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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 08:26

GUERRE DE 39 -45

 

Connaissant de nos jours l'extrême précision des implantations militaires allemandes en Camargue, un point vraiment très particulier nous interpelle : la région de Mas Thibert – Boisviel - Sambuc , en général ! Et... Le secteur du domaine de Boisviel en particulier …

 

A ce jour, nous n'avons aucune preuve sur l'utilisation par l'armée allemande de ce domaine durant la guerre. Mais son équipement et sa position géo-stratégique en ont fait pourtant un lieu incontournable pour des militaires. De fait il serait pour le moins étonnant que l'occupant (vu la qualité de ses renseignements locaux en sa possession) n'ai pas mis à contribution le site ! A cette époque là, le domaine est en pleine production viticole, parfaitement industrialisée, voire mécanisée, ne serait – ce que par la voie ferrée type Décauville du domaine !

Détruite de nos jours, elle était parfaitement opérationnelle à l'époque de la Seconde Guerre voire bien après. De partout en France où le système Décauville fut installé, ce mode de transport fut utilisé en période de conflits ...

Ce qu'on en sait : perché sur les digues de séparations des différentes propriétés du domaine, le train du domaine de Boisviel fut édifié sur un réseau de voies ferrées de type « Décauville » à voies étroites (60cm), sur lequel circulait du matériel de transport du même nom.

Desservant les 5 mas, situés sur un immense domaine de prés de 1100 hectares (les caves de Boisviel, mas Saint Pierre, Le Cassaïre, la Commanderie, l'Ilon du Roy) la voie ferrée avait 50 km de long, plus 15 km de voies que l'on pouvait déplacer en fonction des besoins... Sans parler de la cave, réputée comme étant la plus grande de France, voire d'Europe ! Bref un endroit idéal pour stocker ou transborder du matériel et/ou des munitions...

Ajoutons à celà, l'aménagement périphérique très particulier du domaine de Boisviel :

  • Des quais sur le Rhône avec un bac à traille qui reliait le mas de la Commanderie (en rive droite du fleuve au hameau du Sambuc) et le mas de l'île Saint Pierre (rive gauche) ;

  • Un embranchement avec la voie ferrée Arles – Port Saint Louis du Rhône. Ligne sur laquelle aurait circulé un train blindé camouflé équipé pour la chasse anti aérienne (témoignage oral).

  • Des liaison routières directes vers la Crau (aérodromes des Chanoines, de saint Martin de Crau, d'Istres), la côte (Port Saint Louis, mais aussi la Camargue depuis le Sambuc)...

Mais surtout, ce qui nous interpelle, c'est l'extrême discrétion visuelle du lieu, caractérisé surtout par l'absence flagrante de bunkers, alors même que les constructions allemandes furent tant prolifiques dans cette région... De toute évidence, même la Résistance arlésienne locale incarnée alors par les frères Pouly et le lieutenant Mison (voisins immédiats du site) ne semble pas avoir été au courant …

Erreur de nos analyses, oubli grossier des stratèges allemands ? Nous en resterons de fait à de simples supputations...

 

 

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    Published by EOLE, vizir, J de Molay - dans HISTOIRE DE LA CAMARGUE
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    18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 11:19


     

    Erwin Rommel, le célèbre général allemand, a été surnommé « le Renard du désert », durant la Seconde Guerre mondiale, en raison de la grande campagne militaire qu’il mena en Afrique du Nord de 1941 à 1943, à la tête de son armée : l’Afrikakorps.. En Afrique, l'armée allemande a bien entendu pillé les fortunes locales qu'il a bien fallu rapatrier et mettre en sécurité sur le vieux continent ...

    À partir de novembre 1942, les allemands commencent la construction, sur la côte méditerranéenne, d’un dispositif de défense semblable au Mur de l’Atlantique, le Südwall, dont l’une des installations les plus importantes doit être une base sous-marine bétonnée, établie à Marseille, qui ne sera jamais terminée.

    Lors de ses campagnes en Tunisie et en Libye, Rommel aurait amassé un véritable trésor de guerre, regroupé dans six énormes caisses en bois, remplies de lingots d’or, de diamants et de bijoux, volés à de riches familles juives de Tunisie.

     

    UNE LEGENDE ?

     

    L'histoire qu'on nous raconte : Le 16 septembre 1943, dans un monastère au-dessus de Bastia, un groupe de SS charge un trésor. Ce fabuleux butin est arrivé de Libye par bateau quelques jours plus tôt puis fût caché dans ce monastère et gardé sous haute surveillance. En fait, il s’agit de deux trésors, d’une part le fruit des pillages de l’armée Allemande en Afrique du Nord auquel c’est ajouté le trésor de Négus, le richissime descendant de la reine de Saba.

    Les SS sont fébriles et ont pour mission de charger ces précieuses caisses dans deux camions et de les transporter au port dans les plus brefs délais, l’opération doit se dérouler dans le plus grand secret. Les moines ont pour interdiction de sortir du monastère, aucun témoin ne doit être présent, pourtant certains raconteront plus tard qu’ils ont vu une partie du chargement ; de l’or ainsi que des pierres précieuses. Les précautions prisent par les soldats nous montrent bien qu’il ne s’agit pas d’un chargement ordinaire …

    On perd alors la trace du trésor… jusqu’en 1948, lorsqu’un ancien SS tchèque du nom de Peter Fleig affirme avoir été chargé, avec d’autres SS, d’emporter les caisses à bord d’une vedette et de se rendre sur la côte italienne.

    Mais l’embarcation ayant été attaquée par l’aviation américaine au sud de Bastia, au large de l’embouchure de la rivière Golo, Fleig et ses compagnons sont obligés de jeter les six caisses par-dessus bord. Depuis, Peter Fleig a monté plusieurs expéditions sous-marines sur place, afin de récupérer le magot, sans succès à ce jour faute d’avoir effectué à l’époque un relevé précis de sa position.

    En septembre 1943, l’île de beauté vit ses dernières semaines d’occupation Allemande, les allemands sont déjà en train de perdre la guerre et il va leur falloir se replier sur l’Italie...

     

    NOTRE VERSION

     

    L'histoire qui nous est raconté, ne peut – être qu'une légende destinée à brouiller les pistes.... Comme toutes les histoires de trésors ; si ce n'est que le trésor amassé par l'Afrikakorps a bel et bien existé et qu'il n'a jamais été retrouvé !

    Concernant le transfert, à mon avis, à aucun moment le « Renard du désert » ne s'est éloigné de cette immense fortune ...

    En fin 1942 des vedettes rapides allemandes descendent le Rhône, dissimulées à bord de chalands ; elles sont parties de Chalons – sur – Saône et sont arrivées à Port Saint Louis du Rhône

    Or on sait que le 8 novembre 1942, il y eut un accostage de vedettes rapides allemandes dans le port de Bizerte (TUNISIE) ... C'est le seul moment de la guerre où ce genre d'évènement est signalé et pour cause : vedettes rapides et sous – marins allemands sont à ce moment là de la guerre, rarissimes en méditerranée...

    Quand Rommel est rentré en Allemagne en mars 1943, il a demandé à un commando (peut - être des SS, mais quand on connait les relations entre Rommel et les SS, on peut être circonspects .... ) de convoyer le magot par bateau. On nous dit que ce dernier quitta le port de Bizerte le 12 mai 1943 et arriva  en Corse en septembre (!!!), où il fut bloqué dans le port de Bastia (???).

     

    Quel type de bateau les allemands ont – ils utilisé ?

     

    Pour convoyer une telle cargaisonvers le continent, il fallait faire vite et il est évident que les allemands ont pris toutes leurs précautions en matière de sécurité … Et qu'il ne peut s'agir que d' un navire militaire, en l'occurence une vedette rapide ! Or il se trouve que nous connaissons le type de schnellboot qui fut utilisé en méditerranée entre 1941 et 1943 ! Il s'agit du type S58 qui faisait partie de la série de schnellboot S30 à S37 et S54 à S61 construites à Lurssen, Vegesack en 1940, de 82 tonnes au lieu de 100 tonnes pour les autres séries.
    A son entrée en service début 1941, la S58 est affectée à la 3e flottille en Baltique, après une remise en état à Wilhelmshaven, la 3e flottille appareille pour la Méditerranée ; les S30 et S58, à cause de leur plus petite taille ont été choisies pour rejoindre la Méditerranée par les canaux;

    Elles passent par Rotterdam, elles remontent ensuite le Rhin à 15 nœuds jusqu'à Strasbourg, puis le canal du Rhin au Rhône, descendent la Saône et le Rhône jusqu'à la mer, à Port Saint Louis du Rhône elles sont prêtes à intervenir en Méditerranée en décembre 1941. Leur distance de croisière est de l'ordre de 1500 km pour une vitesse de 30 (56km/h) à 40 nœuds ...
    Dés 1942, ces schnellboot interviennent d'abord en Sicile et sont basées à Augusta puis à Porto Empedocle ; ensuite elles rejoignent Derna en Afrique du Nord (Lybie), tout prés de TOBROUK et attaquent les convois ravitaillant Malte. Après l'opération Torch en novembre 1942, elles rejoignent Bizerte ; le 1er janvier 1943 la S58 coule le dragueur HMS Horatio .

    D'autre part, on sait que les vedettes de la 3 éme flottille quittent Bizerte en mai 1943, et se replient sur la Sicile, puis Tarente et Viareggio (Italie) au fur et à mesure de l'avance des Alliés. A aucun moment il n'est fait mention de la Corse !

     

    La S58 dans le port de TOULON

    Les prémices de la libération de la Corse remontent au mois de décembre 1942. À cette époque, les Alliés étaient fermement installés en Afrique du Nord. Le général Giraud choisit donc d'envoyer en Corse une première mission dirigée par le commandant de Saulle. Cette action de reconnaissance prit fin en avril 1943. À ce moment, le commandant Paul Colonna d'Istria débarqua à son tour dans l'île pour unifier la Résistance et préparer le débarquement allié. Il est alors évident qu'en 1943 que la Corse, ne faisait pas partie des itinéraires sécuritaires de la 3ème Flotille allemande...

     

    RESUMONS – NOUS :

     

    Il est évident aussi que la date du convoyage peut être fixée entre février 1943 (départ de Rommel de Bizerte pour l'Allemagne, par on ne sait trop quel moyen de transport) et le 12 mai 1943 au plus tard (départ de Bizerte de la 3ème Flotille) ! La seule côte sécuritaire pour la marine allemande est bien la côte méditerranéenne de la France métropolitaine, Corse exceptée, distantes au maximum de 800 km !…. Que les vedettes rapides pouvaient donc rejoindre en moins de 10 heures de navigation, sachant qu'une vedette rapide allemande pouvait naviguer entre 30 et 40 nœuds soit entre 56 km/h et 90 km/h et qu'elle avait un rayon d'action de 1500 km. Pour être plus précis, il m'apparait évident que le trésor de Bizerte est parti en même temps que Rommel.... C'est à dire en février – mars, époque où les eaux de Méditerranée étaient encore sécuritaires pour les allemands …

    Depuis le 11 novembre 1942, les ports militaires français parfaitement sécurisés par la kriegsmarine se situaient à l'ouest de Marseille en général, et entre Sète et le Cap Couronne en particulier...

    Dans cette hypothèse, un seul endroit nous semble correspondre à un impératif de sécurité absolue pour les Allemands :

    Port Saint Louis du Rhône

    Un port que l'on peut considérer d'une certaine façon comme « port d' attache des vedettes rapides allemandes » ...

     

    Une chose est sûre : Le fabuleux trésor de Rommel n'est jamais arrivé en Allemagne ! Rommel était déjà en désaccord profond avec Hitler, au point même qu'il souhaitait que son pays capitule ! ... Difficile dans ces conditions  de donner le magot à Hitler ... Dans ses notes, il déclare : 

    « Hitler se montra totalement fermé à tous mes arguments, qu'il élimina les uns après les autres, persuadé alors que je m'étais laissé envahir par le doute et le pessimisme. Je déclarai (...) qu'il fallait rééquiper l'armée d'Afrique en Italie et la mettre en état de défendre nos frontières méridionales d'Europe»

    D'autre part, les généraux « hommes de confiance » de Rommel, étaient déjà présent sur le Sudwall et lui obéissaient au doigt et à l'oeil … Le trésor de l'Africakorps pouvait être alors considéré en grande sécurité ! Aprés son entrevue avec Hitler, Rommel sait qu'il ne retournera pas en Afrique : il va être nommé inspecteur du mur de l'Atlantique et … Du Sudwall !

    Curieusement, c'est à cette époque que les troupes du Génie allemand vont commencer à construire à Port Saint Louis du Rhône, un PC souterrain, qui n'était pas franchement nécessaire et qui à ce jour, n'a jamais été retrouvé !!!

     

    En février et mai 1944, Rommel viendra à deux reprises

    ... A Port Saint Louis du Rhône !!!

     

     

     

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    Published by EOLE, vizir, J de Molay - dans HISTOIRE DE LA CAMARGUE
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    18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 09:30
    MAS-DE-MERLES
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    MAS-DE-MERLES
    MAS-DE-MERLES
    MAS-DE-MERLES
    MAS-DE-MERLES
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    15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 06:20
    Dossier des mas du Tort et de Merles...
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    7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 06:06

         
    Mon travail sur les profils de la Camargue du début de notre ère, m'emmènent à évoquer mes hypothèses sur la position du Camp et du Canal ou peut - être des Canaux de Marius.

    Le schéma ci-dessous vous en rapelle les profils :


    Max DANIEL: La Camargue antique et ses routes navales

    Légende: ---- Le trait de côte actuel

     

     

     

    L'Histoire

    Par leur nombre et leur aspect, les Barbares en question, avaient très fortement impressionnés les populations et les armées rencontrées sur leurs passages: «  C'était un nombre infini de Barbares hideux à voir, et dont la voix et les cris ne ressemblaient pas à ceux des autres hommes... ». Les soldats de Caïus Marius, retranchés derrière leurs remparts, voulurent aller au contact de ces hordes; mais le général romain décida de les empêcher d'agir et de les faire cohabiter : « ... Ce général, qui s'inquiétait peu de leurs défis, retint ses soldats dans le camp, et fit de sévères réprimandes à ceux qui, témoignant une fierté déplacée, et n'écoutant que leur colère, voulaient aller combattre. Il les appelait traîtres à la patrie, et leur représentait que l'objet de leur ambition devait être, non d'obtenir des triomphes et d'élever des trophées, mais de dissiper cette nuée foudroyante qui les menaçait, et de sauver l'Italie. C'était le langage qu'il tenait en particulier aux capitaines et aux principaux officiers ; pour les soldats, il les plaçait les uns après les autres sur les remparts du camp, d'où ils pouvaient voir les ennemis, afin de les accoutumer à leur figure, au ton rude et sauvage de leur voix, à leur armure et à leurs mouvements extraordinaires. Il leur rendit ainsi familier, par l'habitude, ce qui d'abord leur avait paru si effrayant ; car il savait que la nouveauté fait souvent illusion et exagère les choses que l'on craint, au lieu que l'habitude ôte même à celles qui sont redoutables une grande partie de l'effroi qu'elles inspirent. Cette vue continuelle des ennemis diminua peu à peu l'étonnement dont ils avaient été d'abord frappés ; et bientôt leur colère, ranimée par les menaces et les bravades insupportables de ces Barbares, échauffa et enflamma leur courage. Car les ennemis, non contents de piller et de ravager tous les environs, venaient les insulter, jusque dans leur camp, avec une audace et une insolence si révoltantes, qu'indignés de leur inaction, ils se livrèrent à des plaintes qui parvinrent enfin jusqu'à Marius »... 

    Une scission semble alors s'être produite au sein de l'armée du général: « Quelle lâcheté, disaient-ils, Marius a-t-il donc reconnue en nous, pour nous empêcher de combattre ; pour nous tenir, comme des femmes, sous des clefs et des geôliers ? Osons lui faire voir que nous sommes des hommes libres, allons lui demander s'il attend d'autres soldats qui combattent pour la liberté, et s'il compte ne jamais nous employer que comme de simples travailleurs, pour creuser des fossés, nettoyer des bourbiers, ou détourner des rivières. C'est sans doute pour ces glorieux ouvrages qu'il nous a exercés à tant de travaux ; ce sont là les exploits de ses deux consulats qu'il se propose de présenter à ses concitoyens. Craint-il le sort de Carbon et de Cépion, que les ennemis ont vaincus ? Mais ces généraux étaient bien au-dessous de Marius en réputation et en courage, et leurs armées moins fortes que la sienne. Encore vaudrait-il mieux essuyer quelque perte en combattant, que de rester, dans l'inaction, spectateurs des dégâts que souffrent nos alliés. » 

     

    LE CAMP DE MARIUS ET ... SA BASE NAVALE

     

    Beaucoup de choses ont été dites sur la position du Camp, tous les lieux quelque peu surélevés de la basse vallée du Rhône, susceptibles ou pas d'accueillir les troupes romaines ont été évoqués....  

    Tous les lieux sauf un qui repose  pourtant sur des constatations évidentes de nos jours : la position du trait de côte avant JC, le niveau du fleuve et ses apports sédimentaires ... Cet angle de réflexion totalement oublié a pourtant une importance capitale !

    En fonction de cette nouvelle hypothèse cartographique des embouchures, on peut donc évoquer une nouvelle position idéale du mystérieux et si célèbre camp romain...  

    En fonction de cette nouvelle cartographie des embouchures, et de nos connaissances sur les camps romains, on peut en effet, imaginer ce qu'aurait put être celui de Marius. Pour celà, nous devons remettre à plat la stratégie globale de son Etat-Major.

    Le but de Marius est bien de stopper les dévastations opérées par les barbares. Les hordes des Teutons et des Ambrons arrivant des Alpes, évoluent par voie de terre en suivant la côte Ligure. Ils se dirigent vers l'ouest de la toute nouvelle province qu'est la Narbonnaise. Caïus Marius a pour mission de les anéantir. Les troupes romaines connaissant déjà très bien le terrain, arrivent sur place avec un plan de bataille qui est certainement tout tracé...

    La seule véritable barrière naturelle qui est à sa disposition dans cette région, et contre laquelle le général va pouvoir adosser ses troupes n'est autre que la rive gauche du Rhône et son estuaire réputé infranchissable...

    Prés de 100 000 hommes, arrivent par la mer et débarquent en rive gauche et à proximité de l'estuaire du Rhône, le but est d'éviter les bourbiers engendrés par le fleuve. Le lieu de débarquement est probablement situé du côté de Fos, prés de l'embouchure Massaliotique.. Ce site maritime présentait l'avantage d'être à l'abri des cordons fluvio – littoraux; la flotte romaine lourdement chargée, a ainsi put éviter la zone marécageuse des embouchures...

    La cavalerie romaine va aller reconnaître et occuper les points hauts de la région et l'endroit idéal pour faire stationner le gros des troupes... C’est très certainement vers l’embouchure du fleuve et plus exactement sur l'extrémité Ouest du plateau de la Crau, que le général romain a dressé son camp et sa base navale.

    Un seul site obéit à ces considérations : c'est la zone actuelle des mas du Grand Gallignan, de Canontge, de l'Hoste, de la Tapie Saint Léger . L'altitude actuelle du lieu varie entre 4 et 20 mètres, donc à 7,5 mètres et 23,5 mètres au dessus de la mer, au début de notre ère.

    C'était probablement la fameuse montagne décrite par les textes anciens. De là, le général Marius a une vue optimale de la région des embouchures, du plateau de Crau et bien plus loin vers les montagnes environantes : 

    • A l’Est s’étend la plaine de Crau, lieu désertique d’où l’on voit arriver l’ennemi de très loin, et de plus rendue difficilement accessible par la nature même de son sol, pierreux à souhait. Le site de Canontge est le plus élevé de la partie qui nous intéresse (20 mètres en moyenne). Le site permet d'avoir une vue jusqu'à la colline de Fos et sur les bergeries de l'époque Les vestiges archéologiques du 1er siècle avant notre ére, y témoignent d'une vie intense . Ces vestiges ont ainsi révélé l’existence de structures communautaires de l’époque romaine, réunissant plusieurs bergeries, un four à pain et un puits. Dix-huit groupes de bergeries et autres constructions antiques ont été répertoriés depuis 1989.  On sait qu'à l'actuel mas de Gallignan, a succédé à un vaste domaine Gallo-romain, dont proviendrait une inscription funéraire aujourd'hui disparue, du naviculaire L. Secundius Eleutherus.  

    • A l'Ouest et en contre-bas, il y avait le fleuve, ses embouchures et surtout l'anse sécuritaire de Gageron-Valériole-Villeneuve, une rade fluviale idéale si elle était aménagée pour rejoindre la mer en cas de repli .... On notera à l’extrémité orientale de cette ligne, et au Nord de Notre Dame d’Amour, la présence d’un lieu surnommé l’Echelle, qui signifie aussi l’Escale ou le Port (…).     

    • Au Nord, il a une vue idéale car très dégagée, sur les oppidums des Alpilles, la colline d'Arles, le plateau de Fourchon, etc...

    • Au Sud, le général était directement et à courte distance de son embarcadère maritime de Fos.

    Les études réalisées sur d'autres régions maritimes, montrent que les Camps militaires romains, situés en bordure où à proximité des côtes, étaient toujours associés à une base navale.

    Le cantonnement des personnels de la Flotte était évidemment situé en bordure de l'élément liquide et toujours géographiquement surmonté par le Camp.

    La base navale assurait une double fonction; son rôle essentiel, étant d'assumer en permanence une mission d'approvisionnement des troupes en matériel et en vivres. D'autre part et probablement surtout, en cas de danger, elle devait permettre aux troupes volontairement acculées au fleuve, d'être évacuées en toute sécurité .

    La surface nécessaire à l'édification d'un camp romain représentait un module allant de 1ha pour les plus petits à 53ha pour les plus grands; mais bien entendu, suivant la surface disponible et l'importance des troupes déplacées, ces modules – types pouvaient être multipliés à souhait.

    D'où la question de savoir quelle a put être la surface du camp de base, nécessaire à l'établissement de l'armée de Marius. Nous savons que le général est arrivé dans la région de Fos avec 4 à 5 légions; une légion (la cavalerie) s'est séparée des trois ou quatre autres, pour reconnaître et sécuriser les points hauts, qu'elle a certainement aménagés. Ce sont donc trois ou quatre légions qui ont été regroupées en un point pour constituer le camp de base.

    Si en France on connait très mal les emplacements des places fortes romaines et à plus forte raison ceux des simples camps, ce n'est pas le cas pour la Grande Bretagne et plus particulièrement pour l'Ecosse.... Globalement, il a été déterminé trois grandeurs de camp: 13ha, 44ha, 57ha.

    Les camps de 44ha sont les mieux connus, ils constituent la ligne de marche d'une armée assez importante, comprenant au moins le gros de trois légions, ainsi qu'un nombre équivalent de troupes auxilliaires. Avec la force armée développée par Caïus Marius, nous sommes donc probablement dans ce cas de figure, et ce sont bien les vestiges d'un camp d'environ 44 ha ou de 57 ha , que nous devons rechercher.

    Malheureusement, la mise en culture des terres est passée par là bien avant nous, nivelant plus ou moins les sols susceptibles de nous intéresser... Pour détecter en Crau, les emplacements des vestiges passés, le seul recours de l'archéologie reste celui de la photographie aérienne; c'est par ce  biais que les britanniques ont révélés une multitude de forts et camps sur leur territoire.

    Appliquée à notre problème, la photographie aérienne, par l'intermédiaire de Google Earth, nous a permis de faire « parler » le sol...
     

    LA RECHERCHE DES FOSSES MARIENNES

     


    Les travaux réalisés par les anciens nous impressionnent toujours par leurs ampleurs. C'est le cas de ces fameuses Fosses Mariennes, dont les positions et les caractéristiques n'ont jamais été élucidées.

    Creusées dés leur origine dans un but strictement militaire, elles resteront en tant que réalisation, le trait de génie du passage des romains en Camargue. Elles rendront par la suite d'inestimables services à la navigation marchande, et ce au moins jusqu'au IVéme siécle, peut - être le VIII ème, époque de graves crises hydrologiques.

    L'installation des troupes de Marius sur le site que je propose a obligatoirement été mené de pair    avec le creusement de deux fosses qui, en cas de danger permettaient d'évacuer très rapidement les troupes par voie maritime ...

    Caïus Marius surveilla l'ennemi pendant deux ans ; pour faciliter le ravitaillement de son armée il fit aménager l'un des bras du fleuve et creusa le Canal que l’on appelle la Fosse-Marienne.
    «  Les embouchures du Rhône, à cause du refoulement opéré par la mer, recevant quantité de limon et de sable que la vague comprime en boue épaisse, offraient aux navires chargés de blé une entrée difficile, laborieuse et étroite »
    . Les écrits de ce contemporain de l'époque qui nous intéresse, peuvent être interprétées ainsi :
    A cause des atterrissements du fleuve et de la mer, l'accés aux deux embouchures posaient de sérieux problèmes aux navires les plus lourdement chargés, donc ayant un très fort enfoncement ou « tirant d'eau ». Pour utiliser la voie fluviale, il a fallut aménager l'accès au delta et choisir l'une des deux bouches. L'étude des anciens cordons littoraux semble montrer que c'est la bouche Massaliotique qui va s'envaser le plus rapidement; et pour cause, l'extrémité occidentale de la montagne de Villeneuve semble avoir été le premier obstacle géographique à la libre circulation du fleuve. A tel point que la tête du Rhône d'Ulmet, circulant en ce lieu dans une très légère dépression de la Montagne, fut l'une des toutes premières zones à se poldériser. De plus, la bouche Massaliotique , uniquement alimentée par ce Rhône d'Ulmet, était très large, voire immense et certainement peu profonde (au moins dans sa partie supérieure). De fait dés le 1er siècle avant JC, la navigation par cette voie, devint extrêmement laborieuse pour la quasi totalité des navires et tout particulièrement pour ceux de haute-mer.

    Alors, comment a pu s'organiser la navigation fluviale du delta, un siècle avant le début de notre ère ?

    Un port de délestage des troupes et des cargaisons a été nécessaire à l'entrée même de la Bouche Massaliotique, et cela a très bien pu être le site de Fossis Marianis, alias le port antique de Fos/mer.

    D'autre part, nous savons que le bras de Saint Féréol fut de tout temps le plus utilisé ou tout au moins le mieux entretenu ... Ce sont donc bien des tronçons fluviaux du Rhône de Saint Féréol (arrivant dans la Bouche Lybique), que le général romain a eut intérêt à mettre en valeur.

    Plutarque continue : « Marius (…) creusa un grand canal, y fit passer une grande partie du fleuve et le conduisit à un endroit commode du rivage, là où il est profond, capable de recevoir des grands navires et en même temps plats et mettant l’embouchure à l’abri des vagues ».

    Au 1er siècle avant notre ére, l'unique Fosse voulue par Marius, est uniquement destinée à lui offrir la possibilité d'un repli stratégique. En ce sens, la modification du cours d'eau ne fut créée dans un premier temps, que pour descendre le fleuve.

    Les navires voulant remonter plus facilement le fleuve, avant le début de notre ére, étaient déjà obligés de passer par la Bouche Lybique, la plus étroite et probablement la plus profonde. Une zone portuaire a du être installée au large de l'actuel village des Saintes Maries de la Mer. Ce port servait surtout au délestage des navires ou à attendre des vents favorables.

    Un des grands problèmes qui se posent aux chercheurs, est de savoir quelle a été le nombre de  fosses nécessaires à la navigation. Les auteurs anciens, employant dans leurs écrits tantôt le singulier, tantôt le pluriel, il est difficile de se faire une idée précise de leur nombre et bien entendu de leur positionnement... Quoique....

    Reste à notre disposition la méthode empirique dite de la logique raisonnée... On admet ipso facto la géographie figurée par la Table de Peutinger, de même que les parcours des trois bras du fleuve, bien identifiés par les géographes. A partir de ces données, on va essayer de trouver une logique de navigation s'adaptant au mieux à la topographie supposée  de l'époque.

    De fait, ma démonstration va évoquer l'existence possible de trois fosses:

    Une première fosse: Elle serait située sur le bras de Saint Féréol, juste en face du Camp et de la base fluviale installés par Marius, donc vers l’Ouest, traversant d'Est en Ouest l’île de Bouchaud, directement vers le port de Carrelet, dans le droit fil du courant. Pour l'atteindre, en descendant vers la mer, il suffisait aux navires de se laisser porter par le fleuve. De plus, je pense que le général a aussi tenu compte de la présence du vent dominant pour orienter l’axe du chenal; en ce sens, l' axe Nord – Est (direction du Mistral) s’imposait.

    Le passage de la Fosse Marienne supposée, permettait d’arriver directement à la Tête de l’île de Carrelet , endroit même où les archéologues ont mis à jour les vestiges d’un port fluvial important, des bassins de salaisons, des sites artisanaux et funéraires.

    Avec cette fosse, nous sommes dans les actuels marais du mas de l'Ange et de Mas Neuf du Vaccarés. C'est une des zones marécageuses de Camargue où, même de nos jours, les hauteurs d'eaux restent les plus profondes. Fort de ces constatations, on peut donner un visage à la fosse, dont l'entrée devait se situer en face de Valériole et la sortie en direction des mas de l'Ange du Vaccarés et d'Agon.

    En ce lieu, la longueur du supposé chenal aurait été tout au plus de 3 000 mètres. La largeur et la profondeur resteront des inconnues. Mais on peut dire que ces dimensions ont certainement été façonnées par le fleuve, puisqu'il s'agissait pour le général Marius de détourner le fleuve. Il a donc existé sur la largeur du chenal, que j'estime entre 50 et 250 mètres, une partie navigable et un lit d'inondation, dont la largeur variait au grès des crues.

    Cette Fosse dans l'île de Bouchaud, serait matérialisée par une partie du canal de la Grand-Mar.

    Pour la réalisation, nous rentrons bien dans le cadre de la faisabilité du chenal: Marius avait à sa disposition une armée de 80 à 100 000 hommes qui restèrent sur place au moins deux ans... Il lui a suffit de faire tracer par ses soldats, le sillon du futur chenal, 3000 mètres sur une largeur maximum de 50 mètres, et le fleuve en circulant a fait le reste ...


     

     

     

     

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    3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 08:46
    LA BARQUE DES SAINTES
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    9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 06:17

     ARTICLE EN COURS DE REDACTION 

    SUITE DES CARTES ANCIENNES DE CAMARGUE

     

     

    Les pouvoirs publics ont tord de ne pas prendre en compte les témoignages et recherches des nombreux ingénieurs hydrographes qui ont travaillé sur l'évolution du littoral du delta du Rhône...

    Avec les modifications climatiques actuelles, tout porte à penser en effet, qu'une catastrophe de type submersion est imminente...

     

    camargue-1975-001.jpg 

    La camargue en 1975 

     

    camargue-cassini-001.jpg

     La camargue vers 1775

     

     

    A titre de preuve, nous publions aujourd'hui une carte de relevés établis en 1872 par des ingénieurs militaires  et montrant le profil et la nature des sédiments de la côte à cette époque (il y a donc 150 ans) :

    camargue 1872 1 001 

    La carte de 1872

     

     

     

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    Published by EOLE, vizir, J de Molay - dans HISTOIRE DE LA CAMARGUE
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    10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 05:33

    Nous publions ci - dessous, une série de documents journalistiques concernant l'histoire de Port Saint Louis du Rhône ; à notre connaissance, ces documents sont inédits ...

    Cette liste nécessite un laborieux travail de saisie car  vu le nombre de documents que nous avons reçus, elle sera trés longue mais... Ô combien enrichissante pour notre connaissance de la localité...

     

    Voici ci - dessous deux exemples de journaux locaux  :

     

     

    JOURNAL n° 3

    du 01 FEVRIER 1886 

     

    PSL3.1.jpg

    PSL3.1-copie-1.jpg

     PSL3.2.jpg

     

     

    PSL3.3.jpg

     

    PSL.f4.jpg

    JOURNAL

    du 01 MAI 1886

    PSL2-001.jpg

     PSL3-001.jpg

     

    PSL4-001.jpg

     

     PSL5-001.jpg

     

    LES COMPAGNIES DE NAVIGATION

    EN 1886

    PSL-compagnies-001.jpg

     

     

    A CONSULTER 

     - Necessité  d'ériger Port Saint Louis en commune

    -   Le Port Saint Louiis du Rhone (1881)

    - Tous les bulletins périodiques

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Published by EOLE, vizir, J de Molay - dans HISTOIRE DE LA CAMARGUE
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    1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 05:32
    PRELUDE A LA FERIA

     

    DE PÄQUES 2013
     
     

    Fiesta campera

    fiesta_gimeaux.jpg
    Dimanche 3 mars 2013
    Le Club Taurin " le fourmigo " de Gimeaux ouvre la temporada avec sa fiesta campera à la Monumental de Gimeaux...
    Lieu : Gimeaux
     
     
     

    La Route des Ganaderias – Mas-Thibert

     

    Dimanche 10 mars 2013

    Organisée par l'association Entre Crau è Rose de Mas-Thibert, la Route des Ganaderias propose de faire découvrir les élevages de taureaux de race espagnole basés à Mas-Thibert.
     

    Espace Toros à Gimeaux

    Du dimanche 24 mars au jeudi 28 mars 2013

    Visite des toros de la Feria, courses camarguaises, tientas, expositions, ateliers pédagogiques, l'espace Toros est ouvert aux corrales de Gimeaux jusqu'au 28 mars.
     
     
     
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    22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 06:42

      CAMARGUE--Glacieres-001.jpg

    Implantation des glacières de Camargue

     

    Nous avons identifié depuis les archives municipales d'Arles, les glacières du delta de Camargue : 

     

    Le mas de Bouchot 

    Ce mas, est situé dans le quartier appelé de Montlong a environ, 6 km de la ville et 1800 m des berges du fleuve. Il est a proximité de l’ancien lit d’un bras du Rhône appelé « bras de la cape ». La glacière a disparu... 

    « …Jean Bouchaud aussi bourgeois dict avoir une glacière a son mas situé en camargue... » A M A ,1701

     

    Le mas de Cabane

    Le domaine se trouve à l’est du hameau de Gageron, et a 1800m du Rhône. C’est un mas ancien, Il est proche du lit d’un ancien bras du Rhône appelé branche du fort de Pâques ou roubine beausenque. « …du midy le relarg dudit mas ou est construite la glacière, fossé mitoyen.Du couchant, ledit chemin d’Arles et du septentrion terre du sieur de Beaujeu roubine entre deux… » A M A  1692

     

    Le mas de Gageron

    Le mas est situé à 700m a l’est du hameau de Gageron. Le domaine est connu depuis au moins le XI eme siècle.(En 1008 don d’une vigne plantée en Gageron par monsieur Galdradus et sa femme a l’église d’Arles.) « …procédé a l’estime de la glacière qui est construite derrière le mas et dans le relarg d’iceluy, ayant comancée pour faire mesurer par ledit Menouillon la plateforme d’icelle qui nous a rapporté contenir 10 dextres et après nous avons visité avec ledit Imbert le dedans et dehors d’icelle et examiné, tant le bois que la sagne Toutes considérations par nous faites,en esgard qu’elle est construite dans un fond franc de censive l’avons estimée a 110 livres… » A M A   1704

    « …en la glacière et les arbres qui ce trouve au tour d’icelle, apprétiée 100 livres… » A M A  1706

    « …premièrement, la glacière que nous avons extimée, compris la platte forme et les terres transportées a la somme de 80 livres … »

    A M A  1708

     

        Tour d’Ampoux

    Ce mas se trouve comme les précédents dans le quartier de Montlong, a 800 m environ a l’est du mas de Cabane. Comme l’indique son nom, il possède une magnifique tour de guet construite à la fin du 14 eme siècle. Autrefois établie sur la rive droite d’un bras du Rhône appelé bras de la cape qui se trouva atterré au milieu du 15 eme siècle. A la fin de ce même siècle, elle fut remaniée. « …Charles Vachier conseiller au siège dict avoir une glacière a son mas dict la tour d’amphoux situé en camargue quartier de montlong… »; A M A  1701

    « …mesme esgard que devant, a la quantité des arbres qui sont dans la contenance mesme de la glacière… »; A M A FF 79  , 1724

     

     

     

    Mas de Beaujeu

    Il se trouve très proche du Rhône, contre la digue, a l’est du mas de Pontévés qui est de l’autre coté de la route. La propriété est située a environ 7 km du village au nord du village du Sambuc. Le domaine est très ancien, il a été pendant une très longue période, la propriété de la famille Quiqueran.

    « …Louis Quiqueran de Beaujeu dict avoir une glacière a son mas de Camargue… » A M A 1701.

     

     

     

    Mas de l'Armellière

    Situé au sud du mas de Beaujeu a environ 1 km tout contre la digue, et a une quinzaine de kilomètres d’Arles. La propriété comprend plusieurs corps de bâtiments, dont le magnifique château construit en 1606 par Pierre de Sabatier.

    « …noble Antoine de Sabatier de l’Armellière dict avoir une glacière au tènement de l’Armelliere… »A M A 1701

     

    Mas de la Tour de Cazeau, Verdier, Avignon, Peint

    Dés 1657, les propriétaires de 4 domaines proche du village du Sambuc, s’unissent pour faire construire une glacière commune. C’est à ce jour, la plus ancienne des glacières rurales du terroir d’Arles trouvé aux archives municipale. Nous pouvons penser que la construction de ce type de bâtiment, nécessitait une technicité déjà ancienne et parfaitement maîtrisée.

    « … construction d’une glacière sur la draille du Sambuc donnée a faire par Mandon, Avignon, Depeint, de Verdier du 9 juin 1657… » F A 1657

    Propriétaires :

    Monsieur de Mandon : mas de Cazeau

    Monsieur de Verdier : mas de Verdier

    Monsieur d’Avignon : grand mas d’Avignon

    Monsieur de Peint : mas de Peint

    Les 4 mas étaient reliés entre eux par la draille du Sambuc.

    La distance entre les deux extrêmes Cazeau et Peint est de 4.5 km. C’est le seul exemple en Camargue, de glacière commune.

         

    Mas du Grand Patis (Jadis grand Paty)

    Il est situé, a l’Est du village du Sambuc à environ 1 km. Il est tout proche de la digue de protection. « …noble Arnaud de Mandon du Cazeau, une glacière au paty du Sambuc… » A M A 1701 . Nous voyons que 45 années après la construction d’une glacière commune, la famille de Mandon possède la sienne. Sans doute, messieurs Peint, d’Avignon, et de Verdier en ont fait de même.

     

         

     

    Mas de Manusclat

     

    La propriété se trouve au Sud du mas du grand pâtis à environ 1.5 km. Et a 1 km du fleuve. La propriété et ancienne, les textes en font état au début du XV eme siècle.

    « … Audit tènement soit en ses murailles que engins et toutes considérations faittes, les avons estimées sur le pied de ce quelles valent présentement a la somme de 85 livres. Comme aussy les réparations faittes a la glassière dudit tènement que nous avons estimées a 33 livres… »   A M A   1705

     

    Mas de Boisverdun (jadis de Bertraudon)

     

    Le domaine est situé au sud du mas du grand Manusclat, à environ 1.3 km et à 0.5 km de la lône de l’île des pilotes. Un moulin à vent était implanté sur la propriété, il relevait pendant la période de son fonctionnement de l’abbaye St Honorat de Tarascon. Actuellement, seul le corps du moulin est toujours debout.   « …noble François de Constantin de Boisverdun une glacière a son mas de Boisverdun quartier de Fummemorte… »   A M A   1701

     

     

    Chartrouse (Jadis Loinville)

     

    Le mas est au nord du domaine de Boisverdun à environ 1.8 km, et à 1.3 km de la lône de l’île des pilotes.

    « …plus la terre dicte de la glassière a présant partie, vigne et le restant en quéré… »

    « …la draye commune quy va a la draye du beure fossé compris contenant avec la glassière quy y estoit construite… »

    A M A ,1696

    D’après l’état des lieux de la propriété de 1696, il semble qu’une glacière fut construite à proximité de la draille du Beurre qui a mon avis était le chemin principal qui permettait d’aller vers Arles ( voir carte jointe). Il est clair que la glacière est antérieure a 1696, et quelle a été déplacée.

     

    « …plus la terre dicte de la glassière a presant partie en vigne et le restant en quéré… »

    « …Noble Gérard de Loys une glacière a son mas et tènement dict de Loinville… »

     A M A 1701

     

    Mas de Peaudure (Jadis Paudure)

    La propriété se trouve, a 1.8 km à l’ouest du mas de Chartrouse, et à 2.5 km de la lône des pilotes. Au début du XVIII eme siècle, il était proche du bras du Rhône appelé « Bras de Fer » ou canal du Japon, ce qui devait faciliter grandement son approvisionnement en denrées de toutes sortes.

    « …monsieur Trophime Serrier advocat, second consul a une glacière a son mas et tènement dict de Paudure scitué en camargues, quartier dict de fummemorte.. »   A M A   1701

     

     

    Le mas de Jacquines  (Jadis Jaquine)

    Le domaine se trouve au sud du mas de Chartrouse, à environ 1.2 km et à moins de 1 km à l’ouest du fleuve. Au début du XVIII eme siècle, il était tout proche du bras appelé bras de fer qui passait au sud du mas.

    « …le sieur Jean Nalier une glacière a son mas dict de Jaquine… » A M A 1701.

     

    Le mas de Faraman

     

    C’est le mas le plus au sud de la Camargue. IL est a 1 km a l’ouest du village du Salin de Giraud. Déjà son existence est attestée en 1603, lors d’une vente aux enchères. Au début du XVII eme siècle, sa situation géographique est désignée de cette façon « …confrontant du levant et midi le tènement de Paulet de la commune, du couchant et Nord la brassière du rhone qui va au grand gras… »

    La brassière évoquée est le bras de fer.

    « …plus le jardin dudit mas confrontant du levant en partie le relarge et la terre en trescamps a coté dudit jardin, du midy le terron sous le jardin en trescamps, du couchant en partie le clos de la glacière, le puis a roue et le pred de la glacière… »

    « …le pred de la glacière, avec fossés de 3 cotés… » , c’était le bassin a geler, les 3 fossés entourant le pré, pour faciliter la mise en eau, avec le puits à roue. A M A 1710  

     

           

    Le mas de Signoret

    Le domaine se trouve a environ 11.5 km d’Arles sur la D 570 au sud-ouest de la ville. Il est a 3 km d’Albaron. Au début du XVIII eme siècle, il était proche des marais de Rousty au Nord, et des marais du Vaccarès au sud qui s’étendaient sur une surface beaucoup plus importante qu’actuellement (carte de Cassini).

    « …François Seignoret, dict avoir une glacière a son mas quartier de camargue majour… » A M A 1701

     

    Mas du Pont de Rousty (Jadis grand mas de Beaujeu)

    La propriété est située sur la D 570, a environ 6 km au sud-ouest d’Arles. A moins d’1 km au nord-ouest du mas de Seignoret. Il semble que le domaine existe depuis le XIV eme siècle, le mas n’apparaît dans les textes qu’au début du XV eme.

    « …et finalement a la mesme réquisition et compagnie, nous avons esté voir une glacière dépendante dudit tènement, contruite sur la digue de la vuidange dite rousty presque abandonné, et après l’avoir bien examinée tant en la porte, profondeur et élévation et fait canner par ledit Jean Faraman les solives servants au couvert d’icelle, 20 livres… » A M A 1710     

     

    Mas de la Chassagne(Jadis Chassaigne)

     

    Le mas et à environ 6 km au sud-ouest de Trinquetaille et à 2 km à l’ouest du village de Gageron. « …Jacques Augarde bourgeois dict avoir une glacière a son mas situé en camargue major… ». AMA 1701

    « …enfin il nous a fait voir tout proche ladite vigne, qu’il a fait construire une belle et grande glacière long la draye qui va du mas a………ce qui comme elle a esté faite a porté …………qui nous a aparu, elle doit avoir environ 266 livres… »

    « …il nous a aussy fait voir qu’un peu au dessous de la ditte glacière en tirant vers le mas, il a fait faire un puis a roue pour l’arrosage du jardin… ». AMA 1698.

     

    Mas du Grand Badon

     


    Le domaine se trouve à environ 26 km d’Arles, du coté droit de la D 36 en allant aux Salins de Giraud. Il est à l’intérieur des terres et à 3.5 km au nord-ouest du village du Salin. Au début du XVII eme siècle, le mas était tout proche de l’ancien bras du fleuve appelé bras de fer qui passait au sud du mas.

    « …noble François de Pazier une glacière au tènement dict le grand Badon le tout au dict quartier de Fummemorte… ». AMA 1701.

     


    Mas de Carrelet

     

    La propriété est située à 20 km au Sud Ouest de la ville, en empruntant la D 37. Le mas est au bord du Vaccarés sur la partie nord-ouest à 2 km de Méjane. Le mas apparaît dans les textes, dés le milieu du XIII eme siècle.

    « …a la terre sous le jardin d’environ 11 cétérées de semences, au terron de la glacière d’environ 4 sestérées… ». AMA 1708.

    « …partie du terron de la glacière… ». AMA 1724.

     

     

     

    Tour de Vallat

     

    Le domaine se trouve à environ 2 km au sud-ouest du village du Sambuc (D 36), et à 1.5 km de l’étang du Vaccarés. A cet endroit, passait jadis l’ancien bras du Rhône appelé le Rhône d’Ulmet. Le tènement est très ancien, il apparaît dans les textes déjà au début du XII eme siècle sous le nom de Messens.

    En Camargue, deux endroits où il y avait des glacières ont une toponymie différente des autres lieux ou des glacières ont existées.

    Ils sont appelés :

    - Le clos des glacières de la tour de Vallat.

    - Le clos des glacières de Fielouse.(IGN 2944 EST)

    Les deux parcelles sont à une altitude extrêmement basse, entre 0.2 et 0.4 m. La régulation de l’étang du Vaccarés ce faisant naturellement au début du XVIII emesiècle, la construction des glacières a dut nécessiter un énorme apport de terre, pour isoler les constructions. Nous savons qu’a l’époque qui nous intéresse, les parcelles étaient semées en blé.

    Malgré une enquête auprès de personnes habitants le Sambuc depuis plusieurs générations, ainsi qu’à la tour de Vallat, aucune indication sur l’origine des appellations de ces lieux, n’a put être fournie. Il est vrai que la mémoire individuelle et collective à propos des glacières de notre terroir a disparue. Sur le terrain, indiqué sur la carte comme étant l’emplacement des glacières, il ne subsiste plus aucune trace. Sachant que l’absence de carrière en Camargue, rendait obligatoire le réemploi des matériaux dés qu’une construction était abandonnée.

     

     

    Mas de Fiélouse (Jadis Granouillet)

     

    Le mas est situé, au bord de l’étang du Vaccarés, sur la D 36b, à environ 4 km a l’Ouest du village du Sambuc, et à 1.5 km du mas de la tour de Vallat. La propriété est très ancienne, elle apparaît dans les textes a partir du XII eme siècle.

    Comme pour la tour de Vallat, les glacières de Fielouse, étaient dans une parcelle bien à l’extérieur du mas contrairement à l’ensemble des autres en Camargue. On ne connaît pas le nombre exact de glacières implantées dans le clos des glacières de Fielouse et de la tour de Vallat déjà un minimum de deux par clos est exceptionnel en Camargue. « …noble Honoré Gros Boussicaud escuyer de la ville d’Arles, contre Jean Pine muletier habitant d’Arles, son fils a fait avec ses mulets dans le clos et herbages et terres semées en bled dépendantes au tènement de Fielouse. Le fils aurait passé dans le clos des glacières parce que la draille était innondée… ». AMA 1715.

     

      RIVE GAUCHE DU PETIT RHÔNE 

    Mas des Prêcheurs

     

    La propriété se trouve maintenant pratiquement englobée dans le quartier de Trinquetaille, alors qu’au début XVII eme siècle, elle était isolée. Elle est située à environ 1 km à l’Ouest du pont de Fourques. Le mas avait une glacière :

    « …plus nous avons fait arpenter par ledit Menoillon un corps de terre dans lequel le batiment et glacière du tènement des pères Précheurs, sont construit confrontant ledit corps du levant terre cy dessus déssignée et vignes de quelques particuliers… ». AMA 1710.

     

    MAS de VERT

    Le domaine est situé après le mas des prêcheurs, a environ 300 m du petit Rhône, sur la rive gauche comme tous les mas qui vont suivre.

    Milieu du XIV eme siècle.

    « …le relarg et platte forme dudit mas dans lequel se trouve la glacière… »

    « …la glacière en égard quelle est située dans l’endroit dudit relarg qui se trouve serville a la dame abbesse 150 livres… ». AMA 1715.

     

     

    Mas d'Eyminy (Jadis d’Eymin)

     

    La propriété se trouve au sud ouest du mas de Vert, on peut y accéder par la N 572 . Le mas est à environ 1.7 km du petit Rhône. Au début du 18 eme siècle, le propriétaire est Jean Deiminy, sieur de la Rossignole avocat au parlement de Paris, son épouse dame Catherine du Moulin.

    « …M Jean Deiminy advocat a dict avoir une glacière a son mas de la Corrège… ». AMA 1701

    « …revenant ledit batiment, puis, piles, glacière a la somme de 5293 livres 2 sols 4 deniers… ». AMA 1710.

     

     

     

    Mas d'Augery (jadis Daugières, d’Augeris )

    Le mas se trouve au nord du mas d’Eyminy, à environ 0.5 km du fleuve, la A 54 passe au sud-ouest du domaine. « …Jacques d’Augière advocat, dict avoir une glacière a son mas dict de Peitien quartier de la Corrège… » A M A FF , 1701.

      

     

    Mas de Molin( jadis de Moulin )

    Le domaine est situé, tout contre le petit Rhône à environ 100 m et à 1 km a l’Ouest du mas de la Trésorière. « …noble Jacques de Molin dict avoir une glacière a son mas de la Corrège… ». A M A 1701.

    Mas de Borel

    La propriété se trouve au nord-est du village de Saliers à environ 1.5 km du bord du fleuve. Elle semble ancienne, en 1475 on parle du legs d’un mas. « …demoiselle Alix Roman veuve de Joseph Borel a dict avoir une glacière a son mas de Corrège… » . A M A 1701

    Saliers

    Jusqu'à la fin du 18 eme siècle le domaine sera possédé par l’Ordre de Malte et administré par un commandeur. Dans l’extrait de texte ci-dessous, le domaine appartient toujours à l’ordre de Malte et comme beaucoup de propriété il est loué à un fermier. Dans le bail il est stipulé que pendant son séjour, le commandeur pourra prendre de la glace dans la glacière de la propriété.

    Nous apprenons aussi que le domaine comprend, le château qui était comme beaucoup de mas fortifiés, appelé pompeusement château, le port au bord du petit Rhône à notre avis il s’agit du mas de Portarnaud, et la glacière qui est dans cet état des lieux, et citée au même titre que les autres éléments importants du domaine.

    « …sera réservé audit seigneur commandeur quand il seroit sur les lieux de prendre de la glace a la glacière pour leur usage pendant leur séjour en campagne… »

    « …le château, le port, la glacière… ». F A B A 1768

    Mas de Figarés

    Le mas est situé au sud-est de Saliers à environ 300 m de la berge du fleuve. Il fut une dépendance de la commanderie de Saliers. Les extraits ci-dessous, font partie d’un état des lieux complet du domaine.

    « … la terre de la glacière, fossés non compris contenant 1 cétérée 71 dextres que nous avons aprétié en égard aux arbres qui y sont a 175 livres 4 sols la cétérée montant 299 livres 11 sols 9 deniers… »

    « …la glacière qui est dans ladite terre en l’estat ou elle se trouve y compris 9 dextres de terre quelle occupe nous l’avons aprétié en total 54 livres 15 sols 10 deniers... »

    A M A  1714

    Mas d'Auricet ( jadis aurizet )

    La propriété se trouve a environ 4 km au nord-est d’Albaron, en remontant le fleuve. Elle fut une dépendance de la commanderie de Saliers, comme le mas de Figarés.« …pasquier qui sont contre la glacière… » . F A B A 1768

    Albaron 

    Des domaines qui sont au bord du petit Rhône, c’est celui d’Albaron qui est le plus proche du fleuve, à environ 50 m. Cette propriété est très ancienne, les textes parlent déjà du château au XI eme siècle. Au XVII eme, le château, 2 moulins a vent, une glacière, un pigeonnier, un four etc.…Ce un lieu de passage sur le fleuve ou un péage était établi.

    « …et bien qu’il ne pas de glace dans les glacières du terroir de ceste ville appartenant a des particuliers, nottament des sieurs du Baron, Herward, Pillet, Flèche, Barracan et autres… »  AM A 1669

    « …savoir monsieur noble Jean de Roustargues* seigneur du Baron, premier maire consul, une glacière a sa terre du Baron… »

    A M A 1701 

     « …la glacière ruinée située dans le mesme relarg des moulins considéré sa plateforme. L’avons estimé a la somme de 60 livres 15 sols scavoir sa plateforme a la somme de 43 livres 15 sols… »

    A M A 1714  

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    Published by J. de Molay - dans HISTOIRE DE LA CAMARGUE
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