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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 08:10

Notre méthode de travail :

1/ Situer l'espace historio - géographique :

LE SAINT  EMPIRE ROMAIN GERMANIQUE

C'est sous la dynastie des Ottoniens, au Xème siècle, que l'Empire se forme à partir de l'ancienne Francie orientale carolingienne. La désignation Sacrum Imperium est attestée pour la première fois en 1157 et le titreSacrum Romanum Imperium apparaît vers 1184 pour être utilisé de manière définitive à partir de 1254.

Le complément Deutscher Nation (en latin Nationis Teutonicae, en français "de [la] Nation teutonique") a été ajouté au XVème siècle. L'étendue et les frontières du Saint-Empire ont été considérablement modifiées au cours des siècles. Au temps de sa plus grande extension, l'Empire comprend presque tout le territoire de l'actuelleEurope centrale, des Pays-Bas, de la Belgique, du Luxembourg, de la Suisse ainsi que des parties de la France et de l'Italie. Son histoire et sa civilisation sont donc un héritage partagé par de nombreux États européens actuels.

Lors de sa fondation, le territoire impérial compte environ 470 000 kilomètres carrés. Selon des estimations grossières, on compte environ dix habitants par kilomètre carré, 275 sous Charlemagne. La partie occidentale qui avait appartenu à l'Empire romain est plus peuplée que la partie orientale.

Au milieu du XI éme siècle, l'Empire compte 800 000 à 900 000 kilomètres carrés et il regroupe environ huit à dix millions d'habitants. Pendant tout le haut Moyen Âge, la population augmente pour atteindre 12 à 14 millions à la fin du xiiie siècle. Toutefois, les vagues de peste et la fuite de nombreux Juifs en Pologne au xive siècle signent un recul significatif.

À partir de 1032, l'Empire se compose du Regnum Francorum (Francie orientale), appelé plus tard Regnum Teutonicorum, du Regnum Langobardorum ou Regnum Italicum correspondant à l'actuelle Italie du Nord et du centre, et du royaume de Bourgogne.

LE « DAUPHINÉ DU VIENNOIS »

Le Dauphiné de Viennois est un État féodal du , qui a existé de 1142 à1349. Il s'est trouvé, au fil des siècles, dans les zones d'influence du duché de Savoie, du royaume de France et du Saint-Empire romain germanique.

Son territoire, qui recouvre celui de l'ancien Comté d'Albon-Viennois, correspond de nos jours à une grande partie des départements de l'Isère, des Hautes-Alpes, ainsi que la partie nord de la Drôme.

LE « COMTÉ D'ALBON – VIENNOIS »

La région que nous étudions à savoir l'ancien Royaume de Bourgogne avait rejoint l'Empire Romain Germanique en 1032 sous Conrad II.

LE ROYAUME D'ARLES

 

Conrad Il fut élu roi d'Arles à Payerne, le 2 février 1033, par une assemblée laïque et ecclésiastique, qui lui conféra le titre de roi en lui mettant entre les mains la lance de saint Maurice. Il se fit ensuite couronner à Genève, dans une assemblée d'évéques et de seigneurs allemands, bourguignons et italiens (août 1034).

Il eut encore à lutter contre l'opposition des autres prétendants au royaume d'Arles. En France , Eudes de Champagne attaqua l'Empire par la Lorraine , mais fut tué dans une expédition contre le duc Gozzelo (1037). En Allemagne, Conrad II eut à combattre le célèbre duc Ernest de Souabe , devenu plus tard un personnage légendaire sous le nom de Herzog Ernst, et qui était proche parent de Rodolfe Ill. Le duc Ernest et sn companon Werner de Kiburg tinrent longtemps en échec les forces de l'empereur.

Conrad II s'efforça de rétablir l'ordre dans le royaume d'Arles et y favorisa le développement de l'institution de la trêve de Dieu.

Le royaume d'Arles, tombé sous la dépendance des empereurs d'Allemagne, fut, de tous les Etats de l'Empire germanique, celui où les contestations féodales sur la suzeraineté furent le plus fréquentes. Il fut considéré, tantôt comme réuni définitivement à l'empire germanique; tantôt comme un royaume possédé seulement à titre particulier et héréditaire dans la maison de Franconie, à laquelle appartenait Conrad II, qui en avait hérité.

Quoi qu'il en soit, les empereurs d'Allemagne se considérèrent longtemps comme les suzerains légitimes du royaume d'Arles.

Les principaux fiefs du royaume d'Arles furent les suivants :

  • Le comté de Provence fondé par Boson, neveu du roi de Provence du même nom, en 926 ;

  • Le comté de Forcalquier (1054-1209) ;

  • le comté d'Orange , dont l'origine remonte au célèbre Guillaume au Court Nez , fondé au Xe siècle;

  • le comté et Dauphiné de Viennois, au milieu du XIe siècle ;

  • le comté du Valentinois et du Diois, fondé vers le milieu du Xème siècle par une maison qui s'éteignit en 1116, époque à laquelle les comtes de Toulouse réunirent à leurs domaines le comté, qui porta le nom de marquisat de Provence;

  • le comté de Lyonnais et de Forez , fondé vers 890;

  • la sirerie ou baronnie du Beaujolais , fondée au commencement du Xe siècle;

  • la seigneurie de Bresse vers 1023

  • le comté de Mâcon ; fondé vers 920, réuni temporairement par les comtes de Bourgogne ;

  • Le comté de Bourgogne (Bourgogne supérieure, Haute-Bourgogne, Franche-Comté ), qui prit aussi le nom de Palatinat de Bourgogne, et où les rois de Bourgogne transjurane établirent quatre comtes, soumis à un archicomte (915);

  • Le comté de Chalon-sur-Saône (968);

  • La cirerie de Salins (920);

  • Le comté de Neuchâtel (vers 1034);

  • le comté de Montbéliard (Mômpelgard), fondé en 1034;

  • le comté de Ferrette (Pfirt), qui fut rattaché plus tard au duché d'Alsace (vers 1104).

 

2/ Remonter très rapidement aux origines des personnages qui nous intéressent : 

SAINT JEAN L'AUMONIER (Fête le 23 janvier en Occident, Le 11 novembre en Orient). On rattache à la forme de son apostolat l'origine de "l'Ordre Religieux et Militaire des Hospitaliers de Saint Jean", appelés par la suite les « Chevaliers de Malte ».
Originaire de l'île de Chypre, cet ancien fonctionnaire impérial n'était plus très jeune quand il devint patriarche d'Alexandrie. Dès son arrivée, il recensa les pauvres et les sans domicile fixe. Et c'est ainsi que 7.500 pauvres chaque jour furent secourus par l'Eglise d'Alexandrie. Un jour qu'il voyait ses fidèles quitter l'office avant qu'il soit terminé, il partit les rejoindre, avec ses ornements liturgiques, en leur disant avec humour: "Je dois partir à la recherche des brebis égarées."  Chassé par l'invasion perse de 619, il se réfugia dans son île natale (Chypre) et y mourut quelques mois plus tard.

GERARD  DE MARTIGUES, alias Gérard Tenque (ancien lieu de péage à l'embouchure du Rhône appelé aussi  la Tour de la Roque sur le territoire de Martigues) ou Frère Gérard (né vers 1047 dans une famille de la région d'Amalfi (Italie) – décédé le 3 septembre 1120) est le fondateur de la congrégation de l'Hôpital qui deviendra par la suite l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

C'est comme oblat (Le chapitre 59 de la Règle traite des enfants offerts par leurs parents aux cloîtres; et, en effet, pendant des siècles, les Bénédictins ont élevé des petits oblats dans leurs maisons) des moines bénédictins de Sainte-Marie-Latine qu'il soignait les malades de Jérusalem que des marchands d'Amalfi avaient construit entre 1070 et 1080 et dédié au bienheureux Jean l'Aumônier.

3 / Etudier les Ordres religieux : 

A/ L’Ordre de Chalais (1100-1303) 

Le site de Chalais a été témoin d’une histoire comparable à celle de Cîteaux, puisqu’il fut le berceau d’un ordre monastique véritable, qui eut son ère de prospérité.

Au début du XII° siècle, peu après l’arrivée de saint Bruno à la Chartreuse, saint Hugues de Châteauneuf, évêque de Grenoble, établit quelques moines dans le domaine de Chalais, au-dessus de Voreppe, à quelques heures de marche de la Grande Chartreuse, face au Vercors. On les appelait « les ermites de Chalais ». Leur église devint abbatiale en 1125, et peu à peu la renommée et la prospérité de Chalais les amenèrent à fonder des filiales, si bien que Chalais se trouva abbaye-mère d’un véritable ordre monastique : l’ordre de Chalais.

 

En 1205, celui-ci est à son apogée avec dix abbayes et trois prieurés. Les ramifications de l’ordre manifestent sa vocation montagnarde, forestière et pastorale. L’ordre eut vite sa propre règle, la « Charte de Charité de Chalais ».

La fin du XIII° siècle voit le déclin de l’ordre : Trop peu de ressources, développement plus rapide de Cîteaux et de la Grande Chartreuse, essais de fusion avec des ordres plus prospères.

Finalement le 24 décembre 1303, l’évêque de Grenoble remet Chalais à la Grande Chartreuse.

 La Doctrine

L'Ordre de Chalais se place dans la lignée spirituelle des Bénédictins, dont le courant se diffuse fin XIème siècle: c'est le renouveau monastique. Ils appliquent la loi de Saint Benoit. La loi de Saint Benoit possède un cadre strict encadré par une constitution écrite.

Le détenteur de l'autorité et élu par élection citoyenne.

Ils vivent en communauté, à l'écart des voies de communication, dans une grande pauvreté. L'isolement prime comme condition de la vie spirituelle contrairement à d'autres ordres comme les Prémontrès (qui valorisent l'accueil et l'empressement pastoral) ou les Bénédictins (qui comptent sur des reliques pour qu'on vienne les visiter de loin).

La charité et le détachement des biens matériels commandent les rapports de l'abbé avec les moines.

Les moines sont vétus de blanc. Leurs journées sont rythmées par la prière et la méditation. Cependant ce ne sont pas des moines fainéants! Ils mènent une vie de labeur, celles des paysans des régions de montagnes: ils cultivent et élèvent du bétails. Ils vivent en complète autarcie, ne mangeant que les produits des potagers et des vergers et des poissons de la rivière située en contrebas.

La signature de l'Architecte

(manifestation du soleil alias le Christ)

Au solstice d'été (La saint Jean – Baptiste), le saint est nommé « le Précurseur », c'est celui qui va désigner le Christ aux hommes : l’Agneau de Dieu.

 

Jean le Baptiste témoigne :

 

« J'ai vu le Souffle divin descendre du ciel comme une colombe

et se poser sur lui »

Je ne le connaissais pas !

Mais celui qui m'envoie baptiser par l'eau m'a dit :

 

"l'homme sur qui tu verras le Souffle descendre et se poser,

c'est lui qui baptise par le Souffle Saint".

J'ai vu, je suis témoin, il est le fils de Dieu".

NOS OBSERVATIONS A CHALAIS AU SOLSTICE D'ETE

 

10 heures 59 : L’ellipse est complètement formée, mais encore à droite de l’axe de la nef. La tache lumineuse de la verrière se projette toute entière et elle se plie sur les deux marches du seuil du chœur ; Le Soleil ne touche presque pas la pierre de l’autel

 

A 11 heures 01 du matin

Jean le Précurseur annonce l'arrivée du Christ

A 11 heures 03

La tache de lumière de la fenêtre recouvre la totalité de l’autel

Le Christ est là

11 heures 04 : La fin du phénomène lumineux

On voit que, déjà, le bord Ouest de l’ellipse commence à être rogné, parce que le Soleil, en montant et en partant vers l’Est vrai, quitte l’axe de la nef et ses rayons tombent légèrement sur le bord inférieur du cône mural dans lequel est forée l’ouverture. A ce propos, il faut savoir que la hauteur de ce Soleil solsticial est actuellement plus faible d’environ 1°4 que celle de 1101. Il s’ensuit que l’ellipse de lumière est poussée trop loin vers le porche, de quelque 0,17 mètres. (Centre du vitrail estimé à 7 mètres de hauteur). Cela a aussi pour conséquence qu’en 1101, la première apparition de la tache de lumière se situait un peu plus au sud de l’axe de la nef que de nos jours ; on disposait d’un temps plus long pour la voir arriver exactement sur l’axe médian.

 

 

NB : Ce phénomène lumineux est observable avec plus ou moins de précisions 15 jours avant et après le solstice d'été.

A SUIVRE

 

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Published by EOLE, vizir, J de Molay - dans HISTOIRE D'ARLES
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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 05:38

L'église Saint Genest de Raphèle - les - Arles, fut la dernière trace matérielle de ce qui signat la présence de la trés influente Compagnie  des Pénitents Blancs de la ville d'Arles, dont nous avons déjà retracé l'historique.

Nombreux sont nos lecteurs qui pour diverses raisons, nous ont réclamé les preuves de ce que nous publions, tant il est vrai que le document (un livre au format 21/27cm) sur lequel nous nous sommes appuyés pour retracer l'histoire de l'église, n'a jamais fait partie des archives officielles de la ville. Ce document avait été conservé au presbytère, par l'abbé PETIT, dernier curé résidant en ce lieu.

Je ne sais ce qu'est devenu cet ouvrage, mais à mon avis je pense qu'il a dû disparaitre du patrimoine de l'église, comme bon nombre d'objets... Heureusement, à l'époque, l'abbé PETIT m'en avait fait une photocopie...De fait, je pense qu'il était nécessaire de publier ce document pour les chercheurs à venir...

 

 


 

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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 05:36

Le webmaster du site vous invite à rejoindre la Société des Amis du Vieil Arles .

Apparues à l'époque des guerres de religions, les Confréries de Pénitents d'Arles,  disparaissent lors de  la première Révolution. Elles feront une bréve réapparition vers 1819 avec le retour de la Royauté, mais avec une composition sociologique bien entendu, totalement différente.
Jusqu'à une certaine époque, les Pénitents et
les Franc-maçons font partie de ces sociétés dites "discrètes" ayant pour vocation de diriger la cité. Il est d'ailleur curieux de constater que les organisations administratives sont trés sensiblement les mêmes, à tel point que l'on peut penser que la Maçonnerie arrivée en France vers 1726, a calqué par exemple l'organisation d'un Atelier sur celle d'une Confrérie de Pénitents. La même observation est vérifiée lors de mise en place du système associatif français en 1905, qui n'invente rien et fait en sorte que la direction d'une association va être composée sur les modèles de ces sociétés traditionnelles ... La loi sur les associations sera une sorte d'extériorisation d'une Loge ou d'une Confrérie...
Sur le plan maçonnique, celà change par exemple, notre regard sur l'origine (géographique) des Rites... Puisque vers la fin de l'Ancien Régime, époque d'apparition de la Franc-maçonnerie, les Confréries de Pénitents n'étaient massivement installées que dans le Midi de la France et pas ailleurs ! ...
Voici briévement comment on peut résumer l'activité des Pénitents sur la ville... Au cours du XVI siècle, les arlésiens érigérent qutre confréries de Pénitents, chacune ayant une couleur différente:

LES PENITENTS DE LA VILLE D'ARLES DE L'ANCIEN REGIME:

Les Pénitents Noirs:

C'est la première Confrérie qui sera créée sur ARLES au couvent des Grands Carmes le 03 avril 1520. Elle portait le Titre "Des cinq plaies de Notre Seigneur Jésus Christ et de Notre Dame de Miséricorde".
Elle semble avoir été la Confrérie la plus proche de l'Eglise de Rome, par excellence. Il était fréquent que le Recteur soit un membre du clergé séculier; nous avons l'exemple d'Antoine de Thuris, chanoine de Saint Trophime...

Les Pénitents Blancs:
La Confrérie fut fondée en 1532, sous le Titre du " Trés Saint Nom de Jésus-Christ ". Leur lieu de culte se situait dans l'actuel quartier de la Roquette, quartier frondeur par excellence... La chapelle des Pénitents Blancs n'existe plus ; ce qui est trés curieux, c'est qu'elle ne fut jamais sacrée par un membre du clergé de Rome...
Elle le fut par contre, en 1544, par un membre du Tiers-Ordre, un certain Monseigneur Pierre de Bisqueriis, énigmatique évêque titulaire de Nicopole en Bulgarie....C'est lui qui va être rattaché aux Confréries de Pénitents Blancs de la région. A mon avis, il représente une filière modérée de l'Eglise Orthodoxe... Voire peut-être de tendance Protestante...!
A ce sujet, nous avons interrogé le Père Bernard Ardura, sous-secrétaire du Conseil Pontifical de la Culture, qui n'a trouvé trace de Pierre de Bisqueriis, si ce n'est dans la Hiérarchica Catholica, sa réponse est la suivante: "
Petrus de Bisqueriis ou Bigariis appartenait à l'Ordre des Frères Mineurs; il était donc Franciscain. Le 12 juin 1523, il fut nommé évêque titulaire de Nicopolis en Palestine et reçu de ce fait la consécration épiscopale... En 1526, il consacre le cimetière des Prêcheurs de Marseille. J'ai trouvé qu'il avait été nommé Suffrageant du diocèse de Toul en 1529, sous l'épiscopat d'Hector d'Ailly de Rochefort, qui était en même temps, évêque de Bayonne. 
Le 30 juin 1555 il visite la chapelle des Pénitents Blancs de Marignane. La Hiérarchica Catholica note bien qu'il y eut pendant quelques temps un diocèse de Bulgarie, mais avoue que l'on en ignore tout "
... 
Alors qui fut exactement Pierre de Bisqueriis et quel rôle joua-t-il en Provence ?
En fait, il exerça ses fonctions sacerdotales en lieu et place de l'archevêque d'Arles Jacques du Broullat (1515-1575), religieux certes, mais aussi homme politique trés proche de Catherine de Médicis; il fut révoqué pour avoir épousé la foi protestante... Il se trouve que ce dernier (BROULLAT), n'a jamais quant à lui, exercé sur Arles (il fut nommé de 1551 à 1560) ... Et de fait, le Franciscain Pierre de Bisqueriis y avait les pleins pouvoirs...
Le 25 mars 1583, on note l'adhésion aux Pénitents Blancs d'Arles d'Henri de Valois, Comte d'Angoulème, Lieutenant Général pour le Roi en Provence, Amiral des mers du Levant. Ce qui retiend notre attention, c'est qu'Henri de Valois n'était autre que le Grand Prieur de France de l'Ordre de Saint Jean de Malte; sa fonction sur Arles était également des plus hautes, puisqu'il venait d'être nommé à la tête du Prieuré de la ville par le Grand Maître de l'Ordre, Hugues de Verdalle...
Curieusement, aprés cette incursion des Chevaliers de Malte dans la Confrérie des Pénitents Blancs, on entendra plus parler d'eux... Tout aussi curieusement, dans les années suivantes, même la noblesse va abandonner la Confrérie... A tel point  qu'en 1632, plus aucun membre de la noblesse ne brigue le poste tant envié de Recteur de la Confrérie; c'est un marchand qui est élu, évènement inimaginable durant le premier siècle de l'histoire des Pénitents Blancs d'Arles !
De 1682 à 1791 l'effectif nobiliaire passe de 32,69% à 4,85%, largement remplacé par les artisans qui passent de 0% à 32,04%; l'effectif des Bourgeois et des Marchands restera sensiblement identique, à savoir que, la population dite Bourgeoise était de 26,92% en 1682, et qu'ils représenteront 18,44% en 1791. L'effectif des Marchands restera stable (17,30% en 1682 contre 17,47% en 1791). Et puis ne les oublions surtout pas, on note au cours de ce siècle qui précède la Révolution, l'arrivée d'autres catégories socio - professionnelles comme : les Marins, les Ménagers, les Travailleurs, Architectes...
L'année 1682 marque donc sur Arles un début de Révolution des mentalités et ce 117 ans avant la Révolution française. Cette observation est d'autant plus notable que plus tard, les Jacobins arlésiens tiendront leurs réunions dans la chapelle des Pénitents Blancs !... On peut, peut - être même parler de prolétarisation du système associatif de l'époque.
Les Pénitents Blancs de la ville d'Arles sont suspectés d'être à l'origine de l'avènement de la première Loge Maçonnique du Grand Orient de France, sur la ville d'Arles ... C'est du moins ce qu'il  ressort du travail du professeur Maurice AGHULON et plus spécifiquement de notre enquête sur l'histoire des premières Loges Maçonniques arlésiennes ...
Objets et tableaux de la Confrérie :
Voir l'article de Max DANIEL : conservation du souvenir des Pénitents Blancs à Raphèle-les-Arles.

Les Pénitents Bleus:
Tout comme les Pénitents Noirs, ils émanaient eux aussi du clergé romain. Ils furent érigés en 1548 et portérent le Titre de "Notre Dame de Pitié". Dans un premier temps, ils trouvèrent refuge chez les religieux de l'Observance puis l'année suivante chez les Frères Prêcheurs. Si les autres Confréries avaient un recrutement strictement masculin, les Bleus acceptaient des femmes dans leurs rangs.. A l'identique des Noirs, c'était par excellence la confrérie de l'élite de l'époque, comprendre celle de la noblesse, de la haute bourgeoisie et du clergé local.
La profession de foi faite par les Pénitents Bleus était sans équivoque puisqu'ils juraient de vivre et de mourir pour la foy catholique... Louis XIV était membre de la confrérie des Pénitents Bleus de Toulouse...
Pour la noblessearlésienne, on note la présence des grandes familles que furent : Albe de Roquemartine, de Saint Martin, de Brunet, de Bringuier, de Cornot, de Meyran, de Grille, de Porcellet, de Destrecht...
Pour la haute bourgeoisie, on note dans les rangs de la Confrérie de Louis Mathieu Anibert, avocat et historien arlésien, qui allat jusqu'à se faire inhumersous une dalle de la sacristie..
Dans le clergé, on note la présence de Gaspard du Laurens, qui en 1607 sera nommé Recteur de la Confrérie. Plusieurs dignitaires religieux seront membres de la Confrérie, comme l'archevêque d'Arles Sylvain de Sainte Croix, ou l'évêque de Saint Paul Trois Châteaux, Louis Albe de Roquemartine; on note aussi la présence de Paul Truchet, Prieur des Minimes.
En 1776, à la veille de la Révolution, les Pénitents Bleus placés sous la coupe de monseigneur du Lau, font déjà figure de contre-révolutionnaires; pour lutter contre les philosophes (comprendre les Francs-maçons), ils se regroupent avec d'autres confréries de Pénitents Bleus comme celles de Montpellier et de Saint Rémi de Provence (ville qui restera longtemps un des principaux fiefs du Roi).

Les Pénitents Gris:

Cette Confrérie sera la dernière a être érigée (14 septembre 1549, jour de la Sainte Croix). Elle semble avoir été sous l'autorité même des Hospitaliers de Saint Jean de Malte ( le fondateur fut Ardouin de Castillon de Beynes, commandeur de SALIERS) . Il semble qu'ils ne se soumettrons pas à l'autorité écclésiastique et de fait, les problèmes relationnels entre le clergé de Rome et l'Ordre de Malte iront en grandissant... Les Pénitents Gris de la ville d'Arles rejoindrons trés rapidement  les Pénitents Blancs.
Iconographie de la chapelle des Pénitents Gris d'Arles


SAINT REMI DE PROVENCE :

Les Pénitents Bleus:
On note une résurgence récente de cette Confrérie sous le nom : ASSOCIATION CULTURELLE DES PENITENTS BLEUS -
No de parution Journal officiel : 20010049
Département (Région) : Bouches-du-Rhone (Provence-Alpes-Côte-d'Azur)

Lieu parution : Déclaration à la sous-préfecture d'Arles.
Type d'annonce : ASSOCIATION/CREATION

Déclaration à la sous-préfecture d’Arles. ASSOCIATION CULTURELLE DES PENITENTS BLEUS - LES PENITENTS. Objet : sauvegarde du patrimoine architectural ; histoire, doctrine de l’ancienne confrérie laïque des Pénitents bleus de 1730 ; animation culturelle et artistique du lieu ; édition de publications, organisation de réunions et conférences ; gestion foncière et immobilière des locaux et mobilière. Siège social : 10, avenue Fauconnet, 13210 Saint-Rémy-de-Provence. Date de la déclaration : 12 novembre 2001.

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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 07:03

 

JUIN 2015, LE POINT SUR NOS RECHERCHES...

 

Nous avons montré que dés le début du 1er siècle avant JC, l'armée romaine s'est installée sur le territoire désertique de la Crau, en bordure du Rhône et en amont d'ARLES : son but : empêcher l'envahisseur de s'approcher de ROME...

A la fin de l'Empire (IVéme - Véme siècle), se pose le même problème, si ce n'est que le territoire d'Arles, conquis par les romains, a été parfaitement aménagé ...

Il en résulte de ce raisonnement que la défense militaire au Sud et au Nord d'Arles, est assurée par deux sites : 

 

- LE CAMP ET LE PORT DE MARIUS qui en Crau, ont certainement été conservés, non seulement de part leur situation géo - stratégique (voir l'article).

 

- LES DEUX PLACES FORTES DES COSTIERES DU GARD : Nous en avons dénombré au moins deux ... Elles se trouvaient bien entendu sur la route romaine NÎMES - ARLES, à savoir :

  1. Au sud - est de MANDUEL, dans les environs du château de CAMPUGET et du chemin de Valescure. La photographie aérienne montre encore des vestiges de tours. C'est là qu'en 411, a eu lieu les combats du siège d'Arles.
  2. Au nord du mas Saint Joseph, entre ce lieu et le pont - aqueduc de la Draille des Arcs. 

 

ARTICLE EN COURS DE REDACTION

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Published by EOLE, vizir, J de Molay - dans HISTOIRE D'ARLES
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17 mars 2015 2 17 /03 /mars /2015 08:35

AVIS AUX LECTEURS

 

Ce travail a été réalisé par des "amateurs" dans un seul but : COMPRENDRE ... Nous n'avons pas la prétention de nous substituer aux scientifiques de l'archéologie, car la recherche dans ce domaine, n'est pas du tout notre métier ... Bref, on essaye d'expliquer à tout un chacun les vestiges du temps passé... Sans pour autant se prendre la tête...

Pour ce faire, on compulse les archives, on va voir sur le terrain, on écoute les gens, on observe et on déduit que ...

 

Pour suivre notre raisonnement le lecteur aura besoin des cartes de randonnées ci - dessous :

 

CARTES IGN 1/25 000 :

2942 ET : BEAUCAIRE

2943 ET : ARLES, PNR de CAMARGUE

 

NB : Dans les prochains jours, nous allons mettre en ligne ce que nous pensons avoir été les VIA ARELATENSIS ... Patience donc ... Et en attendant voici notre raisonnement sur :

 

LES AQUEDUCS D'ARLES DES COSTIERES DU GARD

 

Précisions : Nous ne sommes pas autorisés à effectuer des fouilles ou des sondages; de fait, nos recherches sont à considérer comme étant des hypothéses ... Le lecteur constatera toutefois que nous sommes de toute évidence dans la réalité ...

 

Outre l'aqueduc des Alpilles désormais bien connu, il apparait que suivant nos recherches d'archives et surtout sur le terrain que la ville d'Arles a eut encore deux autres aqueducs alimentés séparément par les sources occidentales et orientales de la façade sud des Costières du Gard.

Le franchissement du Rhône dit de Saint Roman, en a été l'obstacle majeur et a donc nécessité deux importantes infrastrutures : par tuyaux de plomb immergés pour le premier aqueduc, en aérien pour le second.

Le rapprochement de la carte de Cassini et de la carte IGN actuelle (cf image 3) montre bien que les alignements de la « Draille des Arcs » et des tuyaux de plomb trouvés en 1627, sont différents.

Notre compréhension des vestiges retrouvés sur le terrain se résume par le raisonnement suivant, duquel nous avons déduit qu'il a existé :

- Un premier aqueduc que nous allons appeler "Aqueduc du Beaucairois", qui véhiculait l'eau des sources orientales des Costières. Il semble avoir été construit à la même époque que celui des Alpilles, c'est à dire vers le milieu du 1er siècle de notre ére.

- Un second aqueduc communément appelé "Aqueduc de Bellegarde" qui a emmené vers Arles l'eau des sources occidentales des Costières. Cet aqueduc, nous semble avoir été de construction plus tardive, peut être du 2ème siècle. Sa construction a été certainement motivée  par le fait que l'apport en eau de l'aqueduc du Beaucairois était devenu insuffisant pour la cité d'Arles. 

Les deux aqueducs se rejoignaient dans un bassin de fuite et/ou de régulation de la plaine de Fourques, situé semble - t - il au mas Saint Joseph. Puis l'eau destinée à la ville d'Arles coulait vers Fourques par un seul et même conduit, certainement élaboré dans le courant du 1er siècle.

L'eau traversait le Petit Rhône et le Grand Rhône par une série de tuyaux de plomb. Les conduites traversant l'actuel Grand Rhône ont été mises à jour en 2014 par l'équipe de plongeurs de Luc LONG.

Nous allons  détailler ci - dessous ces aqueducs selon la chronologie de leurs constructions.

 

L'AQUEDUC DU BEAUCAIROIS

 

Notre hypothèse : Dans son travail sur l'aqueduc de Bellegarde, E. BATAILLE constate qu'à la hauteur du bassin de régulation de Valescure, qu'il n'y a pas de continuité en direction de Beaucaire …

Le premier aqueduc d'Arles venant des Costières du Gard, que nous appellerons l'aqueduc du Beaucairois mis en évidence en 1627, par les tuyaux de plomb immergés dans le lit du fleuve de Saint Roman à la hauteur de l'actuel mas Grand Saint Paul, fut donc indépendant au moins dans un premier temps de celui dit de Bellegarde.

A notre avis, l'aqueduc du Beaucairois fut le premier aqueduc ayant alimenté la ville d'Arles. Il fut donc très lié à l'activité politique et économique de la ville (fondée vers l'an 40), dont les grands aménagements (construction de l'amphithéâtre) ont commencé vers l'an 90 ap JC  et le Cirque Romain (actuel musée de l'Arles Antique qui semble dater de l'an 150. C'est donc certainement entre ces deux dates (40 à 90 de notre ére) que l'aqueduc du Beaucairois a été construit.

Devenu insuffisant pour une population arlésienne augmentant, le complément d'apport d'eau sera apporté par l'aqueduc des Costiéres de Bellegarde aprés l'an 150 ap JC (peut – être en 165).

Il a été lui même alimenté par plusieurs captages de sources locales, situées dans le secteur géographique de l'Est des Costières du Gard et représentées sur la carte ci – dessous (cf image 1).

 

LE SCHEMA DE PRINCIPE

 

LE CAPTAGE DE LA FONT DU ROY

 

La source : Altitude NGF + ou – 23 mètres NGF.

 

 

LE CAPTAGE DU MAS DE BOSC

 

La source : Altitude NGF + ou – 50,00 mètres.

Il semble que ce soit au mas de Bosc que se soit trouvé un atelier travaillant le plomb car des déchets de plomb ont été trouvés sur place vers 1909, tout comme le fut un tuyau de plomb conservé au mas (Image 2).

Les eaux de ces sources de la partie orientale des Costières étaient emmenées par un aqueduc de conduite vers un bassin de régulation.

 

UN COLLECTEUR ET UN PREMIER BASSIN DE REGULATION

 

Le collecteur devait logiquement circuler du mas de Bosc au mas de la Font du Roi globalement à l'altitude NGF de 13,00 mètres. La présence d'une capitelle sur le trajet, a peut être été le domicile du fontainier … C'est peut être aussi en ce point que s'est trouvé le premier bassin de régulation des eaux.

 

LA TRAVERSSEE DU MARAIS DE BEAUCAIRE

 

Essayons de situer cette fosse qui se trouve obligatoirement de nos jours en un endroit bas de notre relief (cf image 3).

Technique oblige, la traversée du marais s'est donc faite par le biais d'un siphon ainsi constitué :

  • Un bassin de chasse situé vers le bas de la Costière du Beaucairois. Altitude NGF 3,00 mètres.

  • Un ensemble de conduite en tuyaux de plomb pour le passage dans le bras du Rhône de Saint Roman.

  • Un bassin de fuite sur le plateau Fourquatin. Altitude NGF 2,00 mètres.

Le bulletin des Amis du Vieil Arles, dans son numéro 130 , nous apporte un témoignage d'importance : " En l'année 1627, pendant la grande sécheresse, les marais qui avoisinent Saint Paul (le mas Saint Paul, NDLR) s'entrouvrirent de telle sorte qu'on eut dit un bras de rivière de 6 toises de largeur, d'autant de profondeur et d'environ 200 toises de longueur... Au fond de cette ouverture, je vis de gros tuyaux de plomb visant vers Arles et quantité de murailles et de grosses pierres".... Quels enseignements peut - on tirer de ce témoignage ?

D'abord, sur le site géographique de la découverte : Nous sommes obligatoirement sur une ligne droite allant des alentours du mas Saint Paul et se dirigeant vers Arles. Le point NGF le plus bas se situe dans l'actuel canal du Rhône à Sète, là ou a très certainement circulé le Rhône de Saint Roman.

Le bassin de chasse (altitude NGF+ ou – 3,00 mètres), a pu se trouver au S.O du mas de Gleize ; les photos aériennes du lieu semblent parlantes.

La ligne Saint Paul – Arles semble couper ce canal entre les actuels mas des Piles et Bécassons (altitude NGF + ou – 2,00 mètres), situés sur le versant opposé. C'est là qu'a pu se trouver le bassin de fuite.

Nous sommes aussi en présence d'un effondrement de terrain en sol argileux, phénomène bien connu en période de grande sécheresse, qui nous révèle l'emplacement originel du fleuve romain qui circulait dans la faille de Nîmes (cf étude du BRGM) sur http://www.argiles.fr/Files/AleaRG30.pdf).

Les dimensions observées en 1627 sont les suivantes : 12 mètres d'épaisseur de dépôt de sédiments (profondeur des tuyaux), 12 mètres de large (longueur des tuyaux), et 0,400 km de long (certainement dans le sens de la vallée du Rhône de Saint Roman).

Cet effondrement de terrain est certainement dû à la présence d'une source résurgente (un lauron), enfouie quelque part par 12 mètres de fond à l'époque du témoignage, sorte de trou d'eau, probablement située à proximité de l'actuel mas des Laurons , prés de l'écluse de Nourriguier. Aprés la fermeture du Rhône de Saint Roman, c'est probablement cette résurgence qui alimentait le marais de Bellegarde visible sur la carte de Cassini. On notera que le mot lauron vient du provençal « lauroun » qui signifie surgeon d'eau . Ce sont des puits naturels, ouverts dans les alluvions d'où jaillit une eau claire , douce et fraîche qui se répand le plus souvent dans les marais. Ce phénomène géologique a été décrit en Crau marécageuse (http://dx.doi.org/10.1051/limn/1980002).

Ensuite, l'observateur de l'année 1627 a vu en fond de fouille, des murailles et de gros tuyaux de plomb. Cette longueur d'effondrement peut se situer entre le mas des Laurons et le mas des Piliers, soit + ou – 400 mètres.

Les murailles aperçues furent nécessaires en ce sens que la pression dans les tuyaux posait de gros problèmes vu qu'elle pouvait être importante puisqu'elle augmentait d'environ 1 bar tous les 10 mètres de dénivelé. Dans le cas présent, nous savons que les tuyaux étaient posés au minimum à la profondeur de 12,00 mètres (indication de 1627). D'où une pression locale qui pouvait avoisiner avec les deux bars … soit 2 kg/cm². Il fallait donc faire circuler l'eau dans plusieurs conduites faites de plomb et coulées dans le mortier pour éviter qu'elles explosent.

Le dispositif utilisé par les Romains pour l'aqueduc du Beaucairois était donc un siphon inversé. Si l'on se figure un tube en U, tout liquide versé dans celui-ci atteint la même hauteur dans les deux branches, Dans le siphon inversé, le principe est identique, à la différence près que l'eau pénètre par une extrémité de la canalisation en U et en ressort à une altitude légèrement inférieure, ceci en raison de la perte de charge due aux frottements.

Les Romains du 1er siècle maîtrisaient donc le principe des vases communicants . Ils l'utilisaient pour franchir les vallées de plus de 50 mètres de long, qu'ils ne pouvaient ou ne voulaient pas contourner, ce qui fut le cas à Beaucaire, où nous estimons la « vallée » à franchir à environ 100 mètres.

 

Un bassin de fuite

 

Situé sur une ligne droite « en face le mas Saint Paul et en direction d'Arles », à l'altitude maximum de 2,50 mètres, vu la perte de charge.

 

Un aqueduc enterré

 

Venant du bassin de fuite en question, passant au mas des Sarcelles et allant vers le secteur des mas Saint Léon, des Plantades et de Saint Joseph, endroit de jonction avec l'aqueduc de Bellegarde.

 

 

L'AQUEDUC DE BELLEGARDE

 

 

Nombre de chercheurs locaux et d'universitaires sous l'impulsion de monsieur BATAILLE (cf : L'eau dans tous ses états, ISBN : 978-2-7466-0588-6), ancien maire de Bellegarde, ont étudié de prés l'ensemble de cet ouvrage de captation hydraulique (image 4).

Son schéma directeur était le suivant :

  • Un collecteur principal recevant l'eau des sources et les dirigeant vers le pont aqueduc de la Draille des arcs.

  • Des aqueducs souterrains et/ou enterrés, emmenant l'eau des sources des mas de Château Laval, Saint Jean et Valescure vers le collecteur principal.

  • Des bassins de régulation de débit, situés aux arrivées de ces conduites sur le collecteur principal.

Nous allons détailler successivement et brièvement l'ensemble de ces constructions :

LE COLLECTEUR PRINCIPAL

 

Le collecteur principal a nécessité un creusement de fouilles d'une section totale d'environ 2,00 m / 2,00 m ; le collecteur principal circulait à une altitude moyenne de + ou – 20 mètres. (cf image 5 et 5 bis).

 

LE CAPTAGE DE CHATEAU LAVAL

 

(cf image 6)

 

LE CAPTAGE DU MAS SAINT JEAN

 

La source : altitude + ou – 40 mètres. Un aqueduc au sol ou enterré coupait l'actuel Chemin Saint – Jean et devait venir se jeter dans un bassin de régulation, probablement situé au mas Saint Jean, quelques mètres plus bas.

 

LE CAPTAGE DE VALESCURE

 

Le point de départ : La source du mas de Valescure, à l'altitude + ou – 50 mètres. Le parcours de l'aqueduc de la source vers le premier bassin de régulation (h = 40 mètres), nécessitait donc le franchissement d'une dénivellation d'environ 30 mètres. Ceci implique qu'un court (environ 236 mètres) aqueduc au sol et un bassin de pré – régulation (altitude + ou – 40 mètres) probablement situé au sud immédiat du mas de Valescure ont été également obligatoires.

Du premier bassin de Valescure au second bassin de régulation, situé à l'altitude de + ou – 20 mètres, il ne restait que 350 mètres à franchir suivant une dénivellation d'environ 10 mètres.

Depuis ce bassin, l'eau a été véhiculée vers l'aqueduc de la Draille des Arcs, jusqu'à la zone des mas de Saint Joseph, des Plantades, des Milords et de Saint Léon.

 

Un tronc d'aqueduc enterré

commun aux deux époques

 

Nous avons été obligé de définir une "bande de travail", globalement orientée NS, ne serait - ce que pour avoir une idée approximative de son parcours dans la plaine de Fourques.

Ce tronc d'aqueduc qui depuis la zone du mas Saint Joseph, se dirigeait vers Fourques est difficile à situer avec une précision absolue.

Seules des fouilles ou des sondages ponctuels, permettront d'apporter une réponse à cette question. Les photos aériennes ne sont pas trés parlantes. Quoique ...

Nous sommes sûrs de son existence et de sa direction : il  passait à l'ouest du mas Mérard (témoignage du propriétaire) au quartier Villevieille. Là même où l'on situe le village du Fourques romain. Cf image 7.

 

Du quartier de Villevieille à Arles : nous pensons que l'aqueduc a traversé l'actuel Petit Rhône à la hauteur de l'actuelle station d'épuration de Fourques (c'est là qu'il il y eu un gué et qu'on a aperçu des piles de pont, sensiblement équivalentes à celles de la Draille des Arcs)... Si tuyaux de plomb il y a eu, ils n'ont été posés qu'au milieu du second siècle (au début de notre ère, le Petit Rhône n'existait probablement pas).

Un aqueduc enterré a traversé Trinquetaille puis le Grand Rhône par le biais des tuyaux de plomb découverts dans le fleuve par Luc LONG en octobre 2014 ...

Image 1 : Les sources du Beaucairois.

Image 1 : Les sources du Beaucairois.

Image 2 : Tuyau de plomb, conservé au mas de Bosc.

Image 2 : Tuyau de plomb, conservé au mas de Bosc.

Image 3 : conduites sous tuyaux et aérienne des deux aqueducs d'Arles.

Image 3 : conduites sous tuyaux et aérienne des deux aqueducs d'Arles.

Image 4 : Aqueduc de Bellegarde.

Image 4 : Aqueduc de Bellegarde.

Image 6 : Aqueduc de Bellegarde : Captage de Château Laval

Image 6 : Aqueduc de Bellegarde : Captage de Château Laval

Image 7 : Du mas Mérard à Fourques.

Image 7 : Du mas Mérard à Fourques.

Image 5 bis : collecteur principal au mas Daurat.

Image 5 bis : collecteur principal au mas Daurat.

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 09:00

Aujourd'hui, l'homme est totalement méconnu ... Saint Gillois d'origine, c'était un contemporain de l'arlésien André POMME ...

Député de 1815 à 1827, né à Saint-Gilles (Gard), le 25 décembre 1762, mort à Saint-Gilles, le 30 juillet 1849, il resta étranger à la politique jusqu'à la Restauration.

En mars 1815, il fit partie, comme colonel d'infanterie, de l'armée que le duc d'Angoulême commanda dans le Midi, et, après Waterloo, excita le soulèvement des paysans des environs de Beaucaire et de Nîmes contre Napoléon.

Il prit le titre de préfet provisoire de Nîmes, et ne put ou ne voulut pas arrêter les excès de la réaction populaire qui ensanglantèrent à ce moment cette ville.

Le 2 août 1815, il fut nommé sous-préfet de Grenoble, et, le 22 août, le collège de département du Gard l'élut député par 71 voix sur 140 votants et 262 inscrits; il siégea parmi les plus zélés ou ultras de la Chambre « introuvable », appuya la demande d'amnistie proposée par M. de Tringuelague pour les assassinats politiques, et conserva sa place sur les bancs de l'extrême droite dans les législatures suivantes.

Ayant été successivement réélu le 4 octobre 1816, par 115 voix sur 192 votants et 305 inscrits; le 13 novembre 1820, par 157 voix sur 272 votants et 307 inscrits; le 20 novembre 1822, par 156 voix sur 260 votants et 307 inscrits; et le 6 mars 1824, par 152 voix sur 236 votants et 300 inscrits.

Admis à la retraite comme colonel, le 21 mars 1821, il fut nommé préfet de Vaucluse le 2 janvier 1823, passa à la préfecture de l'Isère le 7 avril 1824, à celle des Hautes-Pyrénées le 12 novembre 1828, et à celle du Doubs le 2 avril 1830.

La révolution de Juillet mit fin à sa carrière politique; il avait été décoré de la croix de Saint-Louis au commencement de la Restauration.

 

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 08:55

AVIS AUX LECTEURS

 

Ce travail de recherches a été réalisé par des "amateurs" dans un seul but : COMPRENDRE ... Nous n'avons pas la prétention de nous substituer aux scientifiques de l'archéologie, car la recherche dans ce domaine, n'est pas du tout notre métier ... Bref, on essaye d'expliquer à tout un chacun les vestiges du temps passé... Sans pour autant se prendre la tête...

Pour ce faire, on compulse les archives, on va voir sur le terrain, on écoute les gens, on observe et on déduit que ...

NB : Pour suivre notre raisonnement le lecteur aura besoin dans l'avenir et entre autres des cartes de randonnées ci - dessous :

 

CARTES IGN 1/25 000 :

2942 ET : NÎMES - BEAUCAIRE

2943 ET : ARLES, PNR de CAMARGUE

 

http://www.ign.fr

 

Et de quelques documents cités au fil du texte ...

 

Dont cette étude scientifique de Planrhône.fr

 

On s'en doutait quelque peu, au cours des 4 premiers siècles de notre ère, le côté languedocien (rive droite du Rhône) du territoire d'ARLES a joué un rôle pour le moins prépondérant dans l'évolution de la ville.

Seule voie terrestre d'accés direct à la cité, la rive droite du fleuve, a été parfaitement utilisée par les ingénieurs romains des deux premiers siècles. En ce sens, dés les années 40, ils eurent deux missions principales :

  • Créer une voie d'accés entre la voie Domitienne et ARLES.
  • Alimenter la ville d'Arles en eau de source depuis les Costières du Gard.

Mais il se trouve que de tous temps, les aménagements en question vont être  sujets aux caprices du fleuve ...

Avant même de nous lancer dans les études sur les aqueducs romains et des routes antiques d'Arles du côté languedocien, nous sommes obligés de nous interesser à l'évolution du parcours du fleuve en général, mais aussi et peut - être surtout à la plaine située entre Beaucaire et Arles (image 1). 

 

 

COMPRENDRE LA GEOPHYSIQUE DU TERRITOIRE

 

Située en fin de parcours du fleuve, la région d'Arles - Beaucaire a été victime du cumul des sédiments du fleuve qui en ont  réhaussé les  lits d'abord, puis les rivages, avant même de provoquer un phénomène de surverse, innondant les failles géologiques proximales. Ce phénomène est particulièrement observable  au sud de Beaucaire, avec la faille dite de Nîmes,  le long de la dépression des Costières du Gard ...

Aussi, il nous apparait évident de dire que les parcours du fleuve romain n'ont strictement rien à voir avec le fleuve que nous connaissons aujourd'hui...  Les documents archéologiques trouvés sur le terrain (essentiellement des traces de nécropoles) ont tendance à bousculer un grand nombre de nos idées reçues... 

 

Du coup, on est emmené à se poser des questions du type : Les éperons rocheux de Beaucaire et de Tarascons étaient - ils reliés entre eux et la via Domitia continuait - elle vers l'Est (Ernaginum, Glanum) ? Quel était au juste le réseau hydrologique entre Beaucaire, Tarascon et les Alpilles ? Quand s'est constituée la "Mer d'Arles" (marais de Montmajour, Cordes) ... Etc. 

Autant de questions auxquelles il nous est trés difficiles de répondre, à cause surtout de la trés importantes épaisseur de sédiments déposée localement sur la plaine alluviale sur prés de 2000 ans.

 

De fait, au cours des deux premiers siècles de notre ère, voire même durant toute la romanité, le Bas - Rhône  et ses rivages, ont été considérablement modifiés par les crues (crises hydrologiques) vectrices de ces trés importants apports sédimentaires. C'est vrai pour ce qui est du Delta de Camargue (cf Bulletin archéologique de Provence, supplément 2, 2004, ISBN 2-9519704-1-2) tout comme c'est d'autant plus vrai tout au long du parcours du fleuve (image 2) particulièrement entre Avignon et la région d'Arles, à cause essentiellement d'une quasi absence de pente et du trés important apport de sédiments ...

 

Les aménageurs romains du premier siècle ayant privilégié d'abord l'option de construire prés du fleuve et non en lignes de crête, ont été obligés au cours du second siècle, d'adapter leur cadastre originel, et par voie de conséquences leurs routes, leurs habitats et leurs aqueducs, etc ...

Avant les grandes crues de notre ére, la logique de raisonnement, voudrait que le Rhône a été détourné bien avant le défilé de Beaucaire - Tarascon.

De fait, le Rhône de Bellegarde (ou de Saint Roman), mais aussi le Petit Rhône, n'existaient pas... A une nuance prés toutefois : nous démontrerons que le Rhône de Bellegarde était une rivière indépendante, dont la source se situait à proximité de l'actuelle "Ecluse de Nourriguier".

De fait, il nous semble évident de préciser que le Rhône du début de notre ère a coulé dans les points les plus bas de la plaine (Beaucaire - Saint Gabriel - Arles) qui elle même n'avait pas encore reçu les alluvions des crues.

Les Durançoles et le Viguérat sont certainement des paléo - chenaux du rhône, qui se sont jetés d'abord dans le défilé de Pont - de - Crau, puis au sud d'Arles dans l'étang de Stomalime, qui était lui - même quasiment à la hauteur de la mer (trés forte concentration de sel) ...

Voir à ce sujet nos articles sur le site de Saint Gabriel , son port d'expédition de pierres, et notre étude sur la Camargue au temps de Marius (soit un siècle avant notre ère).

C'est en tous cas ce qui ressort de notre étude du terrain comprise dans la zone située entre Beaucaire, Bellegarde, l'ouest des Alpilles et Arles.

 

A SUIVRE

 

LES AQUEDUCS ARLESIENS DES COSTIERES DU GARD

 

LANGUEDOC ORIENTAL : Les routes antiques d'Arles

 

NB : Nous recherchons un dessinateur susceptible de mettre en scène nos idées ...

 

Image 1: d'Avignon à la mer... Les sites de fouilles.

Image 1: d'Avignon à la mer... Les sites de fouilles.

Image 2 : Evolution de la dynamique alluviale du Rhône du Léman à la mer.

Image 2 : Evolution de la dynamique alluviale du Rhône du Léman à la mer.

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 08:53

AVIS AUX LECTEURS

 

Ce travail a été réalisé par des "amateurs" dans un seul but : COMPRENDRE ... Nous n'avons pas la prétention de nous substituer aux scientifiques de l'archéologie, car la recherche dans ce domaine, n'est pas du tout notre métier ... Bref, on essaye d'expliquer à tout un chacun les vestiges du temps passé... Sans se prendre la tête pour autant ...

Pour ce faire, on compulse les archives, on va voir sur le terrain, on écoute les gens, on observe et on déduit que ...

Suivant les dates de l'époque romaine, la ville d'Arles a été reliée à la voie Domitienne par deux routes que nous aimons bien appeler "la Via Arelatensis" ("Le chemin d'Arles") ou via Tolosana ("chemin de Toulouse") qui a été  la partie du chemin du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle qu'empruntaient les pèlerins du Sud de France et/ou en provenance d'Italie pour rejoindre Toulouse....

 

CARTES IGN 1/25 000 :

2942 ET : BEAUCAIRE

2943 ET : ARLES, PNR de CAMARGUE

 

NB : Cet article fait suite aux articles intitulés :

- ARLES - BEAUCAIRE - BELLEGARDE ...

- COSTIERES DU GARD, LES AQUEDUCS D'ARLES

 

 

LA ROUTE DES ORIGINES

 

Pour plus de commodités, nous l'avons traitée en deux parties :

-  D'UGERNUM à l'entrée du territoire d'ARLES

-  De l'entrée du territoire d'Arles à ARLES.

 

 

D'UGERNUM au Pomérium d'ARELATE

 

Globalement, il a été dit que la voie d'Arles venant de Nîmes quittait la voie Domitienne à partir du 4 ème milliaire. Mais aucun vestige de cette voie n'a jamais été trouvé … La voie d'Arles ne partait donc certainement pas du 4 ème milliaire de la voie Domitienne !

La Via Arelatensis des origines (que nous datons des environs de l'an 41) fut la route qui conduisait de l'ouest de Beaucaire à Arles (8 milles romains soit environ 12 km) et dont le parcours (altitude moyenne 3-4 mètres) a été le suivant :

La route antique que nous suspectons, était construite dans la plaine du Rhône, à une époque où le fleuve était beaucoup plus bas (peut - être à - 6 métres NGF de son niveau actuel, peut être vers l'actuel canal du Viguerat. (cf : Image 5).

Suivant notre logique de raisonnement, la route en question passait par les sites suivants :

- Son point de départ : le quartier de Genestet au milliaire XV(actuel chemin romain)  à l'ouest de Beaucaire.

- Le quartier du mas Montplaisir.

- Le quartier de la Tour Saint Pierre.

- Le quartier du Fer à cheval.

- Le mas des Lecques :

- Le mas Neuf de Saujan : qui fut de toute évidence, le Pomérium d'Arles (l'entrée nord du territoire urbain de la cité).

 

DU POMERIUM A ARLES

Le chemin antique continuait ainsi :

- Le lieu dit "Clos de Bastony", commune de Fourques,

- Le quartier de Villevieille à Fourques, à un mille de Bastony.

- L'entrée du pont romain côté Fourques, sur le Petit Rhône (à un mille du quartier Villevieille).

 

LES DESCRIPTIONS DU PARCOURS

 

LE QUARTIER DU GENESTET

 

  • Le milliaire n°XV, il serait situé de nos jours dans un quartier à l'ouest de Beaucaire : le Genestet. Ses dimensions  : hauteur 2,46 mètres et diamètre 0,64. Il date de Claude en 41 de notre ère. Découvert en 1734 lors de la démolition de Notre Dame des Pommiers. Déposé au carrefour des cinq Coins vers 1819. On note le commentaire suivant sur : http://www.nemausensis.com/Nimes/ViaDomitia/VoieDomitienne01.html

L'existence de ce XVe milliaire, en avant de Beaucaire, est d'autant plus certaine que la voie Domitienne ne se terminait pas à Beaucaire, mais se prolongeait, au contraire, jusqu'à Arles, en laissant à sa gauche la ville de Beaucaire, où elle ne pénétrait pas, ainsi que cela résulte des considérations exposées aux pages 25 et suivantes de mon mémoire relatif à la Concordance des vases apollinaires. Quoique la vérité de cette assertion ne soit plus contestable aujourd'hui, il semble cependant assez difficile de comprendre l'absence complète de tous les milliaires de la portion de route comprise entre Beaucaire et Arles (*), quand il en reste encore un si grand nombre provenant des deux autres parties de la voie Dornitienne. Mais cette anomalie, quelque étrange qu'elle puisse paraitre au premier abord, est pourtant bien naturelle au fond, et bien facile à expliquer, quand on sait que la section de Beaucaire à Arles était autrefois établie sur la rive même du Rhône, qui n'était pas alors protégée par des digues, ce qui permettait aux inondations de ce fleuve de modifier profondément le sol sur lequel la voie romaine reposait, soit en l'emportant en totalité sur certains points, soit, au contraire, en déposant, sur les parties qu'elles n'attaquaient pas, des quantités considérables de limon ; et il est résulté de la que les milliaires qui auraient pu être conservés jusqu'à nous, sur cette partie de route, ont été recouverts peu à peu, depuis l'époque romaine, d'une forte couche d'alluvions et demeurent ainsi enfouis, au moment actuel, à plus de deux mètres de profondeur au-dessous de la surface du sol.

Le quartier du mas Montplaisir

 

Le quartier du mas des Tourettes

A l'époque qui nous intéresse, ce quartier fut trés certainement le centre de production local de poteries.

 

Le quartier de la Tour Saint Pierre

 

Il s'agit en fait du mas Saint Pierre de Campublic (villa campo publico). On y trouva autrefois une dédicace à Minerve et une stèle funéraire... De nos jours on y trouve plus que quelques rares tessons antiques. Vers le IXème siècle, un texte mentionne l'existence dans la villa Campo Publico, d'un quartier dit Campo Lapideo, nommé ainsi en raison de ruines encore apparentes (cf échange entre Noton, archevêque d'Arles et le comte Leibulfe, Missus Impérial, an 824 - Cartulaire de Saint Victor de Marseille, n°195 -).

 

Le quartier du Fer à cheval

 

En 1840, il fut observé en ce lieu, les assises d'un bâtiment de 48.60 mètres sur plus de 60.00 mètres (coupé de nos jours par le canal dit de Remoulins à Fourques).

Toujours dans ce quartier, il a été retrouvé des statues, sur lesquelles nous n'avons aucune indications.

 

Le mas des Lecques 

 

Le nom de ce mas renvoie à l'occitan léca (rocher, pierres plates).

On trouve dans les archives une Villa licas (cartulaire de Notre-Dame de Nîmes, chapitre 184) en 909.

 

Le mas Neuf de Saujan

 

Ce lieu a très certainement marqué l'entrée de la cité d'Arelate. Deux bornes bien spécifiques y ont été trouvées: (Témoignage sur le site de la ville de Fourques) : « En 1954, M. Gallon fermier au mas de Garrigues, quartier de Saujean, découvre en défonçant un terrain situé au bord de la route Fourques – Beaucaire (au mas Neuf de Saujan, NDLR), deux colonnes en pierres froides, légèrement coniques, d'un diamètre d'environ 0m60 à la base et d'une longueur de 3m50. Ces colonnes finement ornées veillaient le long de la voie Julienne (sic)».

Ces deux bornes ne peuvent pas être des milliaires. Il s'agit certainement de bornes marquant la limite nord du Pomérium d'Arelate. Dans la Rome antique , le pomerium (ou pomœrium) est la limite sacrée qui sépare la ville (urbs) de son territoire (ager) et plus spécialement celle de la cité romaine. La notion de pomerium ne s’applique qu’à Rome, aux villes anciennes du Latium et aux colonies romaines fondées rituellement.

Il forme une frontière à la fois juridique et religieuse : limite de l'autorité des tribuns de la plèbe et du pouvoir militaire (imperium militiae) ; interdiction pour l'armée de le franchir ; tenue des comices centuriates à l'extérieur du pomerium ; exclusion des sépultures et de certains lieux de culte de l’intérieur du pomerium.

 

DU POMERIUM A ARLES

Nous sommes  dans la zone urbaine d'Arles

 

 

LE CLOS DE BASTONY

Territoire situé à  un mille du mas Neuf de Saujan et en bordure du canal de Beaucaire, où il a été trouvé à l'emplacement de la station de pompage, une corniche en calcaire et le bas d'une statue drapée, égalmement en calcaire.

 

LE QUARTIER DE VILLEVIEILLE A FOURQUES

 

Ce lieu est considéré comme ayant été le quartier romain du FOURQUES actuel.

 

 

 

LA SECONDE ROUTE D'ARLES  

OU

LA VOIE D'ANTONIN LE PIEUX

 

Suivant notre étude on peut définir son parcours depuis REDESSAN jusqu'au Pomérium d'Arles (mas Neuf de Saujan):

- Du milliaire VII .

- Le mas du Pin ?

Le vallon de Valescure.

- La draille des Arcs.

- Le site des mas Saint Joseph, Plantades, Millord.

- Les Cabanes.

- Mas Neuf de Saujan

C'est probablement une crise hydrologique du fleuve qui a motivé la construction de la seconde route.

Nous avons montré que la route des origines circulait trés prés du Rhône actuel : une montée des eaux du fleuve a provoqué d'abord  la destruction des bourrelets d'alluvions du sud Beaucairois  puis l'inondation de la faille de Nîmes coupant ainsi la route du territoire agricole d'Arles et de la région des Costières...

Les apports sédimentaires du fleuve et les ravinements ont transformé le paysage en marécages (d'où la création des marais de Bellegarde et de Fourques).

 

 

REDESSAN


 

Le village primitif de Redessan doit son nom à un groupe de baraques qui s'était formé autour du VIII milliaire de la voie Domitienne. Ce quartier portait le nom de Tavernolles, puis de nos jours celui de Cureboussot.

On retrouve le village sous le nom de Villa Nova et Villa Rediciano.

Un milliaire a marqué le départ de la route d'Arles. Ce milliaire était posé sur la voie Domitienne (?) et a été retrouvé sous le dallage de l'ancienne église de MANDUEL en 1861... Il porte le n° VII et il est daté de 145 ap JC.

De nos jours, il se trouve à MANDUEL, sur la place de la mairie, à côté de l'église.


Borne milliaire VII de Manduel - Redessan
 

On notera la forme cylindrique du fût et la base carrée, indices qui signent les milliaires de la voie d'Antonin le Pieux.

L'inscription en est la suivante :

IMP.CAESAR
DIVI.HADRIAN F T.AELIVS.HADRIAN
ANTONIN.AVG.PIUS PONT.MAX.TRIB.POTES
VIII.IMP.II. COS IIII
P.P. RESTITVIT

VII

Elle est interprétée ainsi :

IMPERATOR CAESAR
DIVI HADRIANI FILIUS
TITUS AELIUS HADRIANUS
ANTONINUS AUGUSTUS PIUS
PONTIFEX MAXIMUS
TRIBUNICIA POTESTATE VIII
IMPERATOR II CONSUL IIII
PATER PATRIAE RESTITUIT

VII

D'où la traduction qui semble confirmer les modifications de la route :

L'empereur César,
Titus Aelius Hadrien Antonin,
fils du divin Hadrien,
auguste, pieux,
grand pontife,
dans sa 8° puissance tribunicienne,
2 fois imperator, 4 fois consul,
père de la patrie, a fait réparer
(la route)
7


 

VALESCURE


 

Le vallon de Valescure fut en effet la seule faille géologique descendant en pente douce vers le Rhône de Saint Roman … La route antique passait par l'actuel chemin de Valescure.


 

 LA DRAILLE DES ARCS

«  PONS ARCARIUS » 


 

En 1755, suivant l'architecte J. ROLLIN dans un Dictionnaire topographique on trouve la mention Pont des Arcs).

Ce fut un pont destiné à franchir le bras du Rhône de Bellegarde (très exactement le Rhône dit de Saint Roman qui circulait alors dans la faille de Nîmes) et à joindre l'actuel mas de Saint Joseph (carrefour viaduc – aqueduc) et les abords de l'actuel mas de Valescure, mas posé sur la costière du « Pendant du Contrac », site à opposer à la mention du mazet du Contrac, situé à l'autre extrémité de la Draille des Arcs.

Restitution de la Draille des Arcs

Le pont de la Draille des Arcs a été construit en deux parties coudées :

  • Du mazet du Contrac, au carrefour de l'actuel mas Clos Finot. Le dénivelé actuel du terrain est très faible (moins de 0,50m). Longueur estimée du viaduc :

La route se trouvait à une hauteur par rapport au sol variant de 0 mètre à 15 mètres.

  • Du carrefour de l'actuel mas Clos Finot, à l'embranchement de la route de Valescure. La route se trouvait toujours à une altitude NGF de 3,00 mètres. Mais la hauteur par rapport au sol, variait.

ARCHITECTURE : Le viaduc aérien était constitué d'au moins 250 piles dont 180 ont été repérées à ce jour. De forme carrée, la base de certaines des piles est constituée d’énormes blocs de calcaire provenant des carrières de Beaucaire dont le poids est estimé à environ 4 tonnes (image 4).

Le viaduc de la route d'Arles a très bien put ressembler au pont d'Ambroix, construit à la même époque, prés de Lunel :

Entre le Gard et l'Hérault, la Via Domitia empruntait le Pont d'Ambroix pour franchir le Vidourle. Ce pont romain construit au Ier siècle, fait partie du site archéologique et touristique d'Ambrussum.

 Le pont est construit en pierres de grand appareil (blocs de 1,40 m x 0,70 m x 0,50 m) assemblées sans mortier avec renforts d'agrafes en bronze scellées au plomb. Long de 180 mètres, il avait à l'origine onze arches, dont il ne reste que la cinquième au milieu de la rivière, d'une portée de 10 mètres. Les arches sont voûtées en plein cintre. Aux reins de la voûte, on note la présence de corbeaux de pierre servant d'appui aux cintres. Les ouvertures de crues sont modestes, ce qui explique que la poussée des eaux est la cause de l'effondrement du pont malgré la présence d'avant-becs.

 

Il a existé en ce lieu un « castrum », (image 3) il était situé très certainement à l'extrémité Sud du viaduc d'Arles.

Dans un mémoire de l'Académie Royale du Gard daté de 1873, on trouve le texte suivant : « C'est à l'une des extrémités de ce viaduc que devait se trouver la station indiquée par l'Itinéraire de Bordeaux à Jérusalem sous le nom de Pons Arcarius ».

Les Itinéraires indiquent le lieu non par civitas, mais simplement comme un relais « mutatio ». Tout porte donc à croire qu'il s'agissait d'un camp romain « castrum » comme va l'appeler au VI ème siècle, Grégoire de Tours : Ugernum Arelatense Castrum.

Nous savons comment étaient organisés les castrums du début du second siècle …. Il est donc fort possible que l' Ugernum Arelatense Castrum, ressemblait à cette configuration :

Il serait probablement vain d'y rechercher de nos jours des traces de structures maçonnées, vu que les soldats romains "dressaient dans ces camps pour leur logements ordinaires, des tentes et des pavillons de cuir" (Tacite).

Militarisé ou pas, le mas de Saint Joseph fut dés l'an 45, le lieu de convergence de l'aqueduc puis du viaduc d'Arles (image 2, tronçon de colonne).

  • Le mas de Meilland (altitude 5,00 NGF) . A proximité en bordure du marais de Fourques se trouve le mas de Peirette, qui en fut probablement le lieu de sépultures.

Le site du mas Saint Joseph, que nous pensons avoir été un carrefour important de la route d'Arles vers l'an 165. Nous constatons entre autres que ce lieu fut une villa agricole d'importance en ce sens qu'un dolium (poterie – cuve) y a été trouvé.

Depuis l'ensemble des mas de Saint Joseph - les Plantades-Millord, l'itinéraire de la SECONDE ROUTE va suivre le tracé de l'aqueduc des origines sur 2 milles jusqu'à l'actuel mas des Cabanes.

En ce lieu, la nouvelle route rejoindra l'ancienne voie (sur 1 mille) et l'entrée du territoire d'Arles, au mas Neuf de Saujan.

C'est sur ce dernier parcours que l'on situe la « villa du Château » ou la villa Salganius ou Salatianus (ainsi mentionné sur un acte de 824) qui a donné son nom à l'actuel hameau de Saujean.

 

LE TRONC COMMUN  des deux routes 

"DU MAS NEUF DE SAUJAN 

A FOURQUES"

 

 

Nous approchons de la ville d'Arles . Nos éléments de réflexions sont les suivants :

- Nous avons un témoignage de Pierre Veran, de l' An XI de la République , qui est alors Secrétaire Général de la Préfecture des BDR (Essais Historiques, manuscrit de la ville d'Arles) et qui nous renseigne sur la voie et l'aqueduc de la ville d'Arles :

« … Mais comme il y avait aux environs d'Arles, plusieurs branches (du fleuve NDLR) à traverser, sur la première qui était dans l'endroit de ce que nous appelons aujourd'hui le Pont de Crau, il avait été construit un aqueduc et pont ; sur la seconde, il y avait un pont de tables. Il fallut pour traverser la troisième qui est celle que nous appelons maintenant le Petit – Rhône, un autre pont. »

Nous déduisons de ce rapport, que les antiquités romaines à Fourques sont les suivantes :

Un pont : Le village de Fourques doit son existence à la construction, au IIè siècle de notre ère, d'un pont sur le Petit – Rhône, dont nous avons plusieurs témoignages :

  • En 1639, suite à l'abaissement des eaux du Rhône, on pu voir « les vestiges de 9 piles en pierre qui firent connaître que c'était précisément à l'endroit où les eaux se séparent pour former la branche du Petit – Rhône et celle d'Arles, que ce pont fut construit ». «  Je trouve dans les annales manuscrites de la ville, que chaque pile avait environ 1 toise en tous sens et 4 toises de l'une à l'autre.

  • En l'An XI, L'arlésien Charles Tassy, assure à Pierre Véran d'en avoir vu quelques unes en 1750... « Il dit qu'elles avaient environ 2 toises en tous sens et 5 toises de l'une à l'autre » …

Un plan de 1814, nous apprend qu'à cette date, que le début du Petit Rhône était coupé par un gué, ou un banc de sable; c'est là que la jonction entre l'île des Canards (sur le Rhône, en face de Fourques) et la pointe de Trinquetaille va se faire (à la hauteur de l'espace compris entre la station de pompage de Fourques et l'actuel mas des canards sur l'actuelle presqu' île des Sables). Si dans la romanité, un pont a été construit entre Fourques et Trinquetaille, celà n'a pu se faire que là, soit à environ 250 mètres en aval du pont actuel (construit en 1830), face à l'actuelle station d'épuration de Fourques.

- Présence d'une pile (Borne milliaire, NDLR) constatée par H. REVOIL vers 1863 (Mémoire de l'Académie du Gard de 1863, n°4, pages 156 - 159) qui a permis, par la voie Julienne (sic), actuellement rue de la République, de rejoindre la voie Domitienne. Son point peut être situé exactement à la hauteur du delta du Rhône (la Cine). Sur le compoix de 1810 ce quartier ne pouvait s'appeler Villevieille sans raison.
Les agriculteurs, en labourant la terre y trouvaient des pièces romaines. 

 

Un sarcophage : Vers 1860, sous Napoléon III, lors du creusement du canal d'irrigation Fourques-Beaucaire il a été trouvé un sarcophage de pierre avec séparation en son milieu, en tout point semblable à ceux de la nécropole des Alyscamps d'Arles.

Depuis cette date, il restera sur la berge du canal. En 1954, Le Maire de Fourques fait dégager arbustes et broussailles qui l'entourent et signale la découverte à Monsieur Soilin, conservateur à Montpellier.

Le Sarcophage se trouve actuellement à Fourques, place de l'église, et une réplique se trouve sur le rond point de la Cine à quelques mètres du lieu de sa découverte (NB : ce commentaire de l'époque actuelle n'est pas recevable en ce sens que la limite du Pomérium d'Arles fixée au mas Neuf de Saujan, interdisait les sépultures à l'intérieur du territoire de la ville : ce tombeau a donc été trouvé en dehors du territoire urbain vers Saujan, soit au minimum à 2,500 km du rond point actuel).


 

Deux bornes : A cette même date, en 1954, M. Gallon fermier au mas de Garrigues, quartier de Saujean, découvre en défonçant un terrain situé au bord de la route Fourques - Beaucaire, deux colonnes en pierres froides, légèrement coniques, d'un diamètre d'environ 0m60 à la base et d'une longueur de 3m50. Ces colonnes finement ornées veillaient le long de la voie Julienne (Voir Pomerium d'Arles). (cf image 1)

 

 

 

 

Image 1 : Colonne type "Pomérium". (mas Neuf de Saujan). Image 2 : colonne cannelée  (Quartier du mas Saint Joseph)
Image 1 : Colonne type "Pomérium". (mas Neuf de Saujan). Image 2 : colonne cannelée  (Quartier du mas Saint Joseph)

Image 1 : Colonne type "Pomérium". (mas Neuf de Saujan). Image 2 : colonne cannelée (Quartier du mas Saint Joseph)

.image 3, plan type du castrum romain du II siècle

.image 3, plan type du castrum romain du II siècle

Image 4 : fondations draille des arcs

Image 4 : fondations draille des arcs

Image 5 : Route antique d'Arles

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Published by EOLE, vizir, J de Molay - dans HISTOIRE D'ARLES
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25 décembre 2014 4 25 /12 /décembre /2014 05:54
LA TARASQUE : Dessins d'archives
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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 08:39
gare-de-marchandises-de-trinquetaille
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