élevé de la Marine, celui d’Ordonnateur, poste qu’il ne conservera que trois mois, jusqu’au 21 mars 1794.</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">La fureur des extrémistes Jacobins sera sans merci et la répression s’abattra sans demi-mesure : Toulon perdra son
    nom pour celui de Port la Montagne, une partie de la ville sera rasée et les résistants (Girondins et Royalistes) traduits devant un tribunal tout autant d’exception qu’expéditif composé de
    Jacobins, anciens prisonniers des mutins&nbsp;! La mémoire de l’Histoire garde en souvenir la fusillade dans une même journée de plus de 200 Fédéralistes!</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Dans le même laps de temps, Ricord ordonne à Jean Antoine Pomme de rassembler à Port la Montagne, tout le
    personnel de la marine disponible dans les Alpes-maritimes et le Var, ordre qui sera exécuté aussitôt. La situation parisienne se durcissant, l’équipe politique présente sur le Midi, va être
    entièrement changée.</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: times new roman,times;">Depuis quelques mois déjà, Riouffe et Robespierre le jeune, sont en disgrâce parmi les <em>«&nbsp;durs en matière
    de religion&nbsp;»</em>. Alexandre Ricord, soupçonné de conspiration, a renié le jeune Robespierre, mais cela n’a pas suffit pour le maintenir dans la classe dirigeante… Le 21 mars 1794, Jean
    Antoine Pomme certainement mis en sécurité par son frère, va rejoindre alors Marseille dite <em>la Ville sans Nom</em>, où il sera Agent maritime jusqu’au 21 mars 1796, date à laquelle il
    deviendra, toujours avec l’aide bienveillante des amis de son frère, commissaire de 1 ère classe&nbsp;; mais pour lui aussi, le vent ne va pas tarder à tourner&nbsp;. ..</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Victime comme par hasard de la réorganisation des ministères il ne tardera pas à rejoindre rapidement les cadres
    en retraite, et sans être pour autant trop inquiété par les gouvernements successifs, il finira ses jours à Arles et y décédera en 1830.</span></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <h6 class="western" style="text-align: center;">
    <span style="text-decoration: underline;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">André Pomme, un activiste républicain en Guyane</span></span></span>
  </h6>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 12pt;">Les événements</span><sup><a id="sdfootnote7anc"
    class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote7anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote7sym"><sup><span style="font-size: 8pt;">7</span></sup></a></sup> <span style=
    "font-size: 12pt;">guyanais de 1763-1765 avaient décimé la population de la colonie française, et avaient valu à la région sa triste réputation de pays malsain ou meurtrier&nbsp;; ainsi deviendra
    – t - elle en 1794 et pour plusieurs dizaines d’années, la terre de relégation de la République française où seront envoyés suivant les régimes politiques prêtres réfractaires, conventionnels non
    désirés sur le territoire métropolitain ou républicains de 1851, ces derniers étant en grande majorité d’origine provençale.</span></span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 12pt;">On se doute bien, que les documents de cette époque
    qui auraient pu nous aider à comprendre la véritable raison du départ de Pomme, sont rares, voire inexistants ou introuvables. Mais dans les quelques témoignages que nous avons de cette période,
    tout laisse à penser qu’André Pomme est venu en Guyane spécifiquement dans le but d’assumer le Pouvoir au plus haut niveau. Après quelques mois qu’il dit à tord</span><sup><a id="sdfootnote8anc"
    class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote8anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote8sym"><sup><span style="font-size: 8pt;">8</span></sup></a></sup><span style="font-size: 12pt;">,
    «&nbsp;<em>avoir employé à mettre sur pieds une propriété agricole, constituée d’une habitation en noirs et bestiaux&nbsp;»</em> (sic), il apparaît dans l’organigramme administratif de la Guyane
    dés 1786, où il occupe déjà un poste de délégué à l’Assemblée Coloniale de Cayenne&nbsp;; il sera à plusieurs reprises Secrétaire et Président de cette même Assemblée.</span></span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-size: 12pt;">En fait Pomme arrive dans cette contrée reculée pour
    deux raisons, la première dans le but de développer les ménageries royales de Guyane et la seconde avec l’espoir secret de faire fortune</span><sup><a id="sdfootnote9anc" class="sdfootnoteanc"
    name="sdfootnote9anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote9sym"><sup><span style="font-size: 8pt;">9</span></sup></a></sup> <span style="font-size: 12pt;">. Le tout jeune
    fonctionnaire de marine arrive en terre d’exil avec pour mission de réaliser une implantation <em>«&nbsp;en bêtes et ménageries que le gouvernement se proposait d’établir&nbsp;dans ces immenses
    prairies naturelles&nbsp;»</em>… La malheureuse tentative de Turgot, n’était pas si loin que çà dans les esprits des gouvernants…</span></span></span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Le 12 mai 1787, le pouvoir royal, l’habille officiellement, de la charge de <em>responsable des établissements
    d’Ouanary</em>,</span></span><sup><a id="sdfootnote10anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote10anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote10sym"><sup><span style=
    "font-size: 8pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">10</span></span></span></sup></a></sup> <span style=
    "font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">établissements sur l’activité desquels on ne sait rien ... Tout au plus peut – on dire, que Pomme arrive dans une région du
    sud de la Guyane très peu fréquentée par les colons français&nbsp;; sur place, il y a une vingtaine de soldats et quelques Jésuites dont le but non avoué était de récupérer comme esclaves
    gratuits, les indiens et les noirs qui s’étaient échappés des mains des portugais occupants le Brésil…</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Convaincu de la richesse terrienne du lieu, il installe à <em>Ouassa</em></span></span><sup><em><a id=
    "sdfootnote11anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote11anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote11sym"><sup><span style="font-size: 8pt;"><span style=
    "font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">11</span></span></span></sup></a></em></sup> <span style="font-family: times new roman,times;"><span style=
    "font-size: 12pt;">dans le canton d’Oyapoc, un important élevage de bœufs et s’oriente vers la culture des épices&nbsp;; les écrits de ses contemporains, font ressortir poliment <em>qu’il dirige
    sa propriété de main de maître</em>, tout comme d’ailleurs, les sept esclaves qu’il avait acquis dans la population indigène… Ce seront ces mêmes esclaves qui quelques années plus tard, après
    s’être insurgés</span></span><sup><a id="sdfootnote12anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote12anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote12sym"><sup><span style=
    "font-size: 8pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">12</span></span></span></sup></a></sup> <span style=
    "font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">contre la République, s’approprieront les biens de l’arlésien… Plus tard, Pomme, espérant peut – être un remboursement de
    l’Etat français, estimera ses richesses guyanaises perdues à plus de 36 000 Francs&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">L’ancien abbé vivait-il sur cette propriété&nbsp;? Rien ne nous le précise, mais il semble apparaître que comme
    tous les colons de Guyane, l’homme s’était installé à Cayenne et qu’il se contentait simplement de visiter ses terres de temps en temps. Pomme semblait s’être parfaitement accommodé de sa
    nouvelle vie, tant et si bien qu’il avait pris pour compagne une <em>«&nbsp;femme du pays&nbsp;»</em>, laquelle paraît-il, <em>l’accompagnait dans tous ses déplacements</em>… Habile manipulateur
    de mots, Pomme devenu quelques mois plus tard, député de la Convention, aimait à dire à ses collègues jacobins qu’en Guyane, il vivait <em>une véritable vie d’ermite, seul dans sa cabane, au beau
    milieu des sauvages</em>…</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <h6 class="western" style="text-align: center;">
    <span style="text-decoration: underline;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">La Guyane avant la Révolution</span></span></span>
  </h6>
  <p class="western" style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Les statistiques officielles de 1789, font apparaître que sur les terres contrôlées par les français (1307),
    vivaient une très forte population d’esclaves noirs (10 748, dont seulement 600 étaient au service du roi) et une beaucoup moins importante population indienne (d’environ 5 000 personnes dont 812
    qui travaillaient pour les colons). En clair, toute l’économie de la colonie dépendait intimement de l’esclavage, l’asservissement des peuples de couleur, et tout particulièrement des Noirs était
    total … Les conditions de vie et de travail étaient bien entendu déplorables, mais surtout elles étaient aggravées par les mauvais traitements&nbsp;qu’infligeaient les colons aux autres
    habitants; ces états de faits, choquaient tous ceux qui n’étaient pas impliqués dans la vie économique de la colonie, mais rien qu’eux et dans une moindre mesure&nbsp;! A cette répression
    aveugle, la population noire répondait outre le marronage, par des sortes de grèves passives qui influaient sur la productivité</span></span><sup><a id="sdfootnote13anc" class="sdfootnoteanc"
    name="sdfootnote13anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote13sym"><sup><span style="font-size: 8pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style=
    "font-size: 12pt;">13</span></span></span></sup></a></sup> <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">de la colonie.</span></span>
  </p>
  <p class="western">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Vers 1786, l’Ordonnateur de Guyane n’est autre que Daniel Lescallier, celui qui toute sa vie durant va en quelque
    sorte soutenir Pomme, tout particulièrement à partir du Consulat, lorsque ce dernier rencontrera de gros problèmes avec les proches de Bonaparte…</span></span>
  </p>
  <p class="western">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Daniel Lescallier, nous a laissé quelques écrits de son séjour en Guyane&nbsp;lesquels nous permettent entre
    autres, d’esquisser un profil de la grande majorité des blancs de la colonie&nbsp;: Pour moitié, ces gens étaient d’anciens soldats qui étaient restés sur place à la fin de leur engagement&nbsp;;
    ayant fondé ou participé à la création des quelques 200 plantations de la région, ils se comportaient sur leurs terres en maîtres absolus que la rudesse de leur esprit ne pouvait modérer en ce
    sens que plus de 50% d’entre eux étaient des illettrés&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p class="western">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Cette population blanche dite <em>classe inférieure</em>, était encadrée par des sortes de fonctionnaires de
    l’Etat, comme l’étaient Pomme et Bagot</span></span><sup><a id="sdfootnote14anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote14anc" href=
    "http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote14sym"><sup><span style="font-size: 8pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style=
    "font-size: 12pt;">14</span></span></span></sup></a></sup> <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">par exemple…</span></span>
  </p>
  <p class="western">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Tous les colons étaient profondément racistes et donc opposés par voie de conséquences à la notion de liberté à
    laquelle aspiraient les esclaves noirs ou indiens&nbsp;; leur comportement &nbsp;à l’égard de la religion était dominé par un anticléricalisme radical, qui dû poser bien des problèmes
    relationnels à l’ancien abbé Pomme&nbsp;! Etait – ce de son passage en Guyane que l’homme allait tiré son attitude politique future à l’égard des prêtres&nbsp;?</span></span>
  </p>
  <p class="western">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">On retiendra de Lescallier, qu’il était opposé à l’esclavagisme des indigènes et exclusivement d’eux, et qu’il se
    contentait d’essayer de modérer l’attitude des blancs sur les indiens … Il dénonçait</span></span><sup><a id="sdfootnote15anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote15anc" href=
    "http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote15sym"><sup><span style="font-size: 8pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style=
    "font-size: 12pt;">15</span></span></span></sup></a></sup> <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">le racisme des colons français <em>… la fausse idée où
    sont la plupart des blancs, même de la classe inférieure, que les indiens sont une race d’hommes au dessous d’eux et faits pour leur obéir…</em> Nous retiendrons aussi une de ses
    notes</span></span><sup><a id="sdfootnote16anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote16anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote16sym"><sup><span style=
    "font-size: 8pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">16</span></span></span></sup></a></sup> <span style=
    "font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">officielles, dans laquelle, il met nommément en cause Bagot, le futur député jacobin, adjoint d’André Pomme&nbsp; <em>…M.
    Bessner ancien gouverneur, avait entre autres fait commander des indiens pour aider à un fournisseur nommé Bagot, à faire les bois qu’il exploitait pour le roi à Approuague, et nous avons vu cet
    homme plaignant et récalcitrant lorsqu’on les lui a retirés. Il avait coutume de les mener au bâton, de les mettre aux fers pour le moindre manquement…</em></span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Toujours d’aprés Lescallier, André Pomme n’a occupé en Guyane, que des fonctions administratives au service du
    gouvernement français; en aucun cas et donc contrairement à ses dires, il n’aurait créé une exploitation en <em>France Equinoxiale</em> . Sans pouvoir avancer de dates sur ses déplacements
    coloniaux, on peut toutefois suivre l’arlésien dans les divers postes administratifs qu’il a occupé. Sur aucun document officiel n’est mentionné la date exacte de son arrivée en
    Guyane.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Dans un premier temps, l’ancien curé occupe le poste d’administrateur civil de la Comté</span></span><sup><a id=
    "sdfootnote17anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote17anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote17sym"><sup><span style="font-size: 8pt;"><span style=
    "font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">17</span></span></span></sup></a></sup> <span style="font-family: times new roman,times;"><span style=
    "font-size: 12pt;"><em>«&nbsp;du haut de la rivière d’Oyac&nbsp;».</em> Là, il doit remplir trois missions, dont la surveillance d’une plantation de vivres destinées à la subsistance des esclaves
    noirs appartenant à l’Etat, un chantier pour la confection du bois de construction destiné aux bâtiments civils et militaires, et de façon générale, il doit s’occuper des nouveaux immigrés blancs
    qui viennent s’installer dans son secteur. On le trouve ensuite dans la province ou le Comté de l’Yracoubo, où il doit installer un poste civil et militaire destiné à <em>«civiliser les indiens,
    indigènes d’origine Galibi</em></span></span><sup><em><a id="sdfootnote18anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote18anc" href=
    "http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote18sym"><sup><span style="font-size: 8pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style=
    "font-size: 12pt;">18</span></span></span></sup></a></em></sup><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><em>&nbsp;»</em>, que le gouvernement royal
    souhaitait pacifier et en faire des bergers (des bovins devaient leur être avancé par l’Etat). Essentiellement nomades et très indépendants, ces indiens gênaient en quelque sorte les coloniaux
    qui voyaient en eux une main-d’œuvre gratuite pouvant suppléer les esclaves noirs venus d’Afrique&nbsp;; l’attitude des coloniaux à leurs égards était si méprisable que l’Etat avait aussi fixé à
    Pomme la surveillance des <em>«&nbsp;blancs -planteurs de ce quartier&nbsp;»</em>. Mais ne nous y trompons pas, il s’agissait plus d’une surveillance économique que d’une attitude
    humaniste&nbsp;: depuis longtemps déjà, les colons de Guyane ne remboursaient plus les avances que leur avait fait l’Etat, tout comme ils ne payaient leurs impôts&nbsp;!…</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Dés les premiers moments de la Révolution, il semble bien que Pomme ne quitte plus Cayenne&nbsp;et que dés lors,
    il s’investi dans l’organisation territoriale du Nouveau Régime. Le 26 août 1790, Pomme fait son entrée</span></span><sup><a id="sdfootnote19anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote19anc"
    href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote19sym"><sup><span style="font-size: 8pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style=
    "font-size: 12pt;">19</span></span></span></sup></a></sup> <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">à l’Assemblée coloniale de Guyane qui ce jour – là, se
    réunissait pour la première fois. Deux mois plus tard, élu à la Présidence, il relationne officiellement avec les nouvelles autorités parisiennes. Les principaux postes administratifs sont encore
    occupés par des nobles&nbsp;totalement dévoués à l’autorité royale : le chevalier de Préfontaine, un des tous premiers colonisateurs de la Guyane dirige toutes les possessions françaises des
    Antilles.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Dans les mois qui vont suivre, plusieurs hommes vont se relayer à la présidence de l’Assemblée&nbsp;: Guillot, en
    décembre 1790, puis Bertrand, Moranville en 1791. Durant la législature de ces deux présidents, Pomme apparaît en filigrane au poste de Secrétaire de l’Assemblée.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Le peuple guyanais voyant la France voler vers une certaine idée de liberté cherche à imiter la Mère - Patrie, mal
    va leur en coûter… En décembre 1790, les indigènes du quartier <em>d’Approuague,</em> ne voulant plus être considérés comme des esclaves se soulèvent contre les colons&nbsp;; c’est un véritable
    massacre des français qui s’en suit, événement qui a le mérite de mettre en valeur la haine que portaient les indiens de Guyane à l'encontre tyrannique des colons. C’est André Pomme, qui matera
    avec violence la rébellion et le 7 janvier 1791, l’Assemblée coloniale, par son Président (Bertrand) et son Secrétaire (Pomme), adressera à la population française de la région incriminée, une
    lettre de félicitations <em>«&nbsp;aux français qui ont résisté&nbsp;»</em> à <em>«&nbsp;l’insurrection des perfides esclaves&nbsp;»</em>. En partie grâce à Pomme, les responsables français ont
    donc repris en main la situation&nbsp;; mais d’autres problèmes se profilent à l’horizon et tout particulièrement ceux de nature financière…</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Depuis les premiers instants de la Révolution, il semble bien que les hauts responsables des colonies,
    continuaient à détourner l’argent de l’Etat (dont essentiellement les énormes revenus issus des taxes des produits importés et exportés); de toute évidence, il n’était certainement pas question
    pour eux, de le remettre dans les poches républicaines&nbsp;! En constituant ainsi un trésor de guerre, les royalistes voulaient – ils faire de la Guyane voire des Antilles, un Etat
    indépendant&nbsp;? Il est vrai qu’ils étaient de toute évidence aidés par le gouverneur des Antilles, Monsieur de Behague, lequel n’avait pas hésité un seul instant à leur envoyer ses
    troupes…</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">En Guyane, la Garde Citoyenne, mise en place par les révolutionnaires, avait entre autres interdit l’accès au port
    de Cayenne de la corvette <em>«&nbsp;la Perdrix&nbsp;»</em>&nbsp;; celle – ci devait débarquer les forces royales et remettre au commandant militaire de Cayenne, une lettre l’informant de la
    situation insurrectionnelle des autres îles des Antilles. Lorsque l’Assemblée nationale pris conscience de cet état de fait, elle prit un décret</span></span><sup><a id="sdfootnote20anc" class=
    "sdfootnoteanc" name="sdfootnote20anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote20sym"><sup><span style="font-size: 8pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style=
    "font-size: 12pt;">20</span></span></span></sup></a></sup><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">, mettant les colonies françaises sous tutelle du
    ministère de la Guerre, de la Marine et des Finances.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Le travail de l’ordonnateur d’Aigremont, en poste depuis le 3 septembre 1790, fut mis sous surveillance. La chose
    ne se passa pas sans mal et bien entendu les détournements d’argent furent éventés, ce qui provoqua la démission de d’Aigremont. La démarche de l’intéressé, il le savait, n’était pas sans
    conséquences économiques, car il était le seul habilité par l’autorité royale à pouvoir signer les nécessaires lettres de change&nbsp;; le commerce local se trouvait donc arrêté et la colonie
    sans argent. A ce geste, l’Assemblée nationale n’avait prévu aucune parade et était prise à contre-pied&nbsp;: il n’y avait plus personne autorisée à émettre les fameuses lettres de change dans
    la colonie, mais de plus, cela provoquait une impression désastreuse de désordre tant sur le public que sur les négociants, seuls pourvoyeurs d’argent.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Le risque de banqueroute planait…D’Aigremont reprit donc ses fonctions, sous la surveillance plus ou moins
    efficace des partisans de la République et des responsables de l’Assemblée coloniale&nbsp;; l’administrateur se sentant fort, faisait fi des menaces pleines de promesses belliqueuses de la part
    de Pomme <em>«&nbsp;si cette surveillance dégoûte les officiers d’administration au point de donner leur démission, ils sont maîtres de le faire&nbsp;: c’est alors qu’ils deviendront
    personnellement responsables de tous les maux qui pourraient s’en suivre&nbsp;».</em> Cette partie de cache-cache dura, jusqu’à ce que le natif d’Arles quitte la colonie.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">La situation entre les deux parties ne trouvant pas d’issue, le 15 septembre 1791, André Pomme et Bagot, furent
    désignés par les républicains de l’Assemblée de Guyane pour venir en métropole expliquer aux députés de l’Assemblée nationale, les fautes des administrateurs royaux et le désir de souveraineté de
    la colonie antillaise&nbsp;.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">En cette fin d’année 1791, d’Aigremont est en quelque sorte aussi, le banquier&nbsp;de la France en Guyane et en
    aucune façon, l’homme n’était prêt à financer sur le compte de la colonie, le voyage en France des deux délégués, qui eux – mêmes, ne souhaitaient pas financer le voyage de leurs propres deniers
    … Elu depuis le 15 septembre et prêt à partir dès ce jour-là, André Pomme et son compagnon étaient bloqués par manque de moyens financiers. Il fallut encore une fois, que le ministère intervienne
    pour que cette affaire aboutisse et que les deux députés puissent quitter enfin la Guyane avec assez d’argent en poche pour couvrir leurs premiers frais de séjour&nbsp;; le 18 décembre 1791,
    d’Aigremont s’était incliné, il avait fallu pour cela, un arrêt du Conseil d’Etat du Roi et l’intervention des plus hauts responsables militaires et civils de la région
    antillaise&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Avant de revenir en métropole, les deux délégués se firent communiquer l’ensemble des archives
    <em>«&nbsp;l’Assemblée nationale a demandé qu’il soit remis aux délégués, des copies ou extraits de tous les papiers que renferment les archives du gouvernement, de l’intendance et qu’ils se
    présenteraient à l’Assemblée nationale pour lui faire connaître les erreurs attribuées à l’ancienne administration&nbsp;»</em>. Les deux mandataires ne quitteront la colonie française qu’en
    février de l’année suivante, porteurs à destination de la métropole des espoirs de la branche républicaine des citoyens de Guyane. Benoîst, remplaçant Bourgon au poste de gouverneur de Cayenne
    depuis le 4 janvier 1791, était devenu commandant en chef de la colonie, et avait établi un rapport dans lequel il demandait que l’Assemblée nationale arrête, pour le bon fonctionnement de la
    colonie, une série de neuf décrets. <em>En attendant la réponse des élus de la nation</em> disait-il, <em>nous mettons ces projets de décrets en application&nbsp;</em>; ces derniers, visaient
    bien entendu à mettre en place officiellement un gouvernement de type républicain&nbsp;; ils portaient à la fois sur la réglementation électorale (la durée des mandats, l’élection de deux
    députés), sur des mesures économiques (lutte contre la fraude) et surtout sur des mesures disciplinaires à prendre contre les opposants à la République (limogeage des autorités portuaires et mise
    en place d’une taxe à l’encontre de ceux qui ne voulaient pas participer au service des Gardes Citoyennes). Détail amusant si l’on peut dire, le commandant en chef demandait dans son huitième
    projet de décret, que les missionnaires religieux présents sur le territoire colonial et refusant de prêter le fameux serment civique, <em>«&nbsp;soient renvoyés en France&nbsp;»</em>.
    ..</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Ces missionnaires présents en Guyane étaient exclusivement des Jésuites</span></span><sup><a id="sdfootnote21anc"
    class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote21anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote21sym"><sup><span style="font-size: 8pt;"><span style=
    "font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">21</span></span></span></sup></a></sup> <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">qui
    s’étaient installés dés le début de la présence française, dans la zone la plus peuplée du pays, à l’Ouest de Cayenne. Leur but avoué était de convertir les indiens&nbsp;<em>«seule la religion
    catholique réussirai à les ramener à une vie sociale&nbsp;»</em>; dans la réalité l’action des Jésuites qui considéraient la population autochtone de piètre façon&nbsp;&nbsp;<em>«&nbsp;occupés du
    présent, sans soucis de l’avenir, apathiques, inconstants, paresseux et s’avérant difficiles à civiliser&nbsp;»</em>, se résuma en fait par une prise en main musclée de ces peuplades et
    l’initiation religieuse devint très tôt un outil politique comme un autre. Population nomade, les indiens n’avaient de cesse que d’errer dans l’épaisse forêt guyanaise&nbsp;; les religieux
    réussirent à les fixer dans des villages dirigés par un indien, lui même nommé par le gouverneur de la colonie qui leur avait attribué pour symbole de leur autorité, une canne à pommeau d’argent,
    orné d’une fleur de lys…&nbsp;! Signe suprême de reconnaissance sociale, le gouverneur de la colonie invitait à sa table tous les chefs une fois par an. Ainsi, l’asservissement des indiens à la
    royauté fut total <em>«&nbsp;leur amitié empreinte souvent d’une certaine gaieté, s’avérait très avantageuse, tandis que leur inimitié pouvait être très dangereuse&nbsp;»</em>, tel fut le constat
    que firent les colons.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">A ces peuplades autochtones à qui, au début de la colonisation, il n’était pas question de demander un travail
    suivi, les colons ajoutèrent alors une importante population de noirs venus d’Afrique. Leur présence sur le territoire guyanais devait être massive puisque de 1750 à 1756&nbsp;, la France en fit
    entrer plus de 76 000&nbsp;; les noirs étant beaucoup plus dociles que les indigènes, les Jésuites s’occupèrent également de leur éducation religieuse et se les asservirent durablement. Ayant été
    parmi les premiers «&nbsp;civilisateurs&nbsp;» du territoire, ils en étaient aussi devenus les principaux propriétaires fonciers. A la tête de domaines immenses entièrement travaillés
    exclusivement par les esclaves noirs, dont ils étaient les principaux employeurs, les Jésuites, seuls prêtres français porteurs de la bonne parole du Vatican firent de la colonie un immense
    réservoir catholique, à tel point que depuis 1731 la Préfecture apostolique de Guyane dépendait directement de Rome&nbsp;! Comme symbole de leur toute puissance, les Jésuites de Guyane avaient
    érigé sur la principale place de Cayenne une splendide maison qui gérait les propriétés alentours et plus de 700 esclaves permanents.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Noirs d’Afrique dociles et présents par dizaines de millier, ajoutés aux indiens de Guyane considérés par les
    autorités comme étant <em>«&nbsp;des gens à ménager&nbsp;»</em>, l’ascendant clérical et royaliste était manifeste sur les esprits de ces ethnies, d’autant plus que la loi de 1762 qui en
    métropole avait interdit la Compagnie de Jésus, n’avait pas stipulé l’exclusion de celle-ci du territoire guyanais. L’implacable pouvoir des Jésuites avait donc pu se développer en Guyane avec
    toute la puissance qui le caractérisait . Le massacre à cette époque des colons par les <em>«perfides esclaves</em>&nbsp;», ne concernait de toute évidence que les républicains…</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Pomme et Bagot, ne partirent que le 16 janvier de l’année suivante, pour arriver en métropole dans le courant du
    mois de mai 1792. On ne sait trop pour quelles raisons, le voyage des représentants avait duré presque quatre mois. Ils firent certainement escale à Saint-Pierre de la Martinique, siège du
    commandement suprême des possessions françaises des Antilles où les rapports avec cette autorité opposée au mouvement révolutionnaire se sont de toute évidence mal passés.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <h3 class="western" style="text-align: center;">
    <span style="font-family: Times New Roman, serif;">L’UTOPIE RADICALE</span>
  </h3>
  <p class="western" style=
  "border-bottom: #000000 1pt solid; text-align: left; border-left: medium none; padding-bottom: 0.04cm; padding-left: 0cm; padding-right: 0cm; border-top: medium none; border-right: medium none; padding-top: 0cm;">
  <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">&nbsp;Depuis les ratés de Choiseul en 1765, le peuplement de la Guyane et l’esclavage des Noirs aiguisaient les
  esprits, et nombres d’intellectuels français, s’ingénièrent à susurrer des solutions plus ou moins extravagantes aux différents gouvernements. Deux tendances de pensée arbitraient plus ou moins le
  débat … Duchesne</span></span><sup><a id="sdfootnote22anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote22anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote22sym"><sup><span style=
  "font-size: 8pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">22</span></span></span></sup></a></sup><span style=
  "font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">, un magistrat de Blois proposera au Comité de Salut Public de débarrasser la France de ses pauvres en les envoyant cultiver les
  hautes terres de Guyane et de réserver les esclaves pour les basses terres, les plus malsaines&nbsp;! Le célèbre auteur Bernardin de Saint Pierre, prônait lui aussi l’exportation des pauvres de la
  métropole vers les colonies, où grâce à leurs travaux manuels, ils rendraient l’esclavage inutile…&nbsp;! L’autre idée, plus humaniste mais non moins intéressée, consistait à faire le nécessaire
  pour civiliser les indiens&nbsp;; c’était en quelque sorte la solution idéale qui ne trouvait d’échos que chez ceux qui ne connaissaient pas les indiens et la manière dont les traitaient les
  coloniaux de Guyane … De toute évidence pour les coloniaux, l’esclavage des Noirs restait la solution de facilité vu que sans eux, l’économie</span></span><sup><a id="sdfootnote23anc" class=
  "sdfootnoteanc" name="sdfootnote23anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote23sym"><sup><span style="font-size: 8pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style=
  "font-size: 12pt;">23</span></span></span></sup></a></sup> <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">de la Guyane ne pouvait fonctionner&nbsp;! C’était en
  quelque sorte le message que venait apporter Pomme et Bagot aux députés français. Mais il est bien évident pour tous que, depuis la fin de l’Ancien Régime, les français indésirables en métropole,
  avaient bel et bien changés d’aspect&nbsp;! Noblesse et clergé, furent très tôt montrés du doigt. Les gens d’Eglise, non seulement très opposés aux nouvelles idées mais surtout considérés comme
  étant entièrement dévoués à une autorité étrangère (Rome), devinrent dés les premiers mois de 1790, les ennemis désignés de la Révolution française.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">La volonté de séparer le clergé français de l’autorité papale, avait officiellement pris corps depuis le 12
    juillet 1790, date à laquelle on décréta la <em>Constitution civile du clergé</em>. Cette première résolution anticléricale, avait surpris la France profonde, très attachée à ses prêtres. La
    situation se durcissait sévèrement dans les mois suivants, avec le décret du 29 novembre 1791 qui déclarait <em>«&nbsp;suspects de</em> <em>révolte&nbsp;»</em> les prêtres <em>«&nbsp;qui refusent
    de consentir à cette réforme et de prêter le serment constitutionnel&nbsp;»</em> et le décret de conclure <em>«Les administrations départementales sont habilitées à les arrêter et les
    interner&nbsp;»</em>.&nbsp;L’immense majorité du clergé français refusa d’obtempérer, entra en lutte ouverte avec les nouveaux dirigeants et ce qui devait arriver, arriva&nbsp;: nombreuses furent
    les arrestations et &nbsp;très rapidement la nouvelle population carcérale fut difficile à gérer ! La nouvelle France ne pouvait garder indéfiniment sur son sol tant d’opposants… D’autres
    solutions devaient être trouvées impérativement&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Aux arrestations et internements, première étape de la mise à l’écart des prêtres, succéda en 1792, la phase que
    nous appellerons «&nbsp;d’immigration &nbsp;volontaire&nbsp;». Les ecclésiastiques détenus à proximité des côtes françaises, vont être refoulés vers les pays susceptibles de les accueillir,
    l’Italie pour les points de départs méditerranéens, l’Espagne du nord et le Portugal, pour les réfractaires retenus sur la façade atlantique. Mais cette solution soulevait de nombreux
    problèmes&nbsp;: elle était très onéreuse et mobilisait beaucoup trop de personnel. Par voie de conséquences, elle ne pouvait perdurer.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Avec la radicalisation révolutionnaire voulue par la Convention, la lutte contre le clergé réfractaire s’organisa
    et prit à la fin du printemps de 1792, une allure beaucoup plus persécutrice. Cette attitude correspond presque jour pour jour avec le retour sur le territoire métropolitain du provençal André
    Pomme&nbsp;; c’est lui qui pendant prés de sept ans va mener dans le plus grand des secrets, la chasse aux curés&nbsp;! Les persécutions religieuses, allant du simple internement au plus cruel
    des massacres, prennent alors dés 1792, un caractère réfléchi car programmé avec patience et méthode&nbsp;; devenues inéluctables, les chasses aux curés ne prendront fin qu’avec l’avènement du
    Consulat&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <h6 class="western" style="text-align: center;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="text-decoration: underline;">Une élection contestable</span></span></span>
  </h6>
  <p class="western" style="text-align: left;">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">La présence politique de Pomme et de Bagot est perceptible à Paris à peine un mois après leur débarquement sur le
    sol métropolitain. Dés le 16 juin 1792, ils présentent à la tribune de l’Assemblée, une protestation contre les nominations de Guillot, commissaire civil et de d’Alais, gouverneur&nbsp;! Les deux
    envoyés ne furent pas entendus&nbsp;!..</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Il est vrai qu’à ce moment précis de la vie politique française, la fameuse guerre d’influence opposant
    Montagnards et Girondins se jouait sur les bancs de l’Assemblée. C’était dire si les affaires des esclavagistes guyanais intéressaient du monde&nbsp;! Pourtant, pour satisfaire les coloniaux,
    Pomme et Bagot n’avaient pas trente – six solutions sous la main et de deux choses l’une, ou bien ils réussissaient à éviter que l’esclavage soit interdit dans la colonie, ou bien il leur fallait
    trouver impérativement une autre forme de main d’œuvre gratuite !</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Hélas, pour eux, l’opinion politique qui prévalait sur les bancs de l’Assemblée, n’allait pas dans ce sens
    là&nbsp;! Ces derniers temps, la représentation nationale dominée par les Girondins, venait d’annuler tous les ordres de déportation de prêtres de 1790 et 1791&nbsp;; pour ce qui était des
    populations asservies, l’Assemblée nationale consciente du réel pouvoir social des gens de couleur exigeait l’application rapide de la loi du 4 avril 1792</span></span><sup><a id=
    "sdfootnote24anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote24anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote24sym"><sup><span style="font-size: 8pt;"><span style=
    "font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">24</span></span></span></sup></a></sup><span style="font-family: times new roman,times;"><span style=
    "font-size: 12pt;">.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Avec les évènements nationaux provoqués par la Contre – révolution, les choses s’accélérèrent … Un peu avant le 10
    août, les événements qui devaient entraîner le renversement du roi allait provoquer un durcissement de l’autorité politique à l’égard des religieux associés aux opposants de la Révolution. Du
    même coup, les propos des deux envoyés de la Guyane réclamant des esclaves, furent perçus différemment par les députés… De cette époque date la séparation idéologique des deux partisans de
    l’esclavage&nbsp;car tout à coup, les opinions des deux comparses devinrent en effet, très différentes&nbsp;: Pomme voulait asservir les prêtres réfractaires et les envoyer en Guyane, Bagot quant
    à lui réfutait</span></span><sup><a id="sdfootnote25anc" class="sdfootnoteanc" name="sdfootnote25anc" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote25sym"><sup><span style=
    "font-size: 8pt;"><span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">25</span></span></span></sup></a></sup> <span style=
    "font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">cette idée. Le discours de Pomme prévalut…</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Dés le 15 août 1792, un décret de l’Assemblée nationale ordonnait <em>«la déportation en Guyane des prêtres
    réfractaires à la loi&nbsp;»</em>&nbsp;. Le 17, l’assemblée parisienne décidait que les colonies seraient représentées à la Convention. Pomme semblait tout désigné pour représenter la colonie à
    Paris … En métropole, on n’entendit plus parler de Bagot&nbsp;; pour le contenter, l’Assemblée le désigna député - adjoint&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">André Pomme commençait une bien triste carrière. Ayant renoué des relations avec nombre de ses amis parisiens,
    lesquels occupaient déjà de hautes fonctions électives, il reçut alors de la Convention, l’assentiment lui permettant d’étudier la manière par laquelle la toute jeune République allait se
    débarrasser de ce clergé français. Curieusement, un peu comme si le texte était prêt depuis longtemps, le funeste projet de déportation des prêtres, fut soumis à la majorité jacobine&nbsp;! Pour
    donner plus de poids à sa proposition, alors même que rien de franchement dramatique ne se fut passé en Guyane au cours des derniers mois écoulés, Pomme souligna à l’Assemblée <em>«une
    aggravation politique dans la colonie qui risque de devenir un foyer de contre-révolution&nbsp;»</em>. L’esclavagiste avait fait mouche&nbsp;! Dans un premier temps, le projet de déportation des
    prêtres réfractaires fut accepté&nbsp;! Puis, pour éviter <em>une aggravation politique</em>, l’Etat envoya <em>in situ</em>, une force de sécurité&nbsp;; un mois plus tard, le 23 septembre
    Bagot, d’Alais et Guillot arrivaient à Cayenne accompagnés du second bataillon de l’ancien régiment d’Alsace…</span></span>
  </p>
  <p class="western">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Quand les trois hommes débarquèrent à Cayenne, ils étaient porteurs de toute évidence, du texte du 17 août qui
    décrétait la nomination à la Convention, de deux représentants de la colonie … En fait, la Convention imposait Pomme et Bagot à la population de Guyane… La vérité sur la mission principale de
    Bagot apparaissait évidente&nbsp;: le futur député – suppléant devait dés son arrivée à Cayenne, faire signer par les responsables de la colonie, le texte déjà prêt, arrêtant l’élection des deux
    députés&nbsp;! Aussitôt après avoir obtenu ces assentiments, Bagot devait renvoyer le texte dans les plus brefs délais&nbsp;! Il apparaît en effet, que Bagot fit effectivement signer l’arrêté de
    nomination&nbsp;; à la différence prés c’est que sur place, il s’adressa uniquement au représentant de la Nation&nbsp; Jeannet, et pas aux autres&nbsp;! En même temps, il demandait aux décideurs
    économiques (partisans de la Contre – révolution) de réquisitionner un bateau, uniquement pour renvoyer le fameux pli… Ce que Bagot ne savait pas, c’est qu’une semaine après son départ,
    l’assemblée législative avait voté la loi du 26 août dont l’objet était d’expulser du territoire français tous les prêtres catholiques qui avaient refusé le serment à la constitution civile du
    clergé. Aux termes de cette loi, chaque prêtre devait demander un passeport pour le pays étranger choisi par lui, et si, dans un délais de quinze jours à partir de la promulgation, il n’avait pas
    franchi la frontière, il devait être appréhendé, emprisonné et plus tard dirigé sur la Guyane française… Bagot, absent du territoire, n’était bien entendu, pas au courant de cette loi contraire à
    son point de vue, et en ce sens, il ne pouvait faire part de son désaccord auprès des coloniaux&nbsp;!…</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Une lettre datée du 8 octobre 1792, émanant du Commissaire civil de Cayenne et destinée au ministre de la Marine,
    est assez explicite pour nous faire comprendre comment les choses se passèrent en Guyane. Dans ce pli, Jeannet le commissaire civil, fait en effet état de l’étonnement des principaux personnages
    de la colonie, sous-entendu des meneurs de la Contre - révolution, à voir que l’on voulait absolument et de toute urgence, armer un navire pour envoyer au sieur Pomme, le procès-verbal de son
    élection.</span></span>
  </p>
  <p class="western">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Pour justifier cet empressement le Commissaire civil écrira plus tard «&nbsp;…A l’époque où parvint le décret du
    17 août dernier, dans la colonie, j’avais déjà donné ma Proclamation pour l’élection des membres de l’Assemblée…&nbsp;». Le procès – verbal de l’assemblée électorale de Cayenne désignant Pomme et
    Bagot comme députés de la Guyane à la Convention nationale, est daté du 10 octobre 1792… Il ne s’était écoulé que quinze jours tout au plus, depuis le retour de Bagot et la date affichée sur le
    procès-verbal&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Vers le 10 octobre 1792, les royalistes s’opposèrent au départ précipité du navire particulier porteur de la
    missive, et s’emparèrent de Jeannet. Ce dernier fut interpellé à plusieurs reprises par trois délégations différentes&nbsp;et accusé d’avoir organisé de fausses élections. Cette accusation
    portait sur deux raisons principales, le nombre et la qualité des électeurs. Dans les faits, seuls les citoyens actifs de trois paroisses participèrent à l’élection&nbsp;de Pomme et de Bagot … Il
    s’agissait de celles d’Oyapock, d’Iracoubo et de Sinnamary&nbsp;, c’est à dire des paroisses de la région même où avait vécu André Pomme&nbsp;et son comparse !</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Le décret de l’Assemblée nationale fut lu devant l’assemblée de Guyane, et là, la surprise est dans le
    texte&nbsp;: il n’était plus question de faire voter uniquement <em>les citoyens actifs</em>, mais <em>«&nbsp;l’universalité des citoyens&nbsp;»</em>. Cette précision changeait considérablement
    le devenir du scrutin&nbsp;: faire voter tous les citoyens signifiait, faire voter tous les habitants de Guyane sous – entendu aussi, ceux qui étaient considérés comme des esclaves avant le
    changement de Régime&nbsp;! Sachant que ces derniers étaient totalement à la merci des Jésuites, c’était une véritable aubaine pour la faction adverse&nbsp;! Le piège se refermait sur les
    républicains !</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Aussitôt, l’Assemblée de Guyane fit venir à Cayenne les électeurs dits «&nbsp;actifs&nbsp;», des neuf paroisses de
    la colonie et le président Guillot leur déclara en toute honnêteté <em>«&nbsp;que le scrutin qui s’était déroulé le 18 septembre était illégal et frappé de nullité!&nbsp;»</em>. De leur propre
    chef, les républicains de la région de Pomme, n’avaient pas participé à la réunion, on les comprend&nbsp;! Guillot ayant par son honnêteté manifeste, retrouvé la confiance de la faction
    contre-révolutionnaire fut remercié par eux pour son intégrité et sa droiture et tout le monde se retira satisfait, persuadé quelque part que la prochaine élection se
    déroulerait&nbsp;«&nbsp;normalement&nbsp;».</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Hélas, il n’y eut pas d’autre scrutin, car entre temps, les républicains avaient réussi à faire partir un faux
    procès - verbal électoral en direction de Paris. Le temps que le navire porteur de la précieuse autorisation, fasse le chemin de retour et le 24 novembre 1792 à Paris, André Pomme fut déclaré
    très officiellement député de la Guyane à la Convention nationale.</span></span>
  </p>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    <span style="font-family: times new roman,times;"><span style="font-size: 12pt;">Dés lors, la volonté de mâter la rébellion Contre-révolutionnaire des Antilles n’apparaît plus dans les archives
    et l’Assemblée nationale semble avoir fait une croix momentanée, sur ces possessions françaises d’Amérique. De toute façon, l’Assemblée n’avait pas les moyens financiers pour faire parvenir dans
    ce pays lointain des forces militaires supplémentaires...</span></span>
  </p>
  <div id="sdfootnote1">
    <p class="sdfootnote" style="text-align: justify;">
      <a id="sdfootnote1sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote1sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote1anc">1</a> L’article VIII du projet de décret est ainsi présenté&nbsp;:
      <em>«&nbsp; Le ministre de la Justice et celui de la Marine s’entendront sur le nombre des femmes qui ayant encouru la peine de la déportation, seraient utilement adjointes aux déportés
      actuels&nbsp;; aux même conditions que les individus désignés dans les articles précédents&nbsp;».</em>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote2">
    <p class="sdfootnote" style="text-align: justify;">
      <a id="sdfootnote2sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote2sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote2anc">2</a> Entre l’élaboration de son projet de déportation et celui du
      décret, Pomme a changé d’avis sur les conditions de vie des ouvriers&nbsp;; en effet l’article VII dit&nbsp;: <em>«&nbsp;Ils seront embarqués, gré à gré, avec les déportés pour aller dans
      l’établissement projeté, exercer leur métier sous les mêmes lois que ceux-ci et cela pendant un temps proportionné à celui que doit durer leur détention&nbsp;».</em>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote1">
    <p class="sdfootnote" style="text-align: justify;">
      <a id="sdfootnote1sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote1sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote1anc">1</a> BNF référence 8 LE 38 2020 Convention nationale,
      <em>observations d’André Pomme l’Américain, sur le mode d’exécution de la déportation à la Guyane.</em>
    </p>
  </div>
  <div id="sdfootnote2">
    <p class="sdfootnote">
      <a id="sdfootnote2sym" class="sdfootnotesym" name="sdfootnote2sym" href="http://srv05.admin.over-blog.com/#sdfootnote2anc">2</a> La rivière Oyapock est une des frontières du département depuis
      1900.
    </p>
  </div>
  <p class="western" style="text-align: justify;">
    taires, qui aurait fait cruellement défaut en métropole.
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 19 Jun 2009 07:24:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">10219fb91994929cd7b7d4825f81f779</guid>
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