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18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 11:17

C'est dans le courant du 1er siècle aprés JC que les romains commencent à alimenter en eaux de sources la ville d'Arles . Pour celà, ils vont aller chercher les sources  qui à l'époque jaillissent des deux massifs encadrant la ville d'Arles :

Les Alpilles avec le bien connu aqueduc de Pont de Crau.

- Les Costières du Gard, dont l'aqueduc venant de Bellegarde reste partiellement à découvrir... C'est le sujet de cette étude...

La cartographie des inondations de 2003 dans le Pays d'Arles a le mérite de nous montrer les lieux les plus bas de la plaine dite de Beaucaire en général et la nécessité d'établir au plus court un franchissement aérien du fleuve, en particulier...

inondation--Bellegarde-001.jpg

 En rouge le tracé supposé de la conduite d'eau

 

L'aqueduc des Costières du Gard commence en effet de nos jours à être mieux connu. La partie qui nous intéresse commence à proximité du village de Bellegarde (30). La branche de l'aqueduc qui semble se diriger vers Arles commence (débuté peut - être vers l'an 165) en effet à l'Est de la localité de Bellegarde ...

 

Aqueduc-Bellegarde-1-001.jpg

  L'aqueduc des Costières (1)

 

 

 Aqueduc-Bellegarde-2-001.jpg

  L'aqueduc des Costières (2)

 

LE PONT - AQUEDUC D'ARLES / BELLEGARDE 

 

 L'aqueduc d'ARLES (en orange sur la carte ci - dessus) se sépare de l'aqueduc principal de  BELLEGARDE - BEAUCAIRE à l'Est du mas Durat ou Dauret (nom variant suivant les dates des cartes ). Là, semble commencer " la draille des Arcs", dont le nom fait allusion à la présence d'un aqueduc aérien. 

Nous avons un descriptif complet de l’édifice de la Draille des Arcs, monument jusqu'alors  totalement méconnu. D’une longueur de 1615 mètres, depuis le site du mas de Valescure jusqu’au mas de Contrac, le monument pourrait atteindre 6 à 8 mètres de haut, voire plus. La hauteur de l'aqueduc de Pont de Crau quant à lui était d'environ 20 mètres...

Valescure--ign-001.jpg

 

L'aqueduc aérien était constitué de 250 piles environ dont 180 ont été repérées à ce jour. De forme carrée, la base de certaines des piles est constituée d’énormes blocs de calcaire provenant des carrières de Beaucaire dont le poids est estimé à environ 4 tonnes. 

 

 

Draille des Arcs : base de pile en grand appareil

 

    Cette image  donne une première vision de l’ampleur du monument :

Piles du pont aqueduc de la Draille des Arcs

Mise à jour de la Draille des Arcs

 

L'image ci - dessous (courbes de niveaux de 2.50m) montrent que cette draille coupe l'ancien cours d'eau qui alimentait le marais de Bellegarde et que l'actuel mas de "Clos Finot" était une île (altitude actuelle de 3.00m) au milieu de ce bras, et en amont de l'aqueduc. 

 

IGN-draille-des-arcs-001.jpg

  La draille des Arcs

     On notera que le marais de Bellegarde est encore visible à l'époque de CASSINI sur la carte ci - dessous :

 

cassini-bellegarde1-001.jpg  Le Rhône romain à Bellegarde

Les cartes de Cassini, ci - dessus et suivantes, nous montrent en fait au travers des étangs que ces zones marécageuses représentent la plaine d'inondation du Rhône romain, peut-être le Petit - Rhône d'aujourd'hui ...

La draille des Arcs serait donc un pont - aqueduc sur le fleuve romain tout comme le fut l'aqueduc de Pont de Crau à Arles...

 

 Cassini-2-001.jpg

 Le Rhône romain entre Beaucaire et Bellegarde

 

cassini-3-001.jpg

L'ancienne plaine d'inondation entre Bellegarde et Arles

 

    Mais le bulletin des Amis du Vieil Arles, dans son numéro 130, nous apporte un témoignage d'importance : " En l'année 1627, pendant la grande sécheresse, les marais qui avoisinent Saint Paul (le mas Saint Paul, NDLR) s'entrouvrirent de telle sorte qu'on eut dit un bras de rivière de 6 toises de largeur, d'autant de profondeur et d'environ 200 toises de longueur... Au fond de cette ouverture, je vis de gros tuyaux de plomb visant vers Arles et quantité de murailles et de grosses pierres".... 

Quels enseignements peut - on tirer de ce témoignage ?

 

- D'abord, sur la nature de la découverte : Nous sommes probablement à la hauteur de la Draille des Arcs, où l'observateur de l'année 1627 a vu des murailles et de gros tuyaux de plomb. Essayons de situer cette fosse qui se trouve obligatoirement de nos jours en un endroit bas de notre relief. Il semble qu'un seul lieu corresponde :

fosse-1627-001.jpg  Lieu d'observation probable de 1627

On sait de nos jours que les tuyaux de plomb romains dont les plus gros avaient un diamètre extérieur  de 30 cm, véhiculaient l'eau, ce qui veut dire qu'en ce lieu, les murailles ne supportaient pas un aqueduc, mais bien un pont routier traversant tout comme à Pont de Crau, ce qui à l'époque romaine n'était autre qu'un bras du Rhône....

Nous connaissons la longueur de ce pont, soit environ 1625 mètres, ce qui à cet endroit devait être la largeur du bras du fleuve romain et / ou de sa plaine d'inondation. 

Le point de départ de ce Pont - aqueduc, n'a pu se faire que depuis un bassin de régulation  , une sorte de château d'eau (peut - être visible dans le champ d'oliviers du mas Daurat de la vue aérienne ci - dessous, à l'altitude actuelle de 20 mètres, soit 32 mètres au début de l'époque romaine):

chateau-d-eau-001.jpg

 Probable bassin de régulation de Valescure - Daurat

 

On peut estimer les capacités de la conduite dont les données sont les suivantes :

- Point de départ à 32 mètres (altitude à l'époque de la construction), soit 20 mètres de nos jours.

- Arrivée 0 mètres  de l'époque romaine (soit maximum à -14 mètres actuel).

- Diamètre intérieur maximum de la conduite : 0.24 mètre.

- Distance maximum de la pente (bassin - début du fond du fleuve) : 250 mètres.

L'angle de pente minimum de la conduite était donc de : 7°29 et son pourcentage de 12.8%.

 

Dans l'état actuel de nos recherches, on ne sait pas si cette conduite de plomb continuait jusqu'à ARLES, soit sur 12 km. On peut estimer tout au plus sa direction tracée sur la carte ci - dessous :

aqueduc-IGN-ARLES-BELLEGARDE-001.jpg

 Aqueduc Bellegarde - Arles

 

NEWS :      Aux dernières nouvelles, la liaison en tuyaux de plomb, Bellegarde - ARLES que nous suspections, semble se confirmer ...

Ces jours derniers, une campagne de fouilles dans le fleuve a mise en évidence une nappe de tuyaux de plomb de 30cm de diamètre (la même section que ceux de Bellegarde) :

 

En rouge : Les conduites trouvées dans le fleuve

 

UNE LIAISON AVEC LE PONT DU GARD ?

 

 Nous savons que l'aqueduc du PONT DU GARD à NÎMES, passait prés du village de BEZOUCE à 12 km du bassin supposé du mas de Valescure.

Il serait étonnant que les romains ait ignoré une possible liaison avec ARLES... L'altitude  moyenne du parcours de l'aqueduc supposé, semble être de 61 mètres sur toute la longueur du parcours...

 

APPEL A NOS AMIS RANDONNEURS 

 

  Vous pratiquez la randonnée seul ou en groupe ? ... Aidez - nous dans nos recherches en nous signalant des vestiges :

- Entre ARLES et la Costière du Gard. Nous savons qu'il y avait un cimetière gallo - romain à l'ouest de SAUGEAN ....

- Entre   le mas de Valescure et BEZOUCE ; nous suspectons une liaison de l'aqueduc de Bellegarde - Arles, avec celui du Pont du Gard - Nîmes...

 

 

A SUIVRE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by EOLE, vizir, J de Molay - dans CAMARGUE ANTIQUE
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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 05:44

 

 

Suite aux trés nombreux courriers que nous recevons de TOUS PAYS, nous vous promettons de traduire cette page en anglais ... Mais ... PATIENCE !...

 

 

L'EPAVE DU RHÔNE

 

 

 

Elle est désormais exposée au Musée de l'Arles Antique, pour le plus grand plaisir des incrédules ... Mais pas du contribuable qui constate qu'avec la somme d'argent dépensée, on en aurait largement construit un neuf voire plusieurs ...

Nous sommes dans une France en panne d'idées, placée sous le dictat de la pseudo - culture...

 

Dans cette épave du Rhône, il a été trouvé un bloc de pierre, identifié comme venant de Saint Gabriel, alias Ernaginum. Nous avons retrouvé la rampe du quai d'expédition de ces carrières...


 


Que serait l'archéologie sans l'imagination

ou l'intuition des hommes?...

 

En fait ce sont probablement les inondations de décembre 2003, qui m’ont emmené à travailler sur les anciens rivages de la Camargue. La brèche créée en amont d’Arles, responsable de l’inondation des quartiers Nord de la ville, avait formé une immense nappe d'eau qui, barrée par les digues du Vigueirat et de la Roubine du Roy, n'arrivait pas à s'évacuer... Elle me rappelait l’ancien passage du Rhône du début de notre ère : venant de Saint Gabriel (Ernaginum) le fleuve antique s'engageait dans le couloir Alyscamps-Fourchon... C'est ainsi en effet qu'il semble figuré sur la Table dite de Peutinger, carte que l’on date communément d'avant le 4ème siècle de notre ère.

Or dans le cas de 2003, c'est bien contre la digue du canal du Vigueirat (celle qui borde le quartier de Montplaisir), et celle de la roubine du Roy (limitrophe du quartier de Grisfeuille, que les hauteurs d'eaux furent les plus importantes... Un peu comme si le fleuve cherchait une ancienne issue, qui vu la déclivité des terrains, ne pouvait se situer que vers le défilé Alyscamps – Fourchon... Mon imagination galopante m'emmena très rapidement à me dire qu'après tout, si la Table de Peutinger était fiable au moins sur ce point de passage du fleuve, pourquoi ne le serait-elle pas sur d'autres ?... Comme par exemple, la présence de deux îles et leur positionnement dans l'ancien delta... Je le sais, cette façon de penser va totalement à l'encontre des idées que se font les scientifiques, du paléorivage de la Camargue, et il est vrai que ce découpage si particulier de la côte, n'a, à ma connaissance, jamais été évoqué...

Tout un chacun s'accorde pour annoncer une fin prochaine du rivage camarguais que nous connaissons; ma démarche de pensée va dans le même sens : la Camargue est effectivement victime d'une érosion intense et inéluctable de son littoral. Certes le niveau de la mer monte, certes les érosions maritime et éolienne sont conséquentes; mais de toute évidence un autre phénomène doit être pris en compte : la sismologie, phénomène naturel responsable en grande partie depuis le début de notre ére, de la modification de la côte camarguaise. Alors, comment expliquer, l'influence de ce phénomène géologique, tout en restant simple ?

 

La géographie du Delta avant notre ère
 

Les cordons littoraux mis à jour tendent à montrer que le littoral originel de la Camargue, remontait très nettement vers le Nord. Le fleuve a put suivre le parcours - Défilé d'Arles-Fourchon, Rhône Par le biais des premiers apports sédimentaires le fleuve va continuer sa course par le Rhône de Pecaïs. Ce bras se fermera lui-même vers le IIIème siècle avant JC et donnera naissance d'abord au bras de Saint Féréol et puis à celui d'Ulmet.

Depuis le rivage maritime qui se trouvait alors à hauteur du Château d’Avignon, les sédiments apportés par le Rhône de Saint-Ferréol vont construire en un peu plus d’un millénaire, une immense pointe triangulaire s’avançant sur la mer jusqu’à plusieurs kilomètres au sud de l’actuel rivage des Saintes-Maries de la Mer. Cette pointe, était formée d’une succession de cordons sableux emprisonnant des lagunes. Cette structure est encore bien visible, surtout à l’ouest du tracé du Rhône de Saint-Ferréol, avec la succession des étangs de Consécanière, de Ginès et des Launes, et les cordons qui les séparent, empruntés par les deux routes allant de Pioch-Badet aux Saintes-Maries-de-la-Mer. C'est quelque peu avant l'époque grecque que l'on va assister après d'autres périodes de crues, à la percée du Rhône d'Ulmet, et à la création de la plaine d'inondation (l'actuelle Tête de Camargue) créant ainsi le fameux « immense étang » que nous signale Platon..d'Albaron, la mer -. Le Rhône abouchait alors à la hauteur de l'actuel Château d'Avignon.

La séparation des deux bras, va se faire aux environs de Valériole, puis le nouveau cours part vers le Sud, en longeant le bord Est du Vaccarès, avec une dérivation entourant le marais de Saint-Seren, au niveau de la Tour du Valat . La fin de son cours est mal connue, mais de toute évidence, selon les recherches effectuées sur les cordons littoraux, le bras se jetait du côté du mas de Boisviel, dans ce qui va devenir le Grau des Marseillais

Peu avant le premier siècle avant notre ère, une nouvelle crise hydrologique va être à l'origine de la création d'un bras qui va séparer l'île de Camargue des origines (la partie de terre comprise entre les bras de Saint Féréol et d'Ulmet) en deux îles bien distinctes. C'est du moins ce que la Table de Peutinger semble nous décrire... Cette configuration sera l'aspect de la Camargue à l'époque romaine (du Ier siècle avant JC et au moins jusqu'au IVème siècle aprés), que je propose ...

 

Quelques mots sur l' évolution de la Camargue

 

Concernant cet article, certains de nos lecteurs pourront s'interroger sur l'utilité de rechercher les anciens rivages, qu'ils soient fluviaux ou maritimes, et à plus forte raison, des deux à la fois. Pour ce qui est du cas de la Camargue, l'étude des paléorivages me semble bien représenter les importantes modifications que notre région a subit au fil des siècles, et de fait les inéluctables transformations qu'elle subira dans l'avenir...

De nos jours, la moindre aggravation météorologique, provoque à juste titre, l'inquiétude des habitants des Saintes Maries de la Mer relayée, peut être pas toujours à bon escient, par les médias locaux... L'érosion du littoral à la hauteur même du village, semble en être la principale source d'interrogations... Face à ce phénomène, la réponse des élus s'oriente vers un renforcement des digues... Si ce n'est que le coût de tels travaux apparaît comme étant des plus prohibitifs, tout particulièrement par ces temps de crise économique, où l'argent des contribuables se doit d'être dépensé avec parcimonie.... D'autant qu'une hypothèse de recherche semble avoir été oubliée...

En effet, cette spectaculaire érosion des sols ne s'explique certainement pas uniquement, par la montée du niveau de la mer, l'érosion éolienne ou la force des courants. Elle est due essentiellement, je pense, à l’instabilité du sol camarguais de type sablo-vaseux qui sous l’action des mouvements sismiques provoque un glissement des plaques littorales vers les grandes  profondeurs. C’était l’idée maîtresse de Fernand BENOIT : … Autant de phénomènes d’érosion qui semblent ne pouvoir s’expliquer absolument que par une dénivellation causée par un affaissement du sol, dont l’effet fut sensible, en particulier aux XIIIème et XVIIème siècles…

Sous la poussée de la plaque africaine, la plaque adriatique bute contre la plaque européenne, entraînant la fermeture de la Téthys et, par collision, la formation des Alpes et des Apennins.
Ce plissement se poursuit, à la vitesse de 1 à 2 cm/an, occasionnant des séismes (ROGNES et ses conséquences aux Saintes-Maries-de-la-Mer le 11-6-1909).

 

Au plus prés de nous, en 1909, le séisme de Rognes, pourtant peu ressenti du côté des Saintes Maries de la Mer, fut certainement responsable d'un important affaissement des fonds sous-marins de la côte saintoise.

Face au village, les rebords du plateau continental distants des côtes de quelques centaines de mètres sont très escarpés; avant de glisser vers les grandes profondeurs, les alluvions des embouchures du fleuve s'y déposent en couches instables.

Un micro séisme local ou une forte crue des Petit et Grand Rhône peut faire basculer ces masses de limon et de cailloutis. Il se dit par exemple que le séisme de ROGNES a fait reculer la côte de 2500 mètres... L'ancien cimetière qui se trouvait au sud des arènes est actuellement par 5 mètres de fond...

Le danger pour l'avenir est bien là ! En méditerranée, les mouvements sismiques sont relativement fréquents, au point que leurs manifestations ne se situent pas uniquement sur l'échelle géologique, encore que nos informations dans ce domaine soient quelque peu limitées... Quelques exemples de mouvements telluriques « récents » nous sont connus, citons au plus proche de nous : Antibes le 20-7-1565 ; Marseille le 29-6-1725 ; Antibes le 23-3-1818 ; ouest de Marseille en 1821 ; encore à Marseille le 8-7-1829 ; sur le littoral de Cannes et à Oneglia (Italie) le 28-2-1887 ; Stes-Maries-de-la-Mer le 11-6-1909 ; de Nice à Antibes le 17-9-1979.

Le séisme de ROGNES

IV    Secousse constatée par l'homme en activité. Ébranlement d'objets, trépidations des vitres.

V     Secousse généralement ressentie. Tintement de sonnettes, ébranlement de meubles, lits, etc.

 

Il y a 5000 ans le littoral, arrivait à la hauteur du Château d'Avignon. Entre temps le littoral saintois a progressé vers le Sud de plusieurs kilomètres... Le niveau de la mer étant beaucoup plus bas : ce sont bien les dépôts limoneux apportés par le fleuve qui ont fait reculer le rivage.

Il se trouve que, ces fonds sablo – vaseux caractérisent l’espace sous - marin de la zone située entre les deux embouchures (du Petit – Rhône au Grand – Rhône). Ce dépôt repose sur un fond dur dont l’inclinaison est très forte suivant les endroits, tout particulièrement face aux régions des deux embouchures. Les épaves antiques actuellement identifiées au large des Saintes, sont peu nombreuses eut égard à l'activité commerciale antique que l'on prête volontiers à cet endroit de la côte... Elles se trouvent posées sur le haut de la zone sous – marine la plus pentue.

De fait, on peut légitimement se demander, où sont donc passées les autres épaves ? Certainement dans les grandes profondeurs, que même la DDRASM avec ses importants moyens, ne peut visualiser.... La logique porte à penser, que l’ensemble de la couverture sablo – vaseuse glisse inexorablement vers les grandes profondeurs du Sud – Ouest du golfe, entraînant avec elles ces vestiges sous – marins. Ce glissement naturel ne peut être qu'accéléré lors des secousses sismiques, et ce quelques soient leurs amplitudes.

Or pour cette zone si particulière de la côte, on ne peut que déplorer l’absence de surveillance sismique du plateau sous-marin continental, je pense plus particulièrement à des capteurs posés sur le fond à hauteur des lignes bathymétriques et destinés à en surveiller les glissements. Pour preuve, les différentes cartes côtières1dressées au fil du temps, montrent un très net recul du trait côtier ainsi que l’accroissement des profondeurs de la frange littorale, tout particulièrement face aux Saintes Maries de la Mer.

De part l’absence d’une surveillance scientifique de la zone, les courbes bathymétriques des 5 et 10 mètres, ne sont plus identifiables (aucun relevé n’a été fait depuis 1985)…..

Aux Saintes et de nos jours il y a, prés de 2,00m de fond au pied de la digue Est; en octobre 2006,  un simple vent de force 4 l'a rompu en divers endroits.... Alors, le renforcement des digues est-il la solution pour protéger ce lieu ? Certes non d'autant que l’édification de ce type de protection n’est pas une nouveauté en soit... A l’Ouest du village, les anciens avaient déjà édifiés une digue de protection (visible sur la carte de 1872) mais qui au moins depuis 1895 avait déjà disparue sous les eaux !...

Pourquoi pas ? D'autant que les quelques solutions apportées jusqu'à présent, par différents chercheurs, ne sont pas du tout satisfaisantes... Y compris cette représentation de la Camargue antique, placardée sur un mur du Musée Bleu, un peu comme si l'on n'avait pas su quoi mettre...

 

 

 

« Comment peut-on de nos jours adapter la Table de Peutinger à la géographie de la Camargue ? » Les apports sédimentaires du fleuve combinés à la hausse du niveau de la mer, mais aussi et peut-être surtout les effondrements sous-marins, sont certainement les facteurs essentiels qui entravent notre vision de la Camargue Antique.

Voici ce que nous observons sur le document :

  • ARLES était sur la rive droite du fleuve. Le fleuve passait donc à l’Est de la ville, dans le seul espace possible: le défilé ALYSCAMPS – FOURCHON.

  • Sous ARLES, le fleuve se jetait semble-t-il, dans un étang que les Grecs appelaient STOMMALIME. Cette nappe d'eau semblait occuper l'ensemble de ce que nous appelons aujourd'hui la Tête de Camargue.

  • Deux îles s'étaient formées au centre du delta et trois couloirs fluviaux donc trois embouchures, sont représentés sur la carte.

  • Les pointes sud des deux îles semblent être à la même lattitudeque la région de Fos – sur - Mer.

D’autre part la logique veut qu’à son origine, les trois bras du fleuve n’ont pu que circuler dans les sillons les plus bas du relief deltaïque. Nous connaissons quelques uns de ces passages, ils ont été nommés :

  • Le  Rhône d’Albaron. Mais sur la Table de Peutinger, aucune indication ne nous montre la prolongation de ce bras par les Rhône de Canavère et de Peccaïs... En ce sens, il me semble plus logique de faire aboutir ce Rhône d'Albaron, quelque part en aval de l'actuel mas de Carrelet. Or avec cette simple modification , nous nous trouvons en conformité avec le graphisme de la Table de Peutinger...

  • Le Rhône d’Ulmet, se jetant dans le gradus massalitorum ou grau des Marseillais.

  • Le Rhône de Saint Féréol, débouchant en mer par une péninsule, séparant le grau des Marseillais du Grau Lybique.

Ces parcours, dont les tracés résultent de sondages géologiques partiels, ont été illustré par les archéologues... Il est vrai que ce schéma ne correspond pas ou pas vraiment à la Table de Peutinger. Mais à mon avis, il ne s'agit que d'une affaire d'interprétation graphique ... Les traits des différents rivages de la carte que je propose ci-dessous, suivent plus ou moins les paléo-chenaux d'Albaron, de Saint Féréol et d'Ulmet mis à jour. Pour le moment, une seule modification graphique est nécessaire: celle du Rhône d'Albaron qui devait rejoindre celui de Saint Féréol du côté du mas de Bardouine, en suivant les Costières du Gard. Ainsi pour ce qui est au moins de la rive droite du fleuve, nous sommes en adéquation avec la Table de Peutinger...

Il est peut-être bon de noter que les parcours des trois bras du fleuve, sont encore identifiables; tant il est vrai que probablement, le relief antique a été recouvert d'une couche uniforme de limons, faisant en sorte que les anciens sillons d'écoulement des eaux du fleuve, sont encore perceptibles de nos jours, et ce sous la forme de collecteurs que sont roubines, égouts et canaux.

Il est en effet étonnant de retrouver de nos jours dans le réseau de drainage de la Camargue, ces trois paléo-chenaux, sensiblement aux mêmes endroits à savoir:

  • Pour le Rhône d'Albaron: les marais de Beaucaire et de Bellegarde; puis prés d'Arles : la roubine des Bastières, celle de Rousty, l'égout de Saliers, le marais des Pétassades, la rigole de Méjanes. Le paléochenal d'Albaron rejoignait celui de Saint Féréol dans la zone des Patis de la Trinité, de la Sigoulette et Bardouine.

  • Pour le bras de Saint Féréol: la partie naviguable du fleuve peut se retrouver à sa sortie du défilé arlésien, dans le tracé de la roubine de la Triquette via la roubine de la Grande Montlong puis les marais de Gageron-Valériole-Villeneuve. Le bras naviguable de Saint Féréol, longeait alors la Montagne par le biais du canal de la Petite Montlong, et coupait l'île par le canal de la Grand-Mar (la Fosse Marienne 1). Le bras naviguable de Saint Féréol rejoignait celui d'Albaron dans la région du mas de Carrelet, par le canal de Rousty et la rigole de Méjanes. A partir de Carrelet les deux bras filaient en ligne droite vers l'embouchure du Grau de la Fourcade.

  • Le bras d'Ulmet, était la partie du fleuve qui, à hauteur de l'anse Gageron-Valériole-Villeneuve, se détachait du bras de Saint Féréol, pour se diriger vers le grau des Marseillais. Il est très probable que déjà au début de notre ère, le Rhône d'Ulmet difficilement navigable, n'avait déjà plus que le statut de marécages.

  • Le bras médiant, un passage peu profond entre les deux îles qui a dû s'ouvrir aprés une forte crise hydrologique, à la fin de l'époque grecque ou vers le 2ème siècle avant JC.

Mais où en est – t – on des réflexions sur ces cours d'eau ? Gilles Arnaud Fasseta, écrit: « on sait tout au plus que l'écoulement des eaux fluviales du delta, est alors partagée entre trois paléochenaux: Saint Féréol, Albaron et Ulmet... Le Rhône de Saint Féréol représentant le bras majeur, occupe une place centrale dans la construction du delta... ». Il s'aligne sur les avis de deux autres chercheurs, Gauthier Descottes (1879) et Lhomer (1987): « ... Le bras de Saint Féréol était encore important à l'époque romaine, il aurait cessé de fonctionner au XIème siècle, mais son lit fut curé et entretenu sous forme de roubine jusqu'en 1440».

Dans ma représentation des anciennes embouchures, le lecteur observera, qu’il a pu exister sur le rivage de l’ancienne Costière de Crau, une sorte de golfe, mis en évidence de nos jours, par trois importants sites archéologiques, tous datés du 1er siècle avant JC : Gageron-Valériole-Villeneuve. 
Pour réaliser une interprétation de la Table, il fallait choisir des points et des lignes caractéristiques, voire immuables au travers des âges :

  En descendant le bras de Saint Féréol, vers la bouche dite Massaliotique, ou Grau des Marseillais, les auteurs anciens nous décrivent la présence d'une montagne qui ne peut avoir été, rien d'autre qu'une pénétration du plateau de Crau en Camargue: « … Il y a en effet une montagne qui sépare l’embouchure de l’étang… ».

Il est vrai que l’on retrouve de nos jours, l'éminence de cette montagne . La partie disparue, donc la plus basse ayant été nivelée par les crues et les apports sédimentaires du fleuve, entre le Vème siècle et le haut Moyen-Age. Nous allons l’appeler la montagne de Villeneuve . Cette avancée du plateau de Crau, pourrait être caractérisée par une ligne de crête allant de Valériole vers le point le plus élevé des Costières de Crau bordant le fleuve antique, l'actuel mas de Kanontge. Les aménageurs modernes du fleuve devront couper cette montagne par le fameux seuil de Terrin.

Une partie de cette éminence, pourrait bien être l'élément révélateur du rivage flandrien oriental, découvert sous la forme d'un cordon littoral à la hauteur de Boisviel
. Ce profil du rivage Flandrien pourrait être schématisé par une ligne allant du Château d'Avignon, via le rivage Nord de l'actuel étang de Vaccarés, puis Boisviel.

Document CNR: Carte géologique de la Crau d'Arles.

 
Adaptation de la Table de Peutinger

à la cartographie actuelle

 

  Le lecteur pourra suivre le raisonnement sur les cartes IGN 2943 ET, 2944 OT, 3044 OT.

De ces constatations et à la lumière des plus récentes investigations archéologiques, terrestres et sous-marines réalisées dans le delta du Rhône , il m’est apparu peut-être possible d’esquisser une approche de ce qu’a pu être la cartographie des embouchures  du début de notre ère, en s'inspirant du graphisme de la Table de Peutinger, seule image cartographique de l'époque antique …

  •   La COSTIERE DE CRAU : Il est bien évident que ce trait de côte est à réinventer. Si la Costiére de Crau est actuellement dessinée par le Grand-Rhône, celà ne pouvait pas en être le cas au début de notre ére.... Dépots limoneux obligent. A notre avis, le fleuve circulait plus à l'Ouest de son parcours actuel. On pourrait globalement dessiner la Costiére par le trait suivant : la colline de Fourchon, les abords de l'actuel Pont Van Gogh,  le mas Sainte Agathe sur l'actuelle rive droite du fleuve, puis le mas de Quiqueran, la Tour de Mondony, la Couronnade, Beynes, Tour Blanque, Gageron, Valériole, Villeneuve, Saint Germain, les Cabanes de Romieu, La Capelière, puis le mas de Fiélouse (où un de nos lecteurs nous signale la présence à l'Ouest du mas, d'un vestige de quai équipé de 2 ou 3 anneaux). Cet endroit est sondé actuellement par O. BADAN (cf les articles du quotidien la Provence).
    L'actuel mas de Fiélouse aurait été la limite fluvio-maritime de la Costière de Crau, en ce sens qu'à partir de ce point, la côte aurait obliquée trés nettement vers l'Est et plus particulièrement vers la Roque d'Odor, aujourd'hui les Salins du Relais, appelée autrefois Tour Romaine...


    Au Nord de la Camargue: A la sortie du défilé ALYSCAMPS – FOURCHON, le fleuve arrivait dans un étang que Strabon décrit « … un étang d’eau de mer, que l’on appelle STOMALIMME (étang de la Bouche) qui contient toutes sortes de coquillages et est par ailleurs très poissonneux… ». N'oublions pas qu'il y a 5000 ans, le littoral arrivait à la hauteur du château d'Avignon, zone de confluence des bras d'Albaron et de Saint Féréol; de fait l'étang que nous décrit Strabon, a très bien put être un grau alimenté par la mer et les eaux de crues des Rhône. La Table de Peutinger nous montre, que les eaux de l'étang s’écoulaient vers la mer par trois bras en dessinant deux grandes îles longitudinales orientées dans l’axe Nord – Sud. Les profondeurs maximum de l'étang, ne pouvait se trouver que dans les parcours supérieurs des bras d'Albaron et de Saint Féréol . Cette profondeur ne pouvait être que conséquente puisque aprés la Baie de Gageron-Valériole-Villeneuve, l'écoulement des eaux vers la Bouche Massaliotique dèjà très envasée, était devenu extrêmement laborieux ! Cette constatation m'emmenera à évoquer un peu plus loin dans le texte, la position possible de la première Fosse Marienne.

  • Les deux îles de la Table de Peutinger: Je pense qu'il est aussi possible de retracer ce qu'ont put être les profils de ces deux îles sachant que ce sont elles qui en leurs pointes méridionales, ont été le plus victimes des effondrements sismiques. Je vais les décrire sous les noms d'îles de Bouchaud et de Carrelet :

 

L'île de Bouchaud

 

Le lecteur en excusera le graphisme... La tête de cette île se trouvait dans la zone du mas dit Les Jasses de  Bouchaud.
Le profil de l'île, semble suivre le tracé de côtes suivant:
  

  • Rive orientale : Les Jasses de Bouchaud, mas de la Butte, Remoule, Sainte Cécile, Mourefrech, Cabassolle. La suite du trait de côte est actuellement noyé dans l'étang de Vaccarés et semble se diriger vers le site de La Capelière site, où à l'Est, venait passer le bras d'Ulmet, aujourd'hui apparaissant sous l'appelation de Roubine de l'Aube de Bouic. Nous sommes alors à l'extrémité Nord du Grau des Marseillais, où les tours de Vazel et de Brau, ont très bien put être les sentinelles antiques de l'entrée du Grau des Marseillais. Le pendant de ces deux tours, sur la Costière de Crau aurait été Tourtoulen. L'abouchement du Rhône d'Ulmet dans le Grau des Marseillais, serait identifiable de nos jours dans la zone toujours très humide comprise dans l'espace de l'Aube de Bouic, de la roubine de Giraud et de l'Egout de Provedel 

  • Rive occidentale : Les Jasses de Bouchaud, pavillon de chasse de Merle, Roustides de Bourgogne, mas d'Agon, puis le bord du Plateau d'Agon. La suite du trait de côte est actuellement noyé dans l'étang de Vaccarés. On peut peut-être le deviner du côté du Radeau Long du Terme, puis de la Foux du Lion. La côte pourrait avoir rejoint le bras médiant du fleuve et la mer, par le Trobas de Rousty. 

 


L'île de Carrelet

 

On peut encore en deviner les côtes occidentale et orientale, qui pourraient se définir ainsi :

  • Rive occidentale : Domaine de Méjannes – mas de Carrelet - mas Michel - les Fringants. Le site archéologique des Combettes puis le Grau de la Fourcade.

  • Rive orientale: Domaine de Méjannes – Mornés, puis le Pertuis de Rousty.

L'île se terminant à environ 10 kilomètres au large de la Fourcade et du pertuis de Rousty...
 
Aprés ces observations, la carte de la Camargue antique selon la Table de Peutinger apparaît sous la forme schématique ci-dessous .

 

 

NB : La branche du fleuve Beaucaire - Saint Gilles, qui longeait les Costières du Gard et se jetait probablement dans l'étang de Stommalime n'est pas représentée sur le schéma. Cette branche du fleuve circulait dans une dépression qui fut particuliérement évidente sur les photos sattelites de l'inondation d'Arles de 2003.

 



    G-ographie-Antique.png

Max DANIEL : Représentation de la Camargue antique selon Peutinger

Le lecteur notera que les   pointes SUD des deux îles se trouvaient à quelques 23 kilomètres de village actuel des Saintes... C'est à dire à la même lattitude que le cap couronne...

 

Lire Le Carrelet, Lucas Martin , dans Bulletin archéologique de Provence, supplément 2, 2004.

Vestiges du IIème siècle av JC au IIIème ap JC.

 

Coupe 300 du Carrelet


Pour bien des raisons, le site de Carrelet semble avoir été un lieu prépondérant pour la navigation dans le delta. Il est très riche en enseignements : nous sommes en effet sur l'emplacement d'un ensemble portuaire comprenant entre autres un quai, des habitats, des bassins de salaison, des sites funéraires, etc... Une des dernières fouilles du lieu, montre qu'au tout début de notre ère, le Rhône de Saint Féréol coulait en ce lieu à environ 3,50 métres sous le niveau du sol actuel. Le rivage du port de Carrelet (enrochements) était alors à 1,50 mètre au dessus du lit du fleuve et semblait surmonté par un parapet d'une hauteur de 0,60 mètre.
Son extrémité Sud semble se situer presque à la même hauteur que l'actuelle pointe de Beauduc; l'île se serait donc jusqu’à environ 10 km au sud du rivage actuel des Saintes Maries de la Mer ! Encore que le Livre Noir de Vincent Phalippon, vecteur d'une sorte de tradition orale, nous dit que le village se trouvait au début de notre ére, à 23 km de l'avancée des terres dans la mer ...

 

LA FOSSE MARIENNE

 

Ce travail sur la géographie de la Camargue Antique, nous emmène à proposer notre point de vue sur l'emplacement du fossé creusé par l'armée du général Marius ... Et en ce sens, nous avons imaginé le trajet d'Arles à la mer, qui à notre point de vue semble être le plus acceptable ...

Il nous apparaît évident de dire que les profondeurs des voies d'eau empruntées variaient ...

On peut dire qu'il y avait tout au plus 0.50m sur l'étang de Stomalimmé, soit entre le port d'Arles (au sud de la ville actuelle, quartier Bigot) et l'anse de Villeneuve/Gageron - Vallériole - Sainte Cécile de Mourefrech.

 

 

 

Il y avait par là obligatoirement un premier port de délestage de marchandises (au nord du mas de Notre Dame d'Amour, il y a un ancien marécage appelé "l'Echelle" c'est à dire l'Escale ou "le port"). D'Arles à l'Escale, et inversement, c'était le parcours en radeaux ou en barques (celle trouvée dans le Rhône par exemple) des Nautes arlésiens.

 

A partir de la rade de Villeneuve/Gageron - Valériole - Mourefrech, et donc à partir du port de l'Escale, les marchandises étaient transférées sur des navires ayant un "tirant d'eau" maximum de 0.40m, ce qui était le cas des navires romains ... Pour rejoindre la mer, il fallait traverser l'île Est ... D'où l'utilité d'un fossé ...

 

 

Le creusement du fossé coupant l'île EST

 

 

Les paléo - rivages

A notre avis, la solution privilégiait la longueur du fossé à creuser tant il est vrai que la pénibilité des travaux en ces lieux était pour le moins conséquente ! et il devait y avoir la possibilité d'utiliser accessoirement les directions plus ou moins relatives des vents dominants (NNO et SSO) ...

Il nous semble évident de dire aussi qu'il a existé sur chaque rive, un chemin de halage, ne serait ce que pour que les utilisateurs du canal soient le moins dépendants possible des caprices de la nature ...

 

Globalement on peut  situer cette fosse entre le mas d'Agon et le marais de la Grand Mar  dans l'axe du canal du même nom ... Là même où la dépression du terrain "originelle" fut la plus marquée... Soit tout au plus sur une longueur de 2 kilomètres.

A la sortie du fossé de Marius, les navires se dirigeant vers la mer, "piquaient" sur le quai antique du Carrelet via l'ancien port de haute mer (à 23 kilomètres de l'actuel village des Saintes) ... 

C'est la solution qui nous semble la plus plausible ! On peut alors estimer le temps moyen de navigation à la descente :

- D'Arles à l'Escale soit 11 kilomètres sur l'étang de Stommalime, donc en milieu lagunaire. Au départ de Pont de Crau, en privilégiant l'axe NNO - SSO. Vitesse 1km/h, soit 11 heures.

- La fosse marienne soit 2 kilomètres. Vitesse 1 à 2 km/h, soit 2 à 4 heures.

- La descente du fleuve :

  • Du mas d'Agon à Carrelet soit : 6 kilomètres, vitesse 4 km/h. Soit 1 h 30. En privilégiant toujours l'axe du Mistral.
  • De Carrelet à la mer soit 30 kilomètres à la vitesse de 4 km/h soit environ 8 heures en axe N-S.

Le cumul du temps de descente minimum (sans compter les délestages et chargements) était donc d'environ 24 heures.

 

QUESTION : Y - a - t - il eu d'autres fosses ?

 

Une seconde Fosse ?

Si le fleuve a été détourné le long de la Montagne de Villeneuve, à la hauteur de la rade Villeneuve – Valériolle – Gageron, c'est bien parce que sur ce site, un ou des cordons sédimentaires étaient en voie de formation et devenaient de fait, des obstacles à la navigation.

Ces cordons de sédiments allaient globalement donner naissance aux rives du Rhône d'Ulmet et donc, c'est sur la partie supérieure de ce bras du fleuve qu'il faut peut-être rechercher non pas un autre Fossé, mais bien un simple aménagement navigable, permettant aux navires de joindre la baie de Villeneuve – Valériolle – Gageron au grau des Marseillais via le port maritime de Fossis Marianis.

Cette Fosse supposée, pourrait avoir été creusée dans le lit et en tête du Bras d'Ulmet. On peut la situer de nos jours dans la zone proximale de l'Egout de Roquemaure, à la hauteur du Mas de Pontevès ... Si cette Fosse a existé, sa longueur n'a pas été supérieure à 1200 métres et là encore, nous sommes aussi dans le domaine de la faisabilité.

Notons que d'autres chercheurs sont persuadés également qu'il a existé une Fosse entre Arles et Fossis Marianis; le problème étant qu'ils la situent du côté de l'ancien Galéjon, alors même qu'au début de notre ère, cette région des Costières de Crau n'était probablement pas inondée et qu'elle ne correspond pas du tout au passage du Rhône d'Ulmet.

 

Une troisième Fosse ?

 

S'il a bien existé un port à 500 mètres au large des Saintes Maries, il était tentant aussi pour le général, d'envisager de couper la péninsule de la bouche du Rhône de Saint Féréol par une autre Fosse, ne serait – ce que pour éviter les bancs de sable de son extrémité... Le gisement d'épaves antiques y est important; de plus, des pierres de gros appareils faisant penser à la présence d'un quai, ont été découvertes récemment à environ 500 mètres au large de Port Gardian.

La grande majorité des épaves antiques du golfe des Saintes, est en effet rassemblée entre le Petit-Rhône et Port Gardian, c'est à dire en travers de cette péninsule qui encadrait l'embouchure du Rhône de Saint Féréol.

Légende : en bleu les axes de navigation

 

NB : La coupe du quai de Carrelet (publiée ci - dessus) montre que suivant les crises hydrologiques,  la profondeur en ces lieux était tout au plus de 0.50 à 1.00 mètre ...

 

 

 

  • Nous publierons bientôt un document de cartes plus explicite.
  • Nous sommes entrain de mettre en page notre idée sur l'emplacement du "Camp de Marius" ...

 

LE CAMP DE Caïus MARIUS

 

et sa base navale ...

 

Il fallait barrer la route de Rome aux Barbares !

Par leur nombre et leur aspect, les Barbares en question, avaient très fortement impressionnés les populations et les armées rencontrées sur leurs passages: « C'était un nombre infini de Barbares hideux à voir, et dont la voix et les cris ne ressemblaient pas à ceux des autres hommes... ». Les soldats de Caïus Marius, retranchés derrière leurs remparts, voulurent aller au contact de ces hordes; mais le général romain décida de les empêcher d'agir et de les faire cohabiter : « ... Ce général, qui s'inquiétait peu de leurs défis, retint ses soldats dans le camp, et fit de sévères réprimandes à ceux qui, témoignant une fierté déplacée, et n'écoutant que leur colère, voulaient aller combattre. Il les appelait traîtres à la patrie, et leur représentait que l'objet de leur ambition devait être, non d'obtenir des triomphes et d'élever des trophées, mais de dissiper cette nuée foudroyante qui les menaçait, et de sauver l'Italie. C'était le langage qu'il tenait en particulier aux capitaines et aux principaux officiers ; pour les soldats, il les plaçait les uns après les autres sur les remparts du camp, d'où ils pouvaient voir les ennemis, afin de les accoutumer à leur figure, au ton rude et sauvage de leur voix, à leur armure et à leurs mouvements extraordinaires. Il leur rendit ainsi familier, par l'habitude, ce qui d'abord leur avait paru si effrayant ; car il savait que la nouveauté fait souvent illusion et exagère les choses que l'on craint, au lieu que l'habitude ôte même à celles qui sont redoutables une grande partie de l'effroi qu'elles inspirent. Cette vue continuelle des ennemis diminua peu à peu l'étonnement dont ils avaient été d'abord frappés ; et bientôt leur colère, ranimée par les menaces et les bravades insupportables de ces Barbares, échauffa et enflamma leur courage. Car les ennemis, non contents de piller et de ravager tous les environs, venaient les insulter, jusque dans leur camp, avec une audace et une insolence si révoltantes, qu'indignés de leur inaction, ils se livrèrent à des plaintes qui parvinrent enfin jusqu'à Marius »...

Une scission semble alors s'être produite au sein de l'armée du général: « Quelle lâcheté, disaient-ils, Marius a-t-il donc reconnue en nous, pour nous empêcher de combattre ; pour nous tenir, comme des femmes, sous des clefs et des geôliers ? Osons lui faire voir que nous sommes des hommes libres, allons lui demander s'il attend d'autres soldats qui combattent pour la liberté, et s'il compte ne jamais nous employer que comme de simples travailleurs, pour creuser des fossés, nettoyer des bourbiers, ou détourner des rivières. C'est sans doute pour ces glorieux ouvrages qu'il nous a exercés à tant de travaux ; ce sont là les exploits de ses deux consulats qu'il se propose de présenter à ses concitoyens. Craint-il le sort de Carbon et de Cépion, que les ennemis ont vaincus ? Mais ces généraux étaient bien au-dessous de Marius en réputation et en courage, et leurs armées moins fortes que la sienne. Encore vaudrait-il mieux essuyer quelque perte en combattant, que de rester, dans l'inaction, spectateurs des dégâts que souffrent nos alliés. »

Beaucoup de choses ont été dites sur la position du Camp, tous les lieux quelque peu surélevés de la basse vallée du Rhône, susceptibles ou pas d'accueillir les troupes romaines ont été évoqués....

Tous les lieux sauf un qui repose pourtant sur des constatations évidentes de nos jours : la position du trait de côte avant JC, le niveau du fleuve et ses apports sédimentaires ... Cet angle de réflexion totalement oublié a pourtant une importance capitale !

En fonction de cette nouvelle hypothèse cartographique des embouchures, on peut donc évoquer une nouvelle position idéale du mystérieux et si célèbre camp romain...

En fonction de cette nouvelle cartographie des embouchures, et de nos connaissances sur les camps romains, on peut en effet, imaginer ce qu'aurait put être celui de Marius. Pour celà, nous devons remettre à plat la stratégie globale de son Etat-Major.

Le but de Marius est bien de stopper les dévastations opérées par les barbares. Les hordes des Teutons et des Ambrons arrivant des Alpes, évoluent par voie de terre en suivant la côte Ligure. Ils se dirigent vers l'ouest de la toute nouvelle province qu'est la Narbonnaise. Caïus Marius a pour mission de les anéantir. Les troupes romaines connaissant déjà très bien le terrain, arrivent sur place avec un plan de bataille qui est certainement tout tracé...

La seule véritable barrière naturelle qui est à sa disposition dans cette région, et contre laquelle le général va pouvoir adosser ses troupes n'est autre que la rive gauche du Rhône et son estuaire réputé infranchissable...

Prés de 100 000 hommes, arrivent par la mer et débarquent en rive gauche et à proximité de l'estuaire du Rhône, le but est d'éviter les bourbiers engendrés par le fleuve. Le lieu de débarquement est probablement situé du côté de Fos, prés de l'embouchure Massaliotique.. Ce site maritime présentait l'avantage d'être à l'abri des cordons fluvio – littoraux; la flotte romaine lourdement chargée, a ainsi put éviter la zone marécageuse des embouchures...

La cavalerie romaine va aller reconnaître et occuper les points hauts de la région et l'endroit idéal pour faire stationner le gros des troupes... C’est très certainement vers l’embouchure du fleuve et plus exactement sur l'extrémité Ouest du plateau de la Crau, que le général romain a dressé son camp et sa base navale.

Un seul site obéit à ces considérations : c'est la zone actuelle des mas du Grand Gallignan, de Canontge, de l'Hoste, de la Tapie Saint Léger . L'altitude actuelle du lieu varie entre 4 et 20 mètres, donc à 7,5 mètres et 23,5 mètres au dessus de la mer, au début de notre ère.

C'était probablement la fameuse montagne décrite par les textes anciens, dont la ligne de crête Ouest est matérialisée par l'axe de Villeneuve au mas de Canontje ...

De là, le général Marius a une vue optimale de la région des embouchures, de la mer, du plateau de Crau et bien plus loin vers les montagnes environantes ...

  • A l’Est s’étend la plaine de Crau, lieu désertique d’où l’on voit arriver l’ennemi de très loin, et de plus rendue difficilement accessible par la nature même de son sol, pierreux à souhait. Le site de Canontge est le plus élevé de la partie qui nous intéresse (20 mètres en moyenne). Le site permet d'avoir une vue jusqu'à la colline de Fos et sur les bergeries de l'époque. Les vestiges archéologiques du 1er siècle avant notre ére, y témoignent d'une vie intense . Ces vestiges ont ainsi révélé l’existence de structures communautaires de l’époque romaine, réunissant plusieurs bergeries, un four à pain et un puits. Dix-huit groupes de bergeries et autres constructions antiques ont été répertoriés depuis 1989. On sait qu'à l'actuel mas de Gallignan, a succédé à un vaste domaine Gallo-romain, dont proviendrait une inscription funéraire aujourd'hui disparue, du naviculaire L. Secundius Eleutherus.

  • A l'Ouest et en contre-bas, il y avait le fleuve, ses embouchures et surtout l'anse sécuritaire de Gageron-Valériole-Villeneuve, une rade fluviale idéale si elle était aménagée pour rejoindre la mer en cas de repli .... On notera à l’extrémité orientale de cette ligne, et au Nord de Notre Dame d’Amour, la présence d’un lieu surnommé l’Echelle, qui signifie aussi l’Escale ou le Port (…).

  • Au Nord, il a une vue idéale car très dégagée, sur les oppidums des Alpilles, la colline d'Arles, le plateau de Fourchon, etc...

  • Au Sud, le général était directement et à courte distance de son embarcadère maritime de Fos.

Les études réalisées sur d'autres régions maritimes, montrent que les Camps militaires romains, situés en bordure où à proximité des côtes, étaient toujours associés à une base navale.

Le cantonnement des personnels de la Flotte était évidemment situé en bordure de l'élément liquide et toujours géographiquement surmonté par le Camp.

La base navale assurait une double fonction; son rôle essentiel, étant d'assumer en permanence une mission d'approvisionnement des troupes en matériel et en vivres. D'autre part et probablement surtout, en cas de danger, elle devait permettre aux troupes volontairement acculées au fleuve, d'être évacuées en toute sécurité .

La surface nécessaire à l'édification d'un camp romain représentait un module allant de 1ha pour les plus petits à 53ha pour les plus grands; mais bien entendu, suivant la surface disponible et l'importance des troupes déplacées, ces modules – types pouvaient être multipliés à souhait.

D'où la question de savoir quelle a put être la surface du camp de base, nécessaire à l'établissement de l'armée de Marius. Nous savons que le général est arrivé dans la région de Fos avec 4 à 5 légions; une légion (la cavalerie) s'est séparée des trois ou quatre autres, pour reconnaître et sécuriser les points hauts, qu'elle a certainement aménagés. Ce sont donc trois ou quatre légions qui ont été regroupées en un point pour constituer le camp de base.

Si en France on connait très mal les emplacements des places fortes romaines et à plus forte raison ceux des simples camps, ce n'est pas le cas pour la Grande Bretagne et plus particulièrement pour l'Ecosse.... Globalement, il a été déterminé trois grandeurs de camp: 13ha, 44ha, 57ha.

Les camps de 44ha sont les mieux connus, ils constituent la ligne de marche d'une armée assez importante, comprenant au moins le gros de trois légions, ainsi qu'un nombre équivalent de troupes auxilliaires. Avec la force armée développée par Caïus Marius, nous sommes donc probablement dans ce cas de figure, et ce sont bien les vestiges d'un camp d'environ 44 ha ou de 57 ha , que nous devons rechercher.

Malheureusement, la mise en culture des terres est passée par là bien avant nous, nivelant plus ou moins les sols susceptibles de nous intéresser... Pour détecter en Crau, les emplacements des vestiges passés, le seul recours de l'archéologie reste celui de la photographie aérienne; c'est par ce biais que les britanniques ont révélés une multitude de forts et camps sur leur territoire.

Appliquée à notre problème, la photographie aérienne, par l'intermédiaire de Google Earth, nous a permis de faire « parler » le sol ...

 

PS : Nous avons établi de nombreuses cartes du site. Or la plateforme Overblog ne permet pas de les publier.... Nous les tenons donc à disposition (au format WORD) de nos lecteurs qui nous en feront la demande ... 

 

A SUIVRE


2Gilles Arnaud Fasseta et Lucie Chabal « Evolution des paléo-environnements fluviaux dans la plaine deltaïque du Rhône de l'Antiquité au Haut moyen-âge, d'aprés la géomorphologie et l'Anthracologie ». Dans « Crau, Alpilles, Camargue,Histoire et Archéologie ». Groupe Archéologique Arlésien . Arles 1997.

3Louis Stouff, 1993.

1 Voir les cartes de la Marine levées en 1872 et 1895. La carte d’Etat-Major de 1912 ( 3 ans après le séisme de ROGNES). Celle de 1985, (date de la dernière levée de carte).

1Fernand BENOIT notait un recul du trait côtier saintois, de plus de 600 mètres en 150 ans !

2Dans notre région, il est courant d'admettre que la rythmicité sismique est de l'ordre d'un tremblement de terre par siècle...

1Cette carte appelée Table est composée de 11 parchemins assemblés pour former une bande de 680 cm sur 33 cm. Elle montre 200 000 km de routes mais aussi l'emplacement de villes, mers, fleuves, forêts, chaînes de montagnes. Le format ne permet pas une représentation réaliste des paysages, ni des distances, mais ce n'était pas dans les intentions du concepteur. La carte doit plutôt être vue comme une représentations symbolique, à l'image des plans de métros comme celui de Londres, permettant de se rendre facilement d'un point à un autre, de connaître les distances des étapes, sans offrir une représentation fidèle de la réalité. Elle est probablement basée sur la carte du monde préparée par Marcus Vipsanius Agrippa (né en 64 av. J.-C., décédé en 12 av. J.-C.), un ami personnel de l'empereur Auguste. Après sa mort, la carte a été gravée dans le marbre et placée sur le Porticus Vipsaniæ, non loin de l'Autel de la Paix, le long de la Via Flaminia.. De toute évidence, il existe plusieurs versions de la carte originelle de Marcus Vipsanius Agrippa (64 avant JC à 12 avant JC). Dont une première mise à jour après 328, avec la création de Constantinople. Nous savons aussi qu’un moine de Colmar va la recopier en 1265. La Table est finalement imprimée en 1591, sous le nom de Fragmenta tabulæ antiquæ, par la fameuse maison d'édition d’Anvers, de Johannes Moretus.


SEMAINE ROMAINE A ARLES

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Published by Max DANIEL - dans CAMARGUE ANTIQUE
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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 05:01

Suite à la parution de notre article sur la configuration de la Camargue antique,  De nombreux lecteurs dont beaucoup d'étrangers, nous ont interrogé sur notre raisonnement, et tout particulièrement sur les cartulaires que nous avons exploité...  

 

camargue-antique-001.jpg

La camargue antique suivant le groupe CAMARGUE - INSOLITE

  En pointillé, le tracé actuel

En bleu, les routes supposées de navigation

 

Le groupe CAMARGUE - INSOLITE publie donc les cartes en sa possession... A chacun de les interprêter à sa façon... Prochainement nous apporterons des précisions sur la carte ci - dessus... 

     On commence par cette carte de Charles de LESCURE, datée de 1571 et représentant le littoral du Bas-Languedoc, publiée par ORTELIUS. NB: Le nord est à droite.

camargue-10-001.jpg

 

 Puis la carte dite de MERCATOR (1512 - 1594), publiée en 1585 :

camargue-12-002.jpg

 

Nous avons également  consulté la fameuse carte dite de Pierre - Jean BOMPARIO éditée toujours chez   ORTELIUS, en 1595 :

camargue-11-001.jpg

camargue-12-001.jpg

 

 La carte d'Henricus HONDIUS (1597 - 1651) représentant la partie méridionale du Languedoc :

 

camargue-13-001.jpg

 

En 1631, Willem Janszoon BLAEU, publie cette carte du Languedoc :

camargue-14-001.jpg

  camargue-15-001.jpg

 

  Puis en 1634  paraît la carte de Provence de Christophe TASSIN (16.. - 16..):

  camargue-17-001.jpg

 

camargue 1 001

 

camargue-2-001.jpg

 

  En 1698, Henri GAUTIER (1660 - 1737) publiera une carte (côté Gard) pour le compte du diocèse de NÎMES. C'est une des rares fois où le marais de Beaucaire - Bellegarde  , un lit du fleuve du Rhône Antique apparaît :

 

camargue-18-001.jpg 

     

camargue-18-002.jpg

 camargue-19-001.jpg

 camargue-19-002.jpg

 

En 1715, le cartographe Guillaume DELISLE (1675 - 1726), publie à PARIS, "Carte de Provence et des terres adjacentes"; avec ci - dessous la partie ouest du delta:

camargue-4-001.jpg

Puis la partie Est :

 

camargue-5-001.jpg

 

 

camargue-3-001.jpg

 A la même époque, son contemporain Charles INSELIN ((1673-17...), publie "La Provence Dressée suivant les nouvelles observations de Mrs de l'Académie Royale des Sciences sur plusieurs cartes particulières":

camargue-6-001.jpg

 camargue-7-001.jpg

 camargue-8-001.jpg

 

 camargue-9-001.jpg

 

  NB : Les détails des cartes publiées aprés la Révolution vous seront communiqués prochainement, en continuité de cet article. Dont une trés précise et trés rare, établie par le ministère de la Marine.   

 

 

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Published by EOLE, vizir, J de Molay - dans CAMARGUE ANTIQUE
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